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Le
Diable publie ce mois ci, un roman plutôt noir futuriste
et pamphlétaire qui cause d’ange. Tout un programme
qui nous amène à tendre les pupilles.
L’Archange
Michel et ses sections chrétiennes endoctrinées
et sanguinaires gouvernent l’Occident. Elles traquent
les Oussamas un peu partout en Europe. Un continent
désolé d’être dévasté.
Ruines. Combats. Angoisses.
Stop.
Flash back de l’auteur qui de façon inspirée
nous poussent à réfléchir à la position
malheureusement encore déterminante des religions. Fussent
elles celles du livre (chrétiens– musulmans- juifs),
elles ne cessent d’en découdre.
Alors là, début XXIème, les fanatiques
jubilent. Ils ont eu ce qu’ils voulaient…l’affrontement
facial. Le monde n’en redemande pas !
Atrocités. Violences. Dogmatismes.
Aidé
par un récit soutenu et crédible, il nous dépeint
l’apocalypse tant attendue par les moutons serviles des
légions de croyants.
Comment les hommes suivirent - ils cette voie ? Comment les
démocraties devirent elles partisanes au nom d’une
foi ?
Les guerres de religions ressortirent du passé pour revenir
nous prendre à la gorge. Pourquoi ? La faute à
qui ?
A
force de parler de conflit des civilisations et d’obliger
les habitants du monde à choisir leur camp depuis le
11 septembre : le chaos arriva.
Bordage explique comment les services secrets étasuniens
détournèrent la vague terroriste extrémiste
musulmane sur l’Europe.
Une pierre - deux coups pour les dirigeant belliqueux de l’impérialisme
dollarisé.
Une vague qu’ils avaient déclenchée, entretenue,
soutenue, formée bien avant.
Le
lecteur croise des personnages glauques, et tellement humains
qu’ils nous ressemblent plus que ceux des séries
télé. Mal rasés et stressés comme
dans la vrai vie, pas celle de la pensée unique des médias.
Puis le jugement des religions tombe sur les tombes vers la
chute du roman :
« Il n’y en pas de meilleure que d’autres.[…]Elles
se valent.[…]Machines d’exclusions, d’oppression,
de destruction.[…]Elles sont toutes à enfermer
dans un sac et à noyer dans des vallées de larmes.
»
Un
flot d’anticipation toute en analyse politique force la
tension jusqu'au bout de l’ouvrage. Un immense avertissement
post mortem.
Si l’on pouvait revenir en arrière après
chaque erreur, l’univers serait moins dangereux. Bordage
nous en prie instamment dans des liturgies humanistes et visionnaires.
«
Comme si Dieu n’était qu’une excuse à
la haine » chantait un groupe de rock parisien.
Maudit sois tu Dieu, quelque soit le nom donné
par les tyrans humains, pour tes mensonges ancestraux.
Béni sois tu Diable Vauvert, pour la parole
que tu octroies à ce brûlot de vérité.
Quand on referme le livre, on frisonne encore de peur.
Heureusement, ce n’était qu’un cauchemar
irréalisable dans notre beau monde.
Puis, on regarde le journal télévisé et
on pâlit…
Nicolas Jacomond
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