N’oublions
jamais qu’Ingrid Bétancourt est retenue en otage depuis de
trop longues années et que nous devons tous nous unir pour
obtenir sa libération.
Paris
a confirmé l'enlèvement lundi matin 5 décembre à Bagdad
d’un ingénieur français travaillant pour une organisation
non gouvernementale. « Vous me permettrez de saisir
l’occasion de ce point de presse pour vous confirmer,
malheureusement, l’enlèvement d’un ingénieur français,
M. Bernard Planche, ce matin à Bagdad » a déclaré Dominique de Villepin lors
d’une conférence de presse conjointe avec le Premier
ministre chinois Wen Jiabao.
« L’ensemble
des services de l’Etat français est pleinement mobilisé
pour permettre une libération aussi rapide que possible de
notre compatriote. Je
renouvelle aujourd'hui de manière solennelle les conseils de
prudence les plus stricts à nos compatriotes déjà présents
ou désireux de se rendre en Irak. Dans les conditions
actuelles de sécurité, il est formellement déconseillé
d’entreprendre un tel voyage » a ajouté le chef du
gouvernement.
Bernard
Planche est un employé de l’ONG AACCESS qui oeuvre dans le
secteur économique et social. Selon les autorités
irakiennes, il travaille à la station d’épuration de
Roussafa, dans l’est de Bagdad. « Notre ambassade
avait appelé l’attention de M. Planche, comme celle de nos
autres compatriotes, sur les risques qu'il courait en ne
prenant pas les mesures indispensables à sa sécurité »
a dit le porte-parole du Quai d'Orsay, Jean-Baptiste Mattei.
« Il lui avait été conseillé de quitter le pays ou,
à défaut, de garder le contact avec l’ambassade. »
Selon
des témoins cités par la police irakienne, l’ingénieur a
été enlevé alors qu’il quittait son domicile par sept
hommes armés circulant à bord de deux voitures dans le
quartier aisé de Mansour, dans l’est de Bagdad. Des traces
de sang ont été retrouvées devant le portail de sa résidence.
Un habitant a raconté que les ravisseurs avaient frappé
Bernard Planche qui hurlait avant de le pousser dans une
voiture devant plusieurs témoins. « Tout le monde
regardait et personne n’a rien fait pour l’aider. »
Il s’agit de la troisième opération du genre visant des
Occidentaux en dix jours en Irak. Les ravisseurs des
militants pacifistes menacent de les exécuter si tous les
prisonniers écroués en Irak ne sont pas
libérés d’ici jeudi. Quant au groupe détenant Susanne
Osthoff et son chauffeur irakien, il répète que les deux
otages seront tués si l'Allemagne ne cesse pas toute coopération
avec le gouvernement irakien.
Des
milliers de civils ont été kidnappés en Irak depuis la chute de
Saddam Hussein en avril 2003, parmi lesquels plus de 200 étrangers.
Les journalistes français Christian Chesnot et Georges
Malbrunot ont été libérés en décembre 2004 après quatre
mois de captivité. Leur consoeur du quotidien Libération, Florence
Aubenas, enlevée le 5 janvier 2005, avait été
relâchée le 10 juin avec son guide, Hussein Hanoun al Saadi.
L’armée
américaine a abandonné les poursuites contre un officier qui
avait été accusé d’avoir donné l’autorisation à deux
de ses hommes de tuer deux civils irakiens. S’il avait été
condamné, le lieutenant Erick J. Anderson, 26 ans, aurait pu
risquer la prison à perpétuité. Lors d'une audience devant
la justice militaire, l’un des soldats qui avait accusé
Anderson a changé de version, un autre a refusé de témoigner.
Le dossier est donc clos et l’officier n’ira pas en cour
martiale. Anderson dirigeait une unité de 36 hommes dans
l’infanterie en Irak en août 2004. Quatre
de ses hommes furent condamnés pour avoir assassiné des
Irakiens sans armes près de Sadr City, l’immense cité
populaire chiite de Bagdad. Deux soldats avaient ensuite témoigné
que leur lieutenant avait donné son feu vert pour les tuer.
Mais
le mois dernier le soldat Michael Williams a expliqué avoir
impliqué son chef uniquement pour tenter de réduire à 25
ans sa propre condamnation à la prison à vie. Il a avoué
avoir tiré à trois reprises sur les Irakiens avant même
l’arrivée du lieutenant Anderson dans le bâtiment que la
patrouille avait investi. Un autre soldat qui a été condamné
à un an de prison a refusé de témoigner après avoir dit
auparavant qu’Anderson l’avait autorisé à achever un
adolescent blessé pour « mettre fin à ses souffrances. »
Ces
quelques lignes montrent l’indifférence totale dont font
preuve une majorité de militaires américains envers la
population irakienne. Je reste sans voix devant le fait
qu’on ait « achevé » un adolescent pour abréger
ses souffrances. C’est une méthode médiévale et
certainement pas contemporaine où les hôpitaux existent pour
traiter les blessures faites en temps de guerre comme en temps
de paix !
Mohammed
Hamza al-Zoubaidi, ancien Premier ministre de Saddam Hussein,
capturé en Irak en avril 2003, est
mort dans un hôpital militaire américain à Bagdad, a annoncé
lundi l’armée américaine. Le décès d’Al-Zoubaidi, un
chiite de 67 ans, remonte à vendredi 2 décembre mais l’armée
américaine ne l’a rendu public que lundi 5, en suggérant
qu’il était dû à une crise cardiaque. Peu avant de
succomber, l’ancien dirigeant irakien s’était « plaint
de douleurs à la poitrine » a ainsi rapporté le
lieutenant-colonel Guy Rudisill, porte-parole de l’armée américaine
pour les opérations de détention en Irak. « Les
premiers résultats (suggèrent) qu’il est mort d’un arrêt
cardiaque » mais la confirmation de la cause du décès
sera donnée par l’autopsie a déclaré le porte-parole. Après
l’autopsie, le corps sera restitué à la famille, a dit
l'armée.
Al-Zoubaidi
figurait sur la liste des 55 responsables de l’ancien régime
irakien les plus recherchés par l’armée américaine. Sous
Saddam Hussein, il était membre du Conseil de commandement révolutionnaire
et était l'un des hauts responsables du parti Baas
au pouvoir. Lors de l’invasion américaine de 2003, il
dirigeait les forces irakiennes dans le centre du pays. Les
forces irakiennes l’ont capturé le 20 avril 2003 à Hillah,
une ville située à une soixantaine de kilomètres au sud de
Bagdad sans qu’aucun coup de feu n’ait été tiré. Il
devait comparaître ultérieurement devant le tribunal spécial
qui juge actuellement Saddam Hussein et ses co-accusés.
Un
mot : l’adolescent est « achevé »,
l’ancien ministre du dictateur est conduit à l’hôpital.
Comme partout ailleurs, deux poids deux mesures pour le commun
des mortels et le ministre même s’il faisait partie d’une
équipe dictatoriale.
