N’oublions
jamais qu’Ingrid Bétancourt est retenue en otage depuis de
trop longues années et que nous devons tous nous unir pour
obtenir sa libération.
L’armée
américaine a annoncé avoir lancé lundi 31 octobre, avant
l’aube, un raid aérien contre un repaire d’un chef d’Al-Qaida
à Karabila, près de la ville d’Al-Qaïm, sur la frontière
entre l’Irak et la Syrie. Selon les sources locales, le raid
a fait plusieurs victimes civiles. Le moment choisi pour lancer l’attaque et les
munitions de précision étaient destinés à éviter des
pertes civiles a
souligné un porte-parole de l’armée américaine.
De
son côté, le docteur AL-Marsoumi de l’hôpital de Kam précise que
quarante civils auraient été tués et une vingtaine d’autres blessés parmi lesquels
des femmes et des enfants, tout en ajoutant que son établissement
n’avait
reçu que six blessés civils.
Selon
une évaluation du Pentagone, plus de 26 000 Irakiens ont été
tués ou blessés dans les attaques des insurgés depuis le 1er
janvier 2004. Il ne s’agit que d’une estimation et
d’un chiffre subjectif a déclaré dimanche à l’AFP
Greg Hicks, porte-parole du ministère de la défense américain.
Le Pentagone ne publie pas de chiffres précis des victimes
irakiennes parce qu’il manque de données fiables a précisé
le porte-parole.
Cette
évaluation est tirée d’un graphique montrant la
progression du nombre moyen de victimes par jour – irakiennes et
américaines – au fur et à
mesure de l’évolution de la situation politique sur le
terrain. Le rapport, intitulé « Mesurer la sécurité
et la stabilité en Irak » et destiné au Congrès a été
publié le 13 octobre mais ce graphique était passé inaperçu.
Le
graphique évalue le nombre moyen de victimes irakiennes à
plus de vingt-cinq par jour entre le 1er janvier et
le 31 mars 2004, période baptisée « de référence. »
Puis ce chiffre moyen passe à trente du 1er avril
au 28 juin, période de « pré-souveraineté »
avant de monter à quarante pendant la période de « souveraineté »
(29 juin-26 novembre) et à plus de cinquante pendant la
campagne électorale (27 novembre 2004 - 11 février
2005.) Il se replie à un peu moins de cinquante, du 12 février
au 28 août (période « pré-constitution »)
Enfin,
pendant la campagne pour le référendum (du 29 août, à la
publication du rapport), le nombre de victimes grimpe à plus
de soixante par jour. Les pertes de l’armée américaine
continuent de leur côté de s’allonger, avec l’annonce,
dimanche 30 octobre, de la mort d’un marine à l’ouest de
Bagdad. Ce décès porte à 2 014 le nombre de GI’s et
civils américains assimilés militaires morts dans le cadre
des opérations militaires en Irak depuis l’invasion du pays
en mars 2003, selon un décompte établi par l’AFP.
Le
Pentagone comptabilise dans son bilan tous les soldats morts
dans le cadre de l’opération « Iraqi Freedom »
qu’ils soient morts en Irak ou dans les pays du Golfe où
est stationnée une partie de ses troupes. Les estimations de
victimes civiles sont fondées sur des rapports d’incidents
fournis par les unités de la coalition déployées en Irak, a
souligné le porte-parole du Pentagone.
De
son côté, la presse de Bagdad a salué, mardi 22 novembre,
les résultats de la réunion inter-irakienne du Caire qui
s'est achevé lundi, après trois jours de débats, par des résultats
non négligeables. Les journaux
bagdadis affichent un optimisme prudent puisqu’il ne
s’agit, pour l’instant, que de déclarations d’intention
mais, souligne le quotidien indépendant Al-Mashriq, malgré le peu
d'espoir que cette réunion avait suscité au départ, tout le
monde s'accorde à dire qu'il s'agit d'un bon début sur la
voie d'un dialogue constructif entre les forces irakiennes,
dans le but de bâtir un nouvel Irak.
A l’issue de cette réunion, il a en effet été décidé de
demander un calendrier de retrait des forces étrangères
d'Irak, une satisfaction pour la minorité sunnite, même si
aucune date n'a été fixée. Le texte final indique également
que bien que la résistance
soit un droit légitime pour tous les peuples, le terrorisme
ne constitue pas une résistance légitime.
Les participants sunnites avaient initialement demandé que la
réunion cautionne la résistance irakienne aux troupes
étrangères. La réunion du Caire a surtout permis le retour
des sunnites dans le jeu politique moins d’un mois avant les
élections générales du 15 décembre auxquelles ils ont décidé
de participer, après avoir boycotté celles du 30 janvier.
La
déclaration finale demande également la libération de tous
les détenus non inculpés et l’ouverture d’une enquête
sur les cas de torture. Une conférence de réconciliation
nationale doit avoir lieu vers la fin du mois de février 2006
ou début mars, une fois le processus de transition totalement
achevé. Elle pourrait avoir lieu à Bagdad et consacrer le
retour à un début de normalité dans le pays. Du moins en théorie.
Ensuite, devrait commencer le désengagement progressif des
troupes étrangères.
Le
ministre de l’intérieur irakien, Bayan Jaber Soulagh, a déclaré
à la chaîne de télévision Al-Jazira que vers le milieu
de l'an prochain, le maintien de l'ordre sera effectué à 75
% par nos propres forces et nous serons totalement prêts à
la fin 2006.
La réunion du Caire a d’ailleurs mis l’accent sur un programme de reconstruction des forces armées afin
qu'elles puissent contrôler la situation sécuritaire et
mettre fin aux opérations terroristes. La déclaration
appelle également au respect de toutes les
composantes du peuple irakien, à ne pas entraver le processus
politique et à une large participation aux prochaines élections.
Après
la petite lueur d’espoir née au Caire, le ministre irakien
des affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a indiqué, lundi
21 novembre, que des tests d’ADN étaient effectués sur les
corps d’insurgés tués dans des combats à Mossoul afin de
vérifier si Abou Moussab Al-Zarkaoui, chef présumé d’Al-Qaida
en Irak, se trouvait parmi eux. A l’occasion d’une visite
à Moscou, M. Zebari a expliqué que des responsables de
l’insurrection irakienne se trouvaient, samedi, dans une
maison de Mossoul lorsqu’elle a été prise d’assaut par
les forces irakiennes et américaines. Les occupants se sont
fait exploser.
Saddam
Hussein entre évidemment dans le cadre de ces mots…dits car
« vivre en Irak » comporte vivre avec la
conviction que le procès de l’ancien dictateur aura lieu
sans que les Américains ne se l’approprie et ne lui enlève
toute objectivité. Voici ce que j’ai pu en apprendre :
Les
avocats de la défense de Saddam Hussein font savoir qu’ils
ont mis fin à leur boycottage du procès de l’ancien
dictateur irakien et qu’ils se présenteront lundi au
tribunal pour la prochaine audience bien qu’ils continuent
à craindre pour leur sécurité. Deux avocats de Saddam
Hussein ont été tués dans les jours qui ont suivi
l’ouverture du procès le 19 octobre, ce qui a conduit
Khalil Doulaïmi, chef du groupe d’avocats de Saddam, à
suspendre tout contact avec le tribunal. Depuis lors, l’équipe
est en négociation avec les autorités américaines pour que
sa protection soit assurée.
