A une époque où les relations franco-américaines ne sont pas les meilleures
du monde, il faut peut-être raison garder
car elles furent toujours, comme nous avons
coutume de le dire, en dents de scie. C’est
la raison pour laquelle je tiens à réitérer
que si je n’aime pas forcément la politique
actuelle du Président Bush et son envie
forcenée de partir en guerre, je considère
les Américains comme mes amis de toujours
et Sadam Hussein comme mon ennemi mortel.
J’ai éprouvé beaucoup de plaisir hier soir
quand, zappant une ou deux fois sur la remise
des Césars, j’ai vu qu’on remettait un César
d’honneur à la grande Merryl Streep et que
le César du meilleur film étranger allait
à Michael Moore pour « Bowling for
Columbine. » Il a exprimé dans son
remerciement tout l’attachement qu’il ressentait
pour la France sans laquelle la Guerre d’Indépendance
n’aurait peut-être pas eu le dénouement
que nous connaissons et, quitte à recevoir
un nouveau blâme dans son pays, il a dit
ce qu’il pensait de Bush qu’il n’a pas élu,
comme des millions d’Américains ne l’ont
pas élu d’ailleurs.
L’aide
apportée par les Etats-Unis durant les deux
guerres mondiales qui auraient vu sans eux
l’effondrement de la France et peut-être
la victoire de l’antéchrist Hitler ne doit
jamais s’effacer de nos mémoires. C’est
la raison pour laquelle, je me permets aujourd’hui
de remonter à Louis XVI pour montrer combien
les Etats-Unis ont été reconnaissants à
la France des services rendus par le roi
pour aider à l’indépendance de cette grande
nation.
« La Fayette, nous voici ! » :
Tels furent les mots que prononça le Lieutenant
Colonel américain Charles E. Stanton (1859-1933)
sur la tombe du Marquis de La Fayette, au
cimetière Picpus à Paris, le 4 juillet 1917.
Son prestige est encore très grand aux Etats-Unis
durant la première guerre mondiale : des
aviateurs américains s'engagent dès 1916
comme volontaires dans l'armée française,
formant l'escadrille La Fayette. L'entrée
en guerre des Etats-Unis, le 6 avril 1917,
marque un tournant dans la première guerre
mondiale et le début de la fin pour les
armées allemandes. Un corps expéditionnaire
est envoyé en France, aux ordres du Général
John J. Pershing. Le 4 juillet 1917, une
commémoration de l'amitié franco-américaine
est organisée. Charles E. Stanton, membre
de l'Etat-Major américain, est envoyé par
le Général Pershing en ce jour de fête nationale
des Etats-Unis, pour marquer la reconnaissance
des Américains envers celui qui les avait
soutenus lors de la guerre d'indépendance.
C'est au cours de cette cérémonie qu'il
prononce les mots (souvent attribués au
Général Pershing) : « La Fayette, we
are here », qui seront encore repris
lors du débarquement des troupes américaines
en France en 1944.
Il ne fait pas de doute que le Marquis
de Lafayette ait aimé les douze Etats Américains.
On doit se souvenir que sans l’aide de ce
jeune homme, l’Amérique serait un pays totalement
différent. Voici par exemple ce qu’il écrivit
à sa femme en Avril 1777 :
« Le bonheur de l’Amérique est intimement
lié au bonheur de toute l’humanité. Elle
est destinée à devenir l’asile sûr et exemplaire
de la vertu, de l’honnêteté, de la tolérance,
de la qualité et de la liberté pacifique. »
Plus tard il écrivit à Henry Laurens,
alors Président du Congrès :
« Au moment même où j’ai entendu
parler de l’Amérique je l’ai aimée. Au moment
même où j’ai su qu’elle se battait pour
son indépendance j’ai brûlé du désir de
verser mon sang pour elle. Et le moment
où je pourrai la servir, n’importe quand
ou dans n’importe quelle partie du monde,
sera le plus heureux de ma vie. »
A cette époque le Marquis avait
environ dix neuf ans. Il voulait passionnément
aider et devenir un membre de l’Armée Américaine.
