Une photographie de Stéphane Popu

 

La France, en 

novembre 2 005

 

par Lise Willar   

 

Mots...dits

 

 

Retrouvez les écrits de Lise Willar 
sur son site

 

N’oublions jamais qu’Ingrid Bétancourt est retenue en otage depuis de trop longues années et que nous devons tous nous unir pour obtenir sa libération.

 

Je voudrais simplement que mes mots…dits soient une image quotidienne de tous les évènements qui ont perturbé la France et les Français durant trois longues semaines. Je crois qu’il est bon de conserver un souvenir vivace du quotidien afin que nous ne vivions pas qu’une trêve mais un cheminement vers un monde plus compréhensif des problèmes de nos communautés sœurs.

 

Le 4 Novembre

 

Au moins 150 voitures ont été incendiées en Seine-Saint-Denis dans la nuit de jeudi à vendredi apprend-on de source policière, huit jours après la mort controversée de deux jeunes de Clichy-sous-Bois. Au total, 1.300 policiers, gendarmes et CRS ont été déployés sur le terrain pour cette huitième nuit consécutive de violences. Le bilan des voitures incendiées qui était de 50 en début de soirée, a été multiplié au moins par trois dans les heures suivantes a déclaré un porte-parole de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) de Seine-Saint-Denis.

Par ailleurs, un incendie était en cours vers 03h00 dans un entrepôt de moquettes de 1.000 m2 dans le secteur de Garonor, sur la commune d’Aulnay-sous-bois, a-t-on appris auprès des pompiers. On ignore pour l’instant l’origine du sinistre. En fin de soirée, la préfecture de Seine-Saint-Denis avait fait état de 41 feux de véhicules et 18 interpellations dans l’ensemble du département.

Des cars de CRS ont été la cible de tirs de pistolet à grenaille à Neuilly-sur-Marne. « Le début de la soirée a été marqué par des incidents sporadiques essentiellement dans le nord du département sans qu’aucune confrontation directe avec les forces de l’ordre ne soit constatée » ont précisé les services de la préfecture. Les violences se sont ensuite propagées vers le sud et l’est du département, notamment au Blanc-Mesnil où un entrepôt a été incendié et à Rosny-sous-Bois où un bus a brûlé.

A Aulnay-sous-Bois où s'était concentrée une grande partie des violences mercredi soir, une voiture en feu a été projetée contre la « maison des associations". » Dans la nuit de mercredi à jeudi 315 voitures avaient été incendiées en Région parisienne dont près de la moitié en Seine-Saint-Denis. De plus, quatre tirs à balles réelles avaient été recensés dans ce département mercredi soir, notamment à La Courneuve et Noisy-le-Sec où policiers et pompiers ont été pris pour cible.

Jeudi, Dominique de Villepin a présidé trois réunions sur l’explosion de violences dans les banlieues dans la journée et déjeuné avec le ministre de l'Intérieur. Devant les sénateurs, il a adopté un langage de fermeté. « L'Etat républicain ne cédera pas. L’ordre et la justice dans notre pays auront le dernier mot » a déclaré le Premier ministre qui a repris en mains le dossier des violences urbaines mardi. « Notre devoir, à Dominique de Villepin comme à moi-même, c’est de travailler main dans la main, en totale confiance, en totale coordination » a déclaré Nicolas Sarkozy dans la soirée sur i-télé. « Il ne peut pas y avoir de divisions entre nous et il n’y en aura pas parce que le problème est trop sérieux. »

Le Parti socialiste a dénoncé le « bilan désastreux » du gouvernement après une semaine d'émeutes et réclamé un « débat national » pour « réorienter complètement » la politique en matière de lutte contre l’insécurité. Selon les premiers résultats de l’enquête de l’Inspection générale des services, la « police des polices », et de la procédure judiciaire sur les événements de jeudi dernier, le groupe de trois jeunes qui était entré dans l’enceinte protégée d’EDF n'avaient pas été pris en chasse par les forces de l’ordre. Le rapport préliminaire de l’IGS stipule également qu’un policier sur place avait signalé à sa hiérarchie le risque encouru par les adolescents s’ils parvenaient à entrer dans le transformateur. Au vu de ces premiers éléments, le procureur de la République de Bobigny, Jacques Molins, a décidé d’ouvrir une information judiciaire contre X pour non assistance à personne en danger afin de déterminer si « toutes les dispositions de sécurité, de protection et de prévention » ont été prises ce soir-là.

A notre niveau, nous assistons à ces violences sans en comprendre véritablement la portée. S’agit-il simplement de réactions compréhensibles de la part des jeunes face à la mort de deux de leurs camarades ou des groupes d’islamistes ont-ils décidé de profiter de l’aubaine pour mettre le feu aux poudres ? Le gouvernement lui-même ne saurait répondre en l’occurrence à ces questions et jusqu’à présent les paroles du Premier ministre ou du Ministre de l’Intérieur nous paraissent dénuées d’un véritable fondement.

Il paraît que les journaux européens et américains ne parlent que de ce qui arrive aujourd’hui dans les banlieues parisiennes et titrent même, pour certains, « Paris brûle-t-il ? » Peut-être les Américains pourraient-il balayer tout d’abord devant leurs portes et nous expliquer ce nouveau « fait divers » :

La Commission européenne a réagi, jeudi 3 novembre, aux informations selon lesquelles des prisons secrètes de la CIA existeraient en Roumanie et en Pologne.  « L’existence de prisons secrètes ne me semble pas compatible avec la charte des droits fondamentaux de l’UE » a déclaré Friso Roscam Abbing, porte-parole du commissaire à la justice, Franco Frattini. Mercredi, le quotidien américain Washington Post avait affirmé que la CIA détenait des terroristes d’Al-Qaida dans des prisons secrètes dans plusieurs pays d'Europe de l’Est dont il n’a pas dévoilé les noms. L’organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a ensuite précisé qu’elle soupçonnait la Pologne, fidèle soutien de Washington et membre de l’UE et la Roumanie qui doit y accéder en 2007, d’héberger ces prisons clandestines. Les deux pays ont démenti.

La direction générale justice de la Commission va « faire des recherches au niveau technique » sur ces informations mais la Commission n’envisage pas d’action plus politique à ce stade a indiqué le porte-parole, visiblement embarrassé. Les gouvernements des Vingt-Cinq seront interrogés de manière informelle a-t-il ajouté.

« Je ne pense pas qu’il soit nécessaire pour le vice-président Frattini d’appeler tel ou tel ministre au téléphone » a répondu Friso Roscam Abbing aux journalistes, en rejetant l’idée que Bruxelles allait ouvrir « une enquête »  à proprement parler. L’Union européenne n'a pas de compétence sur le régime des prisons dans les Etats membres qui ressortit aux conventions internationales sur les droits de l'homme ou contre la torture a-t-il rappelé. L’UE s’est dotée en 2001 d’une charte des droits fondamentaux qui n’a pour l’instant aucune force juridique contraignante.

