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J’étais
prête à partir à la FNAC pour acheter « Les Mystères des
Chiffres », le nouveau livre de Marc-Alain Ouaknin, quand la
neige s’est mise à tomber, m’empêchant de mener à bien mon
projet. Elle tombe toujours et je suis bien décidée pourtant à ne
plus quitter le domaine des nombres et des chiffres même si je
n’ai pas tout de suite en mains l’ouvrage que j’ai envie de
lire : ils me poursuivent en effet depuis longtemps puisque
j’ai fait il y a plusieurs années pour un livre que j’avais
l’intention d’écrire des recherches sur les nombres et les
chiffres dans la kabbale et dans l’ésotérisme soufi. Ils ont
continué à m’être proches depuis plus d’un an à travers les
poèmes que j’ai traduits avec mon ami Blake Dawson et qui
s’intitulent en anglais « Prime » (Nombres Premiers.)
Je me suis alors dit que Monsieur Ouaknin devrait attendre que le
beau temps revienne mais que je n’allais pas pour autant ne rien
faire et ne pas évoquer le sujet. Tout d’abord, j’en reviens à
« mes » poèmes : J’ai écrit une fois que Blake
Dawson qui n’a pas de conception religieuse affirmée transcende
peut-être la notion d’amour que nous délivrent les poètes
soufis en la rendant plus qu’essentielle, « primale. »
En ceci, il rejoint la kabbale. En effet,
si dans la kabbale, le débutant n’a pas le pouvoir de
trouver le secret du Verbe et par conséquent de la vie, ceux qui se
laissent instruire connaissent l’extrême facilité que cet
instrument de la pensée permet à l’homme de découvrir. L’Homme,
parce qu’il est libre, peut s’égarer. La kabbale a cette faculté
de l’orienter par la voie des Nombres. La pensée est aidée quand
la mathématique lui sert de canevas, l’erreur est vite perçue,
les preuves sont éclatantes et irréfutables, les recoupements
multiples et lumineux. La kabbale contient toutes les clefs de la
Vie, le contrôle du Verbe, les recoupements significatifs et les
liens de tous les aspects de la Vie, de la science et de la
connaissance. J’aurais
pu me contenter de cette explication pour laisser entrevoir au
lecteur la force du verbe chez notre poète mais je me suis permise
auparavant de prendre un exemple dans la Gematria pour affirmer mon
propos en rappelant que le mot « Gematria » provient du
mot hébreu « gematryyia » (numérologie), du grec
« geometria. » C’est un procédé utilisé
principalement par les kabbalistes qui consiste à remplacer les
lettres d’un mot ou d’une phrase par leur valeur numérique pour
ensuite les additionner afin d’obtenir une valeur totale qui sera
associée à ce mot ou à cette phrase. Les mots de même valeur en
gematria possèdent un sens rapproché que les kabbalistes utilisent
afin d’aller chercher la signification profonde cachée derrière
le mot. A chaque lettre de l’alphabet hébreu correspond une
valeur numérique :
Aleph 1 - Beth 2 - Guimel 3 - Daleth 4 - Hé 5 - Vav 6 -
Zayin 7 - Heith 8 - Teith 9
- Yod 10 - Kaf 20 - Lamed 30 –
Mem 40 – Noun 50 - Samekh 60 - Ayin 70 - Pé 80 - Tsadé 90 -
Kof 100 - Reish 200 - Shin 300 - Tav
400 –
Ainsi
l’ordre de Jacob à ses fils de « descendre » (hebr.
Redou = 210) en Egypte et d’y acheter du blé pour combattre la
famine (Gn 42,2) est interprété par déduction comme signifiant
que le séjour des Hébreux en Egypte durera deux cent dix ans (GnR
91,2.) Un autre exemple : le fidèle serviteur d’Abraham,
Eliezer (=318), est aussi précieux que les trois cent dix-huit
personnes de sa maisonnée (Ned 32a.)