Aussi, fort de la recommandation de Silas
Deane, alors Emissaire en France, il obtint
une commission dans l’Armée des Etats-Unis.
Lafayette partit donc rejoindre l’Armée
Américaine. Le voyage de France en
Amérique devait durer plusieurs mois, d’Avril
à Juillet 1977. Il débarqua en Caroline
du Sud et dut faire neuf cent miles à l’intérieur
des terres pour atteindre Philadelphie.
Les routes n’étaient pas ce qu’elles étaient
alors en France car le voyage qui commença
de grande façon en carrosses vit la destruction
de toutes les voitures et Lafayette dut
continuer le parcours à cheval. Il rencontra
le Général Washington à un dîner qu’il donnait
à Philadelphie et une amitié dut naître
immédiatement entre les deux hommes puisque
le 31 Juillet Lafayette fut nommé par le
Congrès Major-Général de l’Armée des Etats-Unis.
Au camp de Moland, Lafayette résida dans
une maison près de l’Eglise Neshaminy. L’Armée
Continentale lui fit un accueil chaleureux.
On relate une conversation entre les deux
généraux juste après l’arrivée de Lafayette
qui plut certainement à tous les soldats :
« Il est quelque peu embarrassant pour
moi de vous présenter un officier qui vient
d’arriver de France » dit Washington.
A quoi le Français répliqua : « Je
suis ici pour apprendre et non pour enseigner. »
Telle devait être sont attitude durant toute
la guerre. Ses talents diplomatiques et
militaires permirent de convaincre Louis
XVI d'envoyer une armée commandée par Rochambeau
en 1780, de vaincre les Anglais à Yorktown
en octobre 1781, puis de faire aboutir en
1783 le traité de Paris par lequel les Anglais
reconnaissaient l'indépendance des Etats-Unis.
Si l’amour que portait LaFayette à la
cause de l’indépendance américaine était
complètement gratuit et sans équivoque,
le soutien massif des 50.000 hommes de l’Armée
de Rochambeau n’avait pas été innocent.
Il s'agissait pour Louis XVI d'affaiblir
la puissance de l'Angleterre. Le coût de
ces expéditions commandées s'éleva à 2 milliards
de livres. Et pendant toute cette période,
la marine française avec les 300 navires
commandés par les amiraux De Grasse, D'Estaingt,
La Motte-Picquet ou Suffren se couvrit de
gloire et décima les escadres anglaises
sur toutes les mers du globe.
Je me permets de citer ces chiffres parce que nombreux ont été les
Américains et les Français à penser que
l’aide pécuniaire apportée par les Américains
à l’Europe durant les deux Guerres Mondiales
n’avait pas de commune mesure avec celle
apportée par Louis XVI à la cause de l’Indépendance
de cette grande Nation. C’est un ami américain
qui m’a demandé un jour de faire une conversion
à laquelle je n’aurais jamais pensé sans
sa suggestion : Combien représentent
deux milliards de livres en or convertis
en francs français et en euros ?
Il demeure que parler gros sous quand
tant de GI ont donné leur vie pour aider
la vieille Europe qu’il est temps de passer
à un autre homme aussi important sinon plus
que LaFayette aux yeux des Américains :
Tocqueville.
« Alexis de Tocqueville est né à
Paris en 1805 dans une famille bourgeoise.
Il désirait un meilleur monde pour tous
les gens, un monde où tous les gens auraient
les mêmes droits. Tocqueville et son ami,
Gustave de Beaumont, ont approché le roi
des Français, Louis-Philippe, en 1831 pour
obtenir la permission de voyager aux Etats-Unis.
Louis-Philippe leur donna la permission
de voyager pour faire des recherches sur
les prisons américaines. Tocqueville a pénétré
le système pénitentiaire mais il a aussi
réuni de nombreux éléments qui pourraient
illustrer sa vision d’un monde démocratique.
Tocqueville et Beaumont ont visité de
nombreux états, y compris le Wisconsin.