 

Le 5 novembre

 

La France a connu de nouvelles violences urbaines pour la neuvième nuit consécutive, que ce soit en Région parisienne ou en province où plusieurs villes étaient touchées. Aux premières heur, la police nationale fait état d'un total de 754 véhicules incendiés et de 203 interpellations.

Hors d’Ile de France, les violences ont touché des villes comme Strasbourg, Rennes ou encore Toulouse. Sept voitures ont été incendiées dans des quartiers de la périphérie de Toulouse où la police a procédé à trois interpellations a déclaré en milieu de nuit la préfecture de région Midi-Pyrénées. A minuit, précisait-elle, le calme était revenu dans les quartiers troublés. Les autorités notent une baisse des affrontements directs entre jeunes et forces de l’ordre, lesquelles avaient essuyé des tirs à balle réelle dans la nuit de mercredi à jeudi. « C'est plutôt un harcèlement de la police que de l’affrontement » a-t-on résumé de source policière.

 

Un policier a toutefois été blessé dans l’Essonne par des jets de pavés a déclaré la police nationale. Le nombre d’interpellations, 203 pour l'ensemble du pays, était en hausse par rapport à la nuit de jeudi à vendredi. Dans le département de la Seine-Saint-Denis où les troubles ont commencé il y a une semaine après le décès accidentel de deux adolescents dans un transformateur EDF, divers incendies ont touché des bâtiments. Dans la commune d’Aubervilliers, deux entrepôts ont été incendiés dont un de textile et l’autre de bois. Au total, 700 sapeurs-pompiers ont été mobilisés dans le département où une quinzaine de communes sur 40 ont été touchées par des incidents dans la nuit.

A la Courneuve, le feu a été mis à une crèche. A Montreuil, un magasin Leader Price a été incendié ainsi qu’un parking et un concessionnaire automobile. Trois blessés légers sont à déplorer dans cette ville. A Pantin, la police a interpellé sept mineurs qui transportaient dans leur sac à dos des « projectiles incendiaires » et des bouteilles d’essence. A Pierrefitte, un engin incendiaire a été lancé sur le mur de la synagogue tandis qu'à Villetaneuse un bureau de poste a été incendié. D’autres incidents ont été signalés dans le département dont Epinay-sur-Seine où une cinquantaine de jeunes cagoulés ont saccagé une dizaine de voitures.

Dans le département du Val d'Oise, une dizaine de voitures ont été incendiées entre Vauréal et Jouy-le-Moutier, aux environs de Goussainville et Garges-les-Gonesse, selon la préfecture du département. Cinq personnes ont été interpellées sur les lieux. Le feu a été mis à une boulangerie et à un bureau de ventes en préfabriqué. Ces violences sont intervenues quelques heures après un nouvel appel au calme lancé vendredi par des maires des communes du département de Seine-Saint-Denis et par le frère d’un des deux jeunes morts par électrocution le 27 octobre. Le maire UMP d’Aulnay-sous-Bois, Gérard Gaudron, en a pour sa part appelé à une marche silencieuse samedi dans sa ville.

Environ 1.400 policiers, gendarmes et CRS ont été déployés en Seine-Saint-Denis. Dans les départements voisins, gagnés par la violence, les effectifs policiers ont été renforcés et les unités sont « plus mobiles et réactives » qu’auparavant, a-t-on souligné à la préfecture. Un hélicoptère muni d’un projecteur-caméra a été dépêché sur place. Entre le 27 octobre et le 3 novembre au soir inclus, 1.260 véhicules ont été incendiés en Seine-Saint-Denis, dans le Val d'Oise, les Yvelines, l’Essonne, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne, selon la police.

Le 6 Novembre

 

Près de 1.300 véhicules ont été incendiés et 349 personnes interpellées dans la nuit, la plus violente depuis le début des émeutes dans les banlieues françaises, il y a dix jours. Les troubles, limités dans les premiers temps aux abords de Paris, se sont étendus à de nombreuses villes de province. La direction générale de la police nationale fait état de 1.295 véhicules brûlés - 741 en Ile-de-France et 554 en province. Selon un bilan revu à la hausse dans la matinée, 349 personnes ont été interpellées, contre 253 la veille. Au total, 211 communes ont été touchées contre 140 la nuit prédécente.

D’une nuit à l’autre, le nombre de véhicules incendiés a augmenté d’une centaine en Ile-de-France mais il a doublé en province. « Il y a effet de palier en région parisienne et l’éparpillement se poursuit dans les régions » a commenté un porte-parole de la direction de la police nationale. « Nous avons eu plus de 700 interpellations ces quatre dernières nuits, on voit donc que le dispositif mis en place est efficace » a-t-il ajouté. Selon la police, les émeutiers tentent en général d’éviter des affrontements avec les forces de l’ordre. Selon le ministère de l’Intérieur, 2.300 policiers et gendarmes ont été envoyés en renfort en Ile-de-France pour la nuit, en plus de l’effectif normal. Vingt-et-un policiers ont été légèrement blessés dans la nuit, ce qui porte à 56 le nombre d’agents blessés depuis le début des troubles. Dans Paris même, le ministère a recensé 28 voitures brûlées. Dans la Région parisienne, deux écoles primaires ont été incendiées à Grigny, dans l’Essonne. Un des bâtiments d’écoles est très endommagé. On ne déplore aucun blessé. Egalement dans l’Essonne, une entreprise de recyclage a été incendiée à Vigneux, mais, selon la préfecture, « rien ne confirme que cet incident soit lié à des violences urbaines. »

Dans le département de Seine-Saint-Denis où les troubles ont commencé le 27 octobre, la situation semblait plus calme que la nuit précédente, selon un porte-parole de la préfecture. A Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), un gymnase a toutefois été incendié, provoquant l’évacuation d’un immeuble adjacent. A Villeneuve Saint-Georges (Val-de-Marne), la maison des jeunes a été incendiée. Par ailleurs, un homme frappé vendredi soir par un jeune dans la ville de Stains (Seine-Saint-Denis) était toujours dans un coma profond, rapporte Le Parisien qui précise que son « pronostic vital est engagé. »

En province, Evreux, dans l’Eure, a été particulièrement touchée. Une cinquantaine de véhicules ont été incendiés le long d’une avenue. Le centre commercial du quartier de La Madeleine a été le théâtre d’affrontements entre groupes de jeunes et forces de l’ordre. Plusieurs personnes ont été blessées dont le directeur de la sécurité publique et un policier municipal. Un supermarché d’un autre quartier de la ville a également été la cible d'émeutiers et une poste et deux écoles de la ville ont été la proie des flammes. Dans la région lyonnaise, la police a fait état d’une vingtaine de voitures brûlées à Vénissieux et Bron. Il n’y a eu aucun affrontement direct. Une douzaine de véhicules ont été brûlés à Avignon (Vaucluse), principalement dans le quartier Monclar, au sud-ouest de la ville, a-t-on appris auprès du service département d'incendie et de secours. A Toulouse, l’état-major de la police faisait état de dizaines de voitures brûlées et de deux tentatives avortées d’incendies contre la bibliothèque municipale et un centre commercial du quartier de Bellefontaine-Le Mirail. Dans le Nord, 110 voitures ont été brûlées (deux fois plus que la veille) ainsi qu’une trentaine de poubelles. Les pompiers ont procédé à 160 interventions, principalement sur Lille et Roubaix. Les violences se sont étendues à des villes non touchées jusque là comme Douai, Dunkerque ou Maubeuge. Des incidents ont également éclaté à Dreux (Eure-et-Loire), Nantes (Loire Atlantique) et dans le Grand Nancy (Meurthe-et-Moselle) où des individus s’en sont pris à l’hôtel de ville de Vandoeuvre.