Un
double attentat suicide dans un centre de formation de la
police irakienne à Bagdad a fait au moins 27 morts et une
cinquantaine de blessés parmi les policiers et les élèves,
déclare l'armée américaine. La police irakienne a pour sa
part fait état de 37 morts et 76 blessés tandis que le
ministère de l’Intérieur évoquait un bilan de 36 morts et
72 blessés. L’armée américaine a précisé qu’aucun de
ses soldats n'avait été victime de cet attentat survenu à
12h45 (09h45 GMT) dans l’est de la capitale irakienne où un
entrepreneur américain a cependant été touché. Elle a
souligné que ce double attentat avait été commis par deux
hommes et non par deux femmes comme elle l’avait annoncé
dans un premier temps.
La
première explosion est survenue alors que les élèves
policiers se rendaient au mess après un exercice de tir a
raconté un survivant, Nizal Mahmoud Khalaf, interrogé à la
sortie d’un hôpital où ont été transférés les blessés.
Le second kamikaze s’est fait exploser alors que les rescapés
tentaient de s’enfuir, a-t-il ajouté. D’après l’armée
américaine, un premier kamikaze s’est fait sauter près
d’un groupe d'élèves devant une salle de cours. Comme ils
pensaient que l’attaque provenait de l’extérieur,
instructeurs et élèves se sont précipités dans un bunker où
un second kamikaze a fait exploser la charge explosive attachée
à son vêtement.
Un
double attentat similaire avait fait au moins 74 morts le 18
novembre à Khanakine, dans le nord-est de l’Irak lorsque
deux kamikazes avaient visé deux mosquées chiites à l'heure
de la prière du vendredi. Comme avant chaque échéance électorale
depuis le renversement de Saddam Hussein par l’armée américaine
en avril 2003, les violences se multiplient en Irak à l’approche du
scrutin législatif du 15 décembre. Les insurgés,
essentiellement sunnites, prennent régulièrement pour cibles
les policiers et les militaires irakiens, moins bien équipés
que leurs homologues américains. Le groupe terroriste Al-Qaïda
en Irak
a revendiqué mardi soir 6 l’attentat-suicide commis en
milieu de journée contre l’école de police de Bagdad.
Parmi les victimes, sept femmes policières ou étudiantes ont
été tuées et six autres blessées, a précisé le capitaine
de police Jalil Abdul-Qadir.
L’attentat
de mardi 6 décembre est le plus meurtrier pour les forces de
sécurité irakiennes depuis qu’un kamikaze s'est fait
exploser dans un restaurant de Bagdad fréquenté par des
policiers et des militaires, le 10 novembre. Cet attentat
avait fait 35 morts. Onze militaires irakiens ont en outre péri
samedi dans une embuscade tendue au nord de Bagdad.
Le
président déchu Saddam Hussein a défié mercredi le Haut
tribunal pénal irakien en refusant de comparaître à la
cinquième audience de son procès qui a vu deux nouveaux témoins
accabler les accusés. A la fin des débats, le procès a été
ajourné au 21 décembre, après les élections législatives
du 15 décembre. « Le
tribunal poursuivra le procès et informera l’accusé de son
déroulement pendant son absence. Je parle de Saddam Hussein »
a indiqué le président du tribunal, Rizkar Amine, à
l’ouverture de l’audience.
Saddam
Hussein avait reproché mardi soir au tribunal d’avoir décidé
de tenir une nouvelle audience mercredi, soulignant qu’après
celles de lundi et mardi, il n’avait plus d’habits propres
et ne pouvait pas fumer ni marcher. « Allez au diable ! »
avait-il lancé en conclusion. L’accusé peut être jugé
par contumace même si le président du tribunal a insisté
pour qu’il soit présent et suive le déroulement du procès,
selon une source du tribunal. Pour cette cinquième journée,
deux témoins à charge anonymes ont déposé derrière un
rideau avec la voix modifiée électroniquement. Huit ont déjà
été entendus par la Cour depuis la reprise du procès lundi.
Ils ont dénoncé les exactions de l’ancien régime contre
les populations de Doujaïl. L’un d’eux a décrit l'assaut
contre son domicile après l’attentat contre le convoi présidentiel
et les tortures qu’il aurait subies dans la redoutable
prison d’Abou Ghraib.
Le
demi-frère de Saddam Hussein, Barzan Hassan Ibrahim
al-Tikriti, a récusé ces témoignages et dénoncé les
mauvais traitements dont il affirme avoir été l’objet
depuis son arrestation en avril 2003. Il a affirmé avoir gardé
pendant neuf mois le pyjama qu’il portait lors de son
arrestation et que les accusés n'avaient pas eu droit à une
tasse de thé pendant un an. En outre, a-t-il dénoncé,
« nous n’avons eu droit qu’à six cigarettes par
jour et de la plus mauvaise qualité » pendant six mois.
Barzan a également dénoncé
les conditions actuelles de détention, critiquant notamment
le fait qu’ils « sont obligés de se réveiller à 4h
du matin pour faire du sport » « C’est l’Amérique,
gardienne de la démocratie qui fait cela ! »
a-t-il dit.
Saddam
Hussein est jugé ainsi que sept responsables de son régime
depuis le 19 octobre pour le massacre de Doujaïl, perpétré
en représailles à une attaque contre le convoi présidentiel
en 1982 dans ce village. Ils ont tous plaidé non coupables et
contestent la légitimité du tribunal. Les accusés risquent
la pendaison. L’audience de mardi avait été marquée par
la déposition de cinq témoins dont les deux premières
femmes à témoigner devant le tribunal. S’exprimant derrière
un rideau, ces femmes dont l’identité n’a pas été dévoilée
ont dénoncé des tortures de la part des services de sécurité
de Saddam Hussein. Plusieurs dizaines de personnes ont
manifesté mercredi matin à Owja, le village natal du
dictateur déchu, au nord de Bagdad, pour demander sa libération.
« Notre âme et notre sang, nous les sacrifions pour toi
Saddam » ont-ils scandé.
Avant
la cinquième audience, des hommes armés ont attaqué l’hôpital
de Kirkouk (nord), libérant un détenu membre d’une cellule
liée à al-Qaïda qui planifiait d’assassiner un juge du
tribunal, Raëd Jouhi et tuant trois policiers, selon le
responsable de la sécurité de l’hôpital. Le détenu avait
été blessé par des tirs de la police lors de son
arrestation avec les onze autres membres de la cellule.
D’autre part, les ravisseurs des quatre membres de l’ONG
Christian Peacemakers Team (PCT) qui avaient menacé de les
tuer si tous les prisonniers en Irak n’étaient
pas libérés d'ici au 8 décembre, ont repoussé leur
ultimatum de deux jours, a annoncé mercredi soir la chaîne
Al-Jazira.
Par
ailleurs, le bilan du double attentat suicide perpétré mardi
à l’Académie de police de Bagdad est monté à 40 tués et
70 blessés, selon les services de sécurité. Un précédent
bilan faisait état de 36 morts et 72 blessés.
