J’espérais
pouvoir m’évader cette semaine de l’actualité
mais comment y échapper puisque dans la
nuit du 19 au 20 Mars, à 1h. internationale,
les Américains ont déclenché leur guerre
contre l’Iraq. En fait j’ai branché ma
télévision sur CNN mais j’entends des
sons que mon cerveau n’enregistre pas.
J’ai envie de me cacher ou, telle une
autruche, d’enfoncer ma tête dans le sable
pour ne rien voir, j’ai envie de pleurer,
de regretter, de craindre et (mais trop
peu) d’espérer. D’ailleurs si je n’étais
si triste, j’aurais envie de m’en prendre
une fois de plus à ces princes qui nous
gouvernent. Le nom même de l’opération
militaire entreprise par les forces anglo-américaines
pose problème : « Shock
and awe » que les Français ont traduit
mal-à-propos par « choc et effroi. »
« Awe » ne veut pas dire « effroi »
mais littéralement « terreur mêlée
d’admiration. » Quel orgueil, quel
mépris pour les humbles que nous sommes !
Les Iraqiens aujourd’hui et le monde demain
doivent avoir peur de la plus grande,
de la plus forte nation du monde tout
en l’admirant. Comme chacun, je m’interroge
sur ce Monsieur Bush qui a la fois n’a
que le nom de Dieu en bouche mais en même
temps veut inspirer au monde une terreur
mêlée d’admiration dont je ne savais pas
que Jésus était l’emblème. Et puis qu’importe
à Messieurs les pétroliers puisque la
Bourse remonte singulièrement !
Une
autre chose me fait mal, c’est le marchandage
entre les Turcs et les Américains au sujet
du survol de leur ciel. Les Turcs qui
ont donné une certaine indépendance à
leurs populations kurdes tout en maintenant
des troupes de surveillance ont, semble-t-il,
un seul objectif : occuper le Kurdistan
iraqien. Je sais, pour avoir séjourné
au Kurdistan turc combien les habitants
ont de problèmes et combien ils ont souffert,
je sais ce qu’ont subi les Kurdes iraqiens.
Alors j’essaie d’entrevoir ce qui peut
se passer dans la tête de tous ces pauvres
gens : le Turc ou l’Iraqien ?
Me voici acculée à l’une de mes expressions
favorites : « bonnet blanc et
blanc bonnet. » Les Tchétchènes sont
mal partis, les Kurdes sont mal partis,
pauvres humains pris entre les griffes
de tigres affamés et qui n’ont que la
ressource depuis des décennies de fuir
de camps en camps ou de mourir. Quand
j’entends toutes les belles discussions
politiques, je me demande véritablement
si une fois dans leurs vies ces beaux
messieurs ont vécu le calvaire des populations
déplacées dans monde qu’ils gèrent sans
véritablement penser à elles. Je sais,
vous allez dire que je suis gâteuse, que
je rabâche mais qu’importe : ce que
vivent ces hommes et ces femmes, ce qu’ils
disent de leur crainte, de leur effroi
aux admirables grands reporters qui, eux,
prennent des risques sur le terrain, je
l’ai en ma jeunesse vécu. Fuir son pays,
devenir du jour au lendemain une apatride,
je l’ai ressenti dans ma chair. C’est
la raison pour laquelle j’ai si peur de
tous les forts qui pour une raison
de « terreur mêlée d’admiration »
mettent chaque jour en jeu la vie de personnes
innocentes.
Je
crois que je n’irai pas plus loin aujourd’hui.
Je voulais publier les lettres d’amis
américains mais peut-être sont-elles déjà
obsolètes à la vitesse où vont les évènements
dont nous ne sommes que les girouettes.
Je regrette de n’avoir pas encore reçu
les commentaires à chaud de notre amie
Saideh Pakravan qui pensait pouvoir me
les envoyer aujourd’hui mais ils ne me
sont pas parvenus. Alors je m’arrête et
comme vous tous, j’espère sans y croire
en des lendemains qui chanteront…
Eh
bien ! si, je vais aller un peu plus
loin et publier les lettres de mes amis
américains de Paris pour la raison suivante :
Je suis entrain de regarder Canal+ et
l’on y parle de la cérémonie des Oscars
qui aura lieu demain soir malgré la guerre.