Il est certain que pas un jour ne se passe sans que nous n’évoquions tous ces évènements qui nous atteignent au plus profond de notre cœur et de notre raison mais nous n’avons pas de réponse sinon que les gouvernements successifs, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont laissé se pourrir la situation en permettant que de plus en plus de cités ne soient pas aptes à loger décemment les communautés qui les occupent. J’ai nettement l’impression qu’un homme doit se frotter les mains de contentement, c’est Le Pen qui, sans rien faire, gagne des voix pour les prochaines élections. Tout ceci sans que Chirac ne prenne la parole ou n’adopte une position quelconque devant des actes aussi monstrueux, preuve qu’il se sent responsable mais n’ose pas le dire.

 

Le 7 Novembre

 

Les violences urbaines se sont poursuivies dans la nuit de dimanche à lundi - soit la 11e nuit consécutive - dans la Région parisienne et dans nombre de villes de province et les incidents les plus graves ont été signalés à Grigny dans l’Essonne où des émeutiers ont tiré sur les forces de l’ordre.

Au plan national, le ministre de l'Intérieur dénombrait vers 05h00 (04h00 GMT) 839 véhicules incendiés et 186 interpellations. En outre, 34 policiers ont été blessés. L’Union des Organisations islamiques de France (UOIF) a édicté dimanche une « fatwa » condamnant les violences en cours dans de nombreux quartiers sensibles de la région parisienne et de province dont nombre d’habitants se réclament de l’islam.

L’UOIF, l’un des plus importants groupes islamiques de France, rappelle sur son site internet que « dans plusieurs versets du Coran, Dieu blâme la destruction et le désordre et rejette ceux qui les accomplissent. » « Il est formellement interdit à tout musulman recherchant la satisfaction et la grâce divine de participer à quelque action qui frappe de façon aveugle des biens privés ou publics ou qui peuvent attenter à la vie d’autrui. Contribuer à ces exactions est un acte illicite » dit le décret religieux.

En début de nuit, environ 200 émeutiers dont certains étaient armés ont tiré à Grigny sur des policiers avec des fusils à pompe. Une trentaine d’agents ont été blessés à la cité de la Grande Borne et deux d’entre eux ont été hospitalisés après avoir reçu du plomb à la gorge et aux jambes. « Les tirs n'auraient sans doute pas pu tuer à cette distance mais ils auraient pu occasionner des blessures graves, rendre un policier aveugle par exemple » a déclaré un porte-parole de la police nationale.

A Colombes (Hauts-de-Seine) des pierres ont été jetées contre un autobus, blessant à la tête un enfant de 13 mois qui a été hospitalisé. En Seine-Saint-Denis, un centre social a été attaqué à Rosny-sous-Bois. A Aubervilliers, c’est un magasin de motos qui a été pris pour cible. Une crèche de Saint-Maurice (Val-de-Marne) a été attaquée, tout comme la trésorerie principale de Trappes (Yvelines). A Suresnes (Hauts-de-Seine), un entrepôt pharmaceutique a été détruit.

En province, des incidents ont éclaté dès l’après-midi de dimanche dans la banlieue de Saint-Étienne (Loire). L’incendie d’un autobus a fait deux blessés et entraîné la paralysie des transports en commun. Dans le département de l’Eure, six voitures ont été incendiées dans la soirée de dimanche, a-t-on appris auprès de la préfecture. Après les importantes violences urbaines de la nuit de samedi à dimanche à Evreux, la préfecture de l’Eure a doublé son dispositif policier grâce à l’arrivée d'une nouvelle compagnie de CRS.

 

A Nantes (Loire-Atlantique), une maternelle du quartier de la Malville a été incendiée. A Strasbourg (Bas-Rhin), des cocktails Molotov ont été jetés contre une école primaire. A Lens (Nord) un engin incendiaire a atteint la porte d’une église. A Toulouse (Haute-Garonne), dans la cité du Mirail, une voiture a été jetées dans une bouche d’accès du métro. Le trafic a été interrompu sur la ligne. Selon la police, 25 voitures ont été incendiées dans la ville et 13 personnes ont été interpellées. Six voitures ont été incendiées à Rennes (Ille-et-Vilaine), a-t-on appris auprès de la préfecture, et des incidents sporadiques ont été enregistrés à Orléans (Loiret).

Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, s’est rendu en début de nuit à la direction départementale de la sécurité publique de Seine-Saint-Denis, à Bobigny. Le syndicat professionnel de la Police nationale Action Police CFTC a demandé au Premier ministre le renfort de l’armée dans les banlieues ainsi que l’instauration d’un couvre-feu nocturne après les tirs survenus contre des agents. « Rien ne semble plus pouvoir enrayer la guerre civile qui s’étend chaque jour un peu plus à l’ensemble du territoire national. Les événements que nous vivons actuellement sont sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale » lit-on dans le communiqué de ce syndicat, diffusé dans la nuit.

 Ces derniers mots font peur et je me demande si l’information directe donnée par tous les médias n’est pas pour quelque chose dans la propagande qui est faite aux bandes décidées à détruire tout ce qu’ils avaient sous la main. Ceci dit, quand elles s’en prennent à des écoles maternelles et qu’elles risquent de blesser des enfants ou l’ont déjà fait, je ne comprends plus.

 

Le 8 Novembre

 

Pour la douzième nuit consécutive, des violences ont été signalées dans des zones urbaines sensibles d’Ile-de-France ou de province et le ministère de l’Intérieur a fait état mardi à 04h00 de 814 véhicules brûlés et de 143 interpellations dans l’ensemble du pays. Quatre agents des forces de l’ordre ont en outre été blessés durant la nuit. Hier soir, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a annoncé des mesures visant à rétablir le calme dans les banlieues, dont le recours exceptionnel par les préfets au couvre-feu.

Le conseil des ministres doit se réunir, avec un jour d'avance, ce mardi matin, sous la présidence de Jacques Chirac, afin de mettre en oeuvre les dispositions de la loi du 3 avril 1955 qui instituaient l’état d'urgence en Algérie, alors française, en proie aux troubles indépendantistes. Le journal officiel publiera mercredi le décret permettant aux préfets d’appliquer le couvre-feu.

