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Les génies
de la mer au Palais de Chaillot, à Paris du 5 février 2003 au 2 février 2004. |
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Sommaire
de la boîte à images |
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Prix : 7 € (Tarif
réduit : 5,50€ et 3,85 € de 6 à 18 ans) La figure de proue ou plus généralement la décoration navale des
bâtiments de la Marine royale, répondait à une volonté de représenter
le pouvoir royal, tant sur mer que sur terre. Mais, au cours du 18e
et 19e siècle, la marine change, les bateaux sont appelés à
s'alléger et la place offerte au décor se réduit d'autant, subsistera
seulement un buste comme figure de proue, emblème du nom que porte le
navire. À la fin du 19e siècle, la mort de la marine à voile
signe la disparition de la figure de proue. La
pièce principale de l'expo, un vrai joyau, est la galère royale La Réale ! C'est la plus extraordinaire
galère royale. La poupe qui est montrée ici brille comme un soleil doré
comme l'avait voulu Louis XIV. C'est, d'après ce qui est dit, l'ensemble
sculpté le plus ancien possédé par le musée de la Marine. C'est la première
fois que cet ensemble est montré de la sorte. Rien que pour cela, la visite
mérite d'être faite. C'est au moment de la destruction de cette galère
que les ornements ont pu être récupérés à Marseille puis à Toulon et être
restaurés. Cette galère faisait partie d'un ensemble de neuf Réales construites
entre 1660 et 1748. Mais n'oublions jamais que les galères, fastueuses
ou pas, étaient d'abord des lieux de chiourme où des galériens subissaient
les pires traitements inhumains et que c'est seulement le 27 septembre
1748 que le Corps des galères de France fut dissous par ordonnance royale. La
figure de proue représente le symbole de la terre et de l'eau, le trait
d'union d'un continent à un autre et souligne cette idée d'assimiler un
bateau à une personne vivante, un animal, la tête sera la proue, le corps
sera la coque et la queue la poupe. On prendra comme modèle la volute,
la spirale, la fleur et surtout le soleil sous l'époque du Roi-Soleil
; les anciens allaient jusqu'à placer des offrandes sur la proue – sorte
d'autel – de façon à satisfaire les dieux de la mer. Pour le marin, la figure
de proue permet de s'exorciser, de mieux maîtriser sa peur face aux éléments
qui peuvent se déchaîner. Pour les chrétiens, la figure de proue bénie
par l'église offre le salut de son âme en cas de naufrage. On peut parler
ici de totem. Il faut souligner que souvent la figure de proue orne un
bateau dont le nom est au féminin, comme, L'espérance,
La Minerve…et de plus, sur ces bateaux aucune femme n'est admise,
ce qui fait que la figure de proue est la seule femme à bord ! Dans l'esprit
du marin, elle est la mère, la Vierge, l'amante… Cet art a atteint son apogée sous le règne
de Louis XIV. Ces navires étaient mis en chantier à Marseille et c'est
Charles Le Brun qui en dessina le décor-type qui inspirera ensuite toute
la décoration navale. Une véritable industrie ou tout au moins de gigantesques
ateliers se sont constitués autour de deux sculpteurs parisiens (Girardon
et Turreau), de maîtres peintres et sculpteurs (dont Puget) pour répondre
aux demandes de l'Autorité royale, jusqu'au moment où les stratèges prirent
conscience que pour améliorer la mobilité des navires il fallait alléger
ceux-ci…et dès lors le langage décoratif ne cessa de s'appauvrir. Sous
Louis XVI la décoration se résumera à une figure de lion ! Sous l'Empire,
il sera remplacé par l'aigle et les navires recevront le nom des victoires
terrestres comme Iéna ou Austerlitz. L'expo
présente deux figures de proue montrant le petit caporal et Napoléon 1er
en empereur romain, ces deux sculptures
sont prêtées par le Musée national des beaux-arts du Québec pour cette
expo. Ce sont des œuvres réalisées en 1835, sur les rives du Saint-Laurent.
Parmi
les figures de proue, on remarquera, parmi une série, le très beau buste
du roi Henri IV, de dimensions colossales, qui ornait le navire du même
nom.
Les canots d'apparat dont
l'origine se situe au XVIIe siècle permettaient à la famille royale de
prendre part aux fêtes nautiques qui étaient données sur la Seine quand
la cour était à Paris et sur le Grand Canal quand elle était à Versailles.
Ces canots étaient somptueux, décorés richement, de peintures, de sculptures
dorées à l'or fin, où chaque partie du navire était traitée pour être
un élément de décoration, dans une théâtralisation voulue par le pouvoir
en place. L'expo
montre le canot de la reine Marie-Antoinette dont la figure de proue était
une sirène. Napoléon 1er, pas en reste, en 1810, fit construire
en 21 jours, à Anvers, un canot d'apparat. Par
la suite, il fut utilisé par Napoléon III et, en 1943, est devenu une
pièce maîtresse du Musée de la Marine. Une vitrine explique, dessins à l'appui,
tout le travail préparatoire où chaque partie de la poupe*, de la proue*
ainsi que des bouteilles* sont décorées avec le plus grand soin pour en
faire un véritable décor de théâtre. On voit aussi comment les projets
sont exécutés d'abord en cire, puis, pour finir en bois. Une vidéo complète l'expo. On peut également profiter de cette exposition
pour visiter le musée de la Marine, ce qui pour beaucoup rappellera les
sorties organisées par l'école… Sur Internet, le site : www.musee-marine.fr est à visiter : une
visite virtuelle de l'expo montre tout l'intérêt de celle-ci. Bonne
visite, à tous.
Légende: *La
proue est la partie avant du bateau. *La
poupe est la partie arrière du bateau. *Les
bouteilles sont les retours latéraux de la poupe.
Michel Ostertag |
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