N’oublions jamais
qu’Ingrid Bétancourt est retenue en otage depuis de trop
longues années et que nous devons tous nous unir pour obtenir
sa libération.
Si
j’ai voulu noter presque jour par jour l’évolution de la
situation en Irak, c’est qu’à propos des évènements qui
ont secoué la France durant tout le mois de novembre, les
Anglais en particulier les ont mentionnés avec une mauvaise
foi totale. J’ai entendu en effet des membres de la
communauté noire britannique proclamer combien il était plus
enrichissant de vivre en Angleterre ou aux Etats-Unis qu’en
France où les minorités issues du Maghreb ou d’Afrique
n’ont pas les mêmes opportunités que leurs concitoyens de
peau blanche. Je ne suis pas satisfaite du sort qui est fait
chez nous aux communautés des banlieues défavorisées et je
suis effrayée quand des violences sont commises à
n’importe quel niveau mais je pose tout de même une
question : Le sort des habitants noirs de Louisiane
est-il meilleur que celui réservé par nos gouvernements à
nos frères de couleur ? Je ne le crois pas. Je suis bien
persuadée que se comptent par dizaines de milliers les gens
qui ont subi des préjudices lors du dernier ouragan sans
qu’on leur porte immédiatement secours et je ne pense pas
qu’un gouvernement français eût agi en ce cas plus mal que
le gouvernement Bush.
Et puis, surtout, je voudrais savoir si les familles noires
qui ont vu leurs fils ou leurs filles partir en Irak sont
satisfaits de la politique de leur gouvernement, surtout si
certains d’entre eux ou d’entre elles sont morts dans un
combat qui ne les concernait pas…
J’aimerais
montrer avant tout comment l’on vit à Bagdad en 2005 :
Attention ! Un 4 × 4 blanc, juste derrière vous.
Quatre types à bord. Ils vont doubler.
- OK, bien reçu. Mohamed, tu ralentis, laisse passer.
Nous
sommes dans la périphérie de Bagdad. Le chauffeur obéit.
Ami ou ennemi ? Bref
silence tendu dans l’habitacle. La radio de bord a cessé de
crachoter. Sur le siège passager avant, les puissantes mains
d’Adnan se crispent sur le fusil d’assaut posé en travers
des genoux. L’arme est enclenchée sur la position
automatique. Un frôlement sur la détente, elle crachera une
longue salve.
Devant,
à 10 mètres, trois pistoléros amis ouvrent la voie dans un
véhicule banalisé, préviennent des embouteillages, repèrent
les check-points volants, conseillent un autre itinéraire.
Derrière, à 15 mètres, une autre voiture alliée couvre nos
arrières.
A
Bagdad, aujourd’hui, plus personne ne fait confiance à
personne. La méfiance est à la mesure de l’insécurité :
générale. Dans les embouteillages, vite titanesques lorsque
la police irakienne décide soudainement de bloquer une avenue
ou un pont pour effectuer des contrôles surprise, chacun
observe attentivement chacun. Les quatre types devant, dans le
4 × 4, sont-ils flics, bandits,
kidnappeurs ou membres de la guérilla ? Le jeune barbu tout
seul dans sa vieille guimbarde amochée, sur notre flanc
gauche : innocent étudiant ou kamikaze fanatisé qui va, dans
une seconde, actionner sa charge explosive et perpétrer un
carnage ?
Rester
en vie dans le chaos croissant qui s'installe à Bagdad est
devenu l’obsession. Il n’y a pas de solution miracle. Pour
passer au travers des mitraillades quotidiennes, de jour comme
de nuit, éviter les rançonnements, les enlèvements, les
assassinats politiques ou crapuleux, sans parler des tirs de
roquettes et des attentats à la voiture piégée qui se
poursuivent au jour le jour, chacun espère avoir sa panacée.
Six millions d'habitants, presque autant d’idées. Aucune
n’est absolument sûre.
Depuis
qu'une roquette rebelle s’est abattue en octobre sur l’école
de son quartier (4 enfants tués, 6 gravement blessés), Leila
n’envoie plus ses deux fils en classe. Au début de
l'occupation, je travaillais pour les Américains, comme secrétaire.
