L'arbre à Paroles Maison de la poésie
dAmay Belgique Revue de poésie
contemporaine, associée aux Editions du même nom, très rigoureuse dans ses choix. Elle
ouvre ses pages aux poètes de Belgique et dailleurs. Elle alterne numéros
thématiques et monographiques. Très classique dans sa présentation et le choix de ses
rubriques (textes autour dun thème, présentation des auteurs, critique de livres,
chronique des revues, articles de fond sur un auteur), elle représente une valeur sûre
pour le lecteur, en tout cas le meilleur moyen de découvrir la poésie belge moderne. |
Larbre à paroles n°107 : « Au corps du poème » Promesse tenue avec des textes que je qualifierais dappétissants, de sensuels, dépidermiques, certains de franchement érotiques. Mes préférences vont à ceux de Anne Bonhomme : Corps à écrire/ écrire le corps/ panique/ pas les
mots pas savoir dire/(
) comme une nature étalée là Pendant combine de temps vas tu
le bercer le chérir QUAND ten délivreras-tu faut-il ten délivrer ? Werner Lambersy, toujours
aussi sublime dans la simplicité : Nous
faisions lamour/ debout devant la fenêtre/ ouverte où le ciel/ offrait son lit
défait/parla tempête André Shmitz : Comment lire sinon en gravant de lécrit sur les
peaux ? Eric Brogniet : Au fond du ventre/ la rivière tremble/ avec des
syllabes deau vive/ des voix multipliées/ Tous les textes sont dune grande qualité. Larbre à paroles récolte les fruits de son exigence. Xavière Remacle
Larbre à Paroles
n°104 : LAutre Moi Qui est lAutre Moi ? LAutre cest le lecteur
à qui lauteur lance un appel, mais surtout lAutre cest lêtre
différent, incompréhensible à qui je reconnais une valeur intrinsèque. Dans
léditorial, Francis Chenot plaide pour
une poésie engagée qui défend la tolérance et le respect de lautre, qui se bat
pour un autre modèle social. Lengagement ne nuit pas à la poésie, que du
contraire : Limage du poète dans sa tour
divoire ne convient que trop aux systèmes établis (
) Toute écriture
authentique charrie immanquablement une part de révolte (
) un goût de liberté. Il
importe que les poètes (
) osent rappeler cette première évidence humaniste
quest le respect de la différence, le respect de lautre : lautre
Moi. Ce numéro sera donc placé sous le signe des « droits de lhomme » avec des textes qui nous parlent dexclusion, de guerre, dinjustice, autant que despoir et dhumanité. Je louvre avec beaucoup dintérêt. Le sommaire annonce de très bons auteurs. Werner Lambersy évoque
le singulier pluriel dans un poème
cosmique : les frères de matrice/ iront dans
le frisson/ de lespace/ comme un sexe fragile/ dans
une bouche/ (
) car jamais lâme de lunivers / ne se séparera de qui/
boit à grands traits/ le soleil. Gérard Cléry parle des
émigrants : en habits de fatigue/ et de
paternité/ ils vont méchamment dispersés. Marc Porcu « rappe » Pour lidéal et dénonce la barbarie
contemporaine : Cest la course infernale
contre le mur du son/ les portes de lenfer sont sorties de leurs gonds(
)/ Des
sociétés écrans ont vendu sa vertu/ aux salauds virtuels par dessus les
frontières/(
) Tous les champs de napalm sabreuvent de coca/ La neige mord les
destins au creux de leur déveine. Manuel Van Thienen dédie
son texte à Abdellatif Laabi : Il est question
de mots et de discours en creux, de la parole noyée, et du tumulte vivant qui emplit la
cité. Jean Rousselot, décape : Et peut-on vraiment aimer/ les poètes qui sils savent/ comment lesprit vient aux mots/nen ont pas un seul pour condamner ce monde ( ) où lon joue au ballon avec des têtes denfants. Xavière Remacle |