Saddam
et ses coaccusés sont inculpés de crimes contre l’humanité
(Les
sept accusations portées contre Hussein ont été rédigées
dans les termes les plus généraux. Elles comprennent le
meurtre d’opposants politiques échelonnées sur trois décennies :
l’assassinat de leaders religieux en 1974 - le massacre de
membres du clan kurde Barzani en 1983 - le déplacement forcé
de Kurdes de 1986 à 1988 - le gazage des Kurdes à Halabja en
1988 - l’invasion du Koweït
en 1990 et la suppression du soulèvement des Kurdes et des
Chiites en 1991. La première affaire qui semble vouloir être
traité touche
à la mort de 148 chiites tués par les services de sécurité
irakiens à la suite d’une tentative d'attentat contre
Saddam Hussein en 1982. S’il est reconnu coupable,
l’ancien dictateur risque la peine de mort.
J’ai
eu l’occasion de lire quelques lignes qui m’ont effrayée
rétrospectrivement et qui, à elle seule, justifieraient la
condamnation de l’« Antechrist » : Tous
ceux qui ont été persécutés sous le régime de Saddam
Hussein se réjouissent de le voir enfin jugé. Il y a deux
ans, la chute de l’ancien régime a marqué la fin du
cauchemar pour Zahra, une mère de famille irakienne qui a
caché deux de ses fils pendant 23 ans pour qu’ils ne soient
pas exécutés comme son mari et ses autres enfants.
Un
groupe se présentant comme Al-Qaïda en Irak a mis en ligne un
enregistrement montrant les attentats suicide du 24 octobre
dernier contre des hôtels de Bagdad qui avaient tué 17
passants et gardes irakiens. La bande vidéo de 13 minutes
montre également la préparation des attentats. Avec un chant
religieux en fond sonore, une main indique l’itinéraire
vers l’hôtel Palestine et l’hôtel Sheraton.
Une
voix édicte le plan aux trois kamikazes : « Abou Naïem
sera en tête avec la Honda, il prendra complètement à
droite vers la place Firdous. Voici l’hôtel Palestine, qui
sera la cible d’Abou Jouhayman au volant d’une Jeep
Cherokee. » La cassette montre ensuite Abou Dahan en
train de conduire un camion-bétonnière, le véhicule qui
« transporte la plus grosse charge d'explosifs »,
d’après la voix off. Peu avant la fin de la vidéo, un
homme lit un communiqué : « Avec l'aide de Dieu, les
guerriers saints d’Al-Qaïda en Irak ont réussi à frapper
l’hôtel Palestine qui était occupé par des journalistes
étrangers et des compagnies de sécurité qui protègent des
institutions et des personnalités. » La scène finale
montre les explosions. Un sous-titre affirme : « les
guerriers saints observent l’exécution de l’opération. »
Des hommes crient hors champ « Allahou Akbar »
(Dieu est grand) tandis que s’élève un épais nuage de fumée.
La
puissance d’Al-Qaïda est telle et les chefs apparemment
interchangeables - par là je veux dire que l’arrestation de
l’un d’entre eux ne semble pas avoir un impact quelconque
sur le fonctionnement de l’organisation
- que je ne crois pas les Américains
en mesure de s’opposer ou d’entreprendre une opération
importante contre ce qu’il faut bien appeler une nébuleuse.
L’émissaire
des Nations unies en Irak, Achraf Kazi, redoute
que la persistance des attentats en Irak et un scandale de
torture dissuadent certains électeurs de participer aux législatives
du mois prochain. Deux attentats suicide qui ont fait un total
de sept morts sont venus illustrer samedi les propos du représentant
spécial en Irak du secrétaire général
de l’Onu, Kofi Annan. Kazi a souligné qu’il restait des
obstacles à surmonter pour s’assurer que la violence ne
dissuaderait pas les électeurs de voter, comme elle l’a
fait pour l’élection, en janvier, d’une assemblée intérimaire.
Il a exhorté tous les électeurs irakiens à participer au
scrutin du mois prochain auquel on espère que, pour la première
fois, les sunnites participent en grand nombre.
Les
tensions ont été aggravées avec la découverte, ce mois-ci
par des militaires américains, de 170 détenus sunnites détenus
au secret dans un bunker du ministère de l’Intérieur. Ils
souffraient de malnutrition et beaucoup présentaient des
signes de torture. Bon nombre des attentats les plus
meurtriers ont été revendiqués par l’activiste jordanien
Abou Moussaf Zarkaoui, chef d’Al Qaïda en Irak.
Les
militaires américains ont déclaré samedi avoir reçu des
informations selon lesquelles un homme présenté comme un
lieutenant de Zarkaoui avait été tué le 14 octobre lors
d'une opération des forces de la coalition près de Ramadi,
un foyer de l’insurrection, à l’ouest de Bagdad. Ils ont
précisé que l’annonce de la mort de Bilal Mahmoud Aouad
Chebah, alias Abou Oubaïdah, provenait de « sources au
sein de la coalition » et d'un membre de la famille
proche. Aucune confirmation indépendante de son décès n'a néanmoins
pu être obtenue.
Kazi
a souligné que la poursuite des violences signifiait que la
situation serait trop dangereuse pour que des observateurs
internationaux puissent venir en grand nombre surveiller les
élections. La supervision sera dès lors assurée par quelque
170.000 observateurs irakiens.
Si
je note pratiquement jour par jour les informations que je
recueille, c’est pour montrer que les élections, si elles
ont lieu, se dérouleront dans un pays qui ne s’est pas
encore relevé de l’invasion des forces étrangères et qui
subit tous les jours des exactions exercées par toutes les
formations en présence, qu’elles soient américaines ou
irakiennes. Et si maintenant, on refuse l’entrée dans le
pays d’observateurs étrangers, on est en droit de se dire
que les élections ne se dérouleront pas d’une façon
conforme aux normes universelles en vigueur.
La
situation est pour le moins complexe : Les irakiens se
trouvent confrontés à la fois avec de nouvelles élections
et le procès de Saddam Hussein. Celui-ci reprend dans un
contexte de crainte pour la sécurité des témoins, après
l’assassinat de deux avocats de la défense. Ce procès s’était
ouvert le 19 octobre mais avait été presque immédiatement
ajourné du fait notamment de l’absence de dizaines de témoins
dont beaucoup craignaient de devoir apparaître publiquement
à la barre. La question de leur sécurité sera donc
primordiale et la plupart devraient être autorisés à témoigner
par écran interposé ou derrière un rideau mais le Tribunal
spécial irakien (TSI), créé en 2003 par les Etats-Unis pour juger les
dignitaires de l’ex-régime baassiste, a refusé de délocaliser
le procès à l’étranger pour assurer une plus grande sécurité
de ses acteurs, comme certains le demandaient. « Les
meurtres de deux avocats de la défense montrent la nécessité
de protéger ces avocats de même que les témoins » a déclaré
Richard Dicker, un juriste de l’organisation Human Rights
Watch (Surveillance des droits humains.) « Cependant,
toutes les dispositions relatives à la sécurité des témoins
doivent comporter des garanties quant à l’équité du procès. »
Les
avocats de Saddam Hussein et de ses sept co-accusés avaient
menacé de boycotter la reprise des débats si leur sécurité
n'était pas garantie. On ne connaît pas les dispositions précises
qui ont été prises. Les autorités américaines se sont
engagées à collaborer à l’enquête sur le meurtre de
leurs confrères. Les témoins jouissent en théorie de
programmes de protection bien définis mais de nombreuses
organisations de défense des droits de l'homme s’inquiètent
du fait que les témoins de la défense ne seraient pas logés
à la même enseigne que ceux de l’accusation.