Certains
nombres apparaissent fréquemment dans la Bible : le nombre 6
est souvent appelé nombre parfait parce que la Bible commence par
le mot « berechit » que la tradition kabbalistique décompose
en deux mots « bara chit », littéralement :
« Il a créé six. » Pour les kabbalistes, le
commencement, la genèse de l’univers s’inaugure par la création
du « six. » Le nombre sept est probablement le plus
commun. Il fut considéré comme spécialement propice, le chabbat
intervenant le septième jour de la semaine. L’année chabbatique
tombe tous les sept ans. La fête de Pessah dure sept jours ainsi
que celle de Soukkot. On appelle sept hommes pour la lecture de la
Torah le chabbat. On fait sept fois le tour de la synagogue à
Hochana rabba et à Simhat Torah. Le chandelier à sept branches
plus communément appelé en hébreu « la menorah »
que l’on appelait autrefois le « vigilant »,
est une « mémoire » qui a été ordonnée au
culte d’Israël. Elle avait pour but, de comptabiliser le temps
que Dieu aurait imparti à notre humanité pour pardonner une faute
qu’Il ne pouvait absoudre sans Rédemption… Nous savons, selon
le texte, que six jours ont été nécessaires pour organiser le
monde de la création tandis que pour l’homme, ce même nombre de
jours correspond à un temps de souffrance ou un temps de labeur. De
la même manière, un nombre ou une candelle, s'ils sont les septièmes,
représentent un temps d’un repos ou un
temps consacré à une élévation spirituelle.
Car
lorsque Dieu comptabilise le temps, Il met forcément à
contribution l’effort de la pensée humaine. Si pour un
homme mille ans est un nombre ordinaire, il n’en va pas de même
pour Dieu qui ne comptabilise pas les nombres à la manière des
hommes en particulier parce qu’Il n’utilise pas systématiquement
des nombres avec des chiffres ronds comportant des zéros, s’ils
sont à même de déformer la vision naturelle d’une éventuelle
perfection.
La
base 9, ainsi qu’une valeur quelconque qui se réduit à 9, est le
fondement même sur lequel repose l’ensemble des « nombres
divins. » En clair, nous dirions que 1000 années pour Dieu ne
correspondent numériquement qu’à 999 années. Chaque chandelle
commémore donc la durée de 999 années. De sorte que, l’addition
des six chandelles - qui représentent respectivement selon le texte
sacré les six mille ans depuis Adam et Eve jusqu’à nos jours -
nous permet d’obtenir le nombre suivant… 999 x 6 = 5994.
Nous devrions ainsi comprendre que la mortalité humaine est
proportionnelle à la durée des six chandelles que Dieu a ajoutées
au chandelier des hébreux. Or, il se trouve que le nombre 5994 est
un nombre qui exprime spirituellement le contraire de la vie éternelle.
Une ambivalence qui nous laisse imaginer que le nombre de vie
devrait correspondre plus exactement au nombre 4995.
Pour
mieux comprendre l’explication de cette idée, nous devons nous
faciliter la tâche en comptabilisant des centaines au lieu de
milliers, de sorte que le nombre 999 devienne 99. L’opération précédente
est donc la suivante : 99 x 6 = 594. Et son contraire, correspond désormais
au nombre de vie qui est précisément le nombre 495.
Le
nombre dix apparaît dans la requête finale d’Abraham à Dieu
pour sauver Sodome au cas où l’on y trouverait dix justes, dans
les Dix Commandements et dans la dîme (dixième part) qui devait être
donnée aux lévites et aux pauvres. Il faut dix hommes pour former
un quorum de prière (mynian). Quand dix hommes sont présents, on récite
une introduction élargie des actions de grâce après le repas…
Puisque
je viens de parler de la kabbale et de la gematria, Je
me dois maintenant de souligner la correspondance entre l’Alphabet
hébraïque et les tarots. Je voudrais donc citer deux titres de
livres écrits par Paul Foster Case
« Le livre des signes et témoignages » et « La
doctrine secrète du tarot » : Le premier révèle
la signification des 22 lettres de l’Alphabet Sacré et des 22
arcanes du Tarot. Cet enseignement où Kabbale et Méditation sont
étroitement liées est issu de l’une des plus anciennes traditions
de l’humanité. Le second nous dévoile les rapports entre le
Tarot et la Tradition Secrète. Il nous introduit à la sagesse hébraïque,
à la signification occulte des nombres et nous apprend comment est
construit le tarot. Il nous donne les clefs majeures de chaque lame
en relation avec la kabbale et la signification divinatoire des
lames majeures et mineures.