Durant leur grand voyage, Ils ont vu des
fermes, de petites villes, des cités bruyantes
et des régions encore peu développées. Ils
ont fait la connaissance d’avocats, d’hommes
d'affaires, d’Indiens, de pionniers… Ils
ont observé la politique, les conditions
sociales et le développement des industries
au 19e siècle. Tocqueville a réuni toutes
ses observations dans un journal et c’est
à partir de ce journal qu’il a écrit son
livre célèbre « De la Démocratie en
Amérique. » Ce livre était révolutionnaire
à son époque et le demeure aujourd’hui.
Les observations et les idées de Tocqueville
transcendent le temps, les thèmes en sont
universels. « De la Démocratie en Amérique »
est étudié aujourd'hui dans les cours d'histoire
et les cours de politique. Les politiciens,
les vedettes et les journalistes utilisent
souvent les mots de Tocqueville tirés « De
la Démocratie en Amérique. C’est un livre
universel en ce sens qu'il développe des
idées qui sont encore importantes aujourd’hui
comme les droits de l’homme, la politique,
la guerre, l'argent, la presse, les électeurs,
les rapports entre les femmes et les hommes,
les rapports entre les races, la corruption
des gouvernements et beaucoup d'autres sujets.
C'est un livre qui a influencé le monde
pendant 150 ans, mais c'est aussi un livre
qui décrit la vie moderne.
Pendant son voyage, les trois éléments
qui ont le plus influencé Tocqueville sont
l'organisation du gouvernement, la destruction
de l'environnement, et la maltraitance des
esclaves et des Indiens. Les personnes avec
lesquelles il a parlé et les événements
historiques dont il était l’observateur
ont influencé profondément ses idées à propos
de la démocratie en général et plus particulièrement
des Etats-Unis.
En fait Alexis de Tocqueville était un
penseur, un rêveur et révolutionnaire. Il
était un homme en avance sur son temps.
Il osait parlé des rapports entre les hommes
et les femmes et des rapports entre les
races. Ses idées ont changé le monde dans
lequel nous habitons, et ses idées nous
affectent encore aujourd'hui. Peut-être
en lisant « De la Démocratie en Amérique »
nous comprendrons mieux comment analyser
notre société moderne et comment créer un
monde plus juste, plus beau, et plus démocratique. »
J’ai tiré ces phrases d’une conférence
prononcée par Jessica Steinhoff, professeur
à l’Université de Wisconsin, au Printemps
de 1998, mais j’ai retrouvé leur essence
dans les paroles de nombreux Américains,
en particulier d’un ancien Juge de la Cour
Suprême des Etats-Unis qui parlait couramment
français et a déclaré : « sans
Tocqueville, la Constitution des Etats-Unis
ne serait pas ce qu’elle est. »
Ces paroles de louange une fois dites,
il est évident que les relations franco-américaines
ne furent pas toujours aussi parfaites que
nous l’aurions souhaité. Franklin Roosevelt
par exemple n’avait pas une impression très
favorable du Général de Gaulle. Jusqu’en
Novembre 1942, date à laquelle Laval rompit
les relations diplomatiques avec les Etats-Unis
suite au débarquement allié en Afrique du
Nord, il ne fut pas question pour Roosevelt
de reconnaître la France Libre. Le courant ne passait
pas entre les deux hommes. Le Président
Américain a déclaré à son épouse au retour
de la conférence de Casablanca de Janvier
1943 : « Le Général de Gaulle
est un soldat, patriote certainement, dévoué
à son pays, mais en revanche c’est un politique
et un sectaire et il y a chez lui, je crois,
tous les attributs d’un dictateur. »
Dans ses mémoires, Eleanor Rossevelt ajoutera :
« Je n’entendis jamais Franklin dire
qu’il avait changé d’avis à son sujet en
tant qu’homme et je ne pense pas qu’entre
eux il y ait eu de véritable compréhension. »
Cette animosité s’est évidemment traduite
dans le refus d’inviter De Gaulle à la Conférence
de Yalta de Février 1945, présence à laquelle
ne s’opposaient pas Churchill et Staline.
