Juin
2005, numéro 23
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"Comme en poésie" nous offre 97 pages délicieuses et roboratives avec en "prime" le compte rendu des Rencontres Tarn en poésie aux côtés du poète invité André Velter. Les interventions de ce dernier sont passionnantes et l'écho qu'il suscite auprès des écoliers présentés au fil des pages est remarquable :
LA VIE
D'abord mon pays fut la guerre
Puis une ville
Une fleur
Puis une goutte de sang
Un bateau
Un hélicoptère
Un parachute
Mon pays fut la vie
Homme maison
Habits
Lune étoile avec une planète de mars
Mon pays fut classe étudiant
Pour deux personnes
Bonheur
Trésor près du pays aux sables.
Manon Vincent (CE1 Saint Juéry)
ou encore
Avancée dans les poèmes
On se cherche en inventant
Le début du ciel
Sylvain (CE1B Saint Juéry)
Ce à quoi André Velter répond :
"Mes poèmes me disent qui je suis, mais je ne les crois pas toujours. Je me fie à eux pourtant. Ils sont, par volonté et intuition mêlés, de fidèles éclaireurs."
"Est-ce que c'est un travail d'être poète ?" renchérissent ces têtes blondes, brunes et rousses.
La réponse à cette question existentielle ne viendra pas... mais Jean-Pierre nous livre juste en dessous le poème d'Arnaud Ferry (4e TI Gaillac) avec sans doute, connaissant le bonhomme une pointe de gourmandise :
"Pour la saucisse et le jambon
Le bonheur de tous
Pour le marché du vendredi
Tout est bon dans le cochon !"
Après ce premier tour de piste qui nous amène à la page 48, commence le n° 23 de "Comme en poésie". Avec sa cohorte habituelle de belles plumes :
"Je ne saurai jamais
Qui est derrière la porte
Un fantôme en glissant
A déchiré le ciel..."
Robert Momeux (Terrasse)
"Le sentier ne dit rien de son âge. Il est simplement là, juste offert. A qui veut l'emprunter. Il signe au flanc des pentes le passage des hommes sur la terre..."
Patrick Jonquel
"tu cherches
en ta source
le point de rencontre
de l'envers
des mots
et de la face
cachée
du monde"
Marie-Anne Schoenfeld (La peau du monde - Vibrations)
"- Tu es méchante comme ton père - Tu es bête comme ta mère
- Avant toi, il y avait un garçon mais il est mort, dit maman. - Tu es un accident, dit papa une autre fois."
Béatrice Kad (La fille sans qualité ou le rouleau compresseur... qui poursuit son exploration implacable du quotidien).
Et puis les dossiers qui s'étoffent de numéro en numéro. Et puis quelques éclairs de JPL et de son irremplaçable journal :
"Il fera - un épouvantable temps de petite
fille toute ronde à ne pas mettre dehors.
Tu couperas - les cheveux en quatre du feu
que l'albatros froisse comme ses ailes.
Tu prendras - le dernier taxi de la Marne
pour la guerre bleue qui meurt de sens..."
(30 avril 1982)
Et pour finir l'indispensable Pot au feu. Un numéro à boire et à manger, des yeux, du coeur et de la pulpe des doigts. Parce que rien ne remplacera vraiment le plaisir de parcourir un belle et grasse revue papier au grain doux et aux gravures en coq-à-l'âne.
Anita
Beldiman-Moore
P.S.
Jean-Pierre Lesieur ne se contente pas d'ouvrir sa revue aux
mots de poètes talentueux, dans la même veine d'ouverture
sur le monde poétique, il fait un compte-rendu régulier
des autres revues qui paraissent en poésie... et qu'il reçoit.
Si vous êtes vous même un poète artisan ou un éditeur
concerné, n'hésitez pas à lui envoyer votre revue
en échange de "Comme en poésie" :
2149
Avenue du Tour du Lac
40150 Hossegor
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