« Partout où c’est nécessaire, les préfets pourront, sous l’autorité du ministre de l’Intérieur, appliquer le couvre-feu » a déclaré le Premier ministre qui était l’invité du journal de 20h00, sur TF1. Ils seront autorisés à agir ainsi « s’ils l’estiment utile pour permettre un retour au calme et assurer la protection des habitant. »

François Hollande prévient dans un entretien au Parisien paraissant ce mardi que le Parti socialiste sera vigilant sur le recours au couvre-feu dans les banlieues. « Nous serons évidemment vigilants sur l’application de cette mesure, qui ne peut être qu’exceptionnelle, limitée dans le temps et dans l’espace » précise le Premier secrétaire du PS.

Dans les Yvelines, quatorze voitures ont brûlé hier soir tandis qu’on dénombrait une dizaine de véhicules incendiés dans la Seine-Saint-Denis, département où les violences ont commencé, il y un peu plus d'une semaine, après la mort accidentelle des deux adolescents à Clichy-sous-Bois.

A Marseille, les pompiers sont intervenus une trentaine de fois hier soir, à égalité pour des véhicules brûlés et des feux de poubelles. Dans le département voisin du Vaucluse, 27 voitures ont été brûlés et les pompiers sont intervenus sur une quinzaine de feux de poubelles à Avignon, Carpentras, Orange et Cavaillon. Dans la banlieue de Toulouse, 21 voitures et un autobus ont été brûlés, selon la police. Deux autres bus ont été caillassés. La totalité du trafic des bus a été interrompue dans la soirée sur les lignes desservant les quartiers sensibles de Bellefontaine, du Mirail et de Bagatelle, qui ont été bouclés par les forces de l’ordre. Près de 200 jeunes s’y sont déplacés avec beaucoup de mobilité. Un hélicoptère a survolé ces zones où un calme relatif est revenu vers 22h00.

Dans le Nord, dans la soirée, 27 voitures ont été brûlées et deux écoles ravagées par le feu, l’une à Lille Sud, un quartier sensible et l’autre à Bruay-sur-Escaut, près de Valenciennes, selon la préfecture. Dans l’Est, en Alsace, en Lorraine et en Franche-Comté, les incendies de voitures et des feux de poubelles se sont poursuivis. Dans le Bas-Rhin, dix-huit voitures ont été incendiées dans l’agglomération de Strasbourg où un hélicoptère a été mobilisé afin d’intervenir en cas d’incidents plus sérieux, selon la préfecture. Dans le Haut-Rhin, les premières interventions ont eu lieu dès le milieu de l’après-midi de lundi pour des feux de bennes à ordures ou d’abribus à Mulhouse et Colmar.

Toutes ces mesures qui nous rappellent l’un des plus mauvais moments de notre vie, la Guerre d’Algérie, ne sont pas faites pour nous rassurer. Il semble que la France soit à l’heure actuelle la plus mauvaise élève de l’Europe et je regrette personnellement l’époque où l’on était jaloux du lien qui nous unissait à l’Allemagne.

 

Le 9 Novembre

 

Les violences urbaines en France ont nettement diminué cette nuit, notamment en province,, la 13e consécutive à être marquée par des troubles et la première durant laquelle plusieurs communes ont appliqué un couvre-feu. Au moins 573 véhicules ont été incendiés au plan national contre 860 la nuit précédente à la même heure, selon un point établi par la Direction générale de la police nationale (DGPN) à 04h30. La baisse est plus marquée en province (431 contre 685) qu’en Ile-de-France (142 contre 175). Le nombre de personnes interpellées est, en revanche, en hausse, et s’établissait à 204 à 04h30 contre 151 la veille à la même heure, pour l’ensemble de la France. Aucun policier n'a été blessé.

Mardi en fin de journée, plusieurs communes avaient annoncé leur intention d’instaurer un couvre-feu, en vertu du décret sur l’état d’urgence adopté en conseil des ministres et publié au Journal officiel mercredi. Cette mesure exceptionnelle de maintien de l’ordre, instaurée par la loi du 3 avril 1955, durant la guerre d'Algérie, n’avait jamais été utilisée en France métropolitaine depuis lors.

Les mineurs ont désormais interdiction de circuler non accompagnés la nuit à Amiens et dans une trentaine de communes environnantes, à Orléans, et dans la banlieue parisienne à Savigny-sur-Orge (Essonne) ou Elancourt (Yvelines). Dans certains cas, la vente de carburant aux mineurs a été interdite. D’après un sondage de l’institut CSA que publie Le Parisien, près de trois Français sur quatre sont favorables à l’autorisation donnée aux préfets de décréter un couvre-feu dans les quartiers défavorisés pour mettre fin aux violences.

Sur 805 personnes interrogées mardi par téléphone, 73% se disent favorables à une telle mesure et 58% sont scandalisées par ce qui se passe actuellement dans les banlieues. Au nombre des incidents signalés en province mardi soir et dans la nuit, neuf bus ont été incendiés dans un entrepôt à Dole, dans le Jura, et 80 personnes vivant dans un immeuble voisin ont dû être évacuées. A Bassens, dans la banlieue de Bordeaux, un autobus fonctionnant au GPL et circulant à vide a été incendié et a explosé. A Arras, ville du Pas-de-Calais relativement épargnée par les troubles jusqu’à présent, deux magasins ont été incendiés après avoir été pillés. Une entreprise et une salle des fêtes ont brûlé. A Grasse, dans les Alpes-Maritimes, les locaux du quotidien Nice-Matin ont été la cible d’un incendie volontaire et ont subi d’importants dégâts. Quatre personnes ont été vues prenant la fuite. A Lyon, des journalistes russes ont été molestés par des délinquants. Un engin incendiaire a été lancé contre une rame du métro et le trafic des métros a été interrompu. A Nice, un homme de 53 ans qui marchait dans le quartier des Moulins a reçu sur la tête un haltère jeté du quinzième étage d'un immeuble. Il a été hospitalisé dans un état grave. Dans la banlieue de Toulouse où Nicolas Sarkozy s’est rendu mardi soir, des dizaines de jeunes ont lancé des pierres et des cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre dans le quartier de la Reynerie proche de celui du Mirail placé sous haute surveillance depuis plusieurs jours. Dix-huit voitures ont été incendiées, a-t-on appris de source policière.

Face à 80 policiers, gendarmes et pompiers réunis à la Direction départementale de la sécurité publique, le ministre de l'Intérieur a promis que la « force légale de la République » l'emporterait sur « la force brutale des bandes. »

 

Le 10 Novembre

Le nombre de violences urbaines a décru dans la nuit en France où les mesures d’urgence prévues par le gouvernement n'ont été que rarement appliquées. Aucun préfet d’Ile-de-France, Paris inclus, n’a instauré de couvre-feu en raison d'une diminution des incidents dans les huit départements franciliens.

En province, de nouveaux incidents ont éclaté en début de soirée dans la banlieue de Toulouse entre jeunes des cités sensibles et policiers. Une école a été détruite à Belfort et une partie de Lyon a subi une coupure d'électricité en raison de dégâts infligés à une station EDF, a rapporté la direction générale de la police nationale (DGPN). Le couvre-feu a été mis en oeuvre dans les Alpes-Maritimes, dans la Somme, en Seine-Maritime et dans le Loiret.