Un polycopié signé d’une ‘brigade de la résistance’
a été glissé sous ma porte en octobre 2004. Il comportait
39 noms, le mien était surligné de bleu. ‘Dernière chance
pour sauver votre vie’ disait le texte. ‘Cessez immédiatement
de collaborer avec les croisés.’ Depuis, je ne mets plus le
nez dehors. Mon mari fait les courses. Cinq minutes de retard
et je suis morte d’inquiétude. Bien sûr, je ne suis jamais
retournée à mon bureau dans la ‘zone verte’.
Abou
Abdallah, lui, a fait l’inverse. Chargé naguère de
distribuer le courrier dans les bureaux de la présidence
Saddam Hussein, il fait aujourd’hui le taxi à l’intérieur
même de la forteresse « verte. » Six kilomètres
carrés au départ, près du double à présent : la « zone
internationale », son nom officiel désormais, est protégée
par une double rangée de hauts murs anti-explosion qui
courent sur plusieurs dizaines de kilomètres au cœur de la
cité. Il y a des miradors et des projecteurs partout, d’énormes
frises de barbelés et des milliers de soldats irakiens
nerveux et surarmés tout au long. Les forces américaines qui
sont à l’intérieur, avec chars d’assaut, blindés, hélicoptères
de combat et tout l’attirail pour tenir un siège, ne sont
pratiquement plus visibles dans les rues de la capitale.
Ils
ont peur de sortir maintenant, ricane Abou Abdallah. Ce
sont nos soldats qui doivent les protéger. Bizarre, non ?
Le gros homme moustachu, 46 ans et six enfants, a eu de la
chance. Des milliers d’anciens résidents de la zone ont été
expulsés par les forces américaines dès après
l’invasion, en mai 2003. Depuis, d’autres vagues
d’expulsions des logements HLM et des pavillons jadis réservés
aux fonctionnaires de la présidence ont suivi. Abou Abdallah
et quelques milliers d’autres civils ont pu rester. Ils sont
au service du nouveau pouvoir, balayent les bureaux, tapent le
courrier, cuisinent et s’occupent des maisons occupées par
les contractors, les entrepreneurs, essentiellement américains
ou britanniques, qui ont obtenu des contrats de protection ou
de reconstruction. Blottie dans une boucle du grand fleuve qui
traverse la capitale, la « zone verte » a été
ainsi baptisée par les soldats américains en opposition à
la « zone rouge » où l'on saigne et qui concerne
tout le reste du pays. Elle compte tous les bâtiments
officiels encore debout, palais présidentiel, centre de
conventions, monument au soldat inconnu, ministères,
ambassades amies, etc. Le nombre de résidents, irakiens et étrangers,
autorisés à vivre là est confidentiel.
Abou
Abdallah connaît sur le bout du doigt les quarante et
quelques rues et avenues interdites à toute personne démunie
de permis ad hoc. Il connaît les zones
sensibles
qui, en
tant qu’Irakien, lui sont défendues, à l’intérieur
de la zone. Mais
ça paye bien ici. Et puis on a de l’électricité
vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Contre deux ou trois heures seulement en « zone rouge. »
Depuis juin 2004, Abou Abdallah n’a pas mis un pied hors de
la zone protégée. Trop
dangereux dehors dit-il. Et puis, si l’on sort, il faut
revenir. Et là, n'importe quel soldat géorgien, salvadorien
ou népalais peut, sur un mouvement d’humeur, confisquer
votre pass et vous interdire de rentrer. J’ai pas mal
d’amis à qui c'est arrivé.
Bien
sûr, chaque jour ou presque, la « zone verte »
est la cible de roquettes tirées depuis l’autre rive
urbaine du Tigre. Mais c'est
quand même plus sûr ici.
Seul problème, les enfants ne vont plus à l’école du
quartier. Elle
a été squattérisée par des familles et, de toute façon,
il n’y avait plus d’instituteurs assez fous pour faire
quotidiennement l’aller-retour.