« Ceux
qui vont apporter des preuves vont être effrayés. Ils
doivent recevoir l’assurance absolue que leur sécurité
sera garantie après leur comparution » a dit Miranda
Sissons, de l’organisation International center for
transitional justice. « C'est quelque chose de très
compliqué dans un pays comme l’Irak. » Lundi, les témoins
reviendront sur les événements de juillet 1982 et notamment
sur les tirs qu’avait essuyés le cortège présidentiel visé
par des activistes chiites dans une palmeraie de Doudjaïl, au
nord de l’Irak. Avant cela, le président du tribunal devra
se prononcer sur plusieurs recours de la défense, dont une
requête d’ajournement. Le 19 octobre, le juge Rizgar
Mohamed Amin avait décidé un report de 40 jours sans
s’expliquer sur sa décision. Il n’avait pas non plus
tranché une requête de la défense qui demandait davantage
de temps pour préparer le procès. Plusieurs juristes
interrogés n’excluent pas un nouvel ajournement des débats
car les avocats de la défense n’ont pas eu beaucoup de
temps pour étudier le dossier à charge, d’autant qu’il
leur a fallu, dans le même temps, se préoccuper de leur
propre sécurité. « Nous observerons avec attention
comment le juge répond aux recours de la défense, notamment
aux requêtes relatives au manque de préparation des avocats »
a dit Dicker.
Si
aucun ajournement n’est décidé lundi, le procès devrait
se poursuivre pendant trois jours. Un autre report devrait
alors être décidé en raison - comme je l’ai fait
remarquer - de craintes relatives à la sécurité à
l’approche des législatives du 15 décembre. Ces craintes
sont d’autant plus compréhensibles que quatre humanitaires
étrangers, dont deux Canadiens, ont été enlevés en Irak, relançant la série
noire des rapts dans le pays durant des périodes importantes
de la vie du pays. Le Foreign Office à Londres et
l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad ont
affirmé « vérifier les informations » faisant état
de la présence d’un Britannique et d’un Américain parmi
les humanitaires enlevés.
On
se souvient que deux Britanniques et au moins trois Américains
ont été assassinés par leurs ravisseurs depuis le début en
avril 2004 de la vague d’enlèvements en Irak.
En outre, plusieurs Américains sont toujours portés disparus
dans le pays Un Canadien d’origine irakienne, Rifaat
Mohammad Rifaat, a été enlevé en Irak en avril 2004. On est
sans nouvelles de lui depuis cette date. Sur le terrain, six
Irakiens ont été tués dimanche 27 novembre dans les
violences. Un Marine a été tué samedi à l’ouest de
Bagdad, portant à 2.113 le nombre de GI’s ou civils américains
assimilés militaires tués en Irak
depuis 2003, selon un bilan de l’AFP basé sur les chiffres
du Pentagone.
Une
ressortissante allemande est portée disparue avec son
chauffeur depuis vendredi 25 novembre en Irak,
a annoncé mardi Martin Jäger, porte-parole du ministre
allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier,
actuellement en visite à Washington. Selon la télévision
publique allemande ARD, la femme a été enlevée. Le bureau
de l’ARD à Bagdad a reçu une cassette des ravisseurs qui
demandent la fin de la coopération de l’Allemagne avec les
autorités irakiennes en échange de sa libération.
Une
cellule de crise a été mise en place à Berlin au sein du
ministère, a précisé Martin Jäger, ajoutant que
l’Allemagne faisait tout « pour garantir l’intégrité
physique » de sa ressortissante. Cette cellule de crise
doit « clarifier le sort des personnes disparues »
a poursuivi le porte-parole sans donner plus de détails sur
les circonstances de leur disparition. S’il était confirmé,
cet enlèvement serait le premier concernant un ressortissant
allemand depuis la chute de Saddam Hussein.
L’Allemagne
qui s'était opposée à la guerre en Irak sous le chancelier
Gerhard Schröder a toujours refusé d’envoyer ses officiers
dans ce pays, y compris dans le cadre de la mission de
formation lancée par l’Otan après la guerre, mais
participe à la formation d’officiers ou personnels de
police irakiens dans les pays voisins. En visite à l’Otan
la semaine dernière, la nouvelle chancelière Angela Merkel a
réaffirmé que son gouvernement ne participerait pas à la
mission de formation de l’alliance atlantique sur le
territoire irakien.
Lundi,
les gouvernements canadien, américain et britannique ont
confirmé leur inquiétude sur la situation de quatre
travailleurs humanitaires occidentaux, qui n'ont plus donné
de nouvelles depuis samedi 26 novembre en Irak. Le Canada avait
annoncé dimanche l’enlèvement de quatre Occidentaux, dont
deux Canadiens mais l'ambassade des Etats-Unis
à Bagdad a indiqué lundi qu'elle les considérait seulement
comme « disparus », aucune partie n’ayant
revendiqué leur enlèvement.
Deux
dirigeants politiques sunnites et leur garde du corps ont été
abattus alors qu’ils circulaient en voiture dans l’ouest
de Bagdad, ont rapporté des membres de leur parti. Iyad Alizi
et Ali Hussein ont été tués par des inconnus qui ont ouvert
le feu sur leur véhicule près d’Abou Ghraïb. Leur
assassinat est interprété comme un acte politique à
l’approche des élections législatives irakiennes du 15 décembre.
Alizi et Hussein appartenaient tous deux au Parti islamique
irakien dont le premier était l’un des candidats aux élections.
Le
président Djalal Talabani a condamné un « acte de terrorisme » ajoutant
qu’Alizi avait été pris pour cible pour la seule raison
qu’il était « un bon musulman qui rejetait la
violence et le terrorisme. » La majorité chiite
irakienne alliée au Kurdes contrôle aujourd’hui le pays
que dominait la minorité sunnite sous le régime de Saddam
Hussein. Les dirigeants sunnites accusent le gouvernement de
ne rien faire contre des « escadrons de la mort »
composés de miliciens chiites exerçant des représailles
contre les anciens maîtres du pays.
« En
Irak, c’est pire que du temps de Saddam Hussein »
accuse Iyad Allaoui. Ils
font la même chose qu’à l’époque de Saddam Hussein et
pire encore a déclaré dans un entretien à
l’hebdomadaire britannique The Observer,
l’ex-premier ministre irakien Iyad Allaoui, à propos du
respect des droits de l’homme. C’est
une comparaison appropriée. Les gens se souviennent de l’époque
de Saddam. Cela a été précisément la raison pour laquelle
nous l’avons combattu et maintenant nous voyons les mêmes
choses a ajouté cet ancien opposant au régime de
Saddam Hussein, proche de la CIA. Nous entendons parler de police secrète, de bunkers secrets où les
gens sont interrogés. Beaucoup d’Irakiens sont torturés et
tués au cours d’interrogatoires. Nous voyons même des
tribunaux de la charia qui jugent les gens et les exécutent a-t-il ajouté.
Je
trouve personnellement cette constatation extrêmement
significative : En effet, les chiites majoritaires
semblent avoir repris le flambeau et exercent sur les sunnites
les mêmes sévices que les partisans de Saddam Hussein exerçaient
sur eux au temps de la dictature. On peut même dire que les
Américains viennent ajouter leurs exactions à celles des
chiites en se souvenant toutefois que les Sunnites ne sont pas
meilleurs dans leurs propres fiefs. De Gaulle aurait dit de la
situation en Irak : C’est la chienlit, oui mais une
chienlit dont personne ne peut imaginer l’issue car aucune
communauté ne cédera devant l’autre et les Américains,
s’ils restent, ne céderont devant personne. Vivre en Irak
est une calamité ! J’aimerais connaître l’opinion
d’un seul habitant s’exprimant avec objectivité : Je
suis sûre que pas un Irakien ou une Irakienne ne peuvent
accepter de vivre dans une telle atmosphère de tueries
quotidiennes qui ne tient compte ni du rang, ni de l’identité,
ni de l’âge de la victime potentielle puisque nous voyons
des enfants à la fois se faire sauter comme des kamikazes ou
être tués dans une guerre qui ne dit pas son nom. Je me pose
une question : la situation à laquelle nous sommes
confrontés aujourd’hui est-elle pire que la guerre d’Algérie
ou celle du Vietnam ? Qui peut me répondre ?
