N’oublions jamais
qu’Ingrid Bétancourt est retenue en otage depuis de trop
longues années et que nous devons tous nous unir pour obtenir
sa libération.
Je
voudrais simplement que mes mots…dits soient une image
quotidienne de tous les évènements qui ont perturbé la
France et les Français durant trois longues semaines. Je
crois qu’il est bon de conserver un souvenir vivace du
quotidien afin que nous ne vivions pas qu’une trêve mais un
cheminement vers un monde plus compréhensif des problèmes de
nos communautés sœurs.
Le
4 Novembre
Au
moins 150 voitures ont été incendiées en Seine-Saint-Denis
dans la nuit de jeudi à vendredi apprend-on de source policière,
huit jours après la mort controversée de deux jeunes de
Clichy-sous-Bois. Au total, 1.300 policiers, gendarmes et CRS
ont été déployés sur le terrain pour cette huitième nuit
consécutive de violences. Le bilan des voitures incendiées
qui était de 50 en début de soirée, a été multiplié au
moins par trois dans les heures suivantes a déclaré un
porte-parole de la Direction départementale de la sécurité
publique (DDSP) de Seine-Saint-Denis.
Par
ailleurs, un incendie était en cours vers 03h00 dans un
entrepôt de moquettes de 1.000 m2 dans le secteur de Garonor,
sur la commune d’Aulnay-sous-bois, a-t-on appris auprès des
pompiers. On ignore pour l’instant l’origine du sinistre.
En fin de soirée, la préfecture de Seine-Saint-Denis avait
fait état de 41 feux de véhicules et 18 interpellations dans
l’ensemble du département.
Des
cars de CRS ont été la cible de tirs de pistolet à
grenaille à Neuilly-sur-Marne. « Le début de la soirée
a été marqué par des incidents sporadiques essentiellement
dans le nord du département sans qu’aucune confrontation
directe avec les forces de l’ordre ne soit constatée »
ont précisé les services de la préfecture. Les violences se
sont ensuite propagées vers le sud et l’est du département,
notamment au Blanc-Mesnil où un entrepôt a été incendié
et à Rosny-sous-Bois où un bus a brûlé.
A
Aulnay-sous-Bois où s'était concentrée une grande partie
des violences mercredi soir, une voiture en feu a été projetée
contre la « maison des associations". » Dans
la nuit de mercredi à jeudi 315 voitures avaient été
incendiées en Région parisienne dont près de la moitié en
Seine-Saint-Denis. De plus, quatre tirs à balles réelles
avaient été recensés dans ce département mercredi soir,
notamment à La Courneuve et Noisy-le-Sec où policiers et
pompiers ont été pris pour cible.
Jeudi,
Dominique de Villepin a présidé
trois réunions sur l’explosion de violences dans les
banlieues dans la journée et déjeuné avec le ministre de
l'Intérieur. Devant les sénateurs, il a adopté un langage
de fermeté. « L'Etat républicain ne cédera pas.
L’ordre et la justice dans notre pays auront le dernier mot »
a déclaré le Premier ministre qui a repris en mains le
dossier des violences urbaines mardi. « Notre devoir, à
Dominique
de Villepin comme à moi-même, c’est de
travailler main dans la main, en totale confiance, en totale
coordination » a déclaré Nicolas Sarkozy dans la soirée
sur i-télé. « Il ne peut pas y avoir de divisions
entre nous et il n’y en aura pas parce que le problème est
trop sérieux. »
Le
Parti socialiste a dénoncé le « bilan désastreux »
du gouvernement après une semaine d'émeutes et réclamé un
« débat national » pour « réorienter complètement »
la politique en matière de lutte contre l’insécurité.
Selon les premiers résultats de l’enquête de
l’Inspection générale des services, la « police des
polices », et de la procédure judiciaire sur les événements
de jeudi dernier, le groupe de trois jeunes qui était entré
dans l’enceinte protégée d’EDF n'avaient pas été pris
en chasse par les forces de l’ordre. Le rapport préliminaire
de l’IGS stipule également qu’un policier sur place avait
signalé à sa hiérarchie le risque encouru par les
adolescents s’ils parvenaient à entrer dans le
transformateur. Au vu de ces premiers éléments, le procureur
de la République de Bobigny, Jacques Molins, a décidé
d’ouvrir une information judiciaire contre X pour non
assistance à personne en danger afin de déterminer si
« toutes les dispositions de sécurité, de protection
et de prévention » ont été prises ce soir-là.
A
notre niveau, nous assistons à ces violences sans en
comprendre véritablement la portée. S’agit-il simplement
de réactions compréhensibles de la part des jeunes face à
la mort de deux de leurs camarades ou des groupes
d’islamistes ont-ils décidé de profiter de l’aubaine
pour mettre le feu aux poudres ? Le gouvernement lui-même
ne saurait répondre en l’occurrence à ces questions et
jusqu’à présent les paroles du Premier ministre ou du
Ministre de l’Intérieur nous paraissent dénuées d’un véritable
fondement.
Il
paraît que les journaux européens et américains ne parlent
que de ce qui arrive aujourd’hui dans les banlieues
parisiennes et titrent même, pour certains, « Paris brûle-t-il ? »
Peut-être les Américains pourraient-il balayer tout
d’abord devant leurs portes et nous expliquer ce nouveau
« fait divers » :
La
Commission européenne a réagi, jeudi 3 novembre, aux
informations selon lesquelles des prisons secrètes de la CIA
existeraient en Roumanie et en Pologne.
« L’existence
de prisons secrètes ne me semble pas compatible avec la charte
des droits fondamentaux de l’UE » a déclaré Friso
Roscam Abbing, porte-parole du commissaire à la justice,
Franco Frattini. Mercredi, le quotidien américain Washington
Post avait affirmé que la CIA détenait des terroristes
d’Al-Qaida dans des prisons secrètes dans plusieurs pays
d'Europe de l’Est dont il n’a pas dévoilé les noms.
L’organisation américaine de défense des droits de l'homme
Human Rights Watch a ensuite précisé qu’elle soupçonnait
la Pologne, fidèle soutien de Washington et membre de l’UE
et la Roumanie qui doit y accéder en 2007, d’héberger ces
prisons clandestines. Les deux pays ont démenti.
La direction générale
justice de la Commission va « faire des recherches au
niveau technique » sur ces informations mais la
Commission n’envisage pas d’action plus politique à ce
stade a indiqué le porte-parole, visiblement embarrassé. Les
gouvernements des Vingt-Cinq seront interrogés de manière
informelle a-t-il ajouté.
« Je
ne pense pas qu’il soit nécessaire pour le vice-président
Frattini d’appeler tel ou tel ministre au téléphone » a répondu
Friso Roscam Abbing aux journalistes, en rejetant l’idée
que Bruxelles allait ouvrir « une enquête »
à proprement parler. L’Union européenne n'a pas de compétence
sur le régime des prisons dans les Etats membres qui
ressortit aux conventions internationales sur les droits de
l'homme ou contre la torture a-t-il rappelé. L’UE s’est
dotée en 2001 d’une charte des droits fondamentaux qui
n’a pour l’instant aucune force juridique contraignante.
Le
5 novembre
La
France a connu de nouvelles violences urbaines pour la neuvième
nuit consécutive, que ce soit en Région parisienne ou en
province où plusieurs villes étaient touchées. Aux premières
heur, la police nationale fait état d'un total de 754 véhicules
incendiés et de 203 interpellations.
Hors
d’Ile de France, les violences ont touché des villes comme
Strasbourg, Rennes ou encore Toulouse. Sept voitures ont été
incendiées dans des quartiers de la périphérie de Toulouse
où la police a procédé à trois interpellations a déclaré
en milieu de nuit la préfecture de région Midi-Pyrénées. A
minuit, précisait-elle, le calme était revenu dans les
quartiers troublés. Les autorités notent une baisse des
affrontements directs entre jeunes et forces de l’ordre,
lesquelles avaient essuyé des tirs à balle réelle dans la
nuit de mercredi à jeudi. « C'est plutôt un harcèlement
de la police que de l’affrontement » a-t-on résumé
de source policière.
Un
policier a toutefois été blessé dans l’Essonne par des
jets de pavés a déclaré la police nationale. Le nombre
d’interpellations, 203 pour l'ensemble du pays, était en
hausse par rapport à la nuit de jeudi à vendredi. Dans le département
de la Seine-Saint-Denis où les troubles ont commencé il y a
une semaine après le décès accidentel de deux adolescents
dans un transformateur EDF, divers incendies ont touché des bâtiments.
Dans la commune d’Aubervilliers, deux entrepôts ont été
incendiés dont un de textile et l’autre de bois. Au total,
700 sapeurs-pompiers ont été mobilisés dans le département
où une quinzaine de communes sur 40 ont été touchées par
des incidents dans la nuit.
A
la Courneuve, le feu a été mis à une crèche. A Montreuil,
un magasin Leader Price a été incendié ainsi qu’un
parking et un concessionnaire automobile. Trois blessés légers
sont à déplorer dans cette ville. A Pantin, la police a
interpellé sept mineurs qui transportaient dans leur sac à
dos des « projectiles incendiaires » et des
bouteilles d’essence. A Pierrefitte, un engin incendiaire a
été lancé sur le mur de la synagogue tandis qu'à
Villetaneuse un bureau de poste a été incendié. D’autres
incidents ont été signalés dans le département dont
Epinay-sur-Seine où une cinquantaine de jeunes cagoulés ont
saccagé une dizaine de voitures.
Dans
le département du Val d'Oise, une dizaine de voitures ont été
incendiées entre Vauréal et Jouy-le-Moutier, aux environs de
Goussainville et Garges-les-Gonesse, selon la préfecture du département.
Cinq personnes ont été interpellées sur les lieux. Le feu a
été mis à une boulangerie et à un bureau de ventes en préfabriqué.
