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Coup de projecteur sur...

 

Pierre Posno

Portraits

« Pierre Posno […].  Un homme à la fois raisonnable et passionné, un homme tout feu pour entreprendre, un homme qui veut tout étreindre et tout fuir.  Une attente :

Assis près de la rivière
Où les plantes ont de grandes mains
J’attends.

 « Une attente anxieuse, espérante, enthousiaste.

[…]  On aime les ondes résonantes de sa poésie sensuelle, raffinée, bourrée d’images qui veulent cerner l’essence des choses :

 Etre près des choses.  Ne pas partir.
Regarder.  Revenir.
Pénétrer par la tige.
Et puis s’élargir.

Zone de Texte: Chute verticale
1967

« Pierre Posno est un rêveur éveillé, un rêveur avide d’impressions profondes et qui cherche des mots (il l’écrit) pour définir, pour surprendre les secrets du monde ; les secrets du temps quand le temps se croit seul ; les secrets des femmes que les poètes aiment de mots inconnus ; les secrets des gouttes d’eau incrustées de légendes et les cris du blé qui sentent le devenir.

 « Ce poète grave a un goût inconsolable pour le silence et pour l’évasion, comme on disait autrefois.  Il a le désir d’être ailleurs, loin de sa petite vie, loin du brouillard, loin de l’horizon qui ne desserrait pas les dents.

 Et puis j’ai pris le bruit du train entre mes mâchoires
Et j’ai serré très fort
Pour ne pas pleurer.

 Parfois il cherche une pierre, un orage, un masque pour échapper à son sort, pour échapper à la condition humaine, qu’il accepte d’autres fois, avec son décor, car Pierre Posno possède un sens profond de la nature.

Il reste dans la pluie une buée secrète à visiter,
Un morceau de sève
Dont la saveur s’écoule
.

 L’espérance tenace est l’amie du poète et, chaque matin, il la retrouve, assise sur son seuil. 

Et chaque matin,
Des oiseaux lourds de clartés insolites

S’envolent vers les hauts plateaux de l’aurore.

 Oui, toujours, chez ce jeune poète de talent, malgré les phénomènes d’imagination renversée, malgré les sentiments noirs, la jeunesse reprend sa place, l’envahit, le jette vers la lumière.

 Constant Burniaux, de l’Académie.

Avant-Propos du recueil de Pierre Posno, Chute Verticale, paru aux Éditions P.I.C. en 1967, et couronné par le Jury du prix Orphée.


« Ce soir,
comment mieux dire

cette faille de l’être,

cette meurtrissure de la chair

qui vient s’inscrire dans l’âme

par la force des choses,

par la force des mots, ceux qu’on n’a pas prononcés

et ceux qui en ont trop dit ?

 

Suspendu dans le vide du langage

Impossible,

Ton poème surgit

Au rendez-vous des gestes perdus

Et des paroles oubliées.

 

C’est tout

Et c’en est assez !

Puisqu’à peine effleurées ces lignes,

Déjà se trouble le regard

À l’horizon de la souffrance

Devant les nudités de l’ailleurs. »

Marianne Mesnil,
professeur d’Ethnologie à l’Université Libre de Bruxelles

Préface au recueil

Les nudités de l’ailleurs,

paru aux Éditions J. Dieu-Brichart en 1992.

 


Zone de Texte: Le petit
cimetière
« Il est des vies particulièrement bien remplies.  Celle de Pierre Posno l’est d’autant plus que bien des fées aux talents divers ont dû se pencher sur son berceau, il y a de cela une bonne cinquantaine d’années. Côté formation, Pierre Posno est docteur en sociologie, et il fut le collaborateur de Jacques Maquet. À ce titre, il fit de nombreux travaux d’ethnologie, et en particulier chez les lapons, dans le grand nord. À 35 ans, on le retrouve au Sahel, où il étudie les conséquences économiques et sociales des fameuses sécheresses sur les populations touarègues. Un homme de science, mais aussi un écrivain de talent et un vrai poète. […] Dans le texte inédit qu’on va lire, il y a en conclusion une définition « chaude » de la peur. Certes, les sentiments de Posno sont parfois « noirs », mais sa lucidité est totale. Je n’avais pas eu le génie de l’amour, voilà tout ! écrit-il.  Soit ! Mais il a celui de l’écriture… »

 

Guido Van Damme, Éditeur responsable de la Revue du XXI siècle.

Introduction au récit Le petit cimetière de Pierre Posno, paru en deux parties dans la Revue du XXIe siècle, 3e année, n°10, pp. 153-164 ; n°11, pp. 147-162, printemps 1998.