Roosevelt est mort deux mois plus tard,
le 12 Avril, et si De Gaulle a adressé un
message au nouveau Président des Etats-Unis,
Harry Truman : « Roosevelt fut
de son premier à son dernier jour l’ami
de la France. La France l’admirait et l’aimait »,
il ne s’est pas rendu à ses obsèques. Et
puis il ne faut pas oublier, même si l’on
en parle peu, que Churchill avait très envie
de faire de la France libérée par les Alliées
une « sorte » de colonie anglaise
et que les Américains eux-mêmes avaient
fabriqué des dollars de l’occupation qui,
heureusement, n’ont jamais servi.
J’ai d’autre part entendu sur France Culture
hier soir des propos qui sont très inédits
ou tout au moins auxquels on ne pense pas
en termes actuels : les Américains
seraient à notre époque les puritains qu’ils
n’ont pas cessés d’être depuis le débarquement
du Mayflower sur les côtes américaines.
De la même façon que les nouveaux arrivants
voulaient créer sur ce continent vierge
un monde régénéré sans commune mesure avec
la vieille Europe polluée, les Américains
d’aujourd’hui veulent établir un monde à
leur image, un monde chrétien sans commune
mesure avec le monde hérétique de l’Europe ou laïque de la France…
Lorsque les laïques dont je suis se penchent
sur la vigueur des religions aux Etats-Unis,
ils ne peuvent être qu’abasourdis, non seulement
par le nombre d’églises protestantes mais
par toutes les autres également :
- 163
millions d'Américains (63 %) se déclarent
affiliés à une confession particulière parmi
lesquels 60 millions seraient catholiques
romains (Il n’en était pas de même avant
l’arrivée massive des catholiques d’Amérique
du Sud, de l’intégration de Puerto Rico
et des Cubains opposés à Fidel Castro)
- Les fidèles des Églises protestantes américaines sont au nombre
de 94 millions, répartis en quelques 220
confessions distinctes. L'Almanach universel
de 1997 regroupe ces Églises en 26 grandes
familles de 100.000 adhérents ou plus, mais
note également qu'il existe des milliers
de groupes de croyants indépendants qui
s’identifient comme tels.
- Il existe plus de 300.000 congrégations
locales aux États-Unis.
- Il y a plus de 530.000 membres du clergé.
- Les États-Unis comptent quelque 3,8
millions de personnes identifiées ou affiliées
à la religion juive (2 millions d'autres
se définissent comme étant principalement
de culture ou d'ethnie juive.)
- Il y a, selon les estimations, de 3,5
à 3,8 millions de musulmans, l'islam étant
la religion qui connaît la croissance la
plus rapide aux États-Unis.
Chaque semaine, plus d'Américains assistent
à des cérémonies religieuses qu’à des manifestations
sportives. En termes d'identification
religieuse personnelle, le groupe qui se
développe le plus rapidement aux États-Unis
est celui des athées et des agnostiques
(qui sont actuellement 8 millions environ,
ce qui représente un grand nombre d’hommes
et de femmes qui ne partagent sans doute
pas les vues des « pratiquants »
mais qui ne pèsent malheureusement pas lourd
dans la balance à l’heure actuelle en tout
cas.)
Devant ces chiffres, on est en droit de
se demander : « Dans quelle mesure
les Américains peuvent-ils prétendre que
les Français sont individualistes alors
qu’il semble exister autant de congrégations
religieuses que d’Américains ? Et
dans quelle mesure aussi ces milliers de
congrégations, même si elles répondent à
la liberté de pensée de la Constitution
Américaine, peuvent-elles s’entendre les
unes avec les autres ? Dans quelle
mesure enfin peut-on admettre en Europe
que l’Amérique est un exemple pour le reste
du monde ? »
Il faut maintenant revenir à l’actualité :
le voyage du Président Chirac en Algérie. »
Pourquoi en parler à propos des relations
franco-américaines ? parce que la réflexion
d’un journaliste ce matin m’a interpellée :
Il a dit que les réflexions, l’attitude
de Chirac dans le bain de foule qu’il a
pris à Alger lui rappelait le « Je
vous ai compris »
de De Gaulle à Montréal. Il est évident
que Chirac se veut à la fois le champion
de la paix et le fédérateur de toutes les
nations arabes face aux Etats-Unis et au
Président Bush dont le but final ne serait
pas de restituer la démocratie en Iraq mais
de s’emparer des réserves actuelles et potentielles
de pétrole du pays dont seulement 3% sont
exploitées.