Je
sais qui peut me répondre car je viens d’apprendre une
nouvelle qui ne devrait pas me surprendre mais pourtant
continue à sembler inimaginable à la personne douée d’un
peu de sens commun que je crois être :
Londres,
septembre 2004 : Les locaux d’une société de
sécurité, dirigée
par un ancien officier d’infanterie
français, sont le théâtre d’auditions un peu particulières.
Cheveux ras, physiques impressionnants... Tous Français, les
hommes qui défilent devant une petite assemblée de
recruteurs ont des profils similaires : anciens de la Légion,
des commandos ou des paras. Entre autres faits d'armes, ils
ont soutenu le président congolais Denis Sassou
Nguesso, combattu à Madagascar ou fondé une école
de krav-maga, le sport de combat israélien, dans le sud de la
France... La
société de sécurité
qui recrute au nom de commanditaires souvent américains ou
britanniques leur propose
une mission de 45 jours, rémunérée 7 000 livres (10 200
euros), afin de protéger des sites sensibles en Irak. Tous,
bien sûr, sont désireux de rallier Bagdad où
la France a refusé d’envoyer des troupes aux côtés
des forces américaines. Selon la direction générale de la sécurité
extérieure (DGSE), qui a rédigé plusieurs rapports sur le
sujet à la mi-novembre, 37 ressortissants français seraient actuellement employés
par sept sociétés de sécurité privée en Irak.
Pour les services secrets français, la
réputation des anciens militaires français en fait des
recrues estimées par les sociétés militaires privées étrangères
qui apprécient leur pratique des situations de crise, la
qualité de leur contact avec les populations locales et leur
bonne connaissance des milieux dits exotiques.
Le
business est rentable et l’ancien militaire français a la
cote sur ce marché florissant. En octobre 2005, c'est la société
américaine Executive Security and Aviation Solutions (ESAS)
qui lançait une campagne de recrutement en France, afin de dénicher
une cinquantaine de gardes de sécurité. Glenn F., (les noms des anciens militaires ont été volontairement
supprimés pour leur propre sécurité)
un
ressortissant américain, titulaire d’une carte de résident
français, ancien déserteur de la Légion, jouait les intermédiaires,
avec l’aide de Peter H., autre ancien légionnaire. Il
suffisait, pour s’inscrire, d’envoyer par e-mail son CV à
l’adresse électronique de Glenn F.
Les
services surveillent étroitement l’univers du mercenariat
français. Les anciens militaires représentent un vivier
d’informateurs privilégiés. Ils ont accès à des milieux
très fermés. En outre, la DGSE peut ainsi anticiper d’éventuels
coups d’Etat, en signalant, ici ou là, l’embauche en
grand nombre d’anciens soldats, pour des causes plus ou
moins avouables.
Très
prisés sur le marché de la sécurité en Irak, les
mercenaires français travaillent donc pour une demi-douzaine
de sociétés, essentiellement anglo-saxonnes. Huit d'entre
eux ont été embauchés par Unity Resources Group (URG). URG
recrute quasi exclusivement d’anciens légionnaires du 2e
REP (régiment étranger de parachutistes.) L’un de leurs
chefs d’équipes, un homme de 36 ans, né en Tchécoslovaquie
(devenue République tchèque), avait fait partie, en
septembre 2000, des gardes du corps du général Robert Gueï,
éphémère président de la Côte d’Ivoire. L’un de ses
coéquipiers, un ancien de la Légion, a été tué dans une
embuscade, le 16 avril. Depuis le début des activités des
sociétés de sécurité privées (SSP) en Irak, la DGSE a
recensé quatre morts de nationalité française. Selon une
estimation réalisée par les services secrets en juin 2005,
les pertes des sociétés de sécurité, toutes nationalités
confondues, atteindraient le chiffre de 238 personnes, pour un
effectif global de 50 000 hommes, employés par quelque 400
sociétés.
Reste
que le contingent français en Irak se réduit peu à peu. Ils
étaient 63 en juin 2005. Ils ne sont donc plus que 37. Outre
URG, on dénombre, par exemple, quatre Français au sein de la
SSP britannique Erinys, huit autres chez Hart Group Ltd,
quatre encore au sein d'Aegis, et un autre chez Kroll.
Cette
évolution à la baisse semble surtout due à la dégradation
des conditions de sécurité, notamment à Bagdad. Mais les
anciens militaires français se méfient aussi des méthodes
utilisées par leurs employeurs. La DGSE pointe des dysfonctionnements graves au sein des sociétés :
inadaptation des moyens confiés aux équipes attaquées,
absence d’assistance aux familles lors de décès... Avec, en outre, un durcissement du contrôle de ces SSP de la part de l'Etat
irakien.
Enfin,
en Irak comme ailleurs, la mondialisation a ses effets
secondaires. Dans un marché très concurrentiel, les agents
de sécurité provenant de pays en voie de développement
trouvent facilement preneurs. Quitte à permettre à des
insurgés irakiens d’infiltrer les effectifs des SSP. Les
recrutements obéissent parfois à de curieux critères. Les
services de renseignements soulignent que les SSP américaines
ont embauché cet été d’anciens
membres des Forces libanaises (FL), appréciés pour leur
haine des musulmans et leur expérience de la guérilla en
milieu urbain.
Les rémunérations ont de quoi faire naître les vocations :
10 000 dollars par mois, plus une forte indemnité versée à
la famille en cas de décès.
La
seule société française à évoluer sur le marché irakien
s’appelle Allied International Consultants and Services (AICS).
Elle protège en majorité des journalistes francophones, et
tente d’imposer ses méthodes de travail particulières. On est arrivé sur
place en février 2004 se souvient son responsable à Bagdad, Jean-Philippe L.,
lui-même ancien militaire. Les
Anglo-Saxons, c’est vrai, procèdent différemment. Ils sont
très visibles, très agressifs. Nous, on travaille plus le
profil, on est plus discret. Et surtout, on essaye de
travailler avec les Irakiens. AICS engage des
assistants irakiens, souvent d'anciens militaires formés en
France dans les années 1980, pour négocier avec les chefs de
tribu.
On ne peut pas concurrencer les boîtes anglo-saxonnes,
remarque Jean-Philippe L., on ne ramasse
que les miettes. Jamais une société américaine ne fera
appel à nous. Alors on tente de se démarquer. AICS a escorté une équipe de la BBC jusqu’à la frontière
koweïtienne quand Erinys, dans le même temps, emportait un
contrat de 40 millions d’euros avec le ministère irakien du
pétrole. Cette SSP britannique assure la protection d’ingénieurs
américains travaillant au sein de la Gulf Regional Division
et sécurise une zone dangereuse contrôlée par la rébellion,
près d’Al-Qaim. Un Français de 38 ans travaillait encore
très récemment pour Erinys. Il avait occupé le poste de
commandant du secteur de la raffinerie de Bayji, avant de
s’effacer. Il était, selon les services de renseignement,
menacé de mort.
Autre
SSP en pointe, Aegis, qui compte d’anciens militaires et
diplomates de haut rang dans son conseil de surveillance, a
« gagné », elle, un contrat de 293 millions de
dollars lancé par le Pentagone. Parmi ses hommes d’élite,
un Français de 28 ans qui a fait partie des mercenaires présents
en Côte d’Ivoire auprès des forces légalistes de 2002 à
2003. Ce terme de « mercenaires » irrite AICS. On ne fait pas du
mercenariat,
assure Jean-Philippe L., on ne fait pas
la guerre. On gagne quand on ne tire pas un coup de feu. Je ne
demande pas à mes hommes d'être des Rambos.