En revanche les invités ne paraderont
pas et passeront immédiatement de leurs
limousines à l’escalier qui les mènera
vers leur destin cinématographique. Certains
grands metteurs en scène et acteurs ont
décliné l’invitation parce qu’ils restent
hostiles à l’intervention anglo-américaine
et parce qu’il
a été expressément demandé aux
« nommés » de ne rien évoquer
qui ait une connexion quelconque avec
l’Iraq. Ce qui me pousse également à publier
les lettres, c’est que l’ineffable et
grand Michael Moore de « Bowling
for Columbine » sera présent et n’a
pas révélé au journaliste qui l’interrogeait
- tout en réaffirmant son hostilité à
la guerre - s’il interviendrait ou s’il
s’abstiendrait de le faire. Ainsi, même
si le nombre des « anti guerre »
a fléchi – il serait passé semble-t-il
et d’après des informations officielles
de 80 à 50% - les pacifiques ne renient
pas leurs premières réactions. Voici donc
les deux lettres en question puisque je
n’ai pas encore reçu de réponse de l’agent
français de John Le Carré, l’auteur d’
« Un Espion qui venait du froid »
qui a publié un message magnifique dans
« TIMESONLINE » dont
j’ai fait la traduction française.
Lettre
de Blake Dawson à sa famille américaine
et à ses amis :
Au
cas où vous n’auriez pas lu l’article
ci-après paru dans Times/UK le 15 Janvier
2003, je vous l’envoie.
Cela me semble être un bon point de vue
de la situation, mettant les « pourquoi
» en perspective même si le texte n’entre
pas trop dans les détails sur les stratégies
à venir des administrations de Reagan
à Bush depuis l’affaire d’Iran (armes
pour déstabiliser la région), leurs essais
infructueux pour répartir leurs troupes,
soi-disant pour protéger les puits de
pétrole. Puis vinrent les mensonges de
Papa Bush en ce qui concerne l’Iraq, y
compris les photographies aériennes falsifiées
présentant à l’Arabie Saoudite les armées
massives iraqiennes (inexistantes) à sa
frontière, ce qui la convainquit d’autoriser
les Armées Américaines à créer des bases
qu’elles convoitaient depuis longtemps.
Puis,
bien sûr, il y eut l’utilisation des armes
radioactives et hautement toxiques durant
l’opération « Tempête du Désert » sans
une préparation adéquate et même sans
aucun avertissement aux propres soldats
de Bush ou aux populations civiles concernant
leur danger potentiel, même si ces risques
étaient connus par les échelons supérieurs
de l’armée avant 1990 par le fait même
des tentatives non révélées d’employer
les larges stocks de résidu nucléaire
pour opérer, stocks que les administrations
précédentes s’étaient permises d’accumuler
sans bien savoir comment s’en débarrasser.
On
se souvient sans doute ( !) que Bush
n’autorisa pas l’alliance militaire à
poursuivre son chemin jusqu’à Bagdad,
maintenant ainsi Saddam au pouvoir quand
il eût été très facile de liquider ce
vil despote et de commencer à travailler
dans le sens d’une réelle démocratisation
de la région. Au lieu de cela, les forces
de Papa Bush assistèrent sans lever le
petit doigt à l’attaque des troupes de
Saddam sur son propre peuple, elles virent
les armes chimiques qui étaient utilisées
contre des femmes et des enfants sans
défense, le résultat final étant qu’il
fut permis à l’image de Saddam de nourrir
la sensation de frayeur des populations
avoisinantes.