Ces violences sont intervenues quelques heures après un
nouvel appel au calme lancé vendredi par des maires des
communes du département de Seine-Saint-Denis et par le frère
d’un des deux jeunes morts par électrocution le 27 octobre.
Le maire UMP d’Aulnay-sous-Bois, Gérard
Gaudron, en a pour sa part appelé à une marche silencieuse
samedi dans sa ville.
Environ
1.400 policiers, gendarmes et CRS ont été déployés en
Seine-Saint-Denis. Dans les départements voisins, gagnés par
la violence, les effectifs policiers ont été renforcés et
les unités sont « plus mobiles et réactives »
qu’auparavant, a-t-on souligné à la préfecture. Un hélicoptère
muni d’un projecteur-caméra a été dépêché sur place.
Entre le 27 octobre et le 3 novembre au soir inclus, 1.260 véhicules
ont été incendiés en Seine-Saint-Denis, dans le Val d'Oise,
les Yvelines, l’Essonne, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne
et la Seine-et-Marne, selon la police.
Le
6 Novembre
Près
de 1.300 véhicules ont été incendiés et 349 personnes
interpellées dans la nuit, la plus violente depuis le début
des émeutes dans les banlieues françaises, il y a dix jours.
Les troubles, limités dans les premiers temps aux abords de
Paris, se sont étendus à de nombreuses villes de province.
La direction générale de la police nationale fait état de
1.295 véhicules brûlés - 741 en Ile-de-France
et 554 en province. Selon un bilan revu à la hausse dans la
matinée, 349 personnes ont été interpellées, contre 253 la
veille. Au total, 211 communes ont été touchées contre 140
la nuit prédécente.
D’une
nuit à l’autre, le nombre de véhicules incendiés a
augmenté d’une centaine en Ile-de-France mais il a
doublé en province. « Il y a effet de palier en région
parisienne et l’éparpillement se poursuit dans les régions »
a commenté un porte-parole de la direction de la police
nationale. « Nous avons eu plus de 700 interpellations
ces quatre dernières nuits, on voit donc que le dispositif
mis en place est efficace » a-t-il ajouté. Selon la
police, les émeutiers tentent en général d’éviter des
affrontements avec les forces de l’ordre. Selon le ministère
de l’Intérieur, 2.300 policiers et gendarmes ont été
envoyés en renfort en Ile-de-France
pour la nuit, en plus de l’effectif normal. Vingt-et-un
policiers ont été légèrement blessés dans la nuit, ce qui
porte à 56 le nombre d’agents blessés depuis le début des
troubles. Dans Paris même, le ministère a recensé 28
voitures brûlées. Dans la Région parisienne, deux écoles
primaires ont été incendiées à Grigny, dans l’Essonne.
Un des bâtiments d’écoles est très endommagé. On ne déplore
aucun blessé. Egalement dans l’Essonne, une entreprise de
recyclage a été incendiée à Vigneux, mais, selon la préfecture,
« rien ne confirme que cet incident soit lié à des
violences urbaines. »
Dans
le département de Seine-Saint-Denis où les troubles ont
commencé le 27 octobre, la situation semblait plus calme que
la nuit précédente, selon un porte-parole de la préfecture.
A Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), un gymnase a toutefois
été incendié, provoquant l’évacuation d’un immeuble
adjacent. A Villeneuve Saint-Georges (Val-de-Marne), la maison
des jeunes a été incendiée. Par ailleurs, un homme frappé
vendredi soir par un jeune dans la ville de Stains
(Seine-Saint-Denis) était toujours dans un coma profond,
rapporte Le Parisien qui précise que son « pronostic
vital est engagé. »
En
province, Evreux, dans l’Eure, a été particulièrement
touchée. Une cinquantaine de véhicules ont été incendiés
le long d’une avenue. Le centre commercial du quartier de La
Madeleine a été le théâtre d’affrontements entre groupes
de jeunes et forces de l’ordre. Plusieurs personnes ont été
blessées dont le directeur de la sécurité publique et un
policier municipal. Un supermarché d’un autre quartier de
la ville a également été la cible d'émeutiers et une poste
et deux écoles de la ville ont été la proie des flammes.
Dans la région lyonnaise, la police a fait état d’une
vingtaine de voitures brûlées à Vénissieux et Bron. Il
n’y a eu aucun affrontement direct. Une douzaine de véhicules
ont été brûlés à Avignon (Vaucluse), principalement dans
le quartier Monclar, au sud-ouest de la ville, a-t-on appris
auprès du service département d'incendie et de secours. A
Toulouse, l’état-major de la police faisait état de
dizaines de voitures brûlées et de deux tentatives avortées
d’incendies contre la bibliothèque municipale et un centre
commercial du quartier de Bellefontaine-Le Mirail. Dans le
Nord, 110 voitures ont été brûlées (deux fois plus que la
veille) ainsi qu’une trentaine de poubelles. Les pompiers
ont procédé à 160 interventions, principalement sur Lille
et Roubaix. Les violences se sont étendues à des villes non
touchées jusque là comme Douai, Dunkerque ou Maubeuge. Des
incidents ont également éclaté à Dreux (Eure-et-Loire),
Nantes (Loire Atlantique) et dans le Grand Nancy
(Meurthe-et-Moselle) où des individus s’en sont pris à
l’hôtel de ville de Vandoeuvre.
Il
est certain que pas un jour ne se passe sans que nous n’évoquions
tous ces évènements qui nous atteignent au plus profond de
notre cœur et de notre raison mais nous n’avons pas de réponse
sinon que les gouvernements successifs, qu’ils soient de
droite ou de gauche, ont laissé se pourrir la situation en
permettant que de plus en plus de cités ne soient pas aptes
à loger décemment les communautés qui les occupent. J’ai
nettement l’impression qu’un homme doit se frotter les
mains de contentement, c’est Le Pen qui, sans rien faire,
gagne des voix pour les prochaines élections. Tout ceci sans
que Chirac ne prenne la parole ou n’adopte une position
quelconque devant des actes aussi monstrueux, preuve qu’il
se sent responsable mais n’ose pas le dire.
Le
7 Novembre
Les
violences urbaines se sont poursuivies dans la nuit de
dimanche à lundi - soit la 11e nuit consécutive - dans la Région
parisienne et dans nombre de villes de province et les
incidents les plus graves ont été signalés à Grigny dans
l’Essonne où des émeutiers ont tiré sur les forces de
l’ordre.
Au
plan national, le ministre de l'Intérieur dénombrait vers
05h00 (04h00 GMT) 839 véhicules incendiés et 186
interpellations. En outre, 34 policiers ont été blessés.
L’Union des Organisations islamiques de France (UOIF) a édicté
dimanche une « fatwa » condamnant les violences en
cours dans de nombreux quartiers sensibles de la région
parisienne et de province dont nombre d’habitants se réclament
de l’islam.
L’UOIF,
l’un des plus importants groupes islamiques de France,
rappelle sur son site internet que « dans plusieurs
versets du Coran, Dieu blâme la destruction et le désordre
et rejette ceux qui les accomplissent. » « Il est
formellement interdit à tout musulman recherchant la
satisfaction et la grâce divine de participer à quelque
action qui frappe de façon aveugle des biens privés ou
publics ou qui peuvent attenter à la vie d’autrui.
Contribuer à ces exactions est un acte illicite » dit
le décret religieux.
En
début de nuit, environ 200 émeutiers dont certains étaient
armés ont tiré à Grigny sur des policiers avec des fusils
à pompe. Une trentaine d’agents ont été blessés à la
cité de la Grande Borne et deux d’entre eux ont été
hospitalisés après avoir reçu du plomb à la gorge et aux
jambes. « Les tirs n'auraient sans doute pas pu tuer à
cette distance mais ils auraient pu occasionner des blessures
graves, rendre un policier aveugle par exemple » a déclaré
un porte-parole de la police nationale.
A
Colombes (Hauts-de-Seine) des pierres ont été jetées contre
un autobus, blessant à la tête un enfant de 13 mois qui a été
hospitalisé. En Seine-Saint-Denis, un centre social a été
attaqué à Rosny-sous-Bois. A Aubervilliers, c’est un
magasin de motos qui a été pris pour cible. Une crèche de
Saint-Maurice (Val-de-Marne) a été attaquée, tout comme la
trésorerie principale de Trappes (Yvelines). A Suresnes
(Hauts-de-Seine), un entrepôt pharmaceutique a été détruit.
En
province, des incidents ont éclaté dès l’après-midi de
dimanche dans la banlieue de Saint-Étienne (Loire).
L’incendie d’un autobus a fait deux blessés et entraîné
la paralysie des transports en commun. Dans le département de
l’Eure, six voitures ont été incendiées dans la soirée
de dimanche, a-t-on appris auprès de la préfecture. Après
les importantes violences urbaines de la nuit de samedi à
dimanche à Evreux, la préfecture de l’Eure a doublé son
dispositif policier grâce à l’arrivée d'une nouvelle
compagnie de CRS.
A
Nantes (Loire-Atlantique), une maternelle du quartier de la
Malville a été incendiée. A Strasbourg (Bas-Rhin), des
cocktails Molotov ont été jetés contre une école primaire.
A Lens (Nord) un engin incendiaire a atteint la porte d’une
église. A Toulouse (Haute-Garonne), dans la cité du Mirail,
une voiture a été jetées dans une bouche d’accès du métro.
Le trafic a été interrompu sur la ligne. Selon la police, 25
voitures ont été incendiées dans la ville et 13 personnes
ont été interpellées. Six voitures ont été incendiées à
Rennes (Ille-et-Vilaine), a-t-on appris auprès de la préfecture,
et des incidents sporadiques ont été enregistrés à Orléans
(Loiret).