Vivant
dans le centre de Bagdad, bredouillant quelques mots d'arabe,
dissimulant au mieux leurs armes, les hommes d’AICS jouent
la carte de la modestie. Et cultivent un certain art de vivre
à la française, précise Jean-Philippe L. On a un vivier d’anciens de l’Irak dans lequel on puise,
au gré des besoins. Je veux des types qui ne sont pas excités,
sympas avec le client. Et conscients
des risques.
Je
pose une question : le gouvernement français peut-il
intervenir dans de telles situations ou les volontaires
sont-ils à tel point libérés de toutes obligation envers
l’Etat qu’ils peuvent reprendre du service en Irak ?
Je le suppose puisque la DGSE semble pleinement consciente de
leur choix et n’intervient pas pour empêcher leur départ.
Et puis il y a toujours eu des volontaires pour s’engager
dans n’importe quel conflit, non pour des questions
psychologiques mais seulement pour l’aspect friqué de
l’emploi. On ne changera jamais certains hommes : ils
existaient dans l’antiquité, au moyen âge, à la
Renaissance… et ont survécu à travers les siècles :
ce sont « les mercenaires » qui ont participé à
plus de batailles que je ne puis en nommer.
Les
choses se précipitent à l’approche des élections :
J’ai vu hier soir 29 novembre sur la chaîne de télévision
Al Djazira le document video du groupe irakien jusqu’ici
inconnu qui montre quatre otages occidentaux présentés
comme des « espions des forces occupantes. » La vidéo qui
émane des « Epées de la vérité » fait apparaître
quatre hommes assis par terre. Le nom de Norman Kember est
lisible sur un passeport britannique présenté dans le
document. Ce Britannique était au nombre de quatre représentants
de l’aide humanitaire - avec deux Canadiens et un Américain
- qui ont été enlevés samedi à Bagdad. Al Djazira n'a pas
précisé si la cassette vidéo contenait une menace contre la
vie des otages. Selon la chaîne, le groupe les accuse d’être
des « espions au service des forces occupantes »
tout en travaillant pour une organisation chrétienne. Les
quatre otages - Tom Fox, 54 ans, originaire de
Virginie, Norman Kember, 74 ans, originaire de Londres, James
Loney, 41 ans, et Harmeet Singh Sooden, 32 ans, tous deux
originaires du Canada - travaillent
en effet pour l’association humanitaire Christian Peacemaker
Teams, l’une des dernières organisations humanitaires
encore présentes en Irak. Bientôt les ONG ne
pourront plus travailler en Irak et la population sera complètement
démunie contre de tels actes qui font frissonner d’horreur
les gens qui vivent loin de ce pauvre pays manipulé par des
centaines de kamikazes, de preneurs d’otages et de tueurs
comme ceux de l’information suivante : Des
hommes armés ont ouvert le feu sur un minibus le 30 novembre
au nord de Bagdad, faisant neuf morts et deux blessés. Selon
un responsable de la police, dix hommes armés et cagoulés
ont perpétré cette attaque près de Bakouba, une localité
située à 65km au nord de la capitale irakienne.
Pour
en revenir aux enlèvements, j’ai regardé hier soir 29
novembre les informations concernant l’otage qui est une
archéologue allemande vivant depuis dix ans en Irak et
parlant couramment l’arabe. Elle oeuvrait pour la
conservation du patrimoine millénaire du pays. Voici ce que
j’ai appris plus précisément : L’Allemagne
a été touchée par le phénomène des prises d’otages en
Irak. Une Allemande est portée disparue depuis vendredi, a
annoncé un porte-parole du ministre des affaires étrangères
allemand. La télévision publique allemande ARD a indiqué
que son bureau à Bagdad avait reçu une cassette de
revendication de l’enlèvement de Suzanne Osthoff, 43 ans,
et de son chauffeur irakien dans la région de Ninive. Une
photo rendue publique par la télévision montre deux
personnes, un homme et une femme, agenouillées et les yeux
bandés, entourées de trois hommes masqués. Dans leur
message vidéo, les ravisseurs demandent à l’Allemagne de
cesser toute collaboration avec le gouvernement irakien et
menacent de tuer leurs otages.
Suzanne
Osthoff vit en Irak depuis dix ans. Elle a interrompu ses
travaux de recherches archéologiques en raison de la guerre
et a distribué de l’aide aux populations locales en
collaborant à une organisation humanitaire Direkthilfe Irak,
selon les indications données par plusieurs médias
allemands. Elle avait déclaré au quotidien allemand Neue
Osnabrücker Zeitung qu’elle avait reçu des menaces
d’enlèvement cet été de la part d’un groupe proche
du chef d'Al-Qaida en Irak, Abou Moussab Al-Zarqaoui. Elle
avait alors quitté Mossoul pour être mise à l’abri par
l’armée américaine dans la zone verte de Bagdad.
La
chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré que Suzanne
Osthoff avait été vraisemblablement enlevée et a lancé
un appel pressant aux ravisseurs pour la délivrer immédiatement
ainsi que son chauffeur. S’il était confirmé, cet enlèvement
serait le premier concernant un ressortissant allemand depuis
la chute de Saddam Hussein, en 2003. L’Allemagne qui s’était
opposée à la guerre en Irak sous le chancelier Gerhard Schröder
a toujours refusé d’envoyer ses officiers dans ce pays mais
participe à la formation de membres des forces de sécurité
irakiennes dans les pays voisins.
Par
ailleurs, deux Iraniennes enlevées, lundi 28 novembre dans la
soirée, avec quatre de leurs compatriotes, ont, elles, été
libérées, mardi 29 novembre. Lundi soir, six pèlerins
iraniens dont ces deux femmes et deux Irakiens avaient été
enlevés par des inconnus armés au nord de Bagdad. Les étrangers
circulaient à bord d’un minibus à 70 km au nord de la
capitale lorsque leur véhicule a été intercepté par des
inconnus armés aux environs de Balad, ville proche de Samarra
où se trouve un important mausolée chiite. Depuis la chute
de Saddam Hussein, de nombreux Iraniens visitent l’Irak pour
se rendre dans les lieux saints chiites.
Je disais plus haut que les sunnites exerçaient leurs représailles
contre les chiites quand et là où ils le pouvaient, cette
information en est une preuve flagrante ainsi que la suivante :
Neuf Irakiens chiites ont été tués mercredi dans une
attaque au nord de Bagdad, illustrant l'insécurité
continuelle qui règne en Irak.
Face
à cette persistance de la violence, le président américain
George W. Bush, s’est prononcé contre toute idée de
calendrier de retrait des troupes américaines présentes en Irak
(160.000 aujourd’hui), s’attirant aussitôt de vives
critiques de l’opposition démocrate. Selon un responsable
local, les neuf chiites tués étaient des travailleurs
agricoles journaliers. Leur bus est tombé dans une embuscade
près de Baaqouba (60 km au nord de Bagdad). A Falloujah
(50 km à l’ouest de Bagdad), des milliers de personnes ont
participé aux funérailles du mufti de la ville, Hamza
al-Issaoui, assassiné la veille et les autorités religieuses
sunnites ont annoncé un deuil de trois jours. D’autre
part, quatre Iraniens enlevés lundi 28 novembre au nord de
Bagdad ont été relâchés et se trouvaient mercredi au
consulat iranien de Kerbala, au sud de Bagdad, a-t-on appris
auprès de l’ambassade d'Iran dans la capitale irakienne.
Deux Iraniennes enlevées en même temps qu’eux avaient été
libérées la veille.