Un
autre livre a attiré mon attention, celui de A.D. Grad
qui est l’ auteur d’un Traité des Principes Kabbalistiques
et des considérations traditionnelles sur l’alphabet hébreu et
les sefirot, nom kabbalistique donné aux dix émanations à travers
lesquelles se manifeste la divinité. Le terme sefirot provient
du Séfer Yetsirah, ouvrage de spéculation cosmogonique
composé au troisième ou quatrième siècle de notre ère qui
« brode » sur les dix premiers nombres (un à dix) et
discute les dimensions de l’univers. Le livre de A.D. Grad expose
les propositions étonnantes de Géométrie sacrée qui conduisent
à la réalisation de la trisection de l’angle. Un théorème hébraïque
dissimulé dans le Traité de la Formation permet à tout
homme de bonne volonté de participer à la création du monde et
d’exalter le Nom du Maître de Tout. La Kabbale de l’Or
Philosophal qui complète l’ouvrage, livre avec le nombre du
Golem, une grammaire hébraïque de l’Art hermétique.
Mais
la gematria ne fut pas seulement utilisée pour les textes écrits
en hébreu : Les Grecs, les Arabes et les chinois avaient aussi
l’habitude de cette forme d’étude. J’aimerais rappeler ici
l’importance de Pythagore, mathématicien grec de la fin du sixième
siècle avant notre ère, qui fonda l’école des Pythagoriciens
dont la devise était « Toutes choses sont des nombres. »
Nous avons tous appris le célèbre théorème qui était
d’ailleurs connu des Babyloniens (cent ans avant Pythagore !)
et qui fut appelé « théorème de la mariée » chez les
Grecs, « chaise de la mariée » chez les Indous,
« figure de l’épousée » chez les Perses pour la réciproque
du théorème. Je ne vais donc pas l’énoncer ici mais je parlerai
des « triplets » qui vérifie la relation de Pythagore a²+b²=c² :
(3 4 5) - (5 12 13) - (6 8 10) - (7 14 25) - (8 15 17) - (12 16 20)
- (12 35 37) - (15 20 25) - (15 36 39) - (20 21 29) - (119 120 169)
– Les triplets sont connus des maçons qui les utilisent pour
« fabriquer » des angles droits.
Embarquée
comme je l’étais dans cet examen des nombres et des chiffres,
j’ai bien sûr recherché des informations et je suis tombée
sur le « Dictionnaire des Nombres. » Je n’ai pas été
impressionnée mais hallucinée en constatant que les chiffres et
les nombres avaient sans doute eu depuis la plus haute antiquité
autant d’adeptes que les mots et surtout que des hommes tel que
Pierre Eugène Villemin, Ingénieur diplômé de l’Institut
National des Sciences Appliquées, les avaient pratiqués, aimés,
s’en étaient pénétrés depuis leur enfance à tel point que ce
chercheur a pu écrire : Je collectionne les nombres
depuis plusieurs lustres (un lustre=5ans.) La passion est venue par
la découverte des « carrés magiques » à l’âge de
huit ans. Plusieurs ouvrages mis sur mon chemin d’enfant m’ont
marqué : Dictionnaire Larousse illustré - Découverte des
mathématiques par Irving Adler - La science et l’hypothèse de H.