Tout
ceci permit une vente d’armes jamais atteinte
par les fabricants américains aux pays
proches de l’Iraq – les Etats Unis s’enrichissant
avec le sang des innocents – tout ceci,
augmenté par un embargo qui a servi seulement
à affamer les populations civiles, à leur
refuser une aide médicale désespérément
nécessaire en les rendant simultanément
dépendant du tyran Saddam (qui bien sûr
mange très bien) car il était le seul
à vouloir au moins leur jeter quelques
bribes de temps à autre. Où est allée
notre humanité ?
Nous
aurions pu être ceux qui nourrissent et
éduquent mais le pétrole et les ventes
d’armes semblent être plus essentielles,
à en juger par nos actions – et maintenant
les Bush sont revenus avec Baby Bush essayant
de dépasser les manipulations de Papa
et de proférer de gros mensonges, faisant
référence aux rapports inexistants de
la CIA, biaisant les autres, sans oublier
les rapports de la commission sur l’énergie
atomique et les missions de contrôles
sur l’armement envoyés en Iraq (une entreprise
fragilisée par les événement du 11 Septembre),
rejetant plus loin encore les droits humains,
notre droit de contrôler nos propres vies
en adultes responsables, tout ceci mis
en amalgame à travers la machine de propagande
de la Maison Blanche et qui fait que moins
en moins de gens paraissent pouvoir demeurer
lucides - guerre au terrorisme, à Bin
Laden, l’Axe du Mal, à Saddam, une guerre
contre l’Iraq, une guerre préventive,
la protection des intérêts pétroliers,
les ventes d’armes. Qu’est-il arrivé à
nos priorités ? Nous continuons à soutenir
une économie qui est dépendante du pétrole
tandis que durant des décennies nous avons
eu les moyens techniques de réduire cette
dépendance et de diminuer de cette façon
la pollution massive de notre air, de
nos mers, la destruction de la bio-diversité,
le réchauffement du globe terrestre, la
désertification intense, le dégel des
cercles polaires élevant le niveau de
la mer, en bref, tout ce qui peut affecter
notre santé et a indirectement des effets
sur la nourriture que nous absorbons –
quelque chose de beaucoup plus critique
que les chamailleries entre quelques gens
avides de pouvoir et de gosses de riches
jouant pour le profit avec de plus en
plus de fusils, de bombes, de missiles
et des moyens de destruction de masse
: c’est la véritable survie de nos espèces
sur cette planète qui est en jeu.
Je
suis, et j’ai toujours été fier de l’être,
américain, en dépit de certaines bavures
de notre Histoire. Mais l’Amérique dont
je suis fier est l’Amérique de l’espoir,
des buts véritablement nobles, des objectifs
universels, une Amérique de l’esprit humain,
de l’honneur, de l’aide aux nécessiteux,
pas l’Amérique qui se permet d’être manipulée
par des mensonges flagrants, qui accepte
ce qu’on lui dit seulement parce que la
personne qui le dit est apparemment un
Président, un roi, un dictateur, un tyran
ou un éditorialiste, ce n’est pas l’Amérique
qui permet à ses propres valeurs d’être
polluée par des intérêts personnels ou
corporatifs, c’est l’Amérique qui place
le respect envers elle-même et les autres
au-dessus de tout, même des gouvernements
de passage et de leurs politiques, qui
est capable de se faire une idée large
et à long terme, qui a la force et la
volonté d’être passive quand les évènements
le demandent, qui aime autrui comme elle-même,
jamais une Amérique qui courbe l’échine
devant un pétrolier, saluant d’un stetson
peint en rouge, blanc et bleu tout en
brandissant sa bible, disant à tous qu’il
sait ce que Dieu va dire et que ses dires
sont nobles, que ce qu’il dit est bon
et le reste diabolique. Je suis fier d’être
américain mais pour la première fois de
ma vie mon cœur pleure pour l’Amérique,
car j’ai l’impression d’observer un pays
qui a oublié ce que signifie réellement
« être AMERICAIN. »
Voici
maintenant une lettre envoyée à son cousin
« un Républicain nourri au maïs »
de l’Indiana par un Américain de Paris
suite à une lettre de ce cousin qui lui
écrivait : « Dans cette partie
du pays, nous ne sommes pas contents ces
jours-ci de l’attitude des Français » :
Cher
Don
Merci
de ta lettre. Il est véritablement malheureux
de constater que l’arrogance (caractéristique)
du président Chirac et de son Ministre
des Affaires Etrangères ait fourni un
bouc émissaire aussi commode à la presse
américaine pour détourner l’attention
du public américain du désastre en puissance
créé par l’arrogance similaire du Président
Bush et particulièrement de Monsieur Rumsfeld.