Le
ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, s’est rendu en
début de nuit à la direction départementale de la sécurité
publique de Seine-Saint-Denis, à Bobigny. Le syndicat
professionnel de la Police nationale Action Police CFTC a
demandé au Premier ministre le renfort de l’armée dans les
banlieues ainsi que l’instauration d’un couvre-feu
nocturne après les tirs survenus contre des agents. « Rien
ne semble plus pouvoir enrayer la guerre civile qui s’étend
chaque jour un peu plus à l’ensemble du territoire
national. Les événements que nous vivons actuellement sont
sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale »
lit-on dans le communiqué de ce syndicat, diffusé dans la
nuit.
Ces
derniers mots font peur et je me demande si l’information
directe donnée par tous les médias n’est pas pour quelque
chose dans la propagande qui est faite aux bandes décidées
à détruire tout ce qu’ils avaient sous la main. Ceci dit,
quand elles s’en prennent à des écoles maternelles et
qu’elles risquent de blesser des enfants ou l’ont déjà
fait, je ne comprends plus.
Le
8 Novembre
Pour
la douzième nuit consécutive, des violences ont été signalées
dans des zones urbaines sensibles d’Ile-de-France ou de
province et le ministère de l’Intérieur a fait état mardi
à 04h00 de 814 véhicules brûlés et de 143 interpellations
dans l’ensemble du pays. Quatre agents des forces de
l’ordre ont en outre été blessés durant la nuit. Hier
soir, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a
annoncé des mesures visant à rétablir le calme dans les
banlieues, dont le recours exceptionnel par les préfets au
couvre-feu.
Le
conseil des ministres doit se réunir, avec un jour d'avance,
ce mardi matin, sous la présidence de Jacques
Chirac, afin de mettre en oeuvre les dispositions
de la loi du 3 avril 1955 qui instituaient l’état d'urgence
en Algérie, alors française, en proie aux troubles indépendantistes.
Le journal officiel publiera mercredi le décret permettant
aux préfets d’appliquer le couvre-feu.
« Partout
où c’est nécessaire, les préfets pourront, sous
l’autorité du ministre de l’Intérieur, appliquer le
couvre-feu » a déclaré le Premier ministre qui était
l’invité du journal de 20h00, sur TF1. Ils seront autorisés
à agir ainsi « s’ils l’estiment utile pour
permettre un retour au calme et assurer la protection des
habitant. »
François
Hollande prévient dans un entretien au Parisien paraissant ce
mardi que le Parti socialiste sera vigilant sur le recours au
couvre-feu dans les banlieues. « Nous serons évidemment
vigilants sur l’application de cette mesure, qui ne peut être
qu’exceptionnelle, limitée dans le temps et dans l’espace »
précise le Premier secrétaire du PS.
Dans
les Yvelines, quatorze voitures ont brûlé hier soir tandis
qu’on dénombrait une dizaine de véhicules incendiés dans
la Seine-Saint-Denis, département où les violences ont
commencé, il y un peu plus d'une semaine, après la mort
accidentelle des deux adolescents à Clichy-sous-Bois.
A
Marseille, les pompiers sont intervenus une trentaine de fois
hier soir, à égalité pour des véhicules brûlés et des
feux de poubelles. Dans le département voisin du Vaucluse, 27
voitures ont été brûlés et les pompiers sont intervenus
sur une quinzaine de feux de poubelles à Avignon, Carpentras,
Orange et Cavaillon. Dans la banlieue de Toulouse, 21 voitures
et un autobus ont été brûlés, selon la police. Deux autres
bus ont été caillassés. La totalité du trafic des bus a été
interrompue dans la soirée sur les lignes desservant les
quartiers sensibles de Bellefontaine, du Mirail et de
Bagatelle, qui ont été bouclés par les forces de l’ordre.
Près de 200 jeunes s’y sont déplacés avec beaucoup de
mobilité. Un hélicoptère a survolé ces zones où un calme
relatif est revenu vers 22h00.
Dans
le Nord, dans la soirée, 27 voitures ont été brûlées et
deux écoles ravagées par le feu, l’une à Lille Sud, un
quartier sensible et l’autre à Bruay-sur-Escaut, près de
Valenciennes, selon la préfecture. Dans l’Est, en Alsace, en Lorraine et en Franche-Comté,
les incendies de voitures et des feux de poubelles se sont
poursuivis. Dans le Bas-Rhin, dix-huit voitures ont été
incendiées dans l’agglomération de Strasbourg où un hélicoptère
a été mobilisé afin d’intervenir en cas d’incidents
plus sérieux, selon la préfecture. Dans le Haut-Rhin, les
premières interventions ont eu lieu dès le milieu de l’après-midi
de lundi pour des feux de bennes à ordures ou d’abribus à
Mulhouse et Colmar.
Toutes
ces mesures qui nous rappellent l’un des plus mauvais
moments de notre vie, la Guerre d’Algérie, ne sont pas
faites pour nous rassurer. Il semble que la France soit à
l’heure actuelle la plus mauvaise élève de l’Europe et
je regrette personnellement l’époque où l’on était
jaloux du lien qui nous unissait à l’Allemagne.
Le
9 Novembre
Les
violences urbaines en France ont nettement diminué cette
nuit, notamment en province,, la 13e consécutive à être
marquée par des troubles et la première durant laquelle
plusieurs communes ont appliqué un couvre-feu. Au moins 573 véhicules
ont été incendiés au plan national contre 860 la nuit précédente
à la même heure, selon un point établi par la Direction générale
de la police nationale (DGPN) à 04h30. La baisse est plus
marquée en province (431 contre 685) qu’en Ile-de-France
(142 contre 175). Le nombre de personnes interpellées est, en
revanche, en hausse, et s’établissait à 204 à 04h30
contre 151 la veille à la même heure, pour l’ensemble de
la France. Aucun policier n'a été blessé.
Mardi
en fin de journée, plusieurs communes avaient annoncé leur
intention d’instaurer un couvre-feu, en vertu du décret sur
l’état d’urgence adopté en conseil des ministres et
publié au Journal officiel mercredi. Cette mesure
exceptionnelle de maintien de l’ordre, instaurée par la loi
du 3 avril 1955, durant la guerre d'Algérie, n’avait jamais
été utilisée en France métropolitaine depuis lors.
Les
mineurs ont désormais interdiction de circuler non accompagnés
la nuit à Amiens et dans une trentaine de communes
environnantes, à Orléans, et dans la banlieue parisienne à
Savigny-sur-Orge (Essonne) ou Elancourt (Yvelines). Dans
certains cas, la vente de carburant aux mineurs a été
interdite. D’après un sondage de l’institut CSA que
publie Le Parisien, près de trois Français sur quatre sont
favorables à l’autorisation donnée aux préfets de décréter
un couvre-feu dans les quartiers défavorisés pour mettre fin
aux violences.
Sur
805 personnes interrogées mardi par téléphone, 73% se
disent favorables à une telle mesure et 58% sont scandalisées
par ce qui se passe actuellement dans les banlieues. Au nombre
des incidents signalés en province mardi soir et dans la
nuit, neuf bus ont été incendiés dans un entrepôt à Dole,
dans le Jura, et 80 personnes vivant dans un immeuble voisin
ont dû être évacuées. A Bassens, dans la banlieue de
Bordeaux, un autobus fonctionnant au GPL et circulant à vide
a été incendié et a explosé. A Arras, ville du
Pas-de-Calais relativement épargnée par les troubles
jusqu’à présent, deux magasins ont été incendiés après
avoir été pillés. Une entreprise et une salle des fêtes
ont brûlé. A Grasse, dans les Alpes-Maritimes, les locaux du
quotidien Nice-Matin ont été la cible d’un incendie
volontaire et ont subi d’importants dégâts. Quatre
personnes ont été vues prenant la fuite. A Lyon, des
journalistes russes ont été molestés par des délinquants.
Un engin incendiaire a été lancé contre une rame du métro
et le trafic des métros a été interrompu. A Nice, un homme
de 53 ans qui marchait dans le quartier des Moulins a reçu
sur la tête un haltère jeté du quinzième étage d'un
immeuble. Il a été hospitalisé dans un état grave. Dans la
banlieue de Toulouse où Nicolas Sarkozy s’est rendu mardi
soir, des dizaines de jeunes ont lancé des pierres et des
cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre dans le
quartier de la Reynerie proche de celui du Mirail placé sous
haute surveillance depuis plusieurs jours. Dix-huit voitures
ont été incendiées, a-t-on appris de source policière.
Face
à 80 policiers, gendarmes et pompiers réunis à la Direction
départementale de la sécurité publique, le ministre de
l'Intérieur a promis que la « force légale de la République »
l'emporterait sur « la force brutale des bandes. »
Le
10 Novembre
Le
nombre de violences urbaines a décru dans la nuit en France où
les mesures d’urgence prévues par le gouvernement n'ont été
que rarement appliquées. Aucun préfet d’Ile-de-France,
Paris inclus, n’a instauré de couvre-feu en raison d'une
diminution des incidents dans les huit départements
franciliens.
En
province, de nouveaux incidents ont éclaté en début de soirée
dans la banlieue de Toulouse entre jeunes des cités sensibles
et policiers. Une école a été détruite à Belfort et une
partie de Lyon a subi une coupure d'électricité en raison de
dégâts infligés à une station EDF, a rapporté la
direction générale de la police nationale (DGPN). Le
couvre-feu a été mis en oeuvre dans les Alpes-Maritimes,
dans la Somme, en Seine-Maritime et dans le Loiret.
Selon
la DGPN, 299 voitures avaient été incendiées mercredi à
02h00 contre 458 la nuit dernière à la même heure. Dans le
même temps, la police avait procédé à 155 interpellations
contre 195 la nuit dernière. « C'est globalement
positif » a souligné un officier selon lequel aucun
blessé n’était à déplorer dans la nuit de mercredi à
jeudi. Vingt-cinq départements métropolitains sur 96 ont été
autorisés à instaurer le couvre-feu jusqu’au 20 novembre.
Il vise à ramener le calme dans les banlieues et à interdire
aux mineurs de circuler et de se rassembler de 21h00 à
l’aube.