Poincaré (1903) – Théorie et Pratique de la rédioélectricité
de L. Chrétien-Chiron (1959.) J’ai collectionné les nombres sur
des cartes perforées d’ordinateur puis sous forme de fiches
informatiques à partir du début des années 1980. Ma dernière édition
de ce document (1997), en caractères taille 10, donnait un bloc de
papier de plus de 10 cm d’épaisseur. Je dispose de plusieurs
centaines d’ouvrages
sur le sujet, surtout de langue anglaise et aussi, d’origine
indienne, des milliers de
pages d’articles. L’avènement d’Internet offre de nouvelles possibilités...
Il
est bien évident que les lecteurs intéressés pourront se reporter
à ce « Dictionnaire ou Almanach des Nombres » Je ne
veux donner ici que deux exemples de ce que je me suis permis
d’appeler « La magie des nombres et des chiffres
» : Le 2 et le 3. Ils suffiront largement, je crois, à
illustrer mon propos en ce qui concerne tout au moins ce
dictionnaire :
Le
nombre 2 comme symbole : dualité du monde, opposition et équilibre,
masculin et féminin, jour et nuit, matière et esprit, bien et
mal…
Le
nombre 2 en Inde : les dieux jumeaux, le couple primordial, les
yeux, les bras, les chevilles, les ailes…
Le
nombre 2 dans l’ésotérisme biblique : 2 = shtayim :
différence, dualité, instabilité.
Le
nombre 2 associé à la lune : comme une reine, attractif,
taciturne, délicat…
Le
nombre 2 chez Pythagore : 2 est femelle, pair et oblong, il est
opposé à 1 en tous points, il est l’essence de la non limite, le
chaos, l’absence de la forme et de la discipline. (Rappelons que
l’école de Pythagore dont j’ai parlé plus haut forme des liens
entre arithmétique, géométrie et ésotérisme. Ses disciples sont
à l’origine des nombres figurés ou géométriques, eux-mêmes
points de départ du nombre premier.)
Le
nombre 3 en mythologie : 3 fois 3 Muses, 3 Grâces, 3 Furies, 3
Parques, 3 Gorgones, 3 Erinyes, 3 Déesses de Paris, la triade
capitoline : Jupiter, mars, Quirinus, Hermès Trismégiste, les
Horaces et les Curiaces, le triangle oedipien.
Le
nombre 3 dans le monde : Monde terrestre, Enfer et Paradis,
Trois dimensions de l’espace.
Le
nombre 3 en religion : Trinités divines de Grèce, d’Egypte,
de Babylone, La Sainte Trinité, Pierre renie le Christ par trois
fois, Le Christ entre deux larrons, les trois Maries, les Trois Rois
Mages.
N’est-ce
pas fascinant ? Mais je crois avoir trouvé encore plus magique
sur un site appelé « Oasis francophone » qui est
pratiquement une encyclopédie de toutes les connaissances nécessaires
à des étudiants, des professeurs, des chercheurs, des passionnés
d’art, de littérature ou de tout ce qui peut procurer le bonheur
de raconter. Je vais ainsi vous raconter l’histoire merveilleuse
de trois nombres ou chiffres, le zéro, le Pi et le nombre d’or.
Histoire
du zéro :
L’histoire
du zéro est une véritable aventure et un tournant fondamental dans
la conception du système de numération. Pour les Grecs de
l’Antiquité, le 1 est ce qui existe, le 1 n’est pas un nombre
mais ce par quoi le nombre est, donc tant que les nombres sont
considérés comme une répétition d’unités, la suite des
nombres commence par 1 et il en va de même pour les chiffres
romains.
Cependant
il existait déjà chez les Babyloniens au 3ème siècle
avant notre ère un certain zéro mais ce dernier ne représentait
pas la notion de quantité. Ils avaient développé un système de
numération de position en base 60. Ils nous ont d’ailleurs légué
ces fameux problèmes de division du temps en heures, minutes,
secondes ainsi que le cercle divisé en 360 degrés avec des degrés
répartis en 60 minutes et des minutes partagées en 60 secondes.
