Vincent Di Sanzo

Projecteurs sur


Vincent Di Sanzo
 

par Emmanuel Hiriart 

suivi d'une 
présentation de Silvaine Arabo


Editorial du 25 octobre  2000

Les sentiers poétiques de Vincent Di Sanzo

Textes choisis, dont trois inédits 

[ 1  ]  [ 2  ]  [ 3  ] [ 4  ] 

 [ 5  ]  [ 6  ]   [ 7  ]  [ 8  ]  

 

La poésie de Vincent est une expérience. Pas une expérience sur le langage
transgénique destinée à produire des adverbes à six pattes ou des adjectifs
à tête chercheuse : c'est une recherche intérieure, un travail qui se
nourrit du sentiment de l'absence (ou faudrait-il dire de l'absente ?).
C'est une écriture en mouvement, qui passe nécessairement par des phases de
silence dont elle ressort transformée, toujours plus nécessaire, toujours
plus personnelle.

Vincent est un grand lecteur de poésie, un dévoreur devrais-je dire qui ne
cesse de voyager entre les lignes au gré de ses appétits de littéraire
autodidacte (dans le civil il est informaticien). Comme je crois toute
écriture consistante, la sienne se construit au contact de celles des
autres, assimilant ce qui s'accorde à une sensibilité extrêmement vive : le
romantisme, est l'influence première (comme pour beaucoup de poètes
d'aujourd'hui, qu'ils le reconnaissent ou non), mais la musique
lamartinienne se brise au fil des recueils, pour laisser place à des éclats
de nuit qui se souviennent du haiku, à des proses sombres traversées
d'images parfois inattendues.

Ce qui rend la voix de Vincent reconnaissable, c'est peut-être, au risque de
surprendre ceux qui l'ont lu un peu vite, ou qui ont voulu n'écouter que sa
pudeur, sa violence. Ecoutez Daniel Dubé lire Vincent, puis revenez aux
textes pour inventer votre propre interprétation : elle vous deviendra
perceptible. Pas une violence tournée contre les autres (l'une des raisons
pour lesquelles le travail de Vincent est un peu méconnu, c'est sans doute
qu'il est plus soucieux de rencontrer et d'écouter les autres que d'assurer
son auto promotion). La violence du désespoir. Quelles sont les sources de ce
désespoir, biographiques ou philosophiques, Vincent ne nous le dit guère.
Qu'importe : l'expérience qu'il écrit est trop universelle pour que
l'anecdote soit indispensable au lecteur.

Nostalgique ou inquiète, sa poésie est une rencontre impossible, que la
cinquième dimension poétique doit accomplir hors de l'espace et du temps.
Comme celle de Lautréamont, sa sœur secrète, elle semble parfois douter de
la poésie : comment pourrait-il en être autrement, quand on lui demande de
donner sens à l'existence ? Je crois que ce conflit interne fait sa force,
et pourrait nous valoir l'éclosion de fleurs inattendues dans les années à
venir.

Emmanuel Hiriart


Vincent di Sanzo est né le 8 Juillet 1960. D'origine
italienne, auvergnat d'adoption.

   Il avoue porter en lui l'ambiguïté de cette racine
double : un " cœur italien" et une " âme rêveuse ", attachée aux paysages de son enfance. Désir et mélancolie ponctuent tour à tour son inspiration.
   Vincent ne s'en cache pas : il est un romantique, amoureux des romantiques. On retrouve parfois dans ses poèmes des réminiscences de Chateaubriand ou de Lamartine... Comme le premier, il est hanté par le mythe de la "Sylphide", femme idéale, inaccessible, convoitée : tantôt
perdue, tantôt retrouvée.

   Vincent di Sanzo est aussi un amoureux des voyages : ce qui l'intéresse
en réalité, quelqu'en soit le support et pour en faire l'alchimie, c'est
son propre imaginaire.

                                             S.Arabo

Allez lire la page que Silvaine Arabo a consacré à Vincent di Sanzo sur son site : Poésie d'hier et d'aujourd'hui.