En
Ile-de-France, à 22h00, la
tension était retombée mercredi soir et les incendies de
voitures avaient reculé par rapport aux jours précédents.
« C'est le calme. C’est la décrue » a dit un
porte-parole de la préfecture de Seine-et-Marne. Dans ce département
de l’Est francilien, aucun incendie de voiture n'avait été
constaté peu après 22h00 mercredi contre 24 la veille au
soir. Dans le Val d’Oise, à la même heure, la préfecture
faisait état de seulement trois incendies de voitures et de
deux feux de poubelles. « C’est le calme, c’est
peut-être à cause du match de football France-Costa Rica »
a-t-on souligné. En Seine-Saint-Denis, la préfecture de
Bobigny avait pour sa part levé sa cellule de crise nocturne.
A Toulouse, les incidents qui ont débuté aux environs de
20h00 se sont déroulés dans les quartiers de Bellefontaine
et du Mirail, dans la périphérie ouest de la ville où près
de 350 policiers ont été déployés, a précisé la préfecture.
Peu après 21h30, la tension semblait toutefois être retombée
dans ces deux quartiers sensibles. A 23h00, onze véhicules
avaient été incendiés dont l’un dans la cour d’une école
primaire du quartier de Bellefontaine où un début
d’incendie s’était déclaré, selon la préfecture de
Midi-Pyrénées. Le feu a été vite maîtrisé par les
pompiers. Le couvre-feu n’a pas été déclaré en Midi-Pyrénées
mais cette décision peut encore être prise « à tout
moment en fonction du déroulement des incidents » a dit
la responsable de la préfecture.
Le
préfet de Seine-Saint-Denis, Jean-François Cordet, n’a pas
appliqué pour l’instant de couvre-feu dans son département
où ont débuté les troubles urbains après la mort
accidentelle de deux adolescents, le 27 octobre dernier à
Clichy-sous-Bois. « Il ne m’apparaît pas nécessaire
aujourd’hui de faire application de cette mesure. »
« J’observe depuis maintenant trois jours une décrue
du phénomène, une amélioration de la physionomie » a
de son côté souligné le préfet des Hauts-de-Seine sur
France Info.
Selon
un sondage CSA publié mercredi par Le Parisien, près des
deux tiers des Français sont favorables à l’autorisation
donnée aux préfets de décréter un couvre-feu. Le ministre
de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy a demandé mercredi aux préfets
l'expulsion « sans délai » de 120 étrangers
condamnés pour leur participation aux violences urbaines.
Cette décision concerne les personnes en situation irrégulière
mais aussi celles en possession d’un titre de séjour.
Un
collectif d’associations des banlieues dont le Premier
ministre Dominique de Villepin a reçu
mercredi une vingtaine de représentants a demandé l’arrêt
des violences urbaines et a lancé un appel à « toute
la population française » à participer vendredi après-midi,
mouchoir blanc à la main, à une « marche pour la paix »
sur les Champs-Elysées, à Paris.
Le
conseil des ministres se tiendra lundi en vue notamment de
l’examen d'un projet de loi visant à proroger l’état
d'urgence au-delà du 20 novembre.
Voici,
comme tous les jours en ce moment, j’essaie de recueillir le
plus d’informations possibles sans pour autant émettre un
jugement quelconque car je ne sais pas à qui ou à quoi
l’on doit la diminution des violences ; j’ai même
entendu ce matin que dans le midi la mafia n’avait pas intérêt
à ce qu’elles se prolongent car cela porte préjudice à
ses affaires juteuses… Qu’ajouter à cela, je ne suis pas
de taille.
Le
11 Novembre
La
tendance à un retour au calme progressif dans les quartiers
difficiles semble se confirmer dans la nuit de jeudi à
vendredi en France, déclare la direction générale de la
Police nationale (DGPN). A 2h30, celle-ci avait enregistré
sur tout le territoire 282 véhicules brûlés. Dans le même
temps, la police avait procédé à 123 interpellations lors
de cette 15e nuit consécutive de violences urbaines. Ces
chiffres sont à comparer à ceux de la veille qui marquaient
déjà une décrue de la tension. Selon la DGPN, 299 voitures
avaient été incendiées mercredi à 02h00 contre 458 mardi
à la même heure et 155 interpellations avaient été effectuées
contre 195.
« La
tendance est toujours à la baisse » a déclaré une
porte-parole de la DGPN, qui a ajouté que six policiers
avaient été blessés.
Des
mesures de sécurité particulières ont été mises en place
dans plusieurs départements : Alpes-Maritimes, Loiret,
Seine-Maritime, Somme, Haute-Garonne, Gironde et Eure.
Vingt-cinq départements métropolitains sur 96 ont été
autorisés à instaurer le couvre-feu jusqu’au 20 novembre.
Il vise à ramener le calme dans les banlieues et à interdire
aux mineurs de circuler et de se rassembler de 21h00 à
l'aube. A Paris, Bordeaux et Toulouse, notamment, la vente au
détail de carburants a été interdite pour empêcher d'éventuel
émeutiers de fabriquer des engins explosifs. A Bordeaux, la
suppression des bus du soir a été reconduite pour des
raisons de sécurité après l’incendie volontaire et
l’explosion d’un autobus fonctionnant au gaz naturel pour
véhicules (GNV), mardi à Bassens (Gironde). A Toulouse, la
préfecture de la région Midi-Pyrénées faisait état en début
de nuit de 11 véhicules incendiés.
La
police a fait savoir qu'elle resterait vigilante lors du
week-end prolongé du 11 novembre. La préfecture de police de
Paris a annoncé la mise en place d'un « dispositif
renforcé » de 1.505 policiers et de 715 CRS et
gendarmes mobiles pour encadrer la cérémonie de
l’armistice qui débutera à 11h00 sur les Champs-Elysées.
Le
ministère de la Justice a annoncé jeudi que 364 des 1.893
personnes placées en garde à vue après 14 nuits de
violences avaient été écrouées - 73 mineurs et 291
majeurs. Selon le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy,
environ 3.000 personnes été interpellées depuis le début
des troubles. Ce dernier a par ailleurs de nouveau dénoncé
les « voyous » et la « racaille »
responsables de l’insécurité dans les quartiers sensibles.
« Quand je dis ce sont des voyous ou des racailles, je
persiste et signe et en aucun cas dans mon esprit, ça veut
dire tous les jeunes » a déclaré le ministre sur
France 2, reprenant des expressions qui lui ont beaucoup été
reprochées ces dernières semaines.
De
toutes façons, il est certain que les racistes de tous bords
sont aux côtés du ministre de l’Intérieur. Pour ma part,
je continue à glaner mes informations sans juger pour autant
car je ne me sens pas apte à prendre position face à des évènements
aussi inquiétants. Je regrette infiniment qu’on ait
supprimer la police de proximité. C’est une erreur
inqualifiable d’un gouvernement de droite. Je hais des
hommes tels que Monsieur de Villiers quand il dit tout net
qu’on devrait faire intervenir l’armée. J’espère même
que les dégradations vont diminuer à tel point qu’on
n’aura plus besoin de recourir au couvre-feu. Je me souviens
de l’ère Papon et de ce que j’ai ressenti à cette époque
après que l’abject préfet de police ai fait jeter des
hommes d’origine arabe dans la Seine. Je suis également ébahie
de ce que les Américains et les Anglais font paraître dans
leurs médias. C’est à croire qu’eux sont face à nous de
petits saints et qu’aucun trouble racial n’a jamais éclaté
dans leurs contrées respectives.
Le
12 Novembre
La
sécurité a été renforcée à Paris pour le week-end du 11
novembre de crainte de « descentes » de casseurs,
deux semaines après le début des violences dans les
banlieues françaises où se confirme une relative accalmie.
Des incidents ont éclaté hier en fin de journée à Toulouse
(Haute-Garonne), où dix véhicules avaient été incendiés
à 19h00, selon la préfecture de Midi-Pyrénées. Une marche
silencieuse est prévue samedi à Toulouse entre le quartier
populaire du Mirail et le centre-ville.
Par
ailleurs, un policier a été placé vendredi en détention
provisoire et quatre autres ont été placés sous contrôle
judiciaire pour des violences sur un jeune homme lundi à La
Courneuve (Seine-Saint-Denis), a-t-on appris de source
judiciaire. Huit policiers avaient été suspendus pour cette
« bavure » filmée et diffusée sur France 2. Les
trois autres policiers ont été remis vendredi en liberté.
A
Paris, les forces de l’ordre font montre dune « extrême
vigilance » dans l’éventualité d'incidents. Le préfet
de police a décidé d’interdire les rassemblements « de
nature à provoquer ou entretenir le désordre » dans la
capitale de samedi 10h00 à dimanche 08h00, à la suite
d’appels à des « actions violentes » sur
Internet et via des SMS. Les lignes de transports en commun
menant à Paris, en particulier le réseau RER, font l’objet
d'une surveillance renforcée.
Au
total, 463 véhicules ont été incendiés en France dont 111
en Ile-de-France, dans la nuit
de jeudi à vendredi, selon la Direction générale de la
police nationale (DGPN). Ces chiffres sont à comparer à la
14e nuit de violences, de mercredi à jeudi, au cours de
laquelle 482 véhicules avaient été brûlés dont 84 en région
parisienne. La police a procédé à 201 interpellations. Le
ministère de la Justice a indiqué vendredi que 558
personnes, dont 101 mineurs, avaient été écrouées depuis
le 29 octobre.
Au
total, quelque 3.000 hommes sont mobilisés dans la capitale
pour ce long week-end qui fait figure de test pour les forces
de l’ordre. La préfecture de police de Paris a décidé le
déploiement de 1.505 policiers et de 715 CRS et gendarmes
mobiles pour les cérémonies de l'armistice. Elle a en outre
demandé le renfort de huit unités mobiles - environ 600
hommes. Les écoles de police ont également été mises à
contribution, ce qui se traduit par un effectif supplémentaire
de 400 à 500 personnes.