Selon la DGPN, 299 voitures avaient été incendiées mercredi à 02h00 contre 458 la nuit dernière à la même heure. Dans le même temps, la police avait procédé à 155 interpellations contre 195 la nuit dernière. « C'est globalement positif » a souligné un officier selon lequel aucun blessé n’était à déplorer dans la nuit de mercredi à jeudi. Vingt-cinq départements métropolitains sur 96 ont été autorisés à instaurer le couvre-feu jusqu’au 20 novembre. Il vise à ramener le calme dans les banlieues et à interdire aux mineurs de circuler et de se rassembler de 21h00 à l’aube.

En Ile-de-France, à 22h00, la tension était retombée mercredi soir et les incendies de voitures avaient reculé par rapport aux jours précédents. « C'est le calme. C’est la décrue » a dit un porte-parole de la préfecture de Seine-et-Marne. Dans ce département de l’Est francilien, aucun incendie de voiture n'avait été constaté peu après 22h00 mercredi contre 24 la veille au soir. Dans le Val d’Oise, à la même heure, la préfecture faisait état de seulement trois incendies de voitures et de deux feux de poubelles. « C’est le calme, c’est peut-être à cause du match de football France-Costa Rica » a-t-on souligné. En Seine-Saint-Denis, la préfecture de Bobigny avait pour sa part levé sa cellule de crise nocturne. A Toulouse, les incidents qui ont débuté aux environs de 20h00 se sont déroulés dans les quartiers de Bellefontaine et du Mirail, dans la périphérie ouest de la ville où près de 350 policiers ont été déployés, a précisé la préfecture. Peu après 21h30, la tension semblait toutefois être retombée dans ces deux quartiers sensibles. A 23h00, onze véhicules avaient été incendiés dont l’un dans la cour d’une école primaire du quartier de Bellefontaine où un début d’incendie s’était déclaré, selon la préfecture de Midi-Pyrénées. Le feu a été vite maîtrisé par les pompiers. Le couvre-feu n’a pas été déclaré en Midi-Pyrénées mais cette décision peut encore être prise « à tout moment en fonction du déroulement des incidents » a dit la responsable de la préfecture.

Le préfet de Seine-Saint-Denis, Jean-François Cordet, n’a pas appliqué pour l’instant de couvre-feu dans son département où ont débuté les troubles urbains après la mort accidentelle de deux adolescents, le 27 octobre dernier à Clichy-sous-Bois. « Il ne m’apparaît pas nécessaire aujourd’hui de faire application de cette mesure. » « J’observe depuis maintenant trois jours une décrue du phénomène, une amélioration de la physionomie » a de son côté souligné le préfet des Hauts-de-Seine sur France Info.

Selon un sondage CSA publié mercredi par Le Parisien, près des deux tiers des Français sont favorables à l’autorisation donnée aux préfets de décréter un couvre-feu. Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy a demandé mercredi aux préfets l'expulsion « sans délai » de 120 étrangers condamnés pour leur participation aux violences urbaines. Cette décision concerne les personnes en situation irrégulière mais aussi celles en possession d’un titre de séjour.

Un collectif d’associations des banlieues dont le Premier ministre Dominique de Villepin a reçu mercredi une vingtaine de représentants a demandé l’arrêt des violences urbaines et a lancé un appel à « toute la population française » à participer vendredi après-midi, mouchoir blanc à la main, à une « marche pour la paix » sur les Champs-Elysées, à Paris.

Le conseil des ministres se tiendra lundi en vue notamment de l’examen d'un projet de loi visant à proroger l’état d'urgence au-delà du 20 novembre.

Voici, comme tous les jours en ce moment, j’essaie de recueillir le plus d’informations possibles sans pour autant émettre un jugement quelconque car je ne sais pas à qui ou à quoi l’on doit la diminution des violences ; j’ai même entendu ce matin que dans le midi la mafia n’avait pas intérêt à ce qu’elles se prolongent car cela porte préjudice à ses affaires juteuses… Qu’ajouter à cela, je ne suis pas de taille.

 

Le 11 Novembre

 

La tendance à un retour au calme progressif dans les quartiers difficiles semble se confirmer dans la nuit de jeudi à vendredi en France, déclare la direction générale de la Police nationale (DGPN). A 2h30, celle-ci avait enregistré sur tout le territoire 282 véhicules brûlés. Dans le même temps, la police avait procédé à 123 interpellations lors de cette 15e nuit consécutive de violences urbaines. Ces chiffres sont à comparer à ceux de la veille qui marquaient déjà une décrue de la tension. Selon la DGPN, 299 voitures avaient été incendiées mercredi à 02h00 contre 458 mardi à la même heure et 155 interpellations avaient été effectuées contre 195.

« La tendance est toujours à la baisse » a déclaré une porte-parole de la DGPN, qui a ajouté que six policiers avaient été blessés.

Des mesures de sécurité particulières ont été mises en place dans plusieurs départements : Alpes-Maritimes, Loiret, Seine-Maritime, Somme, Haute-Garonne, Gironde et Eure. Vingt-cinq départements métropolitains sur 96 ont été autorisés à instaurer le couvre-feu jusqu’au 20 novembre. Il vise à ramener le calme dans les banlieues et à interdire aux mineurs de circuler et de se rassembler de 21h00 à l'aube. A Paris, Bordeaux et Toulouse, notamment, la vente au détail de carburants a été interdite pour empêcher d'éventuel émeutiers de fabriquer des engins explosifs. A Bordeaux, la suppression des bus du soir a été reconduite pour des raisons de sécurité après l’incendie volontaire et l’explosion d’un autobus fonctionnant au gaz naturel pour véhicules (GNV), mardi à Bassens (Gironde). A Toulouse, la préfecture de la région Midi-Pyrénées faisait état en début de nuit de 11 véhicules incendiés.

La police a fait savoir qu'elle resterait vigilante lors du week-end prolongé du 11 novembre. La préfecture de police de Paris a annoncé la mise en place d'un « dispositif renforcé » de 1.505 policiers et de 715 CRS et gendarmes mobiles pour encadrer la cérémonie de l’armistice qui débutera à 11h00 sur les Champs-Elysées.

Le ministère de la Justice a annoncé jeudi que 364 des 1.893 personnes placées en garde à vue après 14 nuits de violences avaient été écrouées - 73 mineurs et 291 majeurs. Selon le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, environ 3.000 personnes été interpellées depuis le début des troubles. Ce dernier a par ailleurs de nouveau dénoncé les « voyous » et la « racaille » responsables de l’insécurité dans les quartiers sensibles. « Quand je dis ce sont des voyous ou des racailles, je persiste et signe et en aucun cas dans mon esprit, ça veut dire tous les jeunes » a déclaré le ministre sur France 2, reprenant des expressions qui lui ont beaucoup été reprochées ces dernières semaines.

