Une photographie de Stéphane Popu

 

Séisme au Cachemire

 

par Lise Willar   

 

Mots...dits

 

 

Retrouvez les écrits de Lise Willar 
sur son site

 

             N’oublions jamais qu’Ingrid Bétancourt est retenue par les FARQ en Colombie

  

 

Trop de gens autour de moi disent que le Pakistan a beaucoup d’argent pour fabriquer une bombe atomique et entretenir des écoles coraniques islamistes mais rien pour les petits enfants du Cachemire que je me suis penchée sur les dernières années de l’histoire de ce pays :

A l’inverse de son voisin indien, le Pakistan n’a jusqu’à aujourd’hui jamais réussi à établir un régime démocratique stable. Depuis la partition en 1945, l’oligarchie militaire a régulièrement imposé sa volonté en s’appuyant, parfois de manière obscure, sur une tendance islamique fondamentaliste, quand cette tendance n’était pas ouvertement encouragée, pendant le régime Zia par exemple.Le différend concernant le Cachemire oppose l’Inde et le Pakistan depuis la partition. L’Inde qui refuse tout référendum local, revendique le Cachemire dans son entier en faisant valoir que le caractère fondamentalement fédéral et laïque de son organisation lui permet d’accueillir toute population musulmane. Le Pakistan est accusé de mener une guerre en sous-main en incitant les combattants islamistes et en les aidant par l’intermédiaire de ses services secrets, l’Interservices Intelligence Agency (ISI). De son côté, le Pakistan considère que la population à très forte majorité musulmane lui donne une légitimité naturelle sur ce territoire.Deux des trois guerres que se sont menées les deux État étaient motivées par la question du Cachemire. En outre, comme il a été dit plus haut, la course à l’armement nucléaire s’explique essentiellement par l’existence de ce différend : moyen de dissuasion permettant à chaque pays d’adopter une posture arrogante, l’arme nucléaire constitue aussi une menace majeure pour l’ensemble du sous-continent et l’équilibre mondial. Un épisode armé majeur a été évité de justesse entre décembre 2001 et octobre 2002 après que l’Inde ait mobilisé des troupes le long de sa frontière avec le Pakistan à la suite de l’attaque terroriste sur son parlement à New Delhi.Pour la première fois en octobre 2002, des élections libres se sont tenues au Jammu-et-Cachemire, donnant le pouvoir aux autonomistes. Le taux moyen de participation ne s’est cependant élevé qu’à 44 %, de sorte que la valeur de ce scrutin a donné lieu à débats. Le Pakistan a annoncé le 23 novembre 2003 un cessez-le-feu unilatéral sur la ligne de contrôle (LOC), immédiatement accepté par l’Inde. En décembre 2003, Pervez Musharraf s’est déclare prêt à abandonner provisoirement une des plus anciennes revendications pakistanaises, la tenue d’un référendum au Cachemire, si cet abandon était de nature à favoriser une réglement pacifique du conflit. À la suite, l’Inde a laissé entendre qu’il existait bien un problème concernant le territoire du Cachemire, ce qui pourrait signifier qu’elle est prête à admettre que celui-ci ne faisait pas nécessairement partie intégrante de ses frontières.La situation du Pakistan au plan international a radicalement changé depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Le régime devint alors l’objet de toutes les attentions et disposa d’une aide financière d’un niveau jamais atteint : pour un pays dont 43 % des dépenses publiques sont consacrées au paiement de la dette extérieure, le choix de la coopération avec les États-Unis sur le front de la lutte contre Al-Qaida et les Talibans afghans était impossible à refuser même si le Pakistan a largement soutenu le régime taliban. Le Pakistan apparaît être, certes, pour de nombreux observateurs une base privilégiée, financière et opérationnelle, des mouvements terroristes islamistes dans le monde. Dès janvier 2002 pourtant, Pervez Musharraf a exprime le souhait de voir son pays revenir à une attitude plus distante avec l’Islam, dans le cadre d'un compromis social avec la religion, sans remise en cause de cette appartenance fondatrice. République islamique, le Pakistan est en effet profondément partagé entre son adhésion à l’Islam et sa tolérance historique au fondamentalisme islamique d’une part et les nécessités économiques et financières qui le conduisent à se présenter en allié fidèle des États-Unis et à participer à la traque des dirigeants d’Al-Qaida sur son territoire d’autre part.Que dire maintenant ? Je crois que le Cachemire, dans l’état actuel des choses, n’est plus l’enjeu de naguère. Ni l’Inde ni le Pakistan ne font des efforts surhumains pour sauver un territoire qu’il convoitait au point de se faire la guerre pour s’en assurer la possession. Ont-ils encore envie d’un état détruit par le dernier séisme ? J’en doute mais ce dont je ne doute pas, c’est que le Pakistan a toujours joué un double jeu entre les Occidentaux, les Etats-Unis surtout qu’ils veulent comme alliés, et leurs amis islamistes qui ont toujours une place prépondérante dans les cœurs et les esprits. 