A
Paris, Bordeaux et Toulouse, notamment, la vente au détail de
carburants a été interdite pour empêcher la fabrication éventuelle
d’engins explosifs. A Arras (Pas-de-Calais), un homme d'une
vingtaine d'années a été mis en examen et écroué pour
avoir mis le feu à deux grandes surfaces dans la nuit de
mardi à mercredi, a-t-on appris de source judiciaire. Le
procureur de la République d'Arras, Jean-Pierre Valensi, a précisé
que l’incendiaire serait jugé pour « incendie
volontaire » le 15 novembre. Il risque une peine
maximale de dix ans de prison.
Dans
la nuit de mardi à mercredi, un jet de cocktail molotov avait
déclenché un incendie dans une grande surface de meubles sur
la zone industrielle Ouest d’Arras. Le feu avait ravagé le
magasin et s’était propagé à un magasin voisin de tapis,
lui aussi totalement détruit. Seize salariés sont depuis
lors au chômage technique. A Bordeaux, des véhicules de
police ont été incendiés dans l’enceinte du palais de
justice dans la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris de
source proche de l'enquête.
Vingt-cinq
départements métropolitains sur 96 ont été autorisés à
instaurer un couvre-feu pour les mineurs de 21h00 à l’aube
jusqu’au 20 novembre inclus, aux termes du décret réactivant
la loi du 3 avril 1955 sur l’état d'urgence.
Cette
mesure exceptionnelle est désormais appliquée dans des
communes de six départements : Alpes-Maritimes, Somme,
Seine-Maritime, Loiret, Eure et Landes, où le préfet a pris
un arrêté en ce sens vendredi.
Jacques Chirac qui a affirmé
jeudi que la priorité restait le « rétablissement de
l’ordre public » a exhorté les parents à la « responsabilité. »
Il a évoqué « les trop nombreux mineurs qui, souvent
poussés par leurs aînés, ont participé aux violences
urbaines. »
Lors
de l’émission « A vous de juger » sur France 2,
Nicolas Sarkozy s'est défendu de tout amalgame entre les
jeunes des cités défavorisées et les « voyous »
et « racailles » à l’origine des incidents,
termes controversés qu’il a répétés à l’encontre
d’un jeune garçon qui lui posait des questions quant à
l’opportunité de toutes les mesures prises pour endiguer
les violences. J’ai entendu personnellement les réponses du
ministre : elles n’étaient pas dignes d’un homme
adulte face à un garçon qui n’a jamais été impoli à son
égard.
Quelque
300 personnes se sont rassemblées vendredi devant le Mur de
la Paix au Champ-de-Mars, à Paris, à l’appel du collectif
« Banlieues Respects » qui regroupe 162
associations, pour demander le retour à la paix dans les
quartiers. C’est bien peu en fait et l’on s’aperçoit
que les jeunes ne veulent pas se mêler aux associations et
garder leur libre-arbitre en ce qui concerne leur attitude
vis-à-vis non seulement des autorités mais également de
leurs propres parents.
Le
13 Novembre
Les
forces de l’ordre étaient en alerte samedi soir à Paris de
crainte de descentes de casseurs dans la capitale après une
16e nuit consécutive de violences dans les banlieues. Le préfet
de police, Pierre Mutz, a décidé d’interdire les
rassemblements « de nature à provoquer ou entretenir le
désordre » dans la capitale de samedi 10h00 à dimanche
08h00, à la suite d’appels à des « actions violentes »
sur Internet et via des SMS. Les lignes de transports en
commun menant à Paris, en particulier le réseau RER, font
l’objet d'une surveillance renforcée. Au total, quelque
3.000 hommes étaient mobilisés dans la capitale pour ce
week-end qui fait figure de test pour les forces de l’ordre.
Le
ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, s’est rendu brièvement
en début de soirée sur les Champs-Elysées « afin
d'inspecter le dispositif de sécurité » mais sa
visite, encadrée par la police, s’est déroulée dans une
atmosphère houleuse, plusieurs jeunes présents criant
« Démission ! » à son adresse. Une extrême
vigilance était également de mise dans le secteur du Stade
de France, à Saint-Denis, près de Paris, pour le match de football France-Allemagne. Dans
l’entourage du ministre de l’Intérieur, on espérait que
la conjonction de la pluie et de la rencontre sportive aurait
un effet dissuasif sur les fauteurs de troubles. Le couvre-feu
n’est pas en vigueur à Paris et dans la région parisienne.
Vingt-cinq
départements métropolitains sur 96 ont été autorisés à
instaurer un couvre-feu pour les mineurs de 21h00 à l’aube
jusqu’au 20 novembre inclus, aux termes du décret réactivant
la loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence. Cette mesure
exceptionnelle est désormais appliquée depuis samedi dans
des communes de sept départements: Alpes-Maritimes, Somme,
Seine-Maritime, Loiret, Eure, Landes et Rhône. Le préfet du
Rhône, Jean-Pierre Lacroix, a décidé d’instaurer un
couvre-feu durant le week-end à Lyon et dans dix autres
communes à partir de 22h00 à la suite d’une nuit plus agitée
que les précédentes : Des incidents ont en effet opposé
samedi après-midi dans le centre de Lyon une cinquantaine de
jeunes aux forces de l’ordre qui ont répliqué par des tirs
de grenades lacrymogènes.
La
seizième nuit consécutive de violences urbaines en France a
été marquée en effet par une recrudescence des incidents en
province où 416 véhicules ont été incendiés, et une
relative accalmie en Ile-de-France. Deux
policiers ont été blessés dont un grièvement au visage par
l'explosion d’un cocktail molotov placé dans une voiture en
feu à Saint-Quentin (Aisne). Brûlé au deuxième degré,
l’homme a quitté l’hôpital samedi.
La
police recherche par ailleurs activement l'homme qui a jeté
vendredi soir deux engins incendiaires contre la mosquée de
Carpentras (Vaucluse) dont l’un a explosé contre la porte
de l'édifice à l’heure de la prière. Jacques Chirac a condamné
cette agression et exprimé sa solidarité avec la communauté
musulmane de la ville. » « Toute la lumière sera
faite » sur cet acte a assuré le chef de l'Etat.
Un
jeune homme de 19 ans dont l’interpellation musclée filmée
lundi par France 2 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) a valu
à huit policiers d'être suspendus, a de nouveau été arrêté
samedi matin à son domicile au Bourget.
Il
a été reconnu par un officier des sapeurs-pompiers sur
lesquels il avait jeté des pierres vendredi soir en marge
d’un incendie de véhicules. Trois fonctionnaires ont été
mis hors de cause dans cette affaire. Un policier a été mis
en détention provisoire vendredi et les quatre autres ont été
placés sous contrôle judiciaire. Le syndicat de police
Alliance s’est insurgé contre une sanction disproportionnée
et Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la
France (MPF), a dénoncé samedi « une sanction
violemment outrancière. » La section Alliance de
Seine-Saint-Denis a appelé les policiers à observer un
service minimum.
Depuis
le début des violences, 568 personnes, dont 103 mineurs, ont
été écrouées. Quelque 600 personnes ont défilé samedi
dans l’agglomération toulousaine entre le quartier de La
Reynerie et la place du Capitole pour appeler à la fin des
violences. « Chirac, Villepin, Sarkozy, Démission »
pouvait-on lire sur une banderole. Une autre proclamait
« Non à toutes les discriminations, non aux lois
d’exception. »
A
20h00 samedi, cinq voitures avaient été brûlées à la
Reynerie, d’après la cellule de crise de la préfecture des
Midi-Pyrénées qui a évoqué une situation assez tendue.
Plusieurs
centaines de personnes se sont rassemblées place Saint-Michel,
à Paris, contre les discriminations et les lois d'exception
à l'appel notamment du Mouvement contre le racisme
et pour l’amitié entre les peuples (MRAP). La manifestation
avait été autorisée par la préfecture de police. Une
marche a également eu lieu samedi à Stains
(Seine-Saint-Denis) où un homme de 60 ans agressé le 4
novembre avait succombé à ses blessures.
Le
14 Novembre
J’ai
regardé hier après-midi « Ripostes » sur la 5 et
j’ai été surprise de voir une nouvelle fois un Tariq
Ramadam complètement détendu qui se permet de juger sans
vergogne tout ce qui se passe en France (et en Europe
d’ailleurs) alors qu’il est en Angleterre, fort bien
accepté par Tony Blair, mais qu’il n’a plus le droit
d’enseigner dans son propre pays, la Suisse.
Il doit y avoir
tout de même de fort bonnes raisons pour cela. Les positions
des autres invités étaient mitigées : Alain
Fienkelkraut n’a pas été tendre avec les casseurs car,
pour lui (entre autres), brûler les crèches, les écoles et
les gymnases, c’est détruire ce qui permet aux jeunes des
cités d’évoluer intellectuellement et physiquement. Les
cent millions d’euros que les banlieues vont toucher pour la
reconstruction eussent été mieux employés pour envisager de
nouvelles entreprises.
Voici
comme chaque jour les informations :
Des
incidents sporadiques ont éclaté dimanche soir pour la 18e
nuit consécutive dans les banlieues françaises,
principalement en province, mais les autorités veulent croire
à un retour progressif à la normale. Au total, 374 véhicules
ont été incendiés dont 298 en province et 76 en région
parisienne, dans la nuit de samedi à dimanche, un chiffre qui
marque une baisse de 25% de ce type d'incidents.
Si
l'accalmie prévaut, notamment en Ile-de-France, des zones
sensibles demeurent, dans le Rhône et l’agglomération
toulousaine. Des incendies de véhicules ont également été
signalés dimanche soir dans la banlieue de Strasbourg. Dix véhicules
ont été incendiés à Toulouse dimanche soir. Dix personnes
ont été interpellées, dont quatre mineurs. Une voiture-bélier
lancée contre une école du quartier de La Reynerie a provoqué
d'importants dégâts. L'établissement sera fermé lundi.