De toutes façons, il est certain que les racistes de tous bords sont aux côtés du ministre de l’Intérieur. Pour ma part, je continue à glaner mes informations sans juger pour autant car je ne me sens pas apte à prendre position face à des évènements aussi inquiétants. Je regrette infiniment qu’on ait supprimer la police de proximité. C’est une erreur inqualifiable d’un gouvernement de droite. Je hais des hommes tels que Monsieur de Villiers quand il dit tout net qu’on devrait faire intervenir l’armée. J’espère même que les dégradations vont diminuer à tel point qu’on n’aura plus besoin de recourir au couvre-feu. Je me souviens de l’ère Papon et de ce que j’ai ressenti à cette époque après que l’abject préfet de police ai fait jeter des hommes d’origine arabe dans la Seine. Je suis également ébahie de ce que les Américains et les Anglais font paraître dans leurs médias. C’est à croire qu’eux sont face à nous de petits saints et qu’aucun trouble racial n’a jamais éclaté dans leurs contrées respectives.

 

 

Le 12 Novembre

 

La sécurité a été renforcée à Paris pour le week-end du 11 novembre de crainte de « descentes » de casseurs, deux semaines après le début des violences dans les banlieues françaises où se confirme une relative accalmie. Des incidents ont éclaté hier en fin de journée à Toulouse (Haute-Garonne), où dix véhicules avaient été incendiés à 19h00, selon la préfecture de Midi-Pyrénées. Une marche silencieuse est prévue samedi à Toulouse entre le quartier populaire du Mirail et le centre-ville.

Par ailleurs, un policier a été placé vendredi en détention provisoire et quatre autres ont été placés sous contrôle judiciaire pour des violences sur un jeune homme lundi à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), a-t-on appris de source judiciaire. Huit policiers avaient été suspendus pour cette « bavure » filmée et diffusée sur France 2. Les trois autres policiers ont été remis vendredi en liberté.

A Paris, les forces de l’ordre font montre dune « extrême vigilance » dans l’éventualité d'incidents. Le préfet de police a décidé d’interdire les rassemblements « de nature à provoquer ou entretenir le désordre » dans la capitale de samedi 10h00 à dimanche 08h00, à la suite d’appels à des « actions violentes » sur Internet et via des SMS. Les lignes de transports en commun menant à Paris, en particulier le réseau RER, font l’objet d'une surveillance renforcée.

Au total, 463 véhicules ont été incendiés en France dont 111 en Ile-de-France, dans la nuit de jeudi à vendredi, selon la Direction générale de la police nationale (DGPN). Ces chiffres sont à comparer à la 14e nuit de violences, de mercredi à jeudi, au cours de laquelle 482 véhicules avaient été brûlés dont 84 en région parisienne. La police a procédé à 201 interpellations. Le ministère de la Justice a indiqué vendredi que 558 personnes, dont 101 mineurs, avaient été écrouées depuis le 29 octobre.

 Au total, quelque 3.000 hommes sont mobilisés dans la capitale pour ce long week-end qui fait figure de test pour les forces de l’ordre. La préfecture de police de Paris a décidé le déploiement de 1.505 policiers et de 715 CRS et gendarmes mobiles pour les cérémonies de l'armistice. Elle a en outre demandé le renfort de huit unités mobiles - environ 600 hommes. Les écoles de police ont également été mises à contribution, ce qui se traduit par un effectif supplémentaire de 400 à 500 personnes.

A Paris, Bordeaux et Toulouse, notamment, la vente au détail de carburants a été interdite pour empêcher la fabrication éventuelle d’engins explosifs. A Arras (Pas-de-Calais), un homme d'une vingtaine d'années a été mis en examen et écroué pour avoir mis le feu à deux grandes surfaces dans la nuit de mardi à mercredi, a-t-on appris de source judiciaire. Le procureur de la République d'Arras, Jean-Pierre Valensi, a précisé que l’incendiaire serait jugé pour « incendie volontaire » le 15 novembre. Il risque une peine maximale de dix ans de prison.

Dans la nuit de mardi à mercredi, un jet de cocktail molotov avait déclenché un incendie dans une grande surface de meubles sur la zone industrielle Ouest d’Arras. Le feu avait ravagé le magasin et s’était propagé à un magasin voisin de tapis, lui aussi totalement détruit. Seize salariés sont depuis lors au chômage technique. A Bordeaux, des véhicules de police ont été incendiés dans l’enceinte du palais de justice dans la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

Vingt-cinq départements métropolitains sur 96 ont été autorisés à instaurer un couvre-feu pour les mineurs de 21h00 à l’aube jusqu’au 20 novembre inclus, aux termes du décret réactivant la loi du 3 avril 1955 sur l’état d'urgence.

Cette mesure exceptionnelle est désormais appliquée dans des communes de six départements : Alpes-Maritimes, Somme, Seine-Maritime, Loiret, Eure et Landes, où le préfet a pris un arrêté en ce sens vendredi.

Jacques Chirac qui a affirmé jeudi que la priorité restait le « rétablissement de l’ordre public » a exhorté les parents à la « responsabilité. » Il a évoqué « les trop nombreux mineurs qui, souvent poussés par leurs aînés, ont participé aux violences urbaines. »

Lors de l’émission « A vous de juger » sur France 2, Nicolas Sarkozy s'est défendu de tout amalgame entre les jeunes des cités défavorisées et les « voyous » et « racailles » à l’origine des incidents, termes controversés qu’il a répétés à l’encontre d’un jeune garçon qui lui posait des questions quant à l’opportunité de toutes les mesures prises pour endiguer les violences. J’ai entendu personnellement les réponses du ministre : elles n’étaient pas dignes d’un homme adulte face à un garçon qui n’a jamais été impoli à son égard.

Quelque 300 personnes se sont rassemblées vendredi devant le Mur de la Paix au Champ-de-Mars, à Paris, à l’appel du collectif « Banlieues Respects » qui regroupe 162 associations, pour demander le retour à la paix dans les quartiers. C’est bien peu en fait et l’on s’aperçoit que les jeunes ne veulent pas se mêler aux associations et garder leur libre-arbitre en ce qui concerne leur attitude vis-à-vis non seulement des autorités mais également de leurs propres parents.

 

Le 13 Novembre

 

Les forces de l’ordre étaient en alerte samedi soir à Paris de crainte de descentes de casseurs dans la capitale après une 16e nuit consécutive de violences dans les banlieues. Le préfet de police, Pierre Mutz, a décidé d’interdire les rassemblements « de nature à provoquer ou entretenir le désordre » dans la capitale de samedi 10h00 à dimanche 08h00, à la suite d’appels à des « actions violentes » sur Internet et via des SMS. Les lignes de transports en commun menant à Paris, en particulier le réseau RER, font l’objet d'une surveillance renforcée. Au total, quelque 3.000 hommes étaient mobilisés dans la capitale pour ce week-end qui fait figure de test pour les forces de l’ordre.

Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, s’est rendu brièvement en début de soirée sur les Champs-Elysées « afin d'inspecter le dispositif de sécurité » mais sa visite, encadrée par la police, s’est déroulée dans une atmosphère houleuse, plusieurs jeunes présents criant « Démission ! » à son adresse. Une extrême vigilance était également de mise dans le secteur du Stade de France, à Saint-Denis, près de Paris, pour le match de football France-Allemagne. Dans l’entourage du ministre de l’Intérieur, on espérait que la conjonction de la pluie et de la rencontre sportive aurait un effet dissuasif sur les fauteurs de troubles. Le couvre-feu n’est pas en vigueur à Paris et dans la région parisienne.

Vingt-cinq départements métropolitains sur 96 ont été autorisés à instaurer un couvre-feu pour les mineurs de 21h00 à l’aube jusqu’au 20 novembre inclus, aux termes du décret réactivant la loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence. Cette mesure exceptionnelle est désormais appliquée depuis samedi dans des communes de sept départements: Alpes-Maritimes, Somme, Seine-Maritime, Loiret, Eure, Landes et Rhône. Le préfet du Rhône, Jean-Pierre Lacroix, a décidé d’instaurer un couvre-feu durant le week-end à Lyon et dans dix autres communes à partir de 22h00 à la suite d’une nuit plus agitée que les précédentes : Des incidents ont en effet opposé samedi après-midi dans le centre de Lyon une cinquantaine de jeunes aux forces de l’ordre qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes.

 

La seizième nuit consécutive de violences urbaines en France a été marquée en effet par une recrudescence des incidents en province où 416 véhicules ont été incendiés, et une relative accalmie en Ile-de-France. Deux policiers ont été blessés dont un grièvement au visage par l'explosion d’un cocktail molotov placé dans une voiture en feu à Saint-Quentin (Aisne). Brûlé au deuxième degré, l’homme a quitté l’hôpital samedi.

La police recherche par ailleurs activement l'homme qui a jeté vendredi soir deux engins incendiaires contre la mosquée de Carpentras (Vaucluse) dont l’un a explosé contre la porte de l'édifice à l’heure de la prière. Jacques Chirac a condamné cette agression et exprimé sa solidarité avec la communauté musulmane de la ville. » « Toute la lumière sera faite » sur cet acte a assuré le chef de l'Etat.

Un jeune homme de 19 ans dont l’interpellation musclée filmée lundi par France 2 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) a valu à huit policiers d'être suspendus, a de nouveau été arrêté samedi matin à son domicile au Bourget.

Il a été reconnu par un officier des sapeurs-pompiers sur lesquels il avait jeté des pierres vendredi soir en marge d’un incendie de véhicules. Trois fonctionnaires ont été mis hors de cause dans cette affaire. Un policier a été mis en détention provisoire vendredi et les quatre autres ont été placés sous contrôle judiciaire. Le syndicat de police Alliance s’est insurgé contre une sanction disproportionnée et Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), a dénoncé samedi « une sanction violemment outrancière. » La section Alliance de Seine-Saint-Denis a appelé les policiers à observer un service minimum.

Depuis le début des violences, 568 personnes, dont 103 mineurs, ont été écrouées. Quelque 600 personnes ont défilé samedi dans l’agglomération toulousaine entre le quartier de La Reynerie et la place du Capitole pour appeler à la fin des violences. « Chirac, Villepin, Sarkozy, Démission » pouvait-on lire sur une banderole. Une autre proclamait « Non à toutes les discriminations, non aux lois d’exception. »

A 20h00 samedi, cinq voitures avaient été brûlées à la Reynerie, d’après la cellule de crise de la préfecture des Midi-Pyrénées qui a évoqué une situation assez tendue.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées place Saint-Michel, à Paris, contre les discriminations et les lois d'exception à l'appel notamment du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP). La manifestation avait été autorisée par la préfecture de police. Une marche a également eu lieu samedi à Stains (Seine-Saint-Denis) où un homme de 60 ans agressé le 4 novembre avait succombé à ses blessures.

 

Le 14 Novembre

 

J’ai regardé hier après-midi « Ripostes » sur la 5 et j’ai été surprise de voir une nouvelle fois un Tariq Ramadam complètement détendu qui se permet de juger sans vergogne tout ce qui se passe en France (et en Europe d’ailleurs) alors qu’il est en Angleterre, fort bien accepté par Tony Blair, mais qu’il n’a plus le droit d’enseigner dans son propre pays, la Suisse.  Il doit y  avoir tout de même de fort bonnes raisons pour cela. Les positions des autres invités étaient mitigées : Alain Fienkelkraut n’a pas été tendre avec les casseurs car, pour lui (entre autres), brûler les crèches, les écoles et les gymnases, c’est détruire ce qui permet aux jeunes des cités d’évoluer intellectuellement et physiquement. Les cent millions d’euros que les banlieues vont toucher pour la reconstruction eussent été mieux employés pour envisager de nouvelles entreprises.

Voici comme chaque jour les informations :

Des incidents sporadiques ont éclaté dimanche soir pour la 18e nuit consécutive dans les banlieues françaises, principalement en province, mais les autorités veulent croire à un retour progressif à la normale. Au total, 374 véhicules ont été incendiés dont 298 en province et 76 en région parisienne, dans la nuit de samedi à dimanche, un chiffre qui marque une baisse de 25% de ce type d'incidents.

Si l'accalmie prévaut, notamment en Ile-de-France, des zones sensibles demeurent, dans le Rhône et l’agglomération toulousaine. Des incendies de véhicules ont également été signalés dimanche soir dans la banlieue de Strasbourg. Dix véhicules ont été incendiés à Toulouse dimanche soir. Dix personnes ont été interpellées, dont quatre mineurs. Une voiture-bélier lancée contre une école du quartier de La Reynerie a provoqué d'importants dégâts. L'établissement sera fermé lundi.

Dans le Rhône où le couvre-feu est en vigueur jusqu’à lundi matin à Lyon et dans onze autres communes, les forces de l’ordre restent en alerte. La préfecture avait décidé d’interdire dimanche tout rassemblement dans le centre de Lyon entre 14h00 et 19h00, au lendemain d’échauffourées entre jeunes et forces de l'ordre. Pour la première fois depuis le début des violences, le 27 octobre, des incidents ont en effet éclaté au coeur d’une grande ville. Place Bellecour, une cinquantaine de jeunes ont jeté samedi des projectiles sur les policiers et CRS qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes. La grande mosquée de Lyon a été la cible d’un engin incendiaire, qui n’a pas explosé, dans la nuit de samedi à dimanche. (Ce ne sont pas tout de même de jeunes musulmans qui procèdent à ce genre de manœuvres, ce serait le comble. J’ai l’impression que l’extrême-droite s’introduit dans les failles et fait calmement son travail de sape !) Signe toutefois d'un retour à la normale, la direction des transports de l’agglomération lyonnaise (TCL) a décidé d’assurer les services de bus jusqu’à 21h00 lundi et mardi alors qu’ils étaient interrompus à 19h00 depuis mercredi en raison des violences.