Les
savants astronomes mayas mirent au point au cours du premier millénaire
de notre ère une numération de position en base vicésimale (base
20.) Les Indiens s’interrogèrent à leur tour : Combien
de grains de sable, d’étoiles, de gouttes d’eau dans
l’univers ? Pour y parvenir, ils développèrent une deuxième
idée : donner une valeur différente au chiffre selon sa
position. Prenons le nombre 1 934 221. Le chiffre 1 à l’extrême
droite vaut une unité. A l’extrême gauche, il en vaut un
million. Désormais tout devenait possible ou presque mais il
manquait encore quelque chose d’essentiel…
Les
astronomes indiens qui mirent au point le système décimal de
position en arrivèrent au même point que les Babyloniens lorsque
vint le temps d’indiquer une décimale manquante à un nombre.
S’il était aisé d’écrire 923, il l’était moins
d’imaginer 901. Les Indiens contournèrent l’obstacle en faisant
appel au mot sanskrit « shûnya » signifiant « vide »
et, par extension « zéro. » Puis ils franchirent la
dernière étape : parfaire le concept du zéro et l’enrichir
de sa signification numérique actuelle. Rapidement le concept
devint le synonyme de ce qu’on appelle aujourd’hui le « nombre
zéro » ou « la quantité nulle. » Et c’est
alors que le « shûnya » fut rangé dans la catégorie
des « Samkhyâ », c’est-à-dire celle des « nombres. »
En 628 de notre ère, Brahmagupta décrivit ses propriétés ainsi :
« Lorsque le zéro est ajouté ou soustrait d’un nombre,
celui-ci demeure inchangé. Un nombre multiplié par zéro devient zéro. »
Notre zéro était né. Traduit en arabe du sanskrit « shûnya »
devint « sifr. » Il sera introduit en occident au 12ème
siècle.
Histoire
de Pi :
Elle
est peut-être encore plus belle que celle du zéro et ravira sans
doute les poètes. L’auteur des lignes suivantes qui n’est pas
nommé sur le site « Oasis Francophone » raconte :
Il est beaucoup plus facile de mémoriser un poème qu’une suite
de chiffres comparables à 126 décimales de Pi. Qui pourrait
retenir un tel nombre :
3,14159265358979328462643383279502884197169399375105820974944
59230781640628620899862803482534211706798214808651328230066470938446 ?
Voici
le poème qu’il a composé, le nombre de lettres de chaque mot
représente les décimales de Pi, un mot de dix lettres représente
le chiffre zéro :
Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages.
Glorieux Archimède, artiste ingénieux !
Toi, de qui Syracuse, aime encore la gloire,
Soit ton nom conservé par de savants grimoires.
Jadis, mystérieux, un problème existait.
Tout l’admirable procédé,
L’œuvre était étonnante !
Que Pythagore découvrit aux anciens Grecs :
Ô quadrature ! Vieux tourment du philosophe !
Sybilline rondeur, trop longtemps vous avez
Défié Pythagore et ses imitateurs !
Comment intégrer l’espace plan circulaire ?
Former un triangle auquel il équivaudra ?
Nouvelle invention ; Archimède inscrira
Dedans un hexagone ; Appréciera son aire
Fonction du rayon. Pas trop ne s’y tiendra !
Dédoublera chaque élément antérieur ;
Toujours de l’orbe calculée approchera ;
Définira limite ; enfin, l’arc, le limiteur
De cet inquiétant cercle, ennemi trop rebelle !
Professeur, enseignez son problème avec zèle…
Histoire
du nombre d’or :
Le
nombre d’or appelé également divine proportion a eu de
nombreuses applications en sculpture, en peinture, en architecture.
La pyramide de Kheops, l’acropole d’Athènes et en particulier
le Parthénon, le tableau de Botticelli « La Naissance de Vénus »
et plusieurs autres œuvres de la Renaissance ont été conçues
d’après ce nombre aux propriétés magiques : à remarquer
que c’est le seul nombre qui lorsqu’on lui soustrait l’unité
devient son propre inverse.