Dans
le Rhône où le couvre-feu est en vigueur jusqu’à lundi
matin à Lyon et dans onze autres communes, les forces de
l’ordre restent en alerte. La préfecture avait décidé
d’interdire dimanche tout rassemblement dans le centre de
Lyon entre 14h00 et 19h00, au lendemain d’échauffourées
entre jeunes et forces de l'ordre. Pour la première fois
depuis le début des violences, le 27 octobre, des incidents
ont en effet éclaté au coeur d’une grande ville. Place
Bellecour, une cinquantaine de jeunes ont jeté samedi des
projectiles sur les policiers et CRS qui ont répliqué par
des tirs de grenades lacrymogènes. La grande mosquée de Lyon
a été la cible d’un engin incendiaire, qui n’a pas
explosé, dans la nuit de samedi à dimanche. (Ce ne sont pas
tout de même de jeunes musulmans qui procèdent à ce genre
de manœuvres, ce serait le comble. J’ai l’impression que
l’extrême-droite s’introduit dans les failles et fait
calmement son travail de sape !) Signe toutefois d'un
retour à la normale, la direction des transports de
l’agglomération lyonnaise (TCL) a décidé d’assurer les
services de bus jusqu’à 21h00 lundi et mardi alors qu’ils
étaient interrompus à 19h00 depuis mercredi en raison des
violences.
Le
conseil des ministres a été avancé à lundi en vue de
l’examen d'un projet de loi autorisant l’éventuelle
prorogation de l’état d'urgence en vigueur jusqu’au 20
novembre inclus. Vingt-cinq départements métropolitains sur
96 ont été autorisés à instaurer un couvre-feu pour les
mineurs, aux termes du décret réactivant la loi du 3 avril
1955 sur l’état d’urgence. Cette mesure exceptionnelle
est appliquée dans des communes de sept départements :
Alpes-Maritimes, Somme, Seine-Maritime, Loiret, Eure, Landes
et Rhône.
Les
premières expulsions d'étrangers, en situation régulière
ou irrégulière, impliqués dans les violences pourraient
intervenir daujourd’hui. Le ministre de l’Intérieur,
Nicolas Sarkozy, a déclaré samedi soir que ces mesures
seraient appliquées dès le tout début de la semaine.
« Toute personne étrangère en situation régulière
peut se voir retirer sous certaines conditions son titre de séjour
si elle a participé à des émeutes et ceci avant même la
condamnation » a-t-il expliqué, sans préciser le
nombre de personnes visées. « Cela ne remet en aucune
manière en cause l’abrogation de la double peine »
a-t-il souligné. Le Conseil d'Etat a rejeté samedi une requête
en référé de SOS-Racisme
qui demandait la suspension de cette mesure.
Nicolas
Sarkozy est attendu ce lundi en Seine-Saint-Denis pour y
rencontrer des policiers choqués par le placement en détention
provisoire d’un de leurs collègues pour la « bavure »
survenue lundi dernier à La Courneuve. Le jeune homme
de 19 ans dont l’interpellation musclée filmée lundi par
France 2 avait valu à huit policiers d’être suspendus, a
été interpellé samedi à son domicile, au Bourget. Il avait
jeté des pierres sur des pompiers vendredi soir. Sur les huit
fonctionnaires concernés,
trois ont été mis hors de cause et leur suspension a été
levée samedi par Nicolas Sarkozy. Un policier a été mis en
détention provisoire vendredi et les quatre autres ont été
placés sous contrôle judiciaire. « Dès lundi, je
serai avec eux (les policiers de Seine-Saint-Denis) pour leur
dire qu’il n'y a pas d’amalgame et que ma confiance est
totale » a déclaré samedi soir le ministre de l'Intérieur.
L’Union
européenne est intervenue dimanche dans la crise par la voix
de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne,
pour proposer une aide de quelque 50 millions d’euros à la
France pour faire face à la situation dans les banlieues. Le
chef de l’exécutif européen a rencontré dimanche soir le
Premier ministre, Dominique
de Villepin.
Le
15 Novembre
J’ai
regardé un petit moment « Mots croisés » hier
soir sur la 2. Je suis effarée. Voici ce que le gouvernement
propose comme solution à tous les problèmes que nous avons
connus depuis plus de quinze jours : un service civil de
six mois aux jeunes des banlieues ! Que peut-on faire en
six mois ? Peut-on apprendre un métier en six mois ?
Peux-ton se réinsérer dans la vie sociale en six mois ?
6 mois, c’est une goutte d’eau dans un vase percé, six
mois, c’est une constatation d’échec total, d’incompréhension
absolue envers les jeunes. En tout cas, c’est mon avis et
plusieurs invités le partageait avec moi.
Voici
comme chaque jour les informations :
La
police a constaté une diminution sensible des incidents de
violences urbaines en France dans la nuit de lundi à mardi,
hormis Paris intra-muros où 13 véhicules ont été incendiés
contre un seul la veille.
A
Saint-Chamond, dans la Loire, trois cocktails Molotov ont été
jetés contre la façade d'une mosquée, provoquant des dégâts
légers, a déclaré un porte-parole de la Direction générale
de la police nationale (DGPN).
A
4h00, 162 véhicules avaient été incendiés sur tout le
territoire contre 271 la veille à la même heure. En
province, la DGPN avait recensé 115 voitures brûlées contre
209 la veille et en région parisienne 47 contre 62. A 4h00,
la police avait procédé à 42 interpellations contre 112 la
veille à la même heure a ajouté la DGPN, qui a fait état
d’un seul policier blessé. Un local associatif à Bourges
et un local poubelle à Montfermeil (Seine-Saint-Denis) ont été
incendiés, ce qui a nécessité l’évacuation
d’appartements voisins en raison de l’émanation de fumées
toxiques.
La
tendance à l’apaisement des « violences urbaines »
en France semble s'être poursuivie dans la nuit de mardi à
mercredi, du moins en Ile-de-France. A 04h00, la
Direction générale de la police nationale signalait 159 véhicules
incendiés contre 162 la veille à la même heure et 271 dans
la nuit de dimanche à lundi. Durant cette 20e nuit de
violences urbaines, 44 personnes avaient été interpellées
contre 42 au même stade de la nuit précédente. En Ile-de-France, 27 véhicules
avaient été incendiés en milieu de nuit contre 47 la nuit
précédente. En province, la DGPN recensait toutefois 132 véhicules
brûlés contre 115 la veille mais 209 dans la nuit de
dimanche à lundi.
A
Romans-sur-Isère, dans la Drôme, l’église Saint-Jean
d'Ars a par ailleurs été endommagée dans la soirée par un
incendie vraisemblablement d’origine criminelle qui a
provoqué des dégâts en cours d’évaluation, a précisé
un porte-parole de la DGPN. Deux départs de feu ont été
constatés par les pompiers. Les flammes se sont propagées
autour de l’autel et dans une pièce annexe, a-t-on ajouté
de même source. « C’est apparemment un acte très
isolé, le quartier était très calme, pas de rassemblement,
pas d’attroupement, pas d’émeutes » a déclaré sur
France Info le maire PS de la ville, Henri Bertholet, qui a
lancé un appel au calme.
« Ceux
qui ont choisi de s’attaquer à une église soit sont des
gens complètement inconscients, soit au contraire des gens
qui savaient très bien qu'en s’attaquant à une église,
ils provoqueraient une émotion forte » a-t-il ajouté.
Plus
tôt dans la soirée, les députés avaient sans surprise
adopté le projet de loi qui prolonge de trois mois l’état
d’urgence en France. Le texte, en application d’une loi
d’exception de 1955, devrait être voté par le Sénat
mercredi et entrer en vigueur lundi prochain. « Cette
prorogation est nécessaire au regard des tensions que nous
constatons encore » a déclaré le ministre de l’Intérieur,
Nicolas Sarkozy. Mardi, le ministère de l’Intérieur
faisait état d’un « retour à une situation quasi
normale. » « La situation reste difficile dans un
grand nombre de quartiers, nous ne pouvons pas accepter que
plus de 200 voitures brûlent chaque nuit » a déclaré
pour sa part Dominique de Villepin lors
des questions d’actualité à l'Assemblée nationale.
Pour
le Premier ministre, la prorogation pour trois mois de la loi
de 1955 sur l’état d’urgence « est une mesure de précaution
qui permet aux préfets, avec l’accord du maire, de disposer
des instruments nécessaires au rétablissement de l’ordre,
si les circonstances l’exigent. » Le Parlement
français a adopté définitivement le projet de loi qui
prolonge de trois mois l’état d'urgence en France instauré
le 9 novembre en raison des violences urbaines. Le Sénat a
adopté par 202 voix contre 125 le projet de loi présenté
par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Le texte
ayant été voté dans les mêmes termes par le Sénat et
l'Assemblée, il est définitivement adopté par le Parlement.
Les députés l’avaient approuvé mardi par 346 voix contre
146.
Les
groupes UMP et UDF ont voté pour. Les
groupes PS et PCR ainsi que les radicaux de gauche et les Verts ont voté contre ce
projet de loi qui avait été présenté lundi dernier en
conseil des ministres. Le texte, composé de trois articles,
prolonge de trois mois l'état d’urgence instauré pour une
durée de douze jours - donc jusqu'au 21 novembre - en
application d’une loi d’exception d’avril 1955, durant
la guerre d’Algérie.
Bien
que l'intensité des violences dans les banlieues défavorisées
ait nettement diminué ces derniers jours, le ministre de
l'Intérieur a estimé que cette prorogation était « nécessaire
au regard des tensions que nous constatons encore. » Si
l'UMP soutient « sans réserve » cette mesure,
l'UDF se dit « perplexe », rappelle que « la
défense des libertés publique est fondamentale » mais
a décidé « de ne pas faire obstacle » à sa
prorogation. Les socialistes estiment que la prorogation de
l’état d’urgence « ne paraît pas adaptée à la réalité
de la situation. Nous avons déjà une panoplie juridique
à notre disposition et proroger l’état d’urgence nous
semble inutile » a dit Jean-Pierre Bel, président du
groupe socialiste du Sénat. Les communistes, plus critiques,
affirment que l’état d'urgence « met en danger les
libertés individuelles. » Comme les Verts, ils réclament
l’abrogation de la loi d’avril 1955.
