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La poésie de Vincent est une expérience. Pas une expérience
sur le langage
transgénique destinée à produire des adverbes à six pattes ou des
adjectifs
à tête chercheuse : c'est une recherche intérieure, un travail qui se
nourrit du sentiment de l'absence (ou faudrait-il dire de l'absente ?).
C'est une écriture en mouvement, qui passe nécessairement par des phases
de
silence dont elle ressort transformée, toujours plus nécessaire,
toujours
plus personnelle.
Vincent est un grand lecteur de poésie, un dévoreur devrais-je dire qui
ne
cesse de voyager entre les lignes au gré de ses appétits de littéraire
autodidacte (dans le civil il est informaticien). Comme je crois toute
écriture consistante, la sienne se construit au contact de celles des
autres, assimilant ce qui s'accorde à une sensibilité extrêmement vive
: le
romantisme, est l'influence première (comme pour beaucoup de poètes
d'aujourd'hui, qu'ils le reconnaissent ou non), mais la musique
lamartinienne se brise au fil des recueils, pour laisser place à des éclats
de nuit qui se souviennent du haiku, à des proses sombres traversées
d'images parfois inattendues.
Ce qui rend la voix de Vincent reconnaissable, c'est peut-être, au risque
de
surprendre ceux qui l'ont lu un peu vite, ou qui ont voulu n'écouter que
sa
pudeur, sa violence. Ecoutez Daniel Dubé lire Vincent, puis revenez aux
textes pour inventer votre propre interprétation : elle vous deviendra
perceptible. Pas une violence tournée contre les autres (l'une des
raisons
pour lesquelles le travail de Vincent est un peu méconnu, c'est sans
doute
qu'il est plus soucieux de rencontrer et d'écouter les autres que
d'assurer
son auto promotion). La violence du désespoir. Quelles sont les sources
de ce
désespoir, biographiques ou philosophiques, Vincent ne nous le dit guère.
Qu'importe : l'expérience qu'il écrit est trop universelle pour que
l'anecdote soit indispensable au lecteur.
Nostalgique ou inquiète, sa poésie est une rencontre impossible, que la
cinquième dimension poétique doit accomplir hors de l'espace et du
temps.
Comme celle de Lautréamont, sa sur secrète, elle semble parfois douter
de
la poésie : comment pourrait-il en être autrement, quand on lui demande
de
donner sens à l'existence ? Je crois que ce conflit interne fait sa
force,
et pourrait nous valoir l'éclosion de fleurs inattendues dans les années
à
venir.
Emmanuel Hiriart
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Vincent di Sanzo est né le 8 Juillet 1960. D'origine
italienne, auvergnat d'adoption.
Il avoue porter en lui l'ambiguïté de cette racine
double : un " cur italien" et une " âme rêveuse ",
attachée aux paysages de son enfance. Désir et mélancolie ponctuent
tour à tour son inspiration.
Vincent ne s'en cache pas : il est un romantique, amoureux
des romantiques. On retrouve parfois dans ses poèmes des réminiscences
de Chateaubriand ou de Lamartine... Comme le premier, il est hanté par le
mythe de la "Sylphide", femme idéale, inaccessible, convoitée
: tantôt
perdue, tantôt retrouvée.
Vincent di Sanzo est aussi un amoureux des voyages : ce qui
l'intéresse
en réalité, quelqu'en soit le support et pour en faire l'alchimie, c'est
son propre imaginaire.
S.Arabo
Allez lire la page que Silvaine Arabo a consacré
à Vincent di
Sanzo sur son site : Poésie
d'hier et d'aujourd'hui.
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