L’armée
américaine a annoncé la mort mardi d’un de ses soldats tué
par l’explosion d’une mine à Habbaniyah, au nord-ouest de
Bagdad. Son décès porte à 2.133 le nombre de soldats américains
et personnel assimilé militaire morts en Irak depuis l’invasion de
mars 2003, selon le Pentagone. Malgré ce nombre de victimes
dans les rangs de l’armée américaine, Bush poursuit son
« œuvre » :
Poursuivant
sa contre-offensive visant à reconquérir l'opinion américaine,
il a vanté les progrès enregistrés dans les villes
irakiennes de Nadjaf et Mossoul et réaffirmé qu’il n’était
pas question de « céder au terrorisme. »
« Au fil de cette guerre, nous avons appris que
remporter la bataille pour (le contrôle des) villes
irakiennes ne constituait qu’une première étape. Il nous
faut aussi gagner la ‘bataille d’après la bataille’ en
aidant les Irakiens à consolider leurs avantages et empêcher
les terroristes de revenir » a-t-il dit devant le
Council on Foreign Relations.
Deux
ans et demi après l’intervention contre le régime de
Saddam Hussein et à une semaine des élections législatives
du 15 décembre censées parachever la transition politique
irakienne, George Bush s’est lancé dans une
contre-offensive visant à réduire les critiques sur sa
gestion de la crise. La semaine dernière, devant les élèves
de l’Académie navale, il avait défendu sa « stratégie
nationale pour la victoire en Irak » : aider
les Irakiens à prendre en main leur sécurité « sans
assistance étrangère majeure » mais refus de fixer un
calendrier pour le rapatriement des « boys. »
« Tant que je serai votre commandant en chef, l’Amérique
ne fuira pas devant les auteurs d’attentats et les assassins »
avait-il dit. « Nous n'abandonnerons pas l’avenir de
l’Irak à des hommes comme (Abou Moussab) Zarkaoui et nous
n’abandonnerons pas l’avenir du Moyen-Orient à des hommes
comme (Oussama) ben Laden » a-t-il réaffirmé mercredi.
« Nous mènerons à son terme notre mission en Irak et laisserons derrière
nous une démocratie capable de se gouverner et de se défendre
par elle-même » a-t-il poursuivi.
Dans
ce discours portant notamment sur la reconstruction, le président
américain a mis l’accent sur les centrales électriques,
les écoles, les hôpitaux et les entreprises de nouveau en
activité en dépit de l’insurrection. A Nadjaf, a-t-il dit,
les projets de BTP ont rendu du travail aux habitants de cette
ville sainte chiite au sud de Bagdad, l’hôpital a rouvert
et des responsables élus sont en place dans les instances
locales. A Mossoul, a-t-il poursuivi, les dirigeants ont
restauré les axes routiers et les ponts franchissant le
Tigre, reconstruit des écoles et des hôpitaux, amélioré le
réseau d’approvisionnement et d’évacuation de l’eau et
entrepris les travaux de réaménagement de l’aéroport de
cette ville du nord.
L’offensive
de l’administration, amorcée le mois dernier par le vice-président
Dick Cheney, résulte de la chute de la cote de popularité de
Bush à des niveaux sans précédent depuis son arrivée à la
Maison
blanche. Dans le même temps, les critiques se font
plus pressantes que jamais sur l'absence de stratégie de
l’administration dans une crise qui a coûté la vie à plus
de 2.100 militaires américains et mobilise encore, deux ans
et demi après le renversement de Saddam Hussein, quelque
155.000 soldats. Pour l’opposition démocrate, les précisions
apportées par Bush et son administration sont insuffisantes.
« Seule l’exposition devant le peuple américain
d’une stratégie pleine et entière de succès, avec des repères
politiques, économiques et militaires permettant d'en mesurer
les progrès et une information pleine et publique du Congrès
bénéficieront réellement aux troupes, à leurs familles et
au peuple américain » écrivent les sénateurs démocrates
Harry Reid, Carl Levin et Jack Reed dans une lettre ouverte à
George Bush. « Au lieu de poursuivre ce bombardement médiatique
pour tenter de reformuler une stratégie qui ne fonctionne
pas, le président et son administration devraient fournir à
l’opinion un plan doté d’un calendrier pour mener à
terme la mission militaire en Irak » a renchéri le
sénateur Russ Feingold. Un autre sénateur démocrate, Joseph
Lieberman, a proposé pour sa part la création d’un
« Groupe de travail pour la victoire en Irak »
associant des élus des deux bords.
L’Armée
islamique en Irak
(AII) annonce sur un site internet avoir tué le consultant américain
en matière de sécurité qu’elle détenait. Selon le groupe
rebelle, l’otage, présenté sous l’identité de Ronald
Schulz, a été exécuté en raison du refus de Washington de
satisfaire ses exigences qui comprenaient l’indemnisation
des victimes irakiennes des attaques américaines. « Le
criminel de guerre (George) Bush continue avec son arrogance
et quiconque sert ses intérêts criminels n’a aucune
valeur, c’est pourquoi ce cochon de conseiller américain en
sécurité auprès du ministère de l’Intérieur a été tué »
affirme le groupe radical dans son communiqué.
L’authenticité de ce communiqué, diffusé sur un site généralement
utilisé par les insurgés, n’a pas pu être vérifiée. Le
texte n’était accompagné d’aucune image mais les insurgés
ont précisé qu’ils fourniraient bientôt des photos de
l’exécution.
A
Washington, la Maison
blanche a fait savoir qu’elle n'avait aucune
confirmation de la mort de l’otage américain. « Je ne
dispose d’aucune confirmation officielle sur ce point »
a déclaré Frederick Jones, porte-parole du Conseil national
de sécurité à la présidence américaine. Mardi - décembre,
dans une cassette diffusée par la chaîne de télévision
qatarie Al Djazira, l’AII avait annoncé la capture d'un
consultant américain en matière de sécurité et prévenu
qu’elle le tuerait dans 48 heures si les Américains ne libéraient
pas tous les détenus irakiens. Elle demandait aussi au
gouvernement américain d’indemniser les Irakiens qui ont été
victimes des offensives menées par l’armée américaine
contre les insurgés dans la province d’Anbar qui comprend
les villes de Ramadi et Falloudja. On distinguait sur la vidéo
un Occidental blond, assis les mains liés derrière le dos,
avec en toile de fond le sigle de l’AII. On y voyait également
un passeport américain au nom de Ronald Schulz.