Il
m’a semblé important, vu les circonstances, voir ce qu’était
en fait l’état d’urgence et s’il correspondait à ce
que la France qui n’est pas en état de guerre a besoin en
ce moment même :
L’état
d’urgence peut être déclaré sur tout ou partie du
territoire métropolitain, de l’Algérie ou des départements
d’outre-mer, soit en cas de péril imminent résultant
d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’événements
présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère
de calamité publique.
Il
semble bien, à la lecture de ces quelques lignes que l’état
d’urgence s’est appliqué en France à une époque où
l’on pouvait considérer que, même si l’on ne le disait
pas explicitement, notre pays était en guerre avec l’Algérie
et que des mesures exceptionnelles s’imposaient peut-être.
-
Article 2 Modifié par Ordonnance n°60-372 du 15 avril 1960
art. 1 (JORF 17 avril 1960) : L’état d’urgence est déclaré
par décret en Conseil des ministres. Ce décret détermine la
ou les circonscriptions territoriales à l’intérieur
desquelles il entre en vigueur. Dans la limite de ces
circonscriptions, les zones où l’état d’urgence recevra
application seront fixées par décret. La prorogation de l’état
d’urgence au-delà de douze jours ne peut être autorisée
que par la loi.
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Article 3 Modifié par Ordonnance n°60-372 du 15 avril 1960
art. 1 (JORF 17 avril 1960) : La loi autorisant la
prorogation au-delà de douze jours de l’état d’urgence
fixe sa durée définitive.
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Article 4 Modifié par Ordonnance n°60-372 du 15 avril 1960
art. 1 (JORF 17 avril 1960) : La loi portant prorogation
de l’état d’urgence est caduque à l’issue d’un délai
de quinze jours francs suivant la date de démission du
Gouvernement ou de dissolution de l’Assemblée nationale.
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Article 5 : La déclaration de l’état d’urgence
donne pouvoir au préfet dont le département se trouve en
tout ou partie compris dans une circonscription prévue à
l’article 2 :
1°
D’interdire la circulation des personnes ou des véhicules
dans les lieux et aux heures fixés par arrêté.
2°
D’instituer, par arrêté, des zones de protection ou de sécurité
où le séjour des personnes est réglementé.
3°
D’interdire le séjour dans tout ou partie du département
à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière
que ce soit, l’action des pouvoirs publics.
-
Article 6 Modifié par Loi n°55-1080 du 7 août 1955 art. 3
(JORF 14 août 1955) : Le ministre de l’intérieur dans
tous les cas et, en Algérie, le gouverneur général peuvent
prononcer l’assignation à résidence dans une
circonscription territoriale ou une localité déterminée de
toute personne résidant dans la zone fixée par le décret
visé à l’article 2 dont l’activité s’avère
dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics des
circonscriptions territoriales visées audit article.
L’assignation à résidence doit permettre à ceux qui en
sont l’objet de résider dans une agglomération ou à
proximité immédiate d’une agglomération. En aucun cas,
l’assignation à résidence ne pourra avoir pour effet la création
de camps où seraient détenues les personnes visées à
l’alinéa précédent. L’autorité administrative devra
prendre toutes dispositions pour assurer la subsistance des
personnes astreintes à résidence ainsi que celle de leur
famille.
-
Article 7 Modifié par Loi n°80-514 du 7 juillet 1980 art.
unique (JORF 9 juillet 1980) : Toute personne ayant
fait l’objet d’une des mesures prises en application de
l’article 5 (3°), ou de l’article 6 peut demander le
retrait de cette mesure. Sa demande est soumise à une
commission consultative comprenant des délégués du Conseil
général désignés par ce dernier et comportant, en Algérie,
la représentation paritaire d’élus des deux collèges. La
composition, le mode de désignation et les conditions de
fonctionnement de la commission seront fixés par un décret
en Conseil d’Etat. Les mêmes personnes peuvent former un
recours pour excès de pouvoir contre la décision visée à
l’alinéa 1er ci-dessus devant le tribunal administratif
compétent. Celui-ci devra statuer dans le mois du recours. En
cas d’appel, la décision du Conseil d’Etat devra,
intervenir dans les trois mois de l’appel. Faute par les
juridictions ci-dessus d’avoir statué dans les délais fixés
par l’alinéa précédent, les mesures prises en application
de l’article 5 (3°) ou de l’article 6 cesseront de
recevoir exécution.
-
Article 8 : Le ministre de l’intérieur, pour
l’ensemble du territoire où est institué l’état
d’urgence, le gouvernement général pour l’Algérie et le
préfet, dans le département, peuvent ordonner la fermeture
provisoire des salles de spectacles, débits de boissons et
lieux de réunion de toute nature dans les zones déterminées
par le décret prévu à l’article 2. Peuvent être également
interdites, à titre général ou particulier, les réunions
de nature à provoquer ou à entretenir le désordre.
-
Article 9 : Les autorités désignées à l’article 6
peuvent ordonner la remise des armes de première, quatrième
et cinquième catégories définies par le décret du 18 avril
1939. Les armes de la cinquième catégorie remises en vertu
des dispositions qui précèdent donneront lieu à récépissé.
Toutes dispositions seront prises pour qu’elles soient
rendues à leur propriétaire en l’état où elles étaient
lors de leur dépôt.
-
Article 10 : La déclaration de l’état d’urgence
s’ajoute aux cas visés à l’arrêté article 1er de la
loi du 11 juillet 1938 sur l’organisation générale de la
nation en temps de guerre pour la mise à exécution de tout
ou partie des dispositions de ladite loi en vue de pourvoir
aux besoins résultant de circonstances prévues à
l’article 1er.
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Article 11 Modifié par Ordonnance n°60-372 du 15 avril 1960
art. 1 (JORF 17 avril 1960) : Le décret déclarant ou la
loi prorogeant l’état d’urgence peuvent, par une
disposition expresse :
1°
Conférer aux autorités administratives visées à
l’article 8 le pouvoir d’ordonner des perquisitions à
domicile de jour et de nuit.
2°
Habiliter les mêmes autorités à prendre toutes mesures pour
assurer le contrôle de la presse et des publications de toute
nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des
projections ciné-matographiques et des représentations théâtrales.
Les
dispositions du paragraphe 1° du présent article ne sont
applicables que dans les zones fixées par le décret prévu
à l’article 2 ci-dessus.
-
Article 12 Modifié par Loi n°2000-516 du 15 juin 2000 art.
83 (JORF 16 juin 2000) : Lorsque l’état d’urgence
est institué, dans tout ou partie d’un département, un décret
pris sur le rapport du garde des sceaux, ministre de la
justice, et du ministre de la défense nationale peut
autoriser la juridiction militaire à se saisir de crimes,
ainsi que des délits qui leur sont connexes, relevant de la
cour d’assises de ce département. La juridiction de droit
commun reste saisie tant que l’autorité militaire ne
revendique pas la poursuite et, dans tous les cas, jusqu’à
l’ordonnance prévue à l’article 133 du code
d’instruction criminelle. Si, postérieurement à cette
ordonnance, l’autorité militaire compétente pour saisir la
juridiction militaire revendique cette poursuite, la procédure
se trouve, nonobstant les dispositions de l’article 24,
dernier alinéa, du code de justice militaire, portée de
plein droit devant la chambre des mises en accusation prévue
par l’article 68 du code de la justice militaire, lorsque la
chambre de l’instruction saisie n’a pas encore rendu son
arrêt, soi t devant la juridiction militaire compétente
ratione loci lorsqu’un arrêt de renvoi a été rendu. Dans
ce dernier cas, les dispositions de l’alinéa ci-après sont
applicables, et il n’y a pas lieu pour la Cour de cassation
de statuer avant le jugement sur les pourvois qui ont pu être
formés contre cet arrêté. Le tribunal militaire est
constitué et statue, dans les conditions fixées aux deux
derniers alinéas de l’article 10 du code de la justice
militaire.
Lorsque
le décret prévu à l’alinéa du présent article est
intervenu, dans les circonscriptions judiciaires précisées
audit décret et pour toutes les procédures déférées à la
juridiction militaire, il ne pourra être exercé aucune voie
de recours contre les décisions des juridictions
d’instruction, y compris l’arrêt de renvoi, à
l’exception de l’opposition contre les ordonnances
statuant sur une demande de mise en liberté provisoire devant
la chambre des mises en accusation, qui statuera dans la
quinzaine. Une nouvelle opposition ne pourra être élevée
que contre une ordonnance rendue plus de deux mois après une
précédente décision de rejet de la chambre des mises en
accusation.
Les
pourvois en cassation contre les décisions des juridictions
d’instruction ne peuvent être formés qu’après jugement
statuant au fond et, s’il y a lieu, en même temps que le
pourvoi élevé contre celui-ci. Ils sont portés devant un
tribunal militaire de cassation établi par décret en se
conformant aux articles 126 à 132 du code de justice
militaire et statuant dans les conditions de forme et de fond
prévues aux articles 133 à 155 dudit code.
Aucune
voie de recours, même en cassation, ne pourra également être
exercée contre les décisions des juridictions
d’instruction de droit commun statuant sur des faits prévus
audit décret à l’exclusion de l’appel devant la chambre
des mises en accusation.
- Article 13 : Les infractions aux dispositions
des articles 5, 6, 8, 9 et 11 (2°) seront punies d’un
emprisonnement de huit jours à deux mois et d’une amende de
5000 à 200000 F ou de l’une de ces deux peines seulement.
