Septembre
2003, numéro 15
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44
pages dans cette livraison dont un édito "Comptes
rendus" de Jean-Pierre Lesieur qui y fait le plaidoyer
du poète artisan, celui qui hors des subventions, des sentiers
battus, des modes et des querrelles de chappelle, tient la barre de
sa revue avec pour seul horizon la rencontre avec le lecteur : "un
combat social de reconnaissance qui demande d'aller se colleter à
des lecteurs potentiels qui passent indifférents, seulement
armé d'un poème, d'un recueil, d'une revue ou d'un spectacle.
On y gagne en humilité et la poésie prend une bonne
cure de désintoxication transmissible et d'humanité
qui lui permet d'être lue par le plus grand nombre de personnes."
Armée
de cette revue en tout cas, le lecteur même indifférent
n'aura que l'embarras du choix :
Viviane
Ciampi, avec 3 textes : "Toutes directions",
"Par surprise" et ces "Animaux
solitaires"
"Enchaînés à une table de cuisine,
devant des croissants
pleurons de belles inutiles larmes
arabesques dans la gorge."
Christian
Bouchan avec les très belles "Bluettes fluettes"
Jacques
Merckx et son "Bienvenu à Cormeelle"
tout en souffrance feutrée:
"La mort des Rossen.
Lorsqu'elle fut emportée par l'ambulance, son époux
faillit pleurer devant témoins puis se ravisa lentement, le
poids de la souffrance s'infléchit, qui retomba sur sa poitrine
qu'un éclat de coeur transperça."
Béatrice
Kad et les extraits "Du vent et des cailloux"
Béatrice
Machet avec deux textes : un sans titre "Pour Marcel
Migozzi" et "Suite orageuse"
Pierre
Ziegelmeyer et les "Débribes du jour"
Danielle
Veysseix-Verlahac avec un texte "Arc-en-ciel"
Michel
Bruneau avec des extraits de "Rien d'autre, le reste
suit" qui coule en harmonie, comme une évidence,
sur 3 pages à dévorer :
"Malgré les apparences
quelques mots à l'écart
s'inscrivent
dans l'immédiat
et sans nom
sur les choses
(...)
Ici et là
les mots s'affairent
à leur vie domestique
Corps sans paroles
A tant mimer leur ombre
ils se sont oubliés
(...)
Sans paroles
les toits
se serrent contre la pluie
Le bleu ardoise
des pentes
comme attache
entre nous et le ciel"
Suzanne
Le Magnen "Aux cartes"
André
Laude avec un sans titre "Parti de nulle part"
de 1972
Fadila
Baha avec "Les puces" et "En
des temps reculés", une poésie quotidienne
:
"L'air concentré n'a jamais tué personne et
l'air solidaire donne le sourire."
Bernard
Schürch avec des extraits de son recueil à paraître
"Labourer le néant"
Jean-Pierre
Lesieur et son "Journal"
Les
dossiers (*)avec
un "Dossier escargot" qui rassemble Isabelle
Guigou et Ghislaine Fender accompagnes d'un dessin de Patrick
Guallino
et les contributions de Jean l'Anselme au "Dossier : je
suis drôle et je ne le sais pas" et de Sandrine Bettinelli
au "Dossier : Je suis amoureux hélas"
"Cartes
poèmes": des variations sur des cartes et clichés
d'imprimeurs
Paul-Henri
Jutant avec l'irresistible "La plate-forme incontournable
de l'émotion" dont il est impossible de sortir
le moindre mot de son contexte tant l'ensemble s'enchaîne avec
évidence.
Claude
Albarède et ses "Pensées de poche"
essentielles : "Tout visage emporté, que reste-il pour
faire face?" et plus loin avec une note pleine d'humour sur
le Marché de la poésie "Saintsulpicerie"
Jeanpyer
Poëls avec "de la liberté libre"
Claude
Seyve envoie une lettre et deux poèmes à la revue
Au
coeur de ce florilège, une curiosité rare : un poème
manuscrit d'André Maurois écrit en 1965/1967
"Sous un portrait de moi" que je vous laisse
découvrir.
Enfin,
inlassable chroniqueur de la poésie qui passe, Jean-Pierre
Lesieur nous offre "Comme dans les recueils",
un panorama des recueils des abonnés et des autres. Avant de
reprendre le thème qui ouvrait ce numéro, celui du poète
artisan :
"Ce poète là est fier et libre. Il n'écrase
personne. Il ne dépend de personne sauf de ses lecteurs."
Suit
la lecture des recueil par Jean Chatard et une lettre manuscrite
de Jules Mougin datant de 1979.
Pour
finir avec la savoureuse rubrique "Comme en petites annonces"
où Claude Vercey nous régale, mi-figue mi-raisin.
Avant
le "Pot-au-feu" et les "Nouvelles
de l'édition"...
En
refermant ce numéro après l'avoir lu d'une traite, on
ne peut constater un sourire accroché à notre visage.
Ce n'est pas innocent : Jean-Pierre Lesieur nous a entraînés
dans une ronde pleine d'humour et de légèreté
pour faire passer des mots essentiels, des poètes à
lire absolument. Et c'est ce qui caractérise sa revue en plus
d'une incorrigible ouverture d'esprit (ou peut-être à
cause !).
*
Les dossiers permanents sont ouverts à vos textes :
Escargots, Mon lac, Les extra-terrestres, Loto-dérision et
jeux de bavard, La petite fabrique de rêve, Si tu t'imagines...
(mots de'enfat... parole de grand), Voyages, L'école et la
poésie, Je suis amoureux hélas !, Je suis drôle
et je ne le sais pas, Eroticomique, Mon poète préféré.
Anita
Beldiman-Moore
P.S.
Jean-Pierre Lesieur ne se contente pas d'ouvrir sa revue aux
mots de poètes talentueux, dans la même veine d'ouverture
sur le monde poétique, il fait un compte-rendu régulier
des autres revues qui paraissent en poésie... et qu'il reçoit.
Si vous êtes vous même un poète artisan ou un éditeur
concerné, n'hésitez pas à lui envoyer votre revue
en échange de "Comme en poésie" :
2149
Avenue du Tour du Lac
40150 Hossegor
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