Qui eût imaginé il y a deux ans que n’importe
quel Président des Etats-Unis aurait pu
à tel point s’aliéner ses alliés que les
principales nations qui font corps avec
lui sont la Grande Bretagne, l’Espagne,
l’Australie, l’Italie et…la Bulgarie ???
Je
crois qu’il est honteux que les protestations
« anti-va-t-en guerre » que
j’ai constatées aient dégénéré en injures
grossières et irrespectueuses. Mais le
ton en a été principalement donné par
le Président et sa propre administration
qui manque de tact. A la mi-février, le
Sénateur Robert Byrd a délivré au
Sénat une allocution qui exprimait beaucoup
de ce que je ressens et qui se justifie
de plus en plus au fur et à mesure que
la crise augmente :
« Réfléchir
sur la guerre est penser à la plus horrible
des expériences humaines. En ce jour de
février, alors que cette nation est à
la veille de la bataille, chaque Américain
doit considérer jusqu’à un certain point
les horreurs de la guerre. Pourtant, cette
Chambre est, pour la plupart de ses membres,
silencieuse – silencieuse d’une façon
terrible
et menaçante. Il n’y a pas de débat,
pas de discussion, pas de tentative de
démontrer au pays les pour et les contre
de cette guerre particulière. Il n’y a
rien…
…
Cette Administration a divisé les alliances
traditionnelles, paralysant sans doute
pour toujours les entités internationales
de maintien de l’ordre telles que les
Nations Unies et l’OTAN. L’Administration
a remis en question la perception universelle
et traditionnelle des Etats-Unis en tant
que gardien de la paix. Cette Administration
a transformé l’art patient de la diplomatie
en menaces, étiquettes et appellations
qui en disent long sur l’intelligence
et la sensibilité de nos leaders et qui
auront des conséquences pour les années
à venir.
Traitant
les têtes des Etats de pygmées, étiquetant
des nations entières sous le label
« mal », dénigrant les puissants
alliés européens comme incompétents –
ce genre d’insensibilités rudimentaires
ne peuvent pas faire de bien à notre grande
nation. Nous pouvons avoir une importante
force militaire mais nous ne pouvons pas
mener seul une guerre totale contre le
terrorisme. Nous avons besoin de la coopération
et de l’amitié de nos alliés de toujours
autant que celles de nouveaux amis que
nous pouvons attirer par notre richesse.
…
En l’espace de seulement deux courtes
années cette Administration arrogante
et téméraire a initié des politiques qui
peuvent mûrir des conséquences désastreuses
pour des années. On peut comprendre la
colère et le choc de n’importe Quel Président
après les attaques sauvages du 11 Septembre.
On peut apprécier la frustration de n’avoir
qu’une ombre à chasser et un ennemi flottant,
amorphe, sur lequel il est pratiquement
impossible d’exercer un châtiment. Mais
tourner sa propre frustration et sa colère
dans la sorte de débâcle de politique
étrangère extrêmement déstabilisante et
dangereuse dont le monde est couramment
le témoin est inexcusable de la part de
n’importe quelle Administration chargée
du pouvoir et de la responsabilité redoutables
de guider la destinée de la plus grande
superpuissance de la planète. Franchement
bien des déclarations faites par cette
Administration sont scandaleuses. Il n’y
a pas d’autre mot.