Jawad
Al-Roumi vit à l’extérieur, à moins de 1 kilomètre de la
zone. Propriétaire du restaurant Ibn Zambour, sur l’avenue
As-Shawa, ce petit homme de 37 ans a décidé fin 2004 de ne
plus quitter sa cuisine. D’y manger et d’y dormir, sauf
les vendredis et samedis, pour voir les enfants. J’en
avais assez des check-points, des vrais comme des faux, des
explosions incessantes, des heures d’attente aux
stations-service pour faire le plein. Pour parcourir les 6 km,
à vol d’oiseau, entre ma maison d’Al-Daura et mon
travail, je mettais parfois plus de trois heures.
En réduisant le plus possible ses déplacements, Jawad
croyait avoir trouvé une certaine sécurité. Jusqu'au 19
juin dernier.
Ainsi, je note que la
violence continue à faire des victimes en Irak, notamment
parmi les civils, tandis que les législatives du 15 décembre
se préparent. Pour la seule journée du dimanche 30 octobre,
treize Irakiens ont été tués dans différentes attaques
dont le frère du vice-président chiite Adel Abdel Mehdi,
Ghaleb Abdel Mehdi, qui occupait le poste de conseiller au
cabinet irakien. La sécurité, avec les services publics
toujours déficients, doit dominer la campagne électorale qui
s’annonce très animée avec la participation de plus de 200
mouvements politiques dont la plupart font partie de vingt et
une alliances.
Selon
une évaluation du Pentagone, plus de 26 000 Irakiens ont été
tués ou blessés dans les attaques des insurgés depuis le 1er
janvier 2004. Il ne s’agit que d’une « estimation
et d’un chiffre subjectif » a déclaré, dimanche
Greg Hicks, porte-parole du ministère de la défense américain.
Le Pentagone ne publie pas de chiffres précis des victimes
irakiennes parce qu’il manque de données fiables, a précisé
le porte-parole. Cette évaluation est tirée d'un graphique
montrant la progression du nombre
moyen de victimes par jour - irakiennes et américaines
- au fur et à mesure de l’évolution de la
situation politique sur le
terrain. Le rapport, intitulé « Mesurer la sécurité
et la stabilité en Irak » et destiné au Congrès,
a été publié le 13 octobre, mais ce graphique était passé
inaperçu.
Le
graphique évalue le nombre moyen de victimes irakiennes à
plus de vingt-cinq par jour entre le 1er janvier et
le 31 mars 2004, période baptisée « de référence. »
Puis ce chiffre moyen passe à trente du 1er avril
au 28 juin, période de « pré-souveraineté »
avant de monter à quarante pendant la période de « souveraineté »
(29 juin-26 novembre) et à plus de cinquante pendant la
campagne électorale (27 novembre 2004 - 11 février
2005). Il se replie à un peu moins de cinquante, du 12 février
au 28 août (période « pré-constitution »)
Enfin,
pendant la campagne pour le référendum (du 29 août, à la
publication du rapport), le nombre de victimes grimpe à plus
de soixante par jour. Les pertes de l’armée américaine
continuent de leur côté de s'allonger, avec l’annonce,
dimanche 30 octobre, de la mort d’un marine à l’ouest de
Bagdad. Ce décès porte à 2 014 le nombre de GI’s et
civils américains assimilés militaires morts dans le cadre
des opérations militaires en Irak depuis l’invasion du pays
en mars 2003, selon un décompte établi par l’AFP.
Le
Pentagone comptabilise dans son bilan tous les soldats morts
dans le cadre de l’opération « Iraqi Freedom »,
qu’ils soient morts en Irak ou dans les pays du Golfe où
est stationnée une partie de ses troupes. Les estimations de
victimes civiles sont fondées sur des rapports d’incidents
fournis par les unités de la coalition déployées en Irak, a
souligné le porte-parole du Pentagone.
