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Le début de ce petit livre noir ce passe à Rennes mais dans l’urbain. Loin des coiffes bretonnes, des galettes et des chapeaux ronds. Dans un milieu où les fins de mois sont difficiles à partir du 9, où l’idéal n’existe plus et le divertissement se nomme petit écran. Clara Torres est retrouvée morte chez elle, le visage un tantinet brûlé. Suicide ? assassinat ? éternelles questions sans réponses pour l’inspecteur Rozenn. Pour savoir, il va fouiller dans l’univers des travailleurs sociaux de la ville qui ne vivent pas toujours un quotidien délicat. En effet, dans un secteur où la redistribution publique assure les moyens de lutte mais où l’état se désengage : ça sent la sidérurgie sur la fin. Surtout à une époque où le pauvre, le jeune, le chômeur …sont criminalisés et jugés coupables de leur non rentabilité.
Après avoir fait jour sur de bien dégueulasses enjeux, Rozenn va devoir poursuivre sa quête, sans seigneur ni anneau, dans la belle Irlande.
Bloqué en France, il y expédie un indic en mal de rédemption : Rinetti.
Touché en plein cœur …à Belfast. Une ville dangereuse et grisâtre comme un perpétuel matin d’automne qui pue l’humidité et la rentrée. Dans les ghettos irréductibles face à l’anglais colonisateur, l’intrigue va se dévoiler lambeau par lambeau. Dans la crasse et la poudre, des murs et des destins dévastés s’affrontent alors sur les ruines de leurs illusions. Protagonistes de L’I.R.A. (armée irlandaise rebelle contre l’occupant) branches politiques proches mais ennemies, alliés fourbes et amis trompeurs se succéderont jusqu’à la liquidation totale des stocks.
Rinetti devra passer entre les gouttes et les balles, à travers brouillard et plomb
dans sa chasse à l’homme où le traqueur et le gibier se confondront jusqu’au bout.
Ainsi, l’éducateur Pirozzi réussit un tour de force historique, géographique, social et politique en seul brûlot littéraire. 283 pages de bonheur dans une ambiance lourde puisque inspirée de faits réels. L’assassinat de la militante par l’extrême droite et les massacres anglais sur Shankhill road, ou Shaftesbury square… en 1998 et 2001. Si les bombes finissent toujours par exploser alors attention : guettez son prochain roman !
Il y a vraiment des prix Goncourt qui se perdent…
Nicolas Jacomond
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