Si
elle est avérée, la mort de Schultz, un électricien de
quarante ans, constituerait la première mise à mort d’un
otage étranger en Irak depuis l’exécution, fin juillet, de deux
otages algériens par leurs ravisseurs. Un otage japonais
avait été tué en mai et en 2004, l’AII avait exécuté un
journaliste italien, Enzo Baldoni, Rome refusant de retirer
ses troupes d’Irak. C’est aux mains de l’AII que les
Français Georges Malbrunot et Christian Chesnot ont été
retenus pendant quatre mois, avant d’être relâchés, il y
a un an. L’enlèvement du consultant américain s’inscrit
dans une série de récents enlèvements d’étrangers en Irak,
après celui des quatre pacifistes chrétiens (deux Canadiens,
un Britannique et un Américain), de l’archéologue
allemande et, lundi, de l’ingénieur français Bernard
Planche.
Trente
personnes ont été tuées hier, jeudi 8 décembre, et
plusieurs autres blessées à Bagdad dans un attentat suicide
dans un autocar, déclare la police. Le véhicule s’apprêtait
à quitter une gare routière dans le centre de la capitale
irakienne pour se rendre à Nassiriah, dans le sud de
l’Irak, lorsque le kamikaze est monté à bord et a fait
exploser sa bombe, ont précisé des policiers. Cet attentat
survient exactement une semaine avant les élections législatives
censées doter l’Irak de son premier parlement souverain
depuis le renversement de Saddam Hussein par l’armée américaine
en avril 2003. Les forces de sécurité irakiennes et l’armée
américaine s’attendent à une flambée de violences à
l’approche du scrutin.
L’armée
américaine a placé en détention vendredi un haut
responsable de l’organisation al-Qaïda en Irak
à Ramadi, ont annoncé les Marines américains qui ajoutent
qu’il a été livré par la population locale. Amir Khalaf
Fanus, également connu dans la région de Ramadi comme
« le boucher », était recherché pour meurtre et
enlèvement a précisé le capitaine Jeffrey Pool, dans une déclaration
depuis Ramadi à 115km à l’ouest de Bagdad. « C’est
le plus haut membre d’Al-Qaïda en Irak a être livré aux
responsables irakiens et américains par des citoyens locaux »
a-t-il ajouté. « Sa capture est une autre indication
que la population locale est lasse de la présence des insurgés
dans sa communauté. » L’homme figurait en troisième
position sur la liste des suspects recherchés par l’armée
américaine à Ramadi.
Le
procès de Saddam Hussein et de sept de ses lieutenants a été
ajourné, mercredi 7 décembre, à Bagdad au mercredi 21 décembre,
après les élections législatives. Cet ajournement était
attendu pour des raisons de sécurité, en raison de la
campagne électorale pour les élections législatives qui se
dérouleront le 15 décembre. Le président du Haut Tribunal pénal,
Rizkar Amine, a annoncé l’ajournement au terme de la cinquième
audience qui a été marquée par la déposition de deux témoins,
en l’absence de Saddam Hussein. Le problèmes est donc de
savoir dans quelles mesures les élections ne perturberont pas
encore plus l’atmosphère troublée du pays et si les choses
pourront continuer comme avant, procès, tortures, enlèvements,
tueries, kamikazes…
Le
sort de quatre otages occidentaux restait inconnu samedi 10 décembre,
après l’expiration de l’ultimatum des ravisseurs qui ont
menacé de les tuer si tous les détenus en Irak n’étaient pas libérés,
tandis que l’armée américaine annonçait la perte de
quatre de ses soldats en une journée.
Le
corps d’un Egyptien enlevé vendredi, Mohammad Ibrahim
al-Hilali, 46 ans, portant plusieurs impacts de balles, a été
retrouvé jeté en bord de route au nord de Bagdad, selon une
source sécuritaire. Cet homme travaillant pour l’armée américaine
avait été enlevé par des inconnus armés devant son
domicile dans le quartier Al-Qadissiyah, au centre de Tikrit,
à 180 km au nord de la capitale, a indiqué la police locale.
Les
« Brigades des Epées du droit », un groupe juqu’ici
inconnu a enlevé il y a 14 jours le Britannique Norman Kember,
74 ans, les Canadiens James Loney, 41 ans, et Harmeet Singh
Sooden, 32 ans, et l’Américain, Tom Fox, 54 ans. Il a menacé
de les tuer si les détenus dans les prisons irakiennes et américaines
n’étaient pas libérés avant le 8 décembre avant de
prolonger cet ultimatum au 10 décembre, selon la chaîne de télévision
Al-Jazira du Qatar. Un émissaire canadien, Ehab Lotayef, venu
à Bagdad, a dit qu’aucun contact n'avait pu être établi
avec les ravisseurs mais l’émissaire des organisations
antiguerre britanniques qui s'est rendu en Irak, Anas Altikriti,
s’est dit plus optimiste sur le sort de M. Kember, selon les
médias britanniques. L’ONG pour laquelle travaillent les
quatre otages, Christian Peacemaker Teams (CPT), a multiplié
les appels pour leur libération. « Nous travaillons
pour les opprimés et nous condamnons nos gouvernements pour
leurs agissements en Irak »
a affirmé dans un communiqué cette ONG, présente en Irak
depuis 2002, et qui recense depuis la chute de Bagdad en avril
2003, les abus dans les prisons irakiennes.
Les
ravisseurs de l’archéologueAllemande Susanne Osthoff, enlevée
le 25 novembre dans le nord et menacée de mort avec son
chauffeur irakien si son pays ne cesse pas sa collaboration
avec l’Irak, et le Français, Bernard Planche, kidnappé le
5 décembre à Bagdad, ne se sont pas encore manifestés.
De
son côté, l’Armée islamique en Irak
a affirmé jeudi sur Internet avoir exécuté un Américain,
Ronald Schulz, dont elle avait revendiqué le rapt. Washington
a dit ne pouvoir confirmer sa mort. La pratique des rapts a
fait son apparition en Irak en avril 2004.
D’autres Occidentaux et plusieurs ressortissants arabes
restent au nombre des personnes enlevées ou portées
disparues. Une quarantaine d’étrangers sont actuellement détenus
ou portés disparus en Irak mais les rapts
touchent aussi les Irakiens dont des centaines ont été enlevés.
Sur
un autre front de la violence, un soldat irakien a été tué
et 18 personnes ont été blessées dans différentes attaques
à Bagdad et au nord de la capitale, selon des sources de sécurité.
L’armée américaine a annoncé la mort samedi de quatre de
ses soldats dans deux attaques à Bagdad et au sud de la
capitale.
Au
plan politique, l’ex-Premier ministre Iyad Allaoui a lancé
une attaque frontale contre son rival aux législatives du 15
décembre, le chef du gouvernement actuel Ibrahim Jaafari. Il
a accusé son gouvernement d’avoir conduit le pays « au
bord du gouffre de la guerre civile » tout en dénonçant
les attaques contre les membres de sa liste
multiconfessionnelle et laïque.
La
kamikaze belge qui s’est fait
exploser en Irak, il y a trois semaines, s’appelait Muriel
Degauque. C’était une enfant de Charleroi.
Elle était née à Charleroi. Elle avait grandi à Charleroi.