L’opposition
a fait un coup de force au Sénat américain pour remettre
l’Irak au centre du débat politique en exigeant un rare débat
à huis clos sur une éventuelle « manipulation »
du renseignement par l’administration Bush. Rompant avec
tous les usages parlementaires, le chef de file des démocrates
Harry Reid a provoqué un coup de théâtre en ordonnant sans
crier gare que le Sénat poursuive ses débats à huis clos,
une procédure exceptionnelle réservée à des débats
touchant à la sécurité nationale ou à une éventuelle
destitution d'un président. Cette
« gifle » au pouvoir, selon le chef de la majorité
Bill Frist, intervient quatre jours après la démission et
l’inculpation de Lewis Libby, le directeur de cabinet du
vice-président Dick Cheney impliqué dans une affaire de
fuite médiatique visiblement destinée à faire taire un
critique de la guerre en Irak. Depuis le début de
la semaine, la Maison
Blanche a multiplié les initiatives pour tourner
la page de cette affaire : le président George W. Bush a nommé
un nouveau juge à la Cour suprême lundi et a annoncé une
stratégie pour faire face à une éventuelle pandémie de
grippe aviaire mardi.
Mais
l’opposition n'a pas voulu évacuer si tôt le débat sur la
guerre en Irak, de plus en plus
impopulaire alors qu’elle a fait plus de 2.000 morts dans
les rangs américains et dont le bien-fondé est selon elle
remis en cause par l’affaire Plame-Wilson qui a valu son
inculpation à M. Libby. Les Américains « méritent une
enquête complète et exigeante sur la façon dont
l'administration de George W. Bush a mené ce pays en guerre,
il faut des réponses à des questions essentielles, notamment
sur la façon dont elle a constitué son dossier pour la
guerre en Irak » a expliqué le chef de l’opposition
Harry Reid.
« Comment
des hauts responsables de l’administration Bush ont-ils
manipulé ou fabriqué le renseignement présenté au Congrès
ou au peuple américain ? » a encore demandé M.
Reid. M. Libby est soupçonné d’avoir divulgué l’identité
de l’agent de la CIA Valerie Plame pour discréditer son
mari Joseph Wilson. Cet ancien ambassadeur s’était
publiquement interrogé durant l’été 2003 sur de « faux
prétextes » qu'aurait invoqués l’administration Bush
pour envahir l’Irak trois mois et demi plus tôt, en
particulier l’existence d’armes de destruction massive
restées introuvables. Selon M. Reid, la majorité républicaine
a failli à ses responsabilités en ne menant pas d’enquête
parlementaire sur une éventuelle manipulation du
renseignement par l’administration Bush. Après deux heures
de débats et de négociations à huis clos, M. Reid se félicitait
que son coup de force ait porté des fruits. « Le 14
novembre, nous aurons une idée sur la manière dont ils vont
mener (cette investigation) à bien » expliquait-il.
« Enfin. »
En juillet 2004, la commission du renseignement du Sénat,
comptant des démocrates et des républicains, s’était
contentée d’analyser la performance des services du
renseignement, accusant la CIA de s’être fourvoyée sur
l’Irak et d’avoir exagéré la menace des armes de
destruction massive. Elle avait parallèlement affirmé
« n’avoir trouvé aucune preuve que l’administration
Bush ait tenté d’influencer ou de faire pression pour que
des experts de la CIA modifient leurs conclusions » sur
l’existence de ces armes. Cette assertion a été répétée
mardi par le président républicain de la commission, Pat
Roberts, qui a assuré que, sur 250 analystes du
renseignement, aucun n’avait fait état de pression
politique. Interrogé par des journalistes sur une éventuelle
manipulation du renseignement, M. Roberts qui a assuré
qu’un nouveau rapport était presque prêt a préféré le
terme « utilisation. » L’administration « a
utilisé les informations (du renseignement) parce qu’elle y
a cru » a-t-il dit, soulignant que les erreurs
concernant les capacités du régime de Saddam Hussein
relevaient d’un « échec mondial du renseignement. »
Un
enfant d’une dizaine d'années s’est fait exploser dans le
nord de l’Irak contre le convoi d’un chef de la police, le
blessant ainsi que son chauffeur, a-t-on appris de source
policière. Visé par cet attentat suicide perpétré à
Kirkouk (250 km au nord de Bagdad), le général Khattab
Abdallah Areb a indiqué qu’un enfant âgé entre 10 et 13
ans, portant une ceinture explosive, s’était approché en
courant vers son convoi et s'était fait exploser contre son véhicule
alors que celui-ci arrivait à un poste de police. Le général,
atteint d'éclats au ventre, à la poitrine et à la jambe,
est soigné à l’hôpital général de la ville ainsi que
son chauffeur également blessé par l’explosion qui a coûté
la vie à son auteur.
