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L'écriture comme une ancre
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Martine
Jacquot |
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Désiré d'Éon publie en 1977 Histoires de chez nous. Félix Thibodeau, qui a longtemps tenu une chronique en parler acadien dans Le Courrier publie entre autres Dans notre temps avec Mélonie et Philomène (1978) et La Pierre magique (1985). Alphonse Deveau avec, en plus de ses ouvrages d'histoire dont Les Acadiens de la Nouvelle-Écosse (avec Sally Ross, 1994), publie Le Chef des Acadiens et Journal de Cécile Murat (Éditions Lescarbot, 1980). Le père Clarence d'Entremont publie une ouvre monumentale, Histoire du Cap Sable en 6 volumes, suivie d'histoires locales sur Wedgeport et sur Pubnico. Le père Anselme Chiasson, véritable fondateur de la recherche folklorique en Acadie, publie des livres de folklore, contes et légendes avec entre autres Chéticamp : histoire et traditions acadiennes (1961), Contes de Chéticamp (Éditions d'Acadie, 1994) et récemment la biographie d'Anna Malenfant (1999, Éditions d'Acadie). Figure majeure du nationalisme acadien en Nouvelle-Écosse, fondateur de la Fane, le père Léger Comeau publie certains de ses sermons dans le recueil Miettes de pain pour l'âme (1992) et Discours d'un Acadien (Presses de l'université Sainte-Anne, 1988). Albert Dugas, en plus de ses livres pour enfants sur le personnage légendaire de Cy à Mateur dans les années 1980, publie son essai La Bombe acadienne (1995, Éditions du Grand Pré). Louise Boudreau-d'Entremont publie son recueil de poésie D'Amour et de Maux (1996, Éditions de la Sauvagine). Gérald Boudreau publie plusieurs ouvrages historiques dont Sigogne
par les sources (1997, Éditions d'Acadie). Plus récemment, René
Leblanc publie un gros roman, Derrière les embruns (1999, Éditions
d'Acadie). Certains auteurs acadiens ont préféré écrire en anglais, comme
c'est le cas par exemple avec deux romans au contenu acadien, Candyman
(1995, Oberon) de Simone Poirier-Bures et I'll buy you an Ox (1997,
Nimbus) de Betty Dugas-Vaughn. Dire que le livre est devenu chose courante ici serait une exagération,
et pourtant les progrès sont sensibles : clubs d'écrivains dans
certaines écoles, salons du livre Scolastic en français, rares tournées
d'auteurs depuis l'époque du Festival National du Livre (aujourd'hui
disparu), contacts plus grands depuis les années 1980 avec le Nouveau-Brunswick,
tout cela contribue certainement à une prise de conscience plus
grande de la valeur de la littérature. Les déboires de l'édition en sont la preuve. Le Père Anselme Chiasson s'est publié lui-même dans ses Éditions des Aboiteaux durant des années; de nombreux auteurs se publient eux-mêmes, avec les limites de diffusion que cela implique; les Éditions Lescarbot (distinctes aujourd'hui du Courrier) publient de façon épisodique; les Éditions du Grand Pré font face à des difficultés financières constantes pour pouvoir publier de plus en plus d'auteurs. Notre infrastructure littéraire est encore extrêmement fragile, et bien peu d'ouvres de nos auteurs sont aujourd'hui étudiées dans notre système scolaire encore jeune (le Conseil Scolaire Acadien Provincial, par lequel la communauté acadienne a enfin la gestion de ses propres écoles, ne date que de 1997). ( A suivre ) |
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