L’exécution d’office, par l’autorité administrative,
des mesures prescrites peut être assurée nonobstant
l’existence de ces dispositions pénales
- Article 14 : Les mesures prises en application
de la présente loi cessent d’avoir effet en même temps que
prend fin l’état d’urgence. Toutefois, après la levée
de l’état d’urgence les tribunaux militaires continuent
de connaître des crimes et délits dont la poursuite leur
avait été déférée.
- Article 15 : L’état d’urgence est déclaré
sur le territoire de l’Algérie et pour une durée de six
mois. Un décret, pris en exécution de l’article 2, fixera
les zones dans lesquelles cet état d’urgence recevra
application
- Article 16 : L’état d’urgence déclaré par
l’article 15 emporte, pour sa durée l’application de
l’article 11 de la présente loi.
Sans
vouloir analyser ces articles à fond, car tel n’est pas mon
propos, je m’aperçois tout de même que l’état
d’urgence permet à l’autorité militaire d’intervenir
au moindre appel, prenant le pas sur l’autorité judiciaire
et c’est exactement ce que proclamait Monsieur de Villiers
à qui voulait l’entendre. Les députés et les sénateurs
ont-ils bien étudié en votant d’une manière aussi rapide
l’état d’urgence ce qu’il impliquait ?
Le
18 Novembre
Les
violences de ce mois de novembre vont-elles s’achever dans
des flots de beaujolais ? Je ne sais mais je n’ai pu
recueillir aujourd’hui que ces « frasques » De
Grenoble…
De
violents affrontements entre jeunes et policiers ont éclaté
dans la nuit de jeudi à vendredi dans le centre de Grenoble
(Isère), en marge des festivités marquant l’arrivée du
Beaujolais nouveau. Une vingtaine de jeunes ont été blessés
ainsi que 17 policiers, a déclaré le directeur départemental
de la police, le commissaire Jean-Claude Borel-Garin.
Les
violences se sont également soldées par 21 interpellations
pour « violence à agents de la force publique avec
armes par destination et participation à un attroupement armé. « Tout
a commencé vers 00h30 au moment où des pompiers appelés
pour soigner un blessé dans le Vieux Grenoble ont été pris
à partie par plusieurs groupes de jeunes qui ont endommagé
leur véhicule. Des policiers venus prêter main forte aux
pompiers ont été agressés à leur tour.
Entre
2.000 et 3.000 jeunes, en majorité des étudiants, sont alors
sortis des bars où ils fêtaient l’arrivée du Beaujolais
nouveau et ont lancé des projectiles sur les policiers. Des
bouteilles de vin ont même été lancées depuis les fenêtres
d’appartements. « C'est une situation d'émeute à
laquelle nous avons été confrontés cette nuit » a déclaré
le commissaire Borel-Garin. « Les rues étaient jonchées
de débris de verre, c'était un véritable spectacle de désolation. »
Une centaine de policiers et de CRS venus en renforts ont dû
faire face une partie de la nuit à des milliers de jeunes qui
ont également tenté de dresser des barricades.
"Certains
étaient très politisés et, imbibés de vin primeur,
voulaient faire la révolution, une révolution 'rouge
beaujolais'", a rapporté le commissaire.
Les
forces de l'ordre ont dû avoir recours aux gaz lacrymogènes,
aux grenades de désengagement et aux flash-balls pour maîtriser
la situation. Le calme est revenu vers 03h00 du matin.
Le
député-maire de Grenoble, Michel Destot, a fait part de son
"indignation" après ces violences.
"Je
condamne avec la plus grande fermeté les comportements
inqualifiables des personnes qui s'en sont prises violemment
aux pompiers et aux forces de l'ordre sans raison aucune, dans
le mépris le plus total de leur environnement et des
habitants des quartiers Notre-Dame et du centre ville",
écrit-il dans un communiqué.
Michel
Destot a décidé d'organiser une réunion dans les prochains
jours avec les services de la préfecture "afin d'évoquer
les suites à réserver aux prochaines demandes d'organisation
de cette soirée, qui ne pourra à mon sens se dérouler selon
la même amplitude horaire les prochaines années".
L'arrivée
du Beaujolais nouveau est traditionnellement fêtée en France
chaque troisième jeudi de novembre.
Le
19 Novembre
Il
semblerait ainsi que les violences se soient achevées (pour
combien de temps ?) dans des flots de beaujolais. Est de
bon au de mauvais augure ? Je ne saurais le dire et je ne
suis pas non plus en mesure de prévoir, à court, à moyen ou
à long terme les possibilités pour le gouvernement de mettre
fin à la crise des banlieues qui résulte bien sûr d’une
part du chômage mais également de la ghettoïsation des
communautés venues d’Afrique ou du maghreb principalement.
J’ai voulu simplement suivre jour par jour les évènements
car je ne crois pas qu’on puisse avoir en procédant d’une
autre façon une vue d’ensemble qui permette un jugement
objectif de toutes les prises de position, qu’elle vienne
des jeunes en colère ou des membres du gouvernement dont
certaines paroles sont allées très loin dans le désaveu et
sans doute dans l’ignorance de ce qui existe vraiment.
Le
20 Novembre
Les
trois semaines de convulsions dans les banlieues ont été un
violent appel à l’adresse des politiques, avec un défi à
court terme lancé au gouvernement, celui du retour au calme,
et une injonction à agir sur les racines de ce mal français.
Dans cette
crise exceptionnelle qui a conduit à une mesure qui ne
l’est pas moins, l’instauration de l’état d'urgence,
les premiers rôles ont été tenus par Nicolas Sarkozy et Dominique
de Villepin. Jusqu’à son adresse aux Français
du 14 novembre, le président Jacques
Chirac a paru au contraire en retrait.
Le ministre de
l’Intérieur a d'abord été accusé d’avoir été
l’incendiaire en usant, dans le contexte explosif de cités
déshéritées, d’une « sémantique guerrière »
comme l’a qualifiée son collègue du gouvernement Azouz
Begag, (« voyous », « racaille ») Puis
Nicolas Sarkozy a été crédité d’avoir été un pompier
efficace, près de sept Français sur 10, selon des sondages,
approuvant son action pour ramener l’ordre. Mais
l’embellie de sa popularité ne s’est pas jouée contre
son rival potentiel de 2007 Dominique de Villepin. Le
Premier ministre est aussi gratifié d’un bond de popularité.
Des spécialistes
rappellent cependant que les Français ont ainsi exprimé
avant tout un désir de sécurité, encore sous le choc
d'images - incendies, affrontements - qui les ont sidérés.
Après des débuts cafouilleux, les numéros un et deux du
gouvernement ont dû laisser leurs querelles au vestiaire et
unir leurs efforts face à une situation qui n’admettait
plus les bisbilles gouvernementales.
Ainsi de l'imposition de l’état d’urgence par la
réactivation d’une loi de 1955 datant de la guerre d’Algérie
: réputé opposé à cette mesure lourde, M. Sarkozy ne l’a
pas critiquée. Tout au long de la crise, pas forcément éteinte,
le PS a paru embarrassé. Pour plusieurs observateurs, face
aux menaces d’un embrasement acccru, il a observé une
« posture républicaine », évitant d’attiser
les flammes. Son discours ne s’est durci qu’une fois
l’accalmie amorcée. Englué dans la préparation d’un
congrès à risques et dans les rivalités de ses chefs, le PS
espérait se rattraper au Mans en votant, tous courants
confondus, une « adresse aux Français »
condamnant la politique gouvernementale dans les banlieues.
Si l’extrême
gauche a été quasi-absente, l’extrême droite,
silencieuse, attendait d’engranger les dividendes d’un débat
qui a charrié ses thèmes favoris : immigration, « islamisation »,
polygamie, insécurité... « Comme chaque fois que
la situation parle pour lui, Jean-Marie Le Pen s'est tu »
selon le politologue Dominique Reynié. Ces dividendes,
Philippe de Villiers (MPF) compte les lui disputer âprement.
Tambourinée
hors des frontières, la crise a écorné l’image de la
France, contraignant des ministres à porter la bonne parole
à des correspondants étrangers prompts à décrire des
apocalypses aux portes de Paris. Sont aussi montés en première
ligne les hommes politiques les plus proches du terrain : les
maires, particulièrement ceux qui gèrent des quartiers
sensibles.
Mais
pour M. Reynié comme pour le politologue Stéphane Rozès, un
« pacte tacite » a été rompu entre la classe
politique et les Français. Des politiques de la Ville généreuses,
bien que palliatives, faisaient oublier l’intégration ratée
et les cités en perdition. Selon eux, après cet embrasement
général, ce n’est désormais plus possible, les banlieues
étant devenues un enjeu politique majeur.
Pour
ma part et parce que je veux clore ce « premier chapitre »
d’évènements forts et douloureux dont je ne puis
absolument pas affirmer qu’ils se sont terminés pour le
meilleur car le pire peut arriver à tout moment, je crois
comme les politologues que cette crise a été la bienvenue
pour Le Pen qui devait se réjouir chaque jour un peu plus et
attendre benoîtement que de nombreux Français conservateurs
se rallient à ses thèses. Il engrangeait pour 2007, je le
conçois. C’est la raison pour laquelle j’espère que le
gouvernement, plutôt que de se confiner dans des tâches
politiques, trouvera le début d’une solution pour améliorer
le sort des banlieues et des communautés qui les habitent. En
guise de conclusion, je voudrais simplement dire qu’ayant
des problèmes avec mon ordinateur pour aller sur Internet, un
technicien de France Telecom est venu hier examiner mes problèmes.
Il était fils d’un Algérien très pieux et d’une
Tunisienne. J’ai donc pu constater de visu que, avec de la
bonne volonté et des parents attentifs, tout individu a les
possibilités de s’en sortir, à condition bien sûr qu’il
ait la volonté de le faire et ne soit pas entraîné par des
copains à saccager son environnement.