Selon des
sources sécuritaires, deux autres explosions d’engins piégés
visant des patrouilles de la police et de l'armée dans cette
ville pétrolière du nord, ont blessé cinq membres des
forces de sécurité: deux policiers et trois gardes
nationaux. D’autre part, trois Irakiens, dont un policier,
ont été tués par l’explosion d’un engin qui a également
fait trois blessés, dont un membre des forces de sécurité,
au passage d’une patrouille de la police à Madaën (30 km
au sud de Bagdad), selon des sources policières. De même
source, six soldats ont été blessés, dont deux grièvement,
par l’explosion d’une bombe au passage de leur véhicule
au nord-est de Baaqouba (60 km au nord de Bagdad).
Six
policiers irakiens ont été tués et dix autres blessés dans
l’attaque d’un barrage routier par un commando rebelle équipé
d’armes lourdes à Bores, près de Bakouba, à 65 km au nord
de Bagdad. Selon un responsable de la police, l’attaque a été
menée par un nombre important d’insurgés vers 08h00
locales (05h00 GMT), au début de la fête de l'Aïd el-Fitr
marquant la fin du mois de jeûne du ramadan. Un policier présent
sur les lieux a parlé de neuf morts et de 12 membres des
forces de l'ordre blessés.
Les
forces américaines et irakiennes ont lancé samedi 5 novembre
une nouvelle offensive impliquant 3.500 soldats près de la
frontière avec la Syrie, une zone considérée comme une
porte d’entrée des combattants d’Al-Qaïda en Irak. « Quelque 2.500 Marines, marins et
soldats du Regimental Combat Team et 1.000 soldats irakiens
ont commencé une opération baptisée Al-Hajib Elfulathi
(Rideau d’acier)
dans la province d’Al-Anbar »
dans l’ouest
de l’Irak
a indiqué l'armée américaine dans un communiqué. « L’objectif
de l’opération est la restauration de la sécurité le long
de la frontière irako-syrienne et la destruction du réseau
terroriste Al-Qaïda en Irak qui opère à Houssaybah, à la frontière
de la Syrie. »
L’offensive
est la dernière d’une série d'opérations menées par
l’armée américaine dans la région d’Al-Anbar, frontalière
de la Syrie, décrite comme la porte d’entrée des
combattants étrangers en Irak
(un bon prétexte pour justifier une action contre la Syrie
dans un avenir plusous moins proche !) Pour écraser ce
foyer de résistance, les GI’s ont mené pas moins de quatre
opérations depuis fin septembre dans la vallée de
l’Euphrate qui court de la frontière syrienne jusqu’aux
abords de Bagdad et constitue selon l’armée américaine
l’un des principaux axes d’infiltration de combattants étrangers.
La dernière « Iron Fist », menée le 1er octobre
pendant six jours à une dizaine de km de la frontière
syrienne, avec environ un millier de soldats, essentiellement
des Marines, s’est soldée par la mort de plus de 50
rebelles.
Néanmoins les
violences meurtrières ont continué en Irak malgré les succès
annoncés par les autorités américains et irakiennes contre
les réseaux d’Al-Qaïda en Irak où, selon elles, plusieurs
cellules ont été démantelées et leurs chefs arrêtés dans
le nord et l’ouest ainsi que dans Bagdad. « L'offensive
Rideau d’acier fait partie de l’opération Sayad
(Chasseur) destinée à empêcher Al-Qaïda d’opérer dans
la vallée de l’Euphrate et à établir une présence
militaire commune (irako-américaine) permanente le long de la
frontière syrienne » affirme le communiqué.
« En éliminant
l’influence terroriste dans et autour de Houssaybah, les
troupes de la Coalition et les forces irakiennes visent à
assurer un environnement sûr à la population de cette région
en prévision des élections (générales) du 15 décembre »
selon le texte. Il affirme que « les insurgés ont empêché
les habitants de Houssaybah de participer au processus démocratique,
en recourant aux meurtres et aux intimidations » en référence
au référendum sur la Constitution le 15 octobre.