Lors
d’un discours attendu, le président Bush a souligné
mercredi à l’Académie navale d’Annapolis (est des Etats-Unis)
que le niveau des troupes américaines en Irak dépendait des
conditions sur le terrain. Dans un document diffusé par le
Conseil à la sécurité nationale, la Maison Blanche se borne
à envisager une possible modification du niveau des troupes
en 2006 en fonction des progrès des forces irakiennes pour
contrôler leur pays. « Certains demandent un calendrier
de retrait (...) Mais je pense qu’ils ont tort » a
fait valoir le président. « Je ne me satisferai de rien
de moins que la victoire complète. » La mission sera
achevée « quand les forces de sécurité irakiennes
pourront assurer la sécurité de leurs propres citoyens et
quand l’Irak ne pourra plus être un refuge pour les
terroristes qui préparent de nouveaux attentats contre notre
pays » a-t-il dit.
L’armée
américaine rémunère secrètement des journaux irakiens pour
qu’ils publient des articles rédigés par des militaires américains
dans le but d’améliorer l’image des Etats-Unis
auprès de la population irakienne, a affirmé mercredi le
quotidien Los Angeles Times. D'après le quotidien, des
articles rédigés par des militaires et ensuite traduits en
arabe sont publiés dans des grands journaux irakiens, avec
l’aide d’une société américaine de relations publiques,
Lincoln Group.
Ces
articles, présentés comme étant rédigés par des
journalistes indépendants, vantent le travail des Américains
et des Irakiens sur le terrain pour reconstruire l’Irak et dénoncent
les actions des insurgés, précise le Los Angeles Times,
citant des officiers ayant requis l’anonymat et des
documents militaires. Les Etats-Unis
ont payé les journaux irakiens en échange de la publication
de dizaines d’articles, ajoute le quotidien. Le Pentagone a
réagi mercredi en disant qu’il allait examiner ces
accusations. « Si tous les éléments de cette histoire
sont vrais, il y a des choses que je trouve gênantes »
a dit un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman. Selon lui,
les pratiques décrites apparaissent en contradiction avec la
politique en matière d’information du Pentagone. D’après
le Los Angeles Times, des hauts responsables militaires en Irak et au Pentagone ont
critiqué ces initiatives soulignant que cela pourrait ruiner
la crédibilité des Etats-Unis à l’étranger
et au sein de sa propre opinion publique. « Nous
cherchons à instaurer les principes de la démocratie en Irak (...) et nous brisons
tous ces principes en faisant justement ceci » explique
un haut responsable au ministère de la Défense cité par le
journal.
Pour
ma part et pour ce que je connais des méthodes américaines
en Irak, cette information ne me surprend pas du tout. Un
gouvernement qui établit des prisons pour incarcérer des
prisonniers en Europe sans que l’Union Européenne n’en
soit informée est bien capable de manigancer les informations
d’un journal irakien à la botte des Etats-Unis. Tenter de
maintenir une image de marque est tout de même moins
effrayant que de torturer des hommes à l’insu de tous
jusqu’à ce que l’information filtre grâce à un
journaliste plus perspicace que ses confrères…
Des
rebelles ont mené jeudi 1er décembre un
spectaculaire coup de main psychologique à Ramadi à
l’ouest de Bagdad, tirant sur une base américaine et se déployant
dans les rues de la ville qui venait d’être pacifiée en prévision
des élections générales du 15 décembre.
Le
discours du président américain George W. Bush, qui s’est
prononcé contre un calendrier de retrait pré-établi des
159.000 GI’s déployés en Irak a été sévèrement critiqué par le chef
radical chiite Moqtada Sadr qui a affirmé que « le
peuple irakien veut un tel calendrier. » Selon des
habitants de Ramadi (110 km à l’ouest de Bagdad), plusieurs
dizaines de rebelles y ont bombardé la base américaine au
mortier et aux roquettes et se sont déployés dans les rues
avant de s’en retirer.
Dans
un communiqué publié sur Internet, le groupe Al-Qaïda en Irak d’Abou Moussab Al-Zarqaoui a affirmé que
ses combattants avaient lancé cette attaque. L’armée américaine
a minimisé l’importance de ce coup de main mais a reconnu
une attaque au lance-roquette contre un poste d'observation américano-irakien
qui n'a pas fait de victimes. A
deux semaines des élections, cette intervention coordonnée
lancée en plein jour par des rebelles constitue un revers
psychologique pour les responsables de la sécurité qui ont
mené de nombreuses opérations dans la province d’Al-Anbar
sur le thème du vote libre. Ramadi, bastion rebelle sunnite,
avait fait l’objet il y a quelques jours encore d’une
importante opération irako-américaine de reprise en mains.
L’attaque
est intervenue au lendemain d'un discours de M. Bush pour qui
la mission des GI’s sera achevée « quand les forces
irakiennes pourront assurer la sécurité de leurs citoyens et
quand l’Irak ne pourra plus être un refuge pour les
terroristes qui préparent de nouveaux attentats contre notre
pays. » Le calendrier du retrait ne sera pas décidé
« par des hommes politiques à Washington » a-t-il
ajouté.
« Ce
discours est un affront à l’opinion publique
internationale, aux Nations unies et au peuple
irakien qui a demandé un calendrier de retrait des troupes
d’occupation » a rétorqué Moqtada Sadr. Le général
américain Martin Dempsey, chargé de la formation des forces
irakiennes, a précisé que 33 bataillons irakiens contrôlaient
désormais leurs propres « espaces de combat »,
zones où les GI’s n’interviennent qu’en cas de nécessité.
Il a toutefois souligné la nécessité pour l’armée
irakienne de s’attirer la confiance de la population et de
mettre au pas les milices.
Près
d’une semaine après la disparition de cinq Occidentaux en Irak, aucune information n’a été diffusée
sur leur sort. L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad a appelé à la libération
immédiate et inconditionnelle de son ressortissant Thomas
Fox, enlevé avec trois autres travailleurs humanitaires
samedi à Bagdad, deux Canadiens et un Britannique. L’ONG
Christian Peacemaker Teams qui les emploie a lancé un nouvel
appel à leur libération. Le Comité des oulémas musulmans
(sunnite) a demandé leur libération. Entretemps le meurtre
de personnalités politiques sunnites a continué avec la mort
d'un responsable du Parti islamique, Nouzad Taher Tawfic,
enlevé et tué par des inconnus. Une coalition électorale
sunnite, le Front irakien de la concorde, a appelé les forces
américaines à se retirer des villes rebelles avant le 15 décembre
pour permettre le bon déroulement du scrutin auquel la
communauté sunnite a décidé de participer.
Je
donne ces informations aujourd’hui, jeudi 2 décembre, et je
pense que les choses iront de mal en pis jusqu’au 15 décembre.
Je souhaite bien sûr que les élections se déroulent le plus
pacifiquement possible, que toutes les communautés y prennent
part mais je doute et j’attendrai comme nous tous pour
savoir.
Le
4 décembre
Dix
Marines ont été tués dans une explosion à l’ouest de
Bagdad, la plus sanglante contre les forces américaines en Irak
depuis août, au moment où plusieurs opérations contre les
rebelles sont menées dans cette région. Les ravisseurs de
quatre otages occidentaux enlevés en Irak
ont menacé de les tuer si tous les détenus dans les prisons
irakiennes et américaines du pays ne sont pas libérés avant
le 8 décembre, a rapporté la chaîne Al-Jazira qui a diffusé
vendredi une vidéo.
Les
ravisseurs ont donné aux gouvernements irakien et américain
jusqu’au 8 décembre pour répondre à leurs exigences,
selon la chaîne satellitaire qatariote, qui citait un
communiqué reçu avec la vidéo. Tom Fox, 54 ans, Américain,
Norman Kember, 74 ans, Britannique, et deux Canadiens, James
Loney, 41 ans, et Harmeet Singh Sooden, 32 ans, tous
travaillant pour l’ONG
chrétienne Christian Peacemaker Teams, ont été enlevés en Irak samedi dernier par un groupe jusqu’ici
inconnu, « les Brigades des Epées du droit. » Les
Marines faisaient partie d’une patrouille à pied jeudi
lorsqu'un engin artisanal a explosé à proximité, près de Falloujah, à 50 km à
l'ouest de la capitale, a annoncé vendredi l’armée américaine.
