| Pris
de peur
Pris de peur 86170 CHERVES directeur de publication : Paul Sanda
|
||
Pris de Peur n°10 : Livre des morts Xavière Remacle Pris de Peur N°9 : Américain LAmérique qui fait rêver Paul Sanda nest pas celle de Clinton, de Disney, encore moins de John Wayne. Etre américain ? Oui, mais comme Kerouac, Henri Miller, Jim Morrisson, Whitman, Bukowski. Etre du côté des marginaux, des révoltés, des irréductibles, enfin du côté des Indiens plutôt que des cow-boys. Alain Pierre Pillet sentretient avec Jack Hirshman, poète communiste rescapé du maccarthysme, qui rêve (et lutte pour) à une juste répartition de labondance mondiale Il regrette amèrement la récupération, commerciale de la Beat génération et continue à croire fermement que le poète peut exprimer non seulement ce qui est mais ce qui peut rassembler la grande masse des consciences en vue du siècle à venir. Il adhère actuellement à la Ligue révolutionnaire pour une nouvelle Amérique. Ses textes respirent lélan mystique dune génération qui a cru en son pouvoir de changer le monde : Et puis on meurt, et alors plus jamais/ on ne pourra respirer cet air particulier. / On commence à vivre dans le souvenir,/ les imbéciles se précipitent à lintérieur,/ tout est dense et certain./ Suivent quatre superbes textes dHenri Miller qui expriment tour à tour son admiration pour le mode de vie autarcique des pygmées, sa conviction quil existe une vie extraterrestre, son amour pour Walt Withman, et surtout, un extraordinaire testament philosophique quil lègue à ses enfants. Nous retrouvons Harry Wilkens qui dirige la revue Dockernet, un interview de James Sacré, professeur dans une université américaine, spécialiste de la poésie française du XVIème siècle. Il confie son attachement à la langue française quil a choisie pour lécriture. Irving Stettner (né à New York en 1922) rencontre Paul Sanda et lui explique " lesprit Stroker ", nom dune revue quil a fondée en 1974 et quHenri Miller soutint avec enthousiasme. Plus quune revue, un mouvement dadaiste dans lâme qui revendique la liberté de créer hors des sentiers battus. Vingt cinq ans plus tard, Irving Stettner déplore la commercialisation croissante de la littérature américaine et admire lesprit davant garde de la culture française complètement ignoré de Etats-Unis. Il rapporte le bon accueil que les Japonais ont réservé à ses textes et à ses dessins. Autour dun de ses très beaux poèmes, Cloud, dautres auteurs qui se réclament de cet " esprit Stroker " : William Joyce, Erich Von Neff, Ira Cohen. La révélation de ce numéro : les textes poignants de Tommy
Trantino, né à Brooklyn en 1938, condamné à perpétuité pour avoir
participé au meurtre dun policier. Son uvre majeure Lock the Lock fut
publiée par A.Knopf en 1974 : Pris de peur n°7 Saint Michel 98 : Eros Paul Sanda annonce la couleur dans " la nuit des cornus " : Nous ne devons jamais oublier que, derrière chacune de nos prétentions dêtre, tous les désirs, en abstraction émotionnelle de la mort, font PEUR ! Des Photos-Symétries dHenri Maccheroni qui font " mal aux yeux " : représentations kaléidoscopiques du sexe féminin, pas encore assez " abstraites " pour être supportables. Lartiste va publier aux Editions Borderie/Oblique 2000 photographies du sexe dune femme ! Du voyeurisme érigé en art. Interview de Sarane Alexandrian, né en 1927, directeur de la revue " Supérieur inconnu " auteur dun traité dérotologie, Le doctrinal des jouissances amoureuses. Il insiste sur la spécificité de lérotologie quil distingue de la sexologie : Lérotisme et lamour vont toujours ensemble. Lérotisme nest pas uniquement lacte sexuel.. Savoir aimer délivre. Un érotologue qui sait parler aux femmes ! Je métonne avec lui que ses livres soient traduits en turc, en coréen, en polonais et complètement ignorés des Américains ! Croient-ils navoir rien à apprendre sur le sujet ? Au chapitre des " Ecritures de Pris de Peur ", je remarque un texte de Patricia Cottron-Daubigné, Le rêve de Pasiphae : livrée à