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Projecteurs
sur...
Antonin Artaud
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Derrière les fortifications de la douleur, l'œil transi l'œil dégainé observe. Derrière ou derrière encore, la main creuse un appel sur le papier imberbe et chauve aride. Et, par-dessus, l'esprit. 2 La jungle dont l'océan rugit. Vierge la forêt; vierges le silence du sexe écartelé le sexe du silence écartelé. Bien qu'il pleuve sur l'océan des cris. 3 Les eaux brûlent sous les paupières, des rêves que la réalité anime. Sur les tréteaux la marionnette harangue, plie le corps, ploie l'esprit devant les étrangers. Absurde, absurde, absurde -- ou vérité vraie. 4 Quand la nuit se retire la nuit s'épaissit. Quand le jour se soulève le jour s'alourdit. Quand le mot s'achève le mot se fait mot, le jour se retire, la nuit s'alourdit. 5 Sous le chapiteau, sous le dôme, sous la coupole, sous le fard, sous le nez, les applaudissements de la claque. Bisser, tel est le destin bisser ce strip-tease de la mort. 6 Loin, plus près, toujours plus près plus loin, le refus. La valse, lente, face au monde. Derrière, ou derrière encore, un pont-levis abaissé devant l'infini. (extrait de LA RESPIRATION DU MONDE, Editions Arcam) |
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