Dix Marines ont été tués et onze blessés. « Sur les
onze soldats blessés (...), sept ont repris leur service »
selon un communiqué militaire.
Le
3 août, 14 Marines et un interprète civil irakien ont été
tués dans une attaque à la bombe visant leur véhicule à
Haditha (250 km à l'ouest de Bagdad). L’armée
américaine avait mené une offensive d’envergure
en novembre 2004 contre Falloujah, pour en déloger les rebelles. Dans
la région de Falloujah, vendredi 2 décembre, une force
combinée irako-américaine a par ailleurs lancé une nouvelle
opération contre les rebelles à Ramadi. Deux cents soldats
irakiens et 300 Marines mènent cette opération baptisée
« Lance » visant à « démanteler » la
rébellion et créer les conditions favorables pour les élections
du 15 décembre, à Ramadi, capitale de la province
occidentale d’Al-Anbar où se trouve aussi Falloujah,
a indiqué un communiqué militaire américain. « L’objectif de l’opération
est de démanteler les groupes rebelles qui utilisent le
secteur de Ramadi comme base pour attaquer les habitants et
les forces irakiennes et américaines »
a poursuivi le texte.
Entre-temps,
2.000 militaires américains et 500 soldats irakiens
poursuivent l’opération « Marteau de fer » dans
la région de Hit, à l'ouest de Ramadi, lancée cette
semaine. Les forces américaines ont multiplié les opérations
dans la vallée de l’Euphrate, s’étendant de la frontière
syrienne jusqu’aux approches occidentales de Bagdad, qui est
considérée comme la grande voie de ravitaillement en hommes
et en matériel de la rébellion. Selon le commandement américain,
ces opérations ont permis de saisir une quantité importante
d’armes de différents calibres et d’explosifs.
Selon
un rapport publié par l’institut américain Washington
Institute for Near East Policy, l’insurrection en Irak
reste forte et a la capacité de se renforcer à l’avenir,
ce qui dément les déclarations du gouvernement américain
sur les progrès des forces de la coalition contre les insurgés.
« Bien que des milliers d’insurgés aient été tués
et que des dizaines de milliers d’Irakiens détenus, les
informations sur les incidents et les pertes renforcent le
sentiment que l’insurrection n’a jamais été aussi
robuste et meurtrière » dit ce rapport.
A
l’approche des législatives, les assassinats de personnalités
politiques ou religieuses de divers bords se multiplient. Un
religieux chiite a été tué et son frère blessé jeudi 1er
décembre par des inconnus déguisés en soldats irakiens à
Baaqouba, au nord de Bagdad, selon leur famille. Le corps
d’un responsable du Parti islamique (sunnite), Nouzad Taher
Tawfic, torturé et tué par balles, a été retrouvé le même
jour à Kirkouk (nord).
Une
semaine après le rapt de l’archéologue allemande Susanne
Osthoff avec son chauffeur irakien, Berlin a dit chercher à
entrer en contact avec les ravisseurs et sa famille a lancé
un appel à la libérer. A Bagdad, le chef radical chiite
Moqtada Sadr et le Comité des oulémas (sunnite) ont demandé
aussi sa libération. L’ONG Christian Peacemaker Teams qui
emploie quatre autres otages occidentaux a aussi lancé un
nouvel appel à leur libération.
Le
Parti islamique irakien, la plus grande formation politique
sunnite, a appelé samedi 3 décembre à la libération des
otages occidentaux en Irak, expliquant que de
tels enlèvements ternissent l’image de l'Islam et
rejaillissent négativement sur ceux qui réclament la fin de
la présence militaire américaine. L’organisation
non-gouvernementale « Christian Peacemaker Teams »
pour laquelle travaillent les quatre missionnaires enlevés le
26 novembre à Bagdad a également appelé samedi à la libération
des otages. « Je voudrais leur lancer un appel et leur
dire qu'ils se trompent sur l’identité de ces quatre hommes »
a déclaré à l'Associated Press (AP) Peggy Gish, de l’ONG
basée à Chicago.
Les
ravisseurs ont menacé d’exécuter leurs otages, deux
Canadiens, un Américain et un Britannique, si les détenus
irakiens ne sont pas libérés des prisons américaines et
irakiennes, selon la chaîne d’information arabe Al-Jazira.
Dans un communiqué, le Parti islamique irakien a de son côté
appelé « les ravisseurs à les relâcher car les
maintenir en captivité donnera à ceux qui défendent la
guerre contre notre pays une chance de dire que les Irakiens
ne font pas de différences entre ceux qui les soutiennent et
ceux qui sont contre eux. »
Un
général de l’armée britannique a été interrogé par la
police pour avoir tenté de faire entrave à l’enquête sur
la mort d’un soldat en Irak, rapporte dimanche 4 décembre
le « Sunday Times. » Le général Peter Wall a été
interrogé par la police métropolitaine de Londres sur la
mort du sergent Steven Roberts en 2003, selon l’édition
dominicale du quotidien britannique. Une porte-parole de la
police a confirmé l’existence d’une enquête sur ce décès,
mais a refusé de commenter l’identité des personnes
interrogées dans le cadre de ces investigations.
Le
sergent Roberts, 33 ans, servait dans le 2e Régiment royal de
chars britanniques lorsqu’il a été abattu d’une balle
dans la poitrine dans le sud de l'Irak le 24 mars 2003. Un
Irakien est également mort dans l'attaque. Son décès avait
fait la une de la presse britannique car il avait reçu
l’ordre de donner son gilet pare-balles à un soldat jugé
plus exposé, en raison d’un manque de ce genre d’équipements
dans les rangs de l’armée britannique. Or, un rapport
balistique a prouvé qu’il aurait survécu avec un gilet
pare-balles. L’enquête militaire n’a abouti à aucune
inculpation mais, en décembre 2004, le ministre britannique
de la Justice a demandé à la police d’ouvrir sa propre
enquête.
Dix-neuf
militaires irakiens ont été tués et deux autres blessés
dans une embuscade tendue samedi 3 décembre à une centaine
de kilomètres au nord de Bagdad. L’attaque qui a eu lieu
dans la région d’Adhaim a été précédée par
l’explosion d’un engin lors du passage du convoi des
soldats, ont précisé des responsables irakiens. A la suite
de la déflagration, le convoi a été la cible de tirs
nourris.
A
Mossoul, des insurgés ont par ailleurs lancé des obus de
mortier et des roquettes en direction d’une base américaine
à l’aéroport, blessant deux soldats, selon l’armée américaine.
L'attaque a été menée à 6h50 locales.
Jeudi
1er décembre, ce sont dix Marines américains qui
avaient été tués et 11 autres blessés par l’explosion
d’une bombe placée sur une route près de Falloujah. Il s’agissait
d’une des attaques les plus meurtrières de ces derniers
mois contre les troupes américaines en Irak.
Vendredi 2 décembre, un prisonnier irakien âgé de 67 ans
est mort alors qu’il était sous la garde des Américains.
Selon un communiqué de l’armée diffusé samedi, son décès
a été constaté dans un hôpital militaire américain. Aucun
autre détail n'a été donné.
Ces
deux derniers jours - samedi 3 et dimanche 4 décembre - ont
été plus meurtriers pour les forces armées irakiennes que
la totalité du mois de novembre, selon les chiffres obtenus
par l’agence Associated Press. Selon les chiffres du
gouvernement irakien, 17 soldats ont été tués en novembre,
contre 25 le mois précédent. Le chiffre de novembre était
le plus bas depuis des mois. En comparaison, 84 soldats américains
et 102 policiers irakiens sont morts en novembre. Pour la
police, il s'agissait du bilan le plus lourd depuis juillet
qui avait vu la mort de 134 policiers. Toujours selon le
gouvernement irakien, 274 rebelles présumés ont été tués
en novembre. Le bilan pour ce qui est des civils irakiens était
de 549, soit en très forte hausse par rapport aux 299 du mois
d’octobre.
