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René
Magritte (1898-1967) Homesickness, 1941
Au croisement
de leurs regards,
flotte la trace de son passage.
Ces deux
là ont l'air de particuliers comme les autres
mais sous leurs airs innocents, ils cachent quelque chose.
Peut-être
un festin de pipe,
ou un battement de melon noir
Ils sont
la pose des statues
qui mentent sans ciller d'un poil
mais sous leur fourrure et vêtement,
il n'y a que le souvenir
d'un soleil et d'une lune
rencontré sur un pont
un soir de grand matin.
*
(Florence)
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Sur le
pont des quatre saisons
un ange noir est penché vers le fleuve Ciel
il va passer
par dessus mort
il n'a pas d'idée derrière la tête
mais un lion
qui regarde côté hiver
pour trouver des cercueils apprivoisés
à adopter
L'ange
noir tourné vers l'été
vient de replier ses ailes
pour ne pas se faire repérer
par le réverbère qui s'approche
venu allonger les jours
et souffler l'ombre
Il voudrait
mélanger l'ange et le lion
pour obtenir un bel effet de clair-obscur
qui lui permettrait de présenter le pont
à la prochaine Exposition Universelle Suspendue
Les saisons
durent plus longtemps
depuis que René Magritte a disparu
en sautant dans le fleuve Ciel
une lumière trouble accrochée à son cou
*
(Stéphane)
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