Malgré
tout cette Chambre est silencieuse jusqu’à
la hantise. Sur ce qui est probablement
la veille d’une décision de mort et de
destruction de la population iraqienne
– une population, puis-je ajouter, dont
50% a moins de quinze ans – cette Chambre
est silencieuse. Dans les quelques jours
à venir nous allons envoyer des milliers
de nos propres concitoyens faire face
aux horreurs imaginées de guerre chimique
et bactériologique - cette Chambre est
silencieuse. A la veille de ce qui pourrait
être une possible contre-attaque vicieuse
terroriste en représailles de notre attaque
de l’Iraq, c’est « travail comme
d’habitude » au Sénat des Etats-Unis.
Nous sommes véritablement entrain de faire du « somnambulisme à travers
l’Histoire. » Au plus profond de
mon cœur je prie pour que cette grande
nation et ses citoyens bons et confiants
ne se préparent pas à un réveil des plus rudes. Engager une guerre est
toujours tirer un joker. Et une guerre
doit toujours être un dernier recours,
pas un premier choix. Je me dois vraiment
de m’interroger sur le jugement de tout
Président qui dit qu’une attaque militaire
massive sur un pays dont 50% de la population
sont des enfants est »dans les traditions
morales les plus élevées de notre pays. »
Cette guerre n’est pas nécessaire en ce
moment. La pression semble avoir un bon
résultat en Iraq. Notre erreur fut de
nous mettre à part aussi vite. Notre challenge
est de trouver maintenant a moyen élégant
de nous tirer du mauvais pas où nous nous
sommes mis. Peut-être y-a-t-il un autre
moyen si nous nous accordons plus de temps. »
Le
Sénateur n’a pas parlé des effets sur
l’opinion publique mondiale de l’arrière-
plan historique de cette particulière
administration :
-
Un journal local a pris une photo à Bagdad
en 1983 où l’envoyé personnel de Ronald
Reagan, Donald Runsfeld, serrait la main
de Saddam Hussein. Il était là pour signer
un accord de coopération militaire qui
eut pour conséquence que les Etats-Unis
donnaient à l’Iraq des milliards de dollars
en armes aussi bien qu’une connaissance
satellite du mouvement des troupes iraniennes.
(Ceci avait commencé dès l’attaque de
l’Iran en 1980.) Jusqu’en 1988 les entreprises
américaines et françaises ont fourni des
équipements chimiques que l’Iraq a employés
dans ses projets d’armes chimiques. L’Iraq
a été aussi autorisé à commander ses bacilles
d’anthrax à une compagnie de Virginie.
(Comment cette Administration qui
est supposée chrétienne peut-elle justifier
l’envoi d’Anthrax à Saddam ?)
-
Dans les années qui ont immédiatement
précédé sa nomination comme Envoyé Spécial,
Monsieur Cheney en temps qu’administrateur
d’Halliburton, a fait plus de ventes au
régime de Saddam que n’importe quelle
autre compagnie sur terre. Apparemment
quand il s’agissait d’un plus gros bonus
à la
fin de l’année, Saddam n’était
pas un aussi mauvais gars avec lequel
traiter.
Je
ne veux certainement pas dire que j’entrevois
des réponses simples à cette crise mais
je désire montrer que la pauvre diplomatie
de l’Administration Bush en traitant les
choses comme elle le fait causera à long
terme des dommages aux intérêts des Etats-Unis.
Je pense que nous savons tous que les
Français vont être un fardeau. Nous attendons
et espérons un meilleur leadership des
Etats-Unis.
Désolé
si je me suis laissé entraîné un peu trop
loin dans ma réponse mais, d’une certaine
façon, comme un Américain vivant dans
une autre culture, la situation a peut-être
plus d’impact sur moi que sur toi, car
tu es entouré par ta communauté de « Républicains
nourris au maïs » comme tu me l’as
toi-même fait remarqué aussi gracieusement
que possible…
P.S.
Je pense que tu pourrais dire que je suis
entouré de « socialistes nourris
aux escargots » mais en général les
deux sociétés ont un très haut niveau
de valeurs partagées basées sur la chrétienté,
la démocratie et la liberté individuelle.