Elle avait été serveuse dans un café et vendeuse en
boulangerie à Charleroi.Elle était allée à l’Athénée royal de Fontaine-l'Évêque.
Muriel
vivait depuis trois ans rue de Merode, près de la gare du
Midi, à Bruxelles, avec un Belgo-Marocain de 7 ans son cadet,
Issam Goris, tué en Irak par les Américains. En rencontrant
Issam, Muriel s’était
appelée Myriam.
Pour
les parents, c’est
Issam qui a converti leur fille à l’islam.
Et quand ils parlent de conversion, Jean et Liliane
sous-entendent : endoctrinement car, pour eux, la conversion
de Muriel tenait plus d’un
lavage de cerveau que d’un
sentiment religieux profond et sincère. En tout cas, quand
ils venaient en Belgique, une voisine a dit à la télévision
que Muriel était habillée en noir, portait la burqa pour
sortir et des gants noirs pour que tout son corps soit
couvert. Issam a été tué quelques jours avant que sa femme
n’accomplisse
son acte criminel.
La
campagne électorale en Irak
s’est durcie à l’approche des législatives du 15 décembre,
des candidats lançant des attaques frontales contre le
gouvernement sur fond de poursuite de violences politiques.
Les Irakiens hospitalisés, les détenus et les membres des
forces de sécurité ont commencé à voter lundi. Les membres
de la diaspora voteront dans 15 pays à partir du 13 décembre
et jusqu’à jeudi, alors que le reste du pays votera le 15 décembre.
Des
mesures de sécurité draconiennes ont été prévues pour ces
élections : le pays sera à l’arrêt à partir de mardi 13
avec cinq jours chômés, l’interdiction de port d'armes, un
couvre-feu nocturne et la fermeture des frontières terrestres
ainsi que des aéroports du 14 au 16 décembre. Quelque 7.000
candidats participent à la course électorale. Les électeurs
doivent choisir les 275 députés de l’Assemblée qui siègera
pendant quatre ans. Le pays est divisé en 18
circonscriptions, du nombre des provinces. La nouvelle Assemblée
devra choisir le conseil présidentiel, formé du président
et des deux vice-présidents, et ensuite le chef du
gouvernement.
L’ambassadeur
américain en Irak,
Zalmay Khalilzad, a affirmé dimanche que ces élections
devraient permettre aux sunnites d’obtenir un plus grand rôle
politique et a mis en garde contre un retrait précipité des
troupes de son pays d’Irak qui pourrait, selon lui, conduire
à une « guerre civile. »
Le
sort de quatre otages occidentaux, travaillant pour l’ONG
Christian Peacemaker Teams (CPT) et enlevés à Bagdad le 26
novembre, restait toujours inconnu, après l’expiration
samedi 10 de l’ultimatum des ravisseurs qui ont menacé de
les tuer si tous les détenus d'Irak n’étaient pas libérés.
Londres n’a pas de nouvelles de l’otage Britannique Norman
Kember a dit le ministre de la Défense John Reid. « Nous
faisons tout le possible (...) pour sauver sa vie et pour que
celle de ses collègues soit protégée » a dit M. Reid
sur la chaîne Sky News.
S’exprimant
sur le sort d’une autre otage, l’Allemande Susanne Osthoff,
archéologue enlevée en Irak le 25
novembre, le président irakien Jalal Talabani a estimé que
sa vie n'était pas en danger tout en reconnaissant ne
disposer d’aucune information. Quant à l’otage français,
Bernard Planche, kidnappé le 5 décembre à Bagdad, et dont
on est sans nouvelles depuis, le ministre français des
Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a affirmé
qu’il s'agissait « d'une affaire excessivement délicate. »
Par ailleurs, un groupe armé a revendiqué dans une vidéo
diffusée par la chaîne al-Arabiya le rapt de quatre
Iraniens, au nord de Bagdad, une zone où la rébellion
sunnite est particulièrement active.
Dans
la campagne électorale, l’ex-Premier ministre Iyad Allaoui
n’a pas mâché ses mots samedi, accusant le gouvernement de
son rival Ibrahim Jaafari d’avoir échoué et d’avoir, en
plus, exacerbé les tensions dans le pays, en ne protégeant
pas les candidats. Son parti, le Mouvement de l’Entente
nationale, a indiqué dimanche avoir déposé 60 plaintes
devant la Commission électorale indépendante sur des
violations des règles de campagne.
« Les
forces de sécurité se livrent à des exactions contre les
candidats, divisant le pays et le plaçant au bord du gouffre
de la guerre civile qui peut l'embraser à tout moment »
a déclaré samedi M. Allaoui, un chiite laïc. Le même jour,
le Parti islamique, la principale formation sunnite du pays, a
accusé les autorités de « larges violations »
des règles de la campagne.
« Pour
la première fois, les sunnites vont participer massivement à
une élection et ils seront représentés comme jamais
auparavant dans la nouvelle assemblée » a affirmé M.
Khalilzad à la chaîne américaine ABC. A CNN, M. Khalilzad a
indiqué qu’il semble qu’aucun parti n'obtiendra de
majorité et que les sunnites devraient remporter entre 40 et
55 des 275 sièges du nouveau Parlement, ce qui impliquera la
formation de coalitions.
George
Bush a déclaré que 30.000 Irakiens environ avaient été tués
depuis l’intervention militaire américaine de mars 2003
contre le régime de Saddam Hussein. C’est, semble-t-il, la
première fois que Bush avance publiquement un tel bilan, mais
un collaborateur du président s’est empressé de dire
qu’il ne s’agissait pas d'un bilan officiel. « Il
n’existe aucune estimation officielle du gouvernement américain »
a déclaré Scott McClellan, porte-parole de la Maison blanche. Il a précisé
que le chiffre de 30.000 était basé sur des « estimations
publiques citées par des médias. »
Ce
chiffre correspond en gros à ceux de l’Iraq Body Count, un
groupe indépendant britannique qui avance, sur la base des
informations fournies par les médias, qu'entre 27.383 à
30.892 civils - sans compter les militaires - ont été tués
en Irak depuis le début de
l’invasion du pays par les forces américaines. Ces chiffres
sont basés sur les informations parues dans les médias, qui
ne signalent pas nécessairement toutes les morts. D’autres
estimations, dont l’une effectuée par des scientifiques et
publiée par la revue médicale Lancet, avancent un bilan de
100.000 civils tués.
Le
président irakien, Djalal Talabani, ne briguera pas une réélection
à la tête de l’Irak après les élections législatives de
jeudi parce que la nouvelle Constitution, dit-il, a trop bridé
les prérogatives de la fonction.
« Cette
fonction ne me tente pas » a déclaré Talabani dans un
entretien à la chaîne de télévision al Irakiya, dont la
transcription a été communiquée mardi par ses services.