Le
nombre d’or est ainsi la valeur de la proportion qui résulte du
partage d’un segment de droite d’une façon à la fois dissymétrique
et harmonieuse. Il vaut 1,618.
Un
« triangle d’or » est un triangle isocèle dont les
longueurs des côtés sont le rapport du nombre d’or. Il existe
aussi « le rectangle d’or » et « la spirale
d’or. » le nombre d’or est la clef mathématique de
l’harmonie de notre monde comme Pi et la clef de toute forme
ronde.
Alors,
qu’en dites-vous ? Bien sûr, j’aurais pu vous conter
l’histoire de pratiquement tous les nombres (dans l’ordre alphabétique)
abondants, algébriques, amicaux, automorphes, composés, déficients,
figurés, irrationnels, jumeaux, linéaires, magiques, narcissiques,
naturels, négatifs, ondulants, parfaits, polyédriques, premiers,
rationnels, transcendants, transfinis, triangulaires, vampires (oui !
Il existe des amis, des mages, des narcisses, des vampires… dans
le monde des mathématiques.) Si j’ai choisi ces trois-là,
c’est parce qu’on peut les aborder comme les héros merveilleux
des contes de fée ou des Mille et une nuits, avec un plus qui ne gâte
rien : le fait que ces histoires s’appuient sur du concret
tout en titillant notre imagination. Enfin, pour mon compte, j’ai
adoré les lire et vous les conter.
Je crois que je vais me faire avaler par les nombres et les chiffres,
aussi magiques soient-ils, si je ne me repose pas un peu avant de
continuer. La neige continue à tomber pour le troisième jour consécutif.
Je crois que je n’aurai pas de toutes façons le courage de les
aborder à nouveau avec Monsieur Ouaknin (et pourtant la FNAC vient
tout juste de me téléphoner qu’ils me gardent le livre)
d’autant plus qu’il va certainement me parler de mathématiciens
qui ont joué avec les nombres, les chiffres, les mathématiques,
l’astronomie… et que j’en connais déjà quelques uns :
Tchang Hang (78-139) qui corrigea le calendrier chinois pour
l’ajuster sur les saisons, Diophante d’Alexandrie (200-284) dont
le principal ouvrage « L’Arithmétique » comporte 189
problèmes qui se ramènent au type d’équations ax=b et ax²=b
pour lesquelles il n’obtint que des solutions positives, Aryabhata,
le plus ancien et sans doute le plus connu des mathématiciens
indiens, Brahmagupta, directeur de l’observatoire astronomique de
Ujjain en Inde qui a étudié dans Brahma-sphuta-siddhanta les
progressions mathématiques, les équations quadratiques, les théorèmes
sur le triangle rectangle…
Me voici comblée, j’ai en main « le livre » : je suis
allée le chercher hier et on me l’a échangé contre la coquette
somme de 26 euros. Il est très épais et je n’ai fait que le
parcourir. Je m’aperçois tout de même que bon nombre de
planches, d’illustrations, de figures géométriques, d’équations,
d’histoires… je les ai vues et lues sur tous les sites où je me
suis rendue, quitte de pouvoir sortir sous la neige. Je n’ai pas
bien sûr le talent de Monsieur Ouaknin mais il me semble qu’il a
surtout fait un travail de recherche, d’assemblage, de
regroupement, d’archiviste (plus que d’érudition) et qu’il
s’est penché bien sûr sur un plus grand nombre de mathématiciens
que je n’ai pu le faire moi-même qui n’ai ni ses connaissances,
ni son talent, ni sa notoriété, ni surtout l’intention d’écrire
plus longuement que je ne le fais de coutume dans ces Mots…dits.
Tiens, j’ai une idée : je vais envoyer le livre à mon ami
Jacques qui, en bon prof de maths, saura mieux l’apprécier que je
ne pourrais le faire moi-même, décision qui me permets de m’arrêter
pour aujourd’hui avant d’aborder le dernier livre d’André
Chouraqui « Le livre de l’Alliance. »
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