Le conseil des ministres a été avancé à lundi en vue de l’examen d'un projet de loi autorisant l’éventuelle prorogation de l’état d'urgence en vigueur jusqu’au 20 novembre inclus. Vingt-cinq départements métropolitains sur 96 ont été autorisés à instaurer un couvre-feu pour les mineurs, aux termes du décret réactivant la loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence. Cette mesure exceptionnelle est appliquée dans des communes de sept départements : Alpes-Maritimes, Somme, Seine-Maritime, Loiret, Eure, Landes et Rhône.

Les premières expulsions d'étrangers, en situation régulière ou irrégulière, impliqués dans les violences pourraient intervenir daujourd’hui. Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a déclaré samedi soir que ces mesures seraient appliquées dès le tout début de la semaine. « Toute personne étrangère en situation régulière peut se voir retirer sous certaines conditions son titre de séjour si elle a participé à des émeutes et ceci avant même la condamnation » a-t-il expliqué, sans préciser le nombre de personnes visées. « Cela ne remet en aucune manière en cause l’abrogation de la double peine » a-t-il souligné. Le Conseil d'Etat a rejeté samedi une requête en référé de SOS-Racisme qui demandait la suspension de cette mesure.

Nicolas Sarkozy est attendu ce lundi en Seine-Saint-Denis pour y rencontrer des policiers choqués par le placement en détention provisoire d’un de leurs collègues pour la « bavure »  survenue lundi dernier à La Courneuve. Le jeune homme de 19 ans dont l’interpellation musclée filmée lundi par France 2 avait valu à huit policiers d’être suspendus, a été interpellé samedi à son domicile, au Bourget. Il avait jeté des pierres sur des pompiers vendredi soir. Sur les huit fonctionnaires concernés, trois ont été mis hors de cause et leur suspension a été levée samedi par Nicolas Sarkozy. Un policier a été mis en détention provisoire vendredi et les quatre autres ont été placés sous contrôle judiciaire. « Dès lundi, je serai avec eux (les policiers de Seine-Saint-Denis) pour leur dire qu’il n'y a pas d’amalgame et que ma confiance est totale » a déclaré samedi soir le ministre de l'Intérieur.

L’Union européenne est intervenue dimanche dans la crise par la voix de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, pour proposer une aide de quelque 50 millions d’euros à la France pour faire face à la situation dans les banlieues. Le chef de l’exécutif européen a rencontré dimanche soir le Premier ministre, Dominique de Villepin.

 

Le 15 Novembre

 

J’ai regardé un petit moment « Mots croisés » hier soir sur la 2. Je suis effarée. Voici ce que le gouvernement propose comme solution à tous les problèmes que nous avons connus depuis plus de quinze jours : un service civil de six mois aux jeunes des banlieues ! Que peut-on faire en six mois ? Peut-on apprendre un métier en six mois ? Peux-ton se réinsérer dans la vie sociale en six mois ? 6 mois, c’est une goutte d’eau dans un vase percé, six mois, c’est une constatation d’échec total, d’incompréhension absolue envers les jeunes. En tout cas, c’est mon avis et plusieurs invités le partageait avec moi.

Voici comme chaque jour les informations :

La police a constaté une diminution sensible des incidents de violences urbaines en France dans la nuit de lundi à mardi, hormis Paris intra-muros où 13 véhicules ont été incendiés contre un seul la veille.

A Saint-Chamond, dans la Loire, trois cocktails Molotov ont été jetés contre la façade d'une mosquée, provoquant des dégâts légers, a déclaré un porte-parole de la Direction générale de la police nationale (DGPN).

A 4h00, 162 véhicules avaient été incendiés sur tout le territoire contre 271 la veille à la même heure. En province, la DGPN avait recensé 115 voitures brûlées contre 209 la veille et en région parisienne 47 contre 62. A 4h00, la police avait procédé à 42 interpellations contre 112 la veille à la même heure a ajouté la DGPN, qui a fait état d’un seul policier blessé. Un local associatif à Bourges et un local poubelle à Montfermeil (Seine-Saint-Denis) ont été incendiés, ce qui a nécessité l’évacuation d’appartements voisins en raison de l’émanation de fumées toxiques.

La tendance à l’apaisement des « violences urbaines » en France semble s'être poursuivie dans la nuit de mardi à mercredi, du moins en Ile-de-France. A 04h00, la Direction générale de la police nationale signalait 159 véhicules incendiés contre 162 la veille à la même heure et 271 dans la nuit de dimanche à lundi. Durant cette 20e nuit de violences urbaines, 44 personnes avaient été interpellées contre 42 au même stade de la nuit précédente. En Ile-de-France, 27 véhicules avaient été incendiés en milieu de nuit contre 47 la nuit précédente. En province, la DGPN recensait toutefois 132 véhicules brûlés contre 115 la veille mais 209 dans la nuit de dimanche à lundi.

A Romans-sur-Isère, dans la Drôme, l’église Saint-Jean d'Ars a par ailleurs été endommagée dans la soirée par un incendie vraisemblablement d’origine criminelle qui a provoqué des dégâts en cours d’évaluation, a précisé un porte-parole de la DGPN. Deux départs de feu ont été constatés par les pompiers. Les flammes se sont propagées autour de l’autel et dans une pièce annexe, a-t-on ajouté de même source. « C’est apparemment un acte très isolé, le quartier était très calme, pas de rassemblement, pas d’attroupement, pas d’émeutes » a déclaré sur France Info le maire PS de la ville, Henri Bertholet, qui a lancé un appel au calme.

« Ceux qui ont choisi de s’attaquer à une église soit sont des gens complètement inconscients, soit au contraire des gens qui savaient très bien qu'en s’attaquant à une église, ils provoqueraient une émotion forte » a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la soirée, les députés avaient sans surprise adopté le projet de loi qui prolonge de trois mois l’état d’urgence en France. Le texte, en application d’une loi d’exception de 1955, devrait être voté par le Sénat mercredi et entrer en vigueur lundi prochain. « Cette prorogation est nécessaire au regard des tensions que nous constatons encore » a déclaré le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Mardi, le ministère de l’Intérieur faisait état d’un « retour à une situation quasi normale. » « La situation reste difficile dans un grand nombre de quartiers, nous ne pouvons pas accepter que plus de 200 voitures brûlent chaque nuit » a déclaré pour sa part Dominique de Villepin lors des questions d’actualité à l'Assemblée nationale.

Pour le Premier ministre, la prorogation pour trois mois de la loi de 1955 sur l’état d’urgence « est une mesure de précaution qui permet aux préfets, avec l’accord du maire, de disposer des instruments nécessaires au rétablissement de l’ordre, si les circonstances l’exigent. » Le Parlement français a adopté définitivement le projet de loi qui prolonge de trois mois l’état d'urgence en France instauré le 9 novembre en raison des violences urbaines. Le Sénat a adopté par 202 voix contre 125 le projet de loi présenté par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Le texte ayant été voté dans les mêmes termes par le Sénat et l'Assemblée, il est définitivement adopté par le Parlement. Les députés l’avaient approuvé mardi par 346 voix contre 146.