« Je ne veux pas être un président protocolaire »
ajoute-t-il, en estimant que la fonction présidentielle,
telle que définie par la constitution adoptée en octobre, ne
permet plus à son titulaire de « participer aux
affaires de l'Etat. »
Talabani,
chef de file de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK),
l’une des deux principales factions kurdes, a été désigné
président du « nouvel Irak » par les députés
de l’assemblée intérimaire élue en janvier dernier. La décision
de Talabani, premier chef d’Etat non arabe d’un pays
arabe, pourrait suggérer sa volonté de rechercher un poste
plus puissant au sein du futur gouvernement.
Après
les détenus, les malades et les membres de forces de sécurité,
les Irakiens de la diaspora ont commencé mardi à voter pour
les législatives qui verront la mise en place
d’institutions permanentes. Plus de 500 bureaux de vote sont
prévus dans 15 pays pour permettre aux électeurs de choisir
leurs 275 représentants à l’Assemblée nationale qui doit
siéger pendant quatre ans. Les opérations de vote prendront
fin jeudi. « Nous
déployons tous les efforts pour que ces élections soient
honnêtes car tout problème aura des répercussions sur le
scrutin en Irak aussi » a déclaré
à la presse un responsable de la Commission électorale à
Bagdad, Farid Ayar. Il a précisé qu'il n’y avait aucun
recensement officiel pour les Irakiens de l’étranger.
« Nous portons une attention particulière à la présence
d'observateurs internationaux et d’ONG » a ajouté M.
Ayar.
Douze
bureaux de vote ont ouvert leurs portes en Jordanie où se
trouve le bureau de la Commission électorale en charge du
vote de la diaspora. La présidente de ce bureau, Hamdiya
al-Husseini, a dit s'attendre à « un nombre plus
important d’électeurs en raison de la participation de
parties qui avaient boycotté les élections » de
janvier, en allusion aux sunnites qui avaient largement boudé
cette consultation.
Aux
Emirats arabes unis, près de 12.600 Irakiens sont inscrits
pour voter dans les bureaux de Dubaï et Abou Dhabi autour
desquels des mesures de sécurité draconiennes ont été
mises en place.
Selon
la Commission électorale, les Irakiens de la diaspora peuvent
voter en Jordanie, en Iran, en Syrie, au Liban, au Canada, en
Autriche, en Australie, en Allemagne,
en Turquie, aux Etats-Unis, en Suède, au
Danemark, en Grande-Bretagne,
aux Pays-Bas et aux Emirats arabes unis.
Quelque
300.000 électeurs inscrits dans les hôpitaux, les centres de
détention et au sein des forces de sécurité avaient été
appelés à voter lundi. Le reste du pays, soit quelque 15,5
millions d’électeurs inscrits, doit se rendre aux urnes
jeudi.
L’armée
américaine a indiqué que les Irakiens avaient voté en masse
dans les centres de détention de la Force multinationale.
Selon elle, 90% des 12.000 électeurs inscrits se sont prononcés.
Selon la Commission électorale, quelque 22.000 détenus étaient
concernés par le vote.
La
nouvelle Assemblée devra choisir un conseil présidentiel (président
et deux vice-présidents) et un chef du gouvernement. Le président
américain George W. Bush a affirmé que les Irakiens feraient
à nouveau mentir les pronostics les plus sombres en allant
voter jeudi, tout en reconnaissant que la violence ne
cesserait pas après les législatives. Dans un nouveau
discours sur la stratégie américaine en Irak,
M. Bush a salué le processus de démocratisation en cours.
« A chaque étape » a-t-il dit « les
Irakiens ont fait mentir les sceptiques et les pessimistes. »
Mais « un Irak libre ne sera pas un
Irak tranquille. (...) Ce sera un pays qui continuera de faire
face à un certain niveau de violence » a-t-il ajouté.
Selon
le quotidien britannique Times, les Etats-Unis
et la Grande-Bretagne
envisagent dès mars 2006 un retrait échelonné de leurs
forces d’Irak, aussitôt qu'un gouvernement permanent sera
installé dans ce pays. Quelque 160.000 soldats américains et
8.000 Britanniques sont présents en Irak.
Les responsables américains ont parlé de réduire leurs
troupes après les élections, sans parler cependant de
retrait définitif.
La
secrétaire d’Etat américaine Condoleezza
Rice a accusé mardi 13 décembre, avec amertume,
la communauté internationale de boycotter le procès de
l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein et d’avoir fait
peu de choses pour le poursuivre en justice. Mme Rice n’a
pas spécifié quels pays étaient visés par son accusation
ni ce qu’elle considérait comme un manque de soutien. « Je suis attristée
de dire que la communauté internationale n'a pratiquement
rien fait pour aider à poursuivre (en justice) Saddam Hussein »
a-t-elle dit, intervenant lors d'un discours devant un club de
réflexion à Washington. « Le
fait que la communauté internationale boycotte le procès de
Saddam a uniquement des conséquences négatives sur la
population irakienne qui est actuellement en train de lutter
pour la justice et la liberté dont elle a été privée si
longtemps (sous le régime) de Saddam Hussein » a-t-elle
indiqué. Elle oublie de préciser que les juges et procureurs
irakiens qui participent à ce procès ont été largement
formés par les Américains et les Britanniques. Les Etats-Unis
ont investi près de 128 millions de dollars pour l’entraînement
et la préparation des juges et avocats impliqués dans le
procès, selon Human Rights Watch. Le tribunal a été accusé,
notamment par les avocats de la défense, d’avoir été mis
en place par des puissances étrangères occupantes. Mme
Rice intervenait dans le cadre des efforts mis en place par
l’administration Bush pour améliorer son image dans
l’opinion publique américaine de plus en plus critique sur
la guerre.
Alors
que le président américain Bush vante les efforts des Etats-Unis pour lutter
contre l’insurrection en Irak
et pour conduire ce pays vers la démocratie, Mme Rice s'est
concentrée sur l’attitude de la communauté internationale,
soulignant que le succès a été mitigé pour recueillir son
adhésion et son soutien financier.
« De
nombreux pays notamment le Japon
et la Corée du sud, se sont
distingués par leur générosité. Mais d’autres comme les
voisins de l'Irak, devraient faire bien davantage »
a-t-elle dit faisant ainsi référence de manière voilée à
l’Arabie saoudite et au Koweit. « Et à tous ceux qui
se sont engagés à aider le peuple irakien, il est temps
maintenant de fournir cette aide » a-t-elle lancé. La
secrétaire d’Etat a une nouvelle fois fustigé deux des
voisins de l’Irak - la Syrie et l'Iran - qui cherchent
toujours à saboter la transition de l’Irak vers un Etat démocratique.
« La Syrie n'a pas pris suffisamment de mesures pour arrêter
les terroristes qui vont en Irak
a partir de son territoire » a indiqué Mme Rice
ajoutant à propos de l’Iran que ce pays « continue
d’interférer dans les affaires irakiennes et à soutenir la
violence dans la société irakienne. » Mme Rice a salué
la tenue des élections législatives jeudi en Irak et les a qualifiées
de démonstration du courage des Irakiens et d’une étape clé
dans le processus politique. Elle a toutefois reconnu que cela
ne signifiait pas un terme à l’insurrection mais a espéré
que la transition politique pourrait permettre de freiner le mécontentement
des sunnites envers la présence des soldats américains.