Je me pose alors la question : Si
je n’apprécie pas les raisons de Bush, puis-je
applaudir pour autant celles de Chirac ?
Je crois que si nombre d’Algériens ont applaudi
à la reprise de relations amicales entre les deux pays,
les jeunes criaient : « plus de
visas, plus de visas ! » Et c’est
là où le bât me blesse. Il est évident que
la libre circulation des peuples est une
utopie que nous chérissons mais que signifie-t-elle
au niveau de ces jeunes Algériens touchés
par une terrible crise de l’emploi ?
C’est leur arrivée massive en France. J’ai
honte, je n’ai jamais prononcé de telles
paroles mais elles sont suscitées par deux
réflexions, la première étant qu’avec la
meilleure volonté du monde, nous n’avons
pas à l’heure actuelle les moyens de fournir
des emplois nouveaux alors que le chômage
en France est entrain de remonter sensiblement,
la seconde que le nombre des musulmans va
encore augmenter dans notre pays, ce ne
serait pas tellement grave s’il ne se glissait
parmi eux des islamistes acquis à la cause
des terroristes.
Car enfin ce qui nous choque dans la guerre
à venir, c’est que rien ne prouve que les
Iraqiens soient eux aussi favorables aux
idées de Ben Laden mais que l’arrivée massive
des troupes américaines et les destructions
pourraient transformer des gens malheureux,
des victimes de leur dictateur aujourd’hui,
des militaires occidentaux demain, en adeptes
des fondamentalistes comme on a pu le constater
en Tchétchénie et en Afghanistan. Je crois sincèrement
que Bush et ses conseillers conservateurs,
que les pétroliers dont il est ne se rendent
pas comptent du risque qu’ils prennent sans
doute par une compréhension erronée du Moyen
Orient dont ils appréhendent mal la pensée.
A ce stade de mes réflexions, j’ai bien
envie de reprendre la réflexion fameuse :
« Bush et Chirac, bonnet blanc et blanc
bonnet ! » Je crois que ni l’un
ni l’autre ne se rendent véritablement compte
des implications que comporte leur attitude
respective. Ils n’en ont pas conscience
parce qu’ils écoutent l’opinion publique
quand cela les arrange, s’occupent un peu
trop de leur destinée personnelle, ne sont
pas mis à jour par les bons conseillers
des problèmes quotidiens qui s’offrent au
monde… « Les bons conseillers »,
voici je crois un élément essentiel qui
n’est pas assez pris en compte par nos gouvernants.
Il est évident que ceux de Bush sont à l’heure
actuelle encore plus conservateurs que lui-même
et peut-être que Chirac n’écoute pas assez
les siens et songe trop à son image de marque
du moment qui gomment ses erreurs passées.
Malgré le chômage qui croît, il flotte sur
un nuage. Si l’on a reproché à Mitterrand
de se croire l’égal de Dieu, Chirac joue
à l’heure actuelle les souverains absolus
et prend en mains la politique l’extérieure
qui est bien entendu son domaine exclusif
sans pour autant laisser les coudées franches
à son Premier Ministre quand il est dans
la métropole.
Vendredi 7 Mars, 18 heures 30 :
je viens de regarder CNN.
J’ai écouté le rapport de Hans Blix,
les intervention de Dick Powel, des représentants
russe et français : chacun est resté
sur ses positions et il ne semble pas qu’il
y ait un vote aujourd’hui. Alors, je m’arrête
et je vais attendre les prochaines décisions du Conseil
de Sécurité avec la même sensation d’impuissance
et le même tenaillement au cœur. Alea jacta
est !