Avec ce nouveau recueil, Jean Joubert nous donne lun des ouvrages importants parus
cette année en poésie. Il sagit dun poète ordinaire, au sens
que JP Thuillat (dans sa revue Friches) donne à lexpression, pas dun savant
fou enfermé dans son laboratoire désinfecté, ordinaire mais (donc?) ambitieux : comme
le suggère leur titre, ces poèmes entendent, à travers la parole, renouveler
lalliance entre lhomme et linvisible. Comme chez Roger Kowalski (dont,
soit dit au passage, la réédition des oeuvres complètes chez le même éditeur est un
autre des événements poétiques de lannée), lécriture se tient à la
lisière des songes et de léveil, dans une lucidité ouverte au mystère.
A la croisée des songes/se rencontrent/logre éternel/ et
limmangeable enfant [...]Garde tes yeux ouverts/, enfant,/ pour éloigner la bête/
et nous guider vers leau.
Le recueil est hanté par la figure dune femme disparue, dune féminité
proche de la terre et de ses sources (il cousine par là avec un autre livre de Joubert
paru cette année, Dans le jardin dEros, en collaboration avec le peintre Pierre
Cayol chez AB éditions . Livre-objet à tirage limité, de grande qualité).
La proximité de la mort est sensible presque à chaque page, qui fragilise mais
nefface pas la merveille entraperçue, même si nous
naurons pas le dernier mot. |