« Depuis le début de l’été, les capacités
de combat des forces irakiennes se sont améliorées dans
Al-Anbar » souligne l’armée américaine, ajoutant que
l’offensive « Rideau d’acier » est la première
dans laquelle des bataillons irakiens participent à une large
échelle dans une opération conjointe avec la Force
multinationale. Par ailleurs, l’armée américaine a annoncé
la mort vendredi de trois de ses soldats dans des attaques en Irak dont deux dans la région de Bagdad.
« Un soldat rattaché à la 2ème force expéditionnaire
des Marines est décédé des suites de ses blessures provoquées
par l’explosion d’une mine au passage de son véhicule près
de Habbaniyah » à 60 km à l’ouest de Bagdad, selon
un communiqué militaire. « Un soldat de Task Force
Baghdad a succombé à ses blessures causées par
l’explosion d’un engin artisanal contre son convoi le 4
novembre dans l’est de Bagdad » selon un autre
communiqué. Un autre soldat de la même force a été tué
par des tirs à l’arme légère dans la région de Bagdad.
Ces décès portent à 2.042 le nombre de soldats ou de civils
assimilés militaires américains morts en Irak
depuis l’invasion de mars 2003, selon un bilan fourni par un
organisme indépendant, Iraq Coalition Casualties. Alors, je
pose une fois de plus la question : Combien de temps
encore les familles américaines accepteront de voir mourir
leurs fils dans une guerre « terminée » en trois
semaines et qui n’est peut-être que le prélude à de
nouvelles offensives dans d’autres pays peu enclin à considérer
les Etsts-Unis comme le maître du monde ?
Voici de nouvelles informations sur cette guerre qui
n’en finit pas de faire des victimes : Quelque 3.500
soldats américains et irakiens ont déclenché une grande
offensive à la frontière irako-syrienne pour traquer des
combattants d’Al Qaïda et dégager le terrain pour les législatives
du 15 décembre, annonce l’armée américaine. L’opération
« Rideau d'acier » (Steel Curtain) lancée dans la
province sunnite d’Anbar, vise à rétablir la sécurité le
long de la frontière et à « détruire le réseau
terroriste d'Al Qaïda en Irak » qui opère autour de la ville de
Koussaïba, précise un communiqué des « marines. » La
province qui s’étend de l’ouest de Bagdad à la Syrie est
un foyer d’insurrection sunnite contre le gouvernement à
dominante chiite et kurde et ses alliés américains. Une
tentative d’assassinat, à Bagdad, contre un dirigeant
sunnite a encore fait monter d’un cran les tensions
intercommunautaires.
« Le
gouvernement est incapable de contrôler la situation »
a réagi Hussein al Falloudji, un homme politique sunnite, après
l’attaque dont Fakhri al Kaisi a été victime. Touché de
cinq balles alors qu’il circulait seul dans la capitale,
Kaisi est dans un état critique. Il avait dit craindre d’être
la cible d’ « escadrons de la mort »
chiites ou d’insurgés sunnites opposés à son rôle dans
le processus politique. Des unités militaires ont bouclé des
routes et restreint les mouvements de personnes autour des
villes de Kaïm et Koussaïba tandis qu’était fêté l’Aïd
el Fitr marquant la fin du ramadan.
Des
témoins ont signalé des accrochages entre soldats américains
et rebelles près de Koussaïba, ville de 30.000 habitants.
« La force progresse dans la ville pour rétablir la sécurité
le long de la frontière et détruire le réseau d’Al Qaïda
en Irak
qui opère dans la région » a dit l’armée américaine.