quelque sauvagerie désespérée/ ô corps de rage/ quand un long cri dentrailles traversées/ parcourt mon échine. Un autre Cérémonie douverture, de Gilles Bailly, directeur de la revue Salmigondis. Un dernier, Ma mère a disparu, dYves Martin. Une rencontre avec une femme exceptionnelle et irréductible: Grisélidis Réal, modèle, artiste péripatéticienne, mère de quatre enfants mais surtout peintre, écrivain, chef de file de la lutte pour les droits de prostituées : Nous sommes et nous nexistons pas. Toute cette affabulation calculée à lemporte-pièce, nos lois, nos prétendus critères moraux, sociaux, religieux, toute cette gangue sécrétée par notre angoisse devant la mort Une métaphysicienne pour notre temps, une grande prêtresse de lérotisme, totalement insoumise au patriarcat. A la question Qui aimez-vous ? elle répond : Tous les hommes, et pourtant je préfère lInaccessible, lInterdit, le seul Grand Maître des violences oniriques, celui à qui on a accès quen esprit en sachant quil nous est dérobé pour la vie et léternité. Je pense malgré moi à Marie Madeleine. Je men vais de ce pas lire ses deux livres autobiographiques : Le noir est une couleur (Editions dEn bas) ; La passe imaginaire (Manya et Presses Pocket) Un autre invité " scandaleux " : le réalisateur et écrivain fantastique, Jean Rollin, dont le premier film, aujourdhui " culte ", " Le Viol du Vampire " a déclenché une émeute lors de sa sortie en mai 68. Après une vie consacrée à lépouvante et à lérotisme " surréaliste ", il nous confie son idée de ladaptation cinématographique de Lamant de Duras : Au lieu de dépenser des millions en reconstitution, jaurais tourné contre un mur, dans le quartier chinois de Paris, à côté de la porte dItalie. Je naurais évidemment pas montré la scène damour qui a fait le succès du film, mais qui était le piège à éviter. Il nous annonce très prochainement la sortie dun film déjà vendu à Canal + : affaire à suivre. Dans la rubrique " poubelle ", Pris de Peur fustige les revues hypersubventionnées qui se contentent de publier les auteurs " enseignés à lécole " tandis que des revues indépendantes et bénévoles rament à leurs côté pour risquer la nouveauté. Je vous préviens: ça fait très mal ! Pris de peur n°6, Epiphanie 99, Ruptures De très belles encres abstraites de Jacky Langagne, peintre et poète dont japprends le récent décès en dernière page.
Paul Sanda dévoile son univers alchimique à Alain Pierre Pillet qui linterroge sur son cheminement et les auteurs qui lont marqué : Gilles de Rais, Antonin Artaud, Jean de Sponde, et bien sûr Paracelse. On comprend mieux, à lire cet entretien, " lâme " de sa revue. Les textes qui ne passent pas inaperçus : Incarnation de Guy Sapriel : Parmi les ombres tu mas/ reconnu tu tes donnée vite/ reste ô impérieuse et seule. Deux poèmes de lumière, disposés comme un diptyque, de Luc Delisse Un texte court et décapant de Michel Perdrial : Chloé. Encore Yves M artin pour son bouleversant Dimanche à lhôpital : Je métends à nouveau, je me palude de patience, je rectifie la chemise de lAssistance Publique au grégaire poisson ( ) Lauréole me trucide dans le dos. Une interview délirante et dadaïste de Pascal Ulrich, peintre et dessinateur, créateur de la revue " labsurde crépuscule ". Thierry Bordas, raconte les mésaventures de sa collection décriture de haut vol " Cent quatre vingt degrés " aux Editions Pierre Bordas. De la difficulté de publier. Attention, on tourne la page et on tombe sur la rubrique poubelle : les revuistes peuvent avoir peur ! Pas de pitié pour les conventionnels, les classiques, les ringards. Ca écorche sec. Je ne donne pas de nom. Pour ma santé, je préfère citer quelques revues appréciées et classées dans le top 30 : celles dont je vous ai déjà parlé : Décharge, Parterre verbal, Poésie Première, Sapriphage Celles dont jaimerais vous parler bientôt : Comme ça et autrement, Gros textes, Arcade, Supérieur Inconnu, Hématomes crochus, La polygraphe . Si le facteur est généreux |
||
Xavière Remacle |