Laurence de Sainte Maréville

Projecteurs sur


Laurence de Sainte Maréville

par Florence Noël

suivi d'une 
présentation d'Océane par Stéphane Méliade


L'exposition de tableaux de Laurence de Sainte Maréville

10 poésies choisies, et une nouvelle

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Dans la croisière du lire, cerner à la longue et profonde vue les îles de ses textes. Emerger, immerger, transparaître... Oui, transparaître... Laurence est une artiste de la transparence, non pas tant celle de la vitre ou de l’eau, mais celle, texturée, animée, révélante, de la lumière.

Laurence, aquarellise ses mots autant qu'elle sculpte la matière dans ses tableaux. Une écriture tour à tour en « lavis léger ou travaillée comme une peinture au couteau »* . Ses mots, tantôt arrachés à la matière et devenant eux-mêmes matière. Mais pas inertes, jamais, au contraire, animés de lumière, textes en êtres vivants, comme nous le rappelle Stéphane Méliade dans son commentaire d’Océane.

Ses mots, qui tantôt dépolissent nos vitres, regardent sous le grain du verre et mettent "à la fenêtre sécher ses oripeaux". Car derrière les apparences, Laurence écrit en brûle-mots ; derrière le masque, elle quête son premier visage :

"Si l'on glissse dans mes textes comme dans une robe de peau, nous dit-elle, pour y vivre les mots de l'intérieur, au-delà des apparences, au-delà de la forme, la main qui écrit ne se referme pas."*

Avec elle, nous ouvrons nos mains et ses mots nous acheminent vers des levées de mers, des Inflorescences où nos corps participent organiquement au paysage. Où le paysage devient corps et l’homme, la femme, l'enfant, contiennent le monde. Laurence respire dans la couleur, elle souffle l’encre ravaudée aux oripeaux de la nuit et transfusée en aube. « Il faut respirer, et encore respirer pour que les mots deviennent chair, façonnés et entier, se « sensualisent », pour essayer de faire corps avec les signes d’encre »*.

Ses toiles cheminent à l’intérieur de nous, très longtemps. « Je vous remets au monde », répondent le cerceau de ses mots. Et, à chaque texte, son écriture se fait naissance, pour que la « nuit doucement se renverse ».

Plus qu'une lumière d'artisane, une lumière sacrée donc, inversant l’inéluctable, rendant un souffle à ce qui en nous peut-être voulait se faire mémoire morte :
« Trou de lumière.
La vrille est à pied d’oeuvre, nous enroule en nage, nous tamise, filtre sans complaisance le temps qui se décline, hors du naufrage. Notre mémoire se tisse, lacets entremêlés de geste de pluie, de caracole de vent.
Aujourd’hui, hier, demain nous émoussent de ciel au moindre mouvement »
(Inflorescence)

Laurence trempe sa plume dans son encrier de mer, son huile de soleil, son lavis d’étoiles, son pochoir de vent. Quête d’une transparence habitée de l’intérieur par cette multitude de mondes qui en contiennent d’autres mais qui paradoxalement nous parlent d’au-delà, de la lumière, toujours, « issue ni du soleil /ni de miette d’étoiles, / aquarelle sans bord ».(Océane)

Jeu de l’en dedans, de l’en dehors… dans ses toiles aussi nous retrouvons cette perfusion des regards, cette osmose des niveaux de lectures. Il y a toujours dans ses oeuvres une forme cachée dans une autre, une femme dans une rose, des visages contours d’un vase, des vagues dans des chevelures…Car "la peinture commence quand ce que l'on voit n'a rien à voir avec ce que l'on regarde"*

Dans son écriture, en écho, nous retrouvons ces habitants du ciel, de la mer, des éléments, ces matière inertes qui se mettent à nous vivre, qui rejoignent en un seul mouvement les deux plaies de l’absolu désir de transfiguration et du frôlement du mystère…

C’est ainsi que dans ses cieux les « hérons volent à reculons » et que, sur sa terre, elle « monte à cru / rattraper les oiseaux/qui volent à l’envers » (la muerte). Sans doute, pour nous remettre à l’endroit. Toujours.

C’est ainsi que les statues de Giaccometti « tourmentées de lumière », s’étirent "jusqu’à briser les jointures des suppliciés ».

C’est ainsi qu’elle dit sa "foi, en tout ce qui vibre / en tout ce qui vit / sans lithurigie de mot »(brûle-mots). Ses textes sont sculptés dans le blanc du papier, sans trop d’effet, éclatant cependant d’images élucidantes.

Mais le poème se continue dans la fraîcheur qui suit, dans la lumière posée en quartier de citron sur le bord du jour.

Et répondent ses poèmes dans les bras l'un de l'autre. Des phrases comme des perles que l’on sait remontées des abysses profondes. Et qui parfois brillent en nous plus longtemps que le texte en entier. Des concrétions de lumière. Des cailloux à éclairer nos tombes. Rejouant incessamment la prophétie de Léonard de Vinci qu'elle a fait sienne " On fera de la lumière pour les morts".

 

Florence Noël

 

Les phrases suivies de * sont extraite de l'Avant-Lire écrit par Laurence sur le site de Jean-Marc Riquier



De formation initiale scientifique Laurence de Sainte-Maréville a été publiée entre autres ;


- dans la revue " Vivre en poésie " de JP Rosnay
collection du Club des Poètes, 75007 Paris

- dans la revue " La Page Blanche " de C Pricop présentée par Aaron de Najran

- recueil collectif " Lumières " aux éditions Zéro Heure 75002
Paris

- recueil poétique en préparation " Les îles " que l'on peut voir sur le site de Jean-Marc Riquier.

- 1ère Lauréate avec la nouvelle " Le caillou " dans le site
Le Carnet Interdit site référencé par Le ministère de la culture et de la communication.

Présence sur le site Expression avec peintures à l'huile, aquarelles,
pastels et poèmes.

Membre de comités de lecture. Participation à quelques ateliers
d'écriture, dont pour enfants.