« Nous croyons que certains d’entre eux peuvent
devenir convaincus d’adhérer à la formation d’un Irak démocratique qui
serait assez fort pour protéger les droits des minorité »
a-t-elle dit.
Les
Irakiens doivent en finir ce jeudi 15 décembre avec les
institutions de transition qui les représentent depuis la
chute de Saddam Hussein en 2003 en élisant les 275 députés
d'une Assemblée nationale appelée à légiférer pendant un
plein mandat de quatre ans. Quinze millions d’Irakiens sont
appelés aux urnes. Les bureaux de vote ont ouvert leurs
portes comme prévu à 07h00 (04h00 GMT) et fermeront à 17h00
(14h00 GMT) et, comme les véhicules sont interdits de
circulation par mesure de sécurité, c’est à pied que les
électeurs se rendent dans les bureaux de vote.
Peu
après l’ouverture du scrutin, une forte explosion a été
entendue dans Bagdad. On ignore pour l’instant quelle en est
la cause mais il pourrait s'agir d’un tir de mortier contre
la « zone verte », le complexe gouvernemental au
coeur de la capitale où des hommes politiques de haut rang
doivent effectuer leur devoir électoral.
Les
résultats définitifs ne seront probablement pas connus avant
deux à trois semaines, notamment en raison du complexe système
de représentation à la proportionnelle. Une fois l’assemblée
élue, les principaux partis entameront des négociations sur
la formation d’un Conseil présidentiel, composé d'un président
et de deux vice-présidents. Ce conseil doit être approuvé
à la majorité des deux tiers des députés. Le président
demandera ensuite au plus important bloc représenté à
l’Assemblée nationale de désigner un Premier ministre qui
sera approuvé, lui, à la majorité simple et formera un
gouvernement.
Pas
moins de 231 listes sont soumises au choix des électeurs :
L'Alliance irakienne unifiée (AIU), alliance de formations
islamistes qui fait partie de la coalition de gouvernement,
devrait, selon les observateurs, arriver largement en tête.
L’AIU devrait cependant reculer et au lieu des 48% des voix
obtenus aux législatives du 30 janvier dernier, elle devra
plutôt se contenter d'environ 40%, estiment-ils.
Les
Kurdes, deuxième bloc au parlement sortant, devraient
remporter dans les 25% des voix et seront talonnés pour la
seconde place par la Liste nationale irakienne de l'ex-Premier
ministre Iyad Allaoui, large coalition qui avait rallié 14%
des suffrages en janvier et qui devrait gagner du terrain.
Les
législatives du 30 janvier dernier devaient permettre l’avènement
d'un gouvernement de transition chargé de superviser la rédaction
de la constitution. Celle-ci ayant été approuvée par référendum
en octobre dernier, il restait à organiser des législatives
pour mettre en place une Assemblée nationale stable, élue
pour un mandat plein. A la différence de janvier, cette
fois-ci les sunnites, minoritaires dans le pays, ne boycottent
pas le scrutin.
Al
Qaïda a juré de saboter les élections mais d’autres
rebelles sunnites arabes soutiennent des candidats et,
soucieux d’avoir leur mot à dire dans un gouvernement censé
rester quatre ans au pouvoir, affirment qu'ils protégeront
les bureaux de vote. La sécurité n’en est pas moins
maximale pour assurer un déroulement paisible du scrutin dans
les 6.291 bureaux de vote du pays. Environ 150.000 soldats et
policiers irakiens patrouilleront dans les rues pour empêcher
les attentats suicide et les fusillades qui ont fait une
quarantaine de morts le 30 janvier. Près de 160.000 soldats
américains sont présents pour, le cas échéant, prêter
main forte aux troupes irakiennes.
Le
calme relatif qui règne dans le pays ainsi que la forte
participation espérée dans l’électorat sunnite devraient
être salués comme autant de succès par les Américains dont
59% désapprouvent, aux dires d’un nouveau sondage, la
gestion de la guerre en Irak
par le président George Bush.
Celui-ci
a déclaré mercredi que l’armée américaine resterait en Irak « jusqu'à ce
que la victoire soit acquise » et que les Américains
devaient faire preuve de patience. Prononçant le dernier
d’une série de quatre discours en deux semaines sur sa
stratégie en Irak,
le président américain a une nouvelle fois endossé l’entière
responsabilité de la faillite des services de renseignement
américains sur les présumées armes de destruction massive
de Saddam Hussein qui ont justifié l'intervention militaire
en mars 2003.
Bush
a rejeté les appels de l’opposition démocrate en faveur
d’un retrait progressif des forces américaines. Pour lui,
une telle décision serait « la recette d'un désastre »
car elle enverrait le mauvais message aux soldats américains,
aux Irakiens et à Al Qaïda. « Saddam (Hussein)
constituait une menace » a-t-il insisté, en assurant
que le monde était plus sûr depuis le renversement de
l’ancien dirigeant irakien.
La
Chambre des représentants américaine devrait se prononcer
vendredi sur le maintien des troupes déployées en Irak
en examinant une proposition de résolution de la majorité républicaine
déposée au soir des législatives irakiennes. Cette résolution,
diffusée jeudi soir par l’état-major républicain de la
Chambre, stipule notamment que « fixer un calendrier
artificiel pour le retrait d'Irak des forces américaines ou
mettre fin mettre fin immédiatement à leur déploiement en Irak
en les déployant ailleurs dans la région est
fondamentalement inconciliable avec l’obtention de la
victoire en Irak. »
Avec
ce vote, la Chambre aura l’occasion pour la deuxième fois
en moins d’un mois de se prononcer contre un redéploiement
immédiat des troupes irakiennes, comme le propose le démocrate
John Murtha. Le 18 novembre, la Chambre avait massivement
repoussé une version simplifiée à l’extrême de la
proposition de M. Murtha, par 403 voix contre 3 et 6
abstentions.
Le
président de la Chambre des représentants, le républicain
Dennis Hastert, avait salué jeudi le bon déroulement des législatives
irakiennes, y voyant une justification du maintien de la présence
américaine. « A ceux qui argumenteraient que les Etats-Unis
devraient immédiatement se retirer d’Irak, je demanderais
de regarder les visages des Irakiens autrefois opprimés. Ils
sont optimistes et ils ont enfin voix sur leur avenir »
avait dit M. Hastert, pour qui « maintenant plus que
jamais, nous devons rester à l’offensive dans cette guerre
contre le terrorisme. »
La
résolution, qui vise par ailleurs à exprimer la solidarité
de la Chambre avec les Irakiens et avec les militaires servant
en Irak, fait écho à cette réaction.