Le
procès de Saddam Hussein reprend lundi 5 décembre à Bagdad
en présence de plusieurs témoins dans un climat de doutes
croissants sur la capacité du tribunal mis en place par les Etats-Unis
à satisfaire à la fois l’exigence d’équité et les
appels à une condamnation rapide lancés par une majorité
d'Irakiens.
Trois
à cinq témoins dont les identités seront - pour certains -
tenues secrètes, devraient ainsi déposer lundi, a-t-on
appris de source américaine proche du Tribunal spécial
irakien (TSI) devant lequel l’ancien président et ses sept
co-accusés ont comparu six heures depuis le début du procès,
le 19 octobre. Dès le premier jour, les débats ont été
ajournés au 28 novembre, date à laquelle ils ont été une
nouvelle fois repoussés d’une semaine. Ce dernier report a
été décidé afin de permettre à deux des accusés –
l’ancien vice-président Taha Yassine Ramadan et l’ancien
chef des services de renseignement Barzane al Tikriti - de
retrouver des avocats après l’assassinat de l’un des défenseurs
et la fuite à l’étranger d'un autre. Un autre avocat de la
défense a été assassiné depuis le début du procès.
Dimanche
4 décembre, à la veille de la reprise des audiences, l’un
des cinq juges a par ailleurs démissionné après avoir découvert
que l’un des huit accusés était lié au meurtre de son frère.
Il sera remplacé dès lundi ont assuré les autorités. Les
audiences qui doivent reprendre aux alentours de 10h00 locales
(07h00 GMT) devraient se poursuivrent trois jours durant. Au
total, onze témoins doivent défiler à la barre. L’identité
de huit d'entre eux sera tenue secrète, ce qui pourrait
susciter des doutes sur les droits de la défense à les
consulter.
La
sécurité reste toutefois la préoccupation essentielle de la
communauté internationale qui doute de l’équité du procès
dans de telles conditions. « Nous sommes déjà préoccupés
par ce que nous avons vu jusqu'à présent, nous sommes préoccupés
par le meurtre de deux avocats de la défense et par le fait
qu’un autre ait été grièvement blessé » a déclaré
John Pace, chargé de la question des droits de l’homme au
sein de la Mission d’assistance des Nations unies en Irak. « Nous pensons
que les carences dans le mode d’administration de la
justice, ajoutées aux antécédents sur les conditions dans
lesquelles a été crée ce tribunal, ne permettront pas de
garantir un processus susceptible de répondre aux exigences
internationales » a-t-il ajouté, en jugeant la « légitimité
du tribunal (...) fortement contestée à de nombreux égards. »
Tous
les accusés ont plaidé non coupables de crimes contre
l’humanité lors de la répression en 1982 d’une tentative
d’assassinat de Saddam Hussein qui s'était soldée par la
mort de 148 hommes à Doudjaïl, au nord de Bagdad. Ils
encourent la peine de mort par pendaison. Depuis le début, la
stratégie de la défense est de contester la légitimité du
tribunal et Saddam Hussein se comporte lui-même comme s’il
demeurait le président de l’Irak, ce qui irrite nombre de
ses concitoyens. Le comité de défense de l’ancien homme
fort de Bagdad a d’ores et déjà déposé deux nouveaux
recours, le premier affirmant qu’il jouit toujours de
l’immunité présidentielle et le second, réclamant
davantage de temps pour étudier le dossier.
Un ingénieur français a été enlevé par des
insurgés armés dans l’ouest de Bagdad, annonce la police
irakienne. A Paris, le Quai d’Orsay n’était pas encore en
mesure de confirmer cet enlèvement et des appels de l’Associated
Press à l'ambassade de France à Bagdad restaient sans réponse
dans l’immédiat. Selon les premiers éléments, les
ravisseurs à bord de trois voitures ont encerclé l’homme
alors qu’il venait de quitter sa maison en voiture dans le
quartier ultra-résidentiel de Mansour pour se rendre à son
travail dans l’usine d’approvisionnement en eau de Risafa
dans le quartier de Karradah dans le centre de la capitale
irakienne a dit le capitaine Qassim Hussein de la police
irakienne. Selon la police irakienne, cet ingénieur
travaillait pour une société française en contrat avant la
Compagnie des eaux de l’est de Bagdad pour un projet de
canalisation. On ne dispose pas d’autres informations dans
l’immédiat : nous sommes quand j’écris le 4 décembre.
Il demeure qu’une telle information prouve que certains
groupes ne veulent même pas que leurs concitoyens soient
assurés de la bonne arrivée d’eau dans leur ville. A
l’approche des élections et durant le procès de Saddam
Hussein, « vivre en Irak » devient de plus en plus
aléatoire.
Le
16 mars 1988, au beau milieu d’une matinée printanière,
des bombardiers irakiens font irruption dans le ciel de
Halabja, une ville de 60 000 habitants située à
l’extrémité sud du Kurdistan irakien, à quelques
kilomètres de la frontière iranienne.
La
veille, la ville était tombée dans les mains des
peshmergas (maquisards) de l’Union patriotique du
Kurdistan (UPK) de M. Jalal Talabani, soutenus par
des Gardiens de la révolution iraniens. Habitués aux
offensives et contre-offensives se succédant dans le
conflit irako-iranien ravageant la région depuis
septembre 1980, les habitants croient d’abord qu’il
s’agit d’une opération de représailles classique.
Ceux qui en ont le temps se réfugient dans des abris de
fortune. Les autres sont surpris par des bombes chimiques
que des Mirage et des Mig irakiens déversent, vague après
vague. Une odeur nauséabonde de pomme pourrie envahit
Halabja. A la tombée de la nuit, les raids aériens
cessent et il se met à pleuvoir. Les troupes irakiennes
ayant détruit la centrale électrique, c’est à la lumière
des torches que les habitants partent à la recherche des
leurs, morts, dans la boue.
Le
spectacle qu’ils découvrent le lendemain est épouvantable :
des rues jonchées de cadavres, des gens frappés par la
mort chimique au milieu des gestes ordinaires de leur vie,
des bébés tétant encore le sein maternel, des enfants
tenus par la main par leur père ou leur mère immobilisés,
comme dans un instantané, pétrifiés sur place. En
quelques heures, il y a eu 5 000 morts, dont 3 200,
n’ayant plus de famille, sont enterrés dans une fosse
commune.
Les
images de ce massacre font le tour du monde grâce à des
correspondants de guerre iraniens, relayés par la presse
internationale qui se rend sur les lieux et accorde une
certaine place à cet événement sans précédent. Car
l’usage des armes chimiques est formellement prohibé
par la convention de Genève de 1925 - seule l’Italie de
Benito Mussolini a enfreint cette interdiction durant sa
guerre d’Abyssinie. Cette fois, c’est contre sa propre
population qu’un Etat use de gaz chimiques...
Voici un
exemple pour illustrer ce que je suis entrain d’écrire :
L’armée
américaine a annoncé avoir lancé lundi 31 octobre,
avant l’aube, un raid aérien contre un repaire d’un
chef d’Al-Qaida à Karabila, près de la ville d’Al-Qaïm,
sur la frontière entre l’Irak et la Syrie. Selon les
sources locales, le raid a fait plusieurs victimes
civiles. Le moment choisi pour lancer l’attaque et les
munitions de précision étaient destinés à éviter des
pertes civiles a souligné un porte-parole de l’armée
américaine.