« Koussaïba est l’un des principaux centres de
transit en Irak de combattants étrangers,
d’équipement et d’argent. » Des informations non
confirmées émanant de la population locale ont fait état de
dizaines de victimes à Koussaïba et Kaïm mais l’armée américaine
a affirmé que les raids aériens n’avaient touché que des
bâtiments d’où des insurgés avaient ouvert le feu. Les
militaires ont découvert six bombes samedi et ils ont donné
refuge à quelque 400 habitants ajoute le communiqué. Des
habitants contactés par téléphone ont dit que la plus
grande partie des 30.000 habitants de Koussaïba avaient fui
la ville. Ils ont ajouté que l’offensive était menée par
des forces irakiennes appuyées par des militaires américains.
L’un
des principaux partis politiques sunnites, le Dialogue
national, a condamné l’offensive en affirmant qu’elle
ferait « couler le sang d’« autres innocents. »
Le parti a aussi réclamé le limogeage du ministre (sunnite)
de la Défense, Saadoun Doulaimi, qui a recommandé aux
habitants de ne pas protéger d’insurgés.
Le
ministre de la Défense a dit à la télévision : « Nous
ferons tomber leurs maisons sur la tête de leurs enfants. Il
devrait être traduit devant un tribunal international et jugé
comme l’un des criminels de guerre de l’Irak »
affirme un communiqué du Dialogue national. « Les
maisons qui servent de refuge au terrorisme
n’ont rien de privé » a riposté le ministre de la Défense.
« Sans hésitation, je dis que nous irons abattre leurs
maisons sur la tête de leurs habitants et sur le terrorisme
qu’ils ont apporté de l’extérieur. »
La
branche irakienne d’Al Qaïda a de nouveau menacé vendredi
4 novembre de tuer des diplomates étrangers à Bagdad un jour
après avoir exprimé l’intention d’exécuter deux employés
de l’ambassade du Maroc pris en otages alors
qu’ils traversaient en voiture la province d’Anbar en
provenance de Jordanie. Dans un communiqué diffusé sur un
site Internet souvent utilisé par le groupe, Al Qaïda
annonce également samedi avoir attaqué vendredi un point de
contrôle de police à Bouhriz, au nord de Bagdad, tuant six
policiers. Dans la même région, treize personnes ont été
tuées samedi par des tirs visant un minibus, à Balad Rouz.
On ignore l’identité des victimes. La participation au référendum
constitutionnel du 15 octobre dernier ayant été faible dans
la province d’Anbar, l’armée souligne que l’offensive a
notamment pour but de faire échec aux manoeuvres
d’intimidation des insurgés envers la population régionale
afin que celle-ci puisse voter en décembre. Sur les 260.000
personnes qui ont voté au référendum dans la province, 97%
ont rejeté le projet de constitution qui, dans les régions
chiites et kurdes du pays, a été ratifié massivement.
Et
pour ne pas perdre l’habitude, les violences se poursuivent :
Un kamikaze a fait exploser sa voiture à un point de contrôle
de l’armée américaine lundi au sud de Bagdad, tuant quatre
GI, a annoncé le commandement américain en Irak. Les quatre soldats étaient
membres de la Task Force Bagdad chargée d’assurer la sécurité
dans la capitale irakienne et sa région. Cet attentat suicide
intervient alors que l’armée américaine a lancé une vaste
offensive contre le bastion rebelle présumé d’Husaybah,
dans l’ouest de l’Irak, près de la frontière syrienne.
Cette offensive, qui en était lundi 7 novembre à son troisième
jour, a pour l’heure coûté la vie à un soldat américain.
L’organisation
Al-Qaïda en Irak a lancé un ultimatum aux autorités
irakiennes, majoritairement chiites, sommées de mettre fin à
l’offensive contre Husaybah dans les 24 heures sous peine de
voir « le sol trembler sous leurs pieds. » Après
une offensive de quatre jours, les forces américaines et
irakiennes ont pris le contrôle de la ville rebelle d’Husaybah,
fief présumé d’Al-Qaïda en Irak
près de la frontière syrienne, a annoncé le commandement
des Marines. « La ville d'Husaybah est à présent sécurisée »
a déclaré le colonel Stephen Davis, joint au téléphone par
l’Associated Press. « Pour l’heure, on ne nous
signale aucune résistance à l’intérieur de la ville même
si des poches résiduelles peuvent réapparaître. »
Environ 2.500 militaires américains et un millier de soldats
irakiens ont pris part à cet assaut engagé samedi 5 npvembre
contre Husaybah, ville considérée comme une porte d'entrée
en Irak pour les combattants étrangers en provenance de
Syrie. L’un des objectifs de cette opération baptisée
« Rideau de fer » était de briser l’emprise
d’Al-Qaïda et de ses alliés irakiens sur cette zone avant
les élections législatives du mois prochain.