Elle souligne notamment que les électeurs irakiens ont été
« protégés par les forces de sécurité irakiennes
avec l’aide des forces américaines et de la coalition. Le
maintien de la présence des forces américaines en Irak ne
sera requise que jusqu’à ce que les forces irakiennes
puissent se dresser pour que nous puissions nous retirer et
pas plus longtemps que nécessaire dans ce but » est-il
indiqué.
L’opposition
démocrate a également salué jeudi l’organisation des législatives
irakiennes mais en soulignant qu’elles devaient « marquer
le début d’une transition essentielle entre les
gouvernements irakien et américain » « Les quatre
prochains mois seront un moment critique pour que les Irakiens
assument plus de contrôle de leur pays, et permettent une
transition réussie en 2006 qui ramènera à la maison un
nombre significatif de nos troupes » a souligné le chef
de l'opposition démocrate au Sénat Harry Reid.
Le
débat sur la résolution risque de créer un nouveau dilemme
pour l’opposition démocrate. Son chef de file à la Chambre
Nancy Pelosi avait estimé il y a deux semaines qu’une
majorité de son groupe se retrouve sur la position de M.
Murtha. M. Murtha plaide pour le début immédiat du retrait
d’Irak des forces américaines (qui prendrait selon lui 6
mois), avec maintien d’une force de réaction dans la région.
Sur
fond d’incidents limités, les Irakiens se sont fortement
mobilisés pour élire leur premier Parlement représentatif
depuis des décennies, la minorité sunnite qui avait boycotté
le scrutin précédent se montrant résolue à ne pas rester
hors des cercles du pouvoir. Les files d'attente étaient
telles à certains endroits que les bureaux de vote sont restés
ouverts une heure de plus que prévu. Dans la province natale
de Saddam Hussein, plus de 80% des inscrits ont voté selon un
responsable électoral.
Ce
scrutin visait à désigner pour quatre ans un Conseil des
représentants de 275 membres. Il contrastait avec celui
organisé en janvier pour désigner une assemblée de
transition qui avait été marqué par le boycottage sunnite
et des attentats dont le bilan s’était élevé à 40 morts.
Les
Etats-Unis qui comptent sur
un gouvernement irakien stable pour favoriser le retrait
progressif de leurs troupes du pays se sont réjouis de la
participation aux législatives. « Le peuple irakien est
en train de prouver au monde que les personnes de toutes
origines veulent pouvoir choisir leurs dirigeants et vivre
libres » a dit Scott McClellan, porte-parole de la Maison
blanche en évoquant « une journée
historique. »
Les
sunnites, qui dominaient le pays sous le régime de Saddam
Hussein, ont voté malgré les menaces d’Al Qaïda, sous la
protection de rebelles nationalistes. Le taux de participation
atteignait au moins 67% pour dix heures de scrutin, soit
environ dix millions d’inscrits, a déclaré le chef de la
Commission électorale Hussein Hendaoui. Il n'avait pas dépassé
58% le 30 janvier. La mobilisation a été élevée dans les régions
kurdes et sunnites. Dans la ville de Falloudja, bastion de la
guérilla sunnite, elle a atteint 70% selon des responsables
locaux. Dans cette ville, les opérations de vote ont été
interrompues un moment par une pénurie de documents et de véhicules
électoraux.
Des
plaintes pour irrégularités ont été enregistrées ainsi
que pour tentatives d’orientation du vote dans certaines
villes du Nord mais la processus global s'est déroulé de façon
satisfaisante a estimé la Commission électorale.
« Je
suis enchanté de voter pour la première fois parce que cette
élection aboutira au retrait des forces d’occupation américaines »
confiait Djamal Mahmoud, 21 ans, dans la ville sunnite de
Ramadi. Les opérations de vote ont cessé peu après 18h00
(15h00 GMT) et le dépouillement a aussitôt commencé. En
ouvrant les urnes, les employés électoraux prononçaient une
courte prière. Quelques résultats provisoires pourraient être
connus jeudi mais le décompte total prendra deux semaines ou
plus a indiqué la Commission électorale à Bagdad. L’émissaire de
l’Onu Achraf Kazi s’est dit satisfait : « Dans
l’ensemble, c’est une journée historique et une bonne
journée. »
Selon
des sondages informels effectués en divers points du pays,
l’Alliance islamiste chiite au pouvoir et ses alliés kurdes
domineraient toujours leurs bastions du Sud et du Nord
respectivement mais une partie importante de l’électorat
semble aussi s’être prononcée en faveur de l’ancien
Premier ministre Iyad Allaoui, chef de file d'un courant laïque
regroupant des candidats de différentes appartenances
religieuses. Les violences sont restées contenues grâce à
d’impressionnantes mesures préventives. Deux personnes ont
cependant été tuées par des tirs de mortiers à Mossoul et
à Tal Afar dans le Nord, et trois autres - dont un marine américain
- blessées par un tir analogue sur la zone verte de Bagdad à l’ouverture du
scrutin à 07h00 (04h00 GMT).
Le
ministre de l’Intérieur a dit qu’un kamikaze circulant
dans une voiture piégée avait été abattu à Bagdad
et la police a dit en avoir arrêté un autre dans l’est de
la capitale. L’armée américaine a par ailleurs annoncé
qu’un marine avait été tué mercredi près de Ramadi. Huit
autres personnes dont deux militaires irakiens ont péri
victimes d’actes de violences. Il s’agit notamment de
quatre rebelles, déchiquetés dans l’explosion de la bombe
qu’ils avaient posée sur une route d’Ichaki, à 90 km au
nord de Bagdad.
Les
diplomates américains espèrent que l’intégration des
sunnites au processus politique affaiblira l’insurrection et
permettra aux Irakiens de prendre peu à peu en charge la sécurité
sans provoquer une guerre civile. « Les urnes sont une
victoire de la démocratie sur la dictature » a dit le
Premier ministre chiite sortant Ibrahim al Djaafari après
avoir voté. « Le véritable triomphe, c’est que les
gens votent - peu importe pour qui - et qu’ils aient décidé
de le faire malgré les bombes. »
J’avais
décidé de poursuivre mes observations sur la vie en Irak
jusqu’aux élections dont je ne puis préjuger aujourd’hui
les résultats qui ne seront connus que dans deux ou trois
semaines. Je vais donc interrompre mon étude en espérant
avoir montré objectivement ce qui se passe dans le pays
soumis aux fluctuations des démarches américaines et à
celles des gens qui n’ont pas intérêt à voir le calme
s’installer dans le pays. Je ne souhaite qu’une chose,
c’est que les communautés chiites, sunnites et kurdes
arrivent à s’entendre dans la rue comme au sein de la
nouvelle assemblée et que le nouvel ordre ne soit pas perturbé
par les attentats kamikazes qui n’ont cessé depuis des
semaines. Les troupes de la coalition partiront-elles un jour ?
Je ne suis pas devin et m’en rapporte aux faits quotidiens.
S’il se produit quelque chose d’extraordinaire dans le
cadre des élections ou de leur suite, j’en informerai mes
amis lecteurs.