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Encore un roman qui sent la clope et le sang. Dans un climat glacial, oppressant où les pires démons se croisent et guettent leurs proies, la bête en voie d’extinction… c’est vous ! Mais cela reste un fruit de l’imagination, les dangers sont fictifs et demeurent des cauchemars de science fiction. L’époque où se joue le drame constitue le dernier soubresaut de l’agonie du capitalisme.
Obligé de réduire toujours plus les coûts pour augmenter les profits, les possédants ont transformé la guerre économique en guerre sociale.
Les dangers qui déboulent se sont la disparition de la sécurité sociale, le contrat unique d’embauche, la guerre contre les sans papiers, la retraite à 70 ans…bref une France sous la botte d’un Naboléon portant les couleurs du Merdef.
Voilà le décor futuriste bien planté. Deux antihéros vont tenir le récit à fleur de peau. Ce sont deux gens ordinaires Martin et Thomas, mais ils auraient pu se nommer Draghan et Lyssandre ou Vincent et Mornar.
Martin et Thomas les deux compères font partie de cette génération précarisée, ils ont fait des études mais peinent à trouver un emploi, comme les chien envient un os. Fruit purulent engendré par la matrice à fabriquer de l’individualisme, ils vont avoir une idée. La misère donne du génie disait Adam Smith ( issue d’une riche famille anglaise). Si je tue un salarié occupant le poste que je convoite et que j’envoie ma candidature le même jour…ça ne peut pas rater…Thomas tient sa mission comme un remède au chômage de masse. Martin est hésitant : tuer un autre pauvre ne résout pas le problème. Pendant leurs spéculations, une série de meurtres frappe une usine de produits pharmaceutiques. Sauvage. Violent.
Les deux contextes vont se heurter comme deux trains à grande vitesse sur une voie ferroviaire anglaise vendue au privé. Le problème pour Martin… il sera au milieu…juste au moment où il tombait enfin amoureux…
Gageons une cigare que Milton Friedman n’aurait pas aimé cet ouvrage pourtant fort palpitant et bien ficelé. Sorti en 1998, on dirait que Gavras s’en inspira pour le Couperet mais rien n’est moins sûr.
Par contre toute ressemblance avec la réalité serait bien entendu fortuite.
Nicolas Jacomond
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