Un
Marine a trouvé la mort au cours de l’offensive. Selon le
colonel Davis, les forces de la coalition ont capturé plus de
150 hommes en âge de combattre et trois insurgés, deux
Saoudiens et un Koweïtien, ont été tués dimanche par les
troupes irakiennes alors que, déguisés en femmes, ils
tentaient de s’introduire dans un camp de personnes déplacées.
Les Marines et leurs alliés irakiens entendent maintenir à
long terme une présence à Husaybah pour prévenir un retour
des insurgés. Ils comptent également poursuivre leur
offensive dans la vallée de l’Euphrate où Al-Qaïda
stationnerait des forces.
Je
reste sans voix face à l’information que j’ai lue ce
matin, 10 novembre, tant elle est inquiétante dans sa brièveté :
Un kamikaze s’est fait exploser ce matin près d'un
restaurant fréquenté par les policiers de Bagdad, tuant au
moins 35 personnes et en blessant 25 autres tandis qu'à
Takrit une voiture piégée tuait sept candidats devant un
centre de recrutement, selon la police irakienne. La déflagration
a retenti dans tout le centre de Bagdad vers 9h45 locales, à
l’heure où de nombreux policiers s'arrêtent dans ce
restaurant pour le petit déjeuner. Le commandant
Abdel-Hussein Minsef a déclaré que 35 policiers et civils
avaient été tués dans cet attentat-suicide et que 25 autres
personnes dont au moins 20 civils, étaient blessées. A
l’origine, les informations faisaient état d’un
double-attentat perpétré par deux kamikazes, les témoins
ayant entendu deux explosions. Mais un responsable de la
police irakienne, le major Falah al-Mohammedawi, a précisé
que le kamikaze portait sur lui une bombe dans un sac ainsi
qu’une ceinture d’explosifs, d’où les deux explosion
entendues. Dans un communiqué publié sur Internet, Al-Qaïda
en Irak
a revendiqué cette attaque présentée comme une riposte aux
opérations menées par les forces irakiennes et américaines
près de la frontière avec la Syrie. Les explosions se sont
produites juste avant l’arrivée en Irak du ministre
britannique des Affaires étrangères Jack Straw qui devait
rencontrer le Premier ministre Ibrahim al-Jaafari, selon le
bureau de ce dernier.
Par
ailleurs, la police irakienne a annoncé l’enlèvement à
Kirkouk (nord de l’Irak) de Hadjem Al-Hassani, frère du président
du parlement irakien. Ce dernier se présente aux élections législatives
du 15 décembre sur une liste laïque conduite par l’ancien
premier ministre chiite Iyad Allaoui.
Les avocats assurant la défense de Saddam Hussein
ont déclaré qu'ils ne retourneraient pas au procès si leur
sécurité n'était pas garantie par une force
internationale neutre. Cette déclaration fait suite à
l’assassinat, le 9 novembre, d’un second membre de l’équipe
de juristes défendant l’ancien dictateur. Khalil Al-Dulaimi,
qui dirige l’équipe a accusé les troupes américaines et
le gouvernement irakien d’être implicitement responsables
de ces assassinats, en n’assurant pas la sécurité nécessaire
au procès. Des soldats américains ont reconnu avoir bombardé
une maison tenue par des insurgés où se trouvaient des
civils irakiens. Les soldats et les marines n'avaient pas
connaissance que des civils étaient pris en otages dans la
maison au moment de l’offensive a indiqué
l’armée dans un communiqué. C’est la première fois que
les forces américaines reconnaissent être responsables de la
mort de civils. Les marines qui se sont rendus sur les lieux
après l’attaque ont découvert cinq corps et ont porté
secours à deux blessés, un adulte et une petite fille.
... ( à suivre)