Une photographie de Mari Mahr

Le silence te creuse

 

par Marie BATAILLE

 

Le silence te creuse 
et fend ton corps comme une mangue 
Il t'ouvre 
à l'attente immuable 
suspendue aux séchoirs du temps
 
Tu épargnes ton souffle 
pour ne pas lacérer la nuit 
car toute nuit est mutité 
et levain d'antique mémoire 

La nuit est pierre fécondée 
l'accouchée des aubes candides 

Ainsi comme une écorce à vif 
ta chair convexe se déprend 
pour engainer l'immémorial atoll 

Et tu te re-connais 
Tu ré-unis ton nom et ta souche 
Tu es source. 

Marie BATAILLE