Quelles sont donc au moment où je commence à écrire, le 26 octobre, les dernières nouvelles ? Les Nations unies vont porter aujourd’hui-même de 312 à 549 millions de dollars leur appel à l’aide d’urgence pour secourir les victimes du séisme du 8 octobre au Pakistan. « Les Nations unies ont révisé à la hausse leur appel d'urgence à 549 millions de dollars » a affirmé Masood Khan, ambassadeur pakistanais à l’Onu à Genève, à quelques heures de l’ouverture d’une conférence des donateurs. L’Onu a lancé il y a trois semaines un appel à l'aide d'urgence pour le Pakistan de 312 millions de dollars, dans le cadre duquel elle a reçu 67,8 millions de dollars auxquels s’ajoutent 35 millions de dollars de promesses de dons pour les six prochains mois.

Le puissant séisme du 8 octobre dans le nord du pays a fait 54.000 morts et 77.000 blessés, selon un nouveau bilan annoncé par le ministre de l'Intérieur Aftab Sherpao. Le précédent bilan officiel était de 53.182 morts et 75.146 blessés. M. Sherpao a souligné que ce bilan devrait encore s’alourdir parce que les recherches pour retrouver des corps se poursuivent dans les décombres des bâtiments détruits et parce que le froid qui s'installe dans les zones dévastées risque de faire encore des morts. « Avec l’hiver rigoureux qui s’annonce dans les prochaines semaines, nous sommes engagés dans une course contre la montre pour sauver des gens et nous leur avons demandé de quitter les régions d’altitude » a déclaré le ministre. Environ 36.000 personnes ont péri au Cachemire pakistanais et 18.000 autres dans la Province-Frontière du Nord-ouest, a-t-il ajouté. Le tremblement de terre a fait en outre plus de 3,3 millions de sans-abri.

Quatre répliques, dont la plus forte d’une magnitude de 5,2 sur l’échelle ouverte de Richter, ont secoué, après le premier séisme, la région du nord du Pakistan. Ni victimes ni dégâts n’ont été signalés. La secousse la plus forte, d’une magnitude de 5,2, s’est produite à 06h43 (01h43 GMT.) Elle a été suivie de trois répliques plus faibles entre 05h00 et 09h00, a indiqué le chef des services sismologiques du Pakistan, Qamaruz Zaman. La première réplique a réveillé des habitants de la capitale Islamabad et de Muzaffarabad, la capitale du Cachemire pakistanais dévastée le 8 octobre. 978 répliques ont été enregistrées depuis le 8 octobre. La plus forte, le 9 octobre, avait une magnitude de 6,2. « Notre crainte est que de nouveaux glissements de terrain rendent plus difficiles les opérations de secours » a déclaré le porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) à Muzaffarabad, David Orr.

Davantage de personnes pourraient mourir de froid, de faim ou de leurs blessures au Pakistan à la suite du séisme que lors du tremblement de terre lui-même si une aide d’urgence ne parvient pas au Cachemire, selon un haut responsable des Nations unies. « Le désastre s’accroît. Il y a des milliers et des milliers de personnes très vulnérables » a déclaré le coordinateur en chef de l’aide humanitaire de l’Onu, Rashid Khalikov, quelques heures avant une conférence réunissant 65 pays à Genève.

« Cette situation désastreuse pourrait conduire à ce que le nombre de personnes mortes après le séisme soit plus important que celui des personnes tuées pendant le tremblement de terre » a-t-il ajouté. D’après Khalikov, les secours sont engagés dans une course contre la montre pour mettre à l’abri et soigner, avant la fin du mois de novembre, des centaines de milliers de personnes. On estime à quelque trois millions le nombre de sans-abri alors que le bilan du séisme a dépassé les 54.000 morts. « Ces communautés ont besoin avant le 1er décembre du minimum vital (...) Il ne reste pas beaucoup de temps. Nous avons quatre semaines et nous avons besoin que le délai entre les promesses et les déboursements n’excèdent pas une heure » a-t-il déclaré, regrettant que seul un tiers de l’appel aux dons de 312 millions de dollars de l’ONU ait été rempli.

L’organisation humanitaire Oxfam a elle aussi critiqué mercredi la lenteur et la faiblesse de la réaction occidentale. « Les gouvernements réunis à Genève doivent mettre la main à la poche et payer leur juste part. L’opinion publique serait choquée qu’autant de pays riches donnent si peu » a déclaré Phil Bloomer, responsable de l’ONG britannique. D’après l’Oxfam, sept pays riches n’ont jusqu’à présent pas répondu à l’appel des Nations unies: la France, l’Espagne, la Belgique, l’Autriche, la Finlande, la Grèce et le Portugal.

Les pays et organismes donateurs ont promis mercredi aux Nations unies de verser 580 millions de dollars supplémentaires (480 millions d’euros) aux victimes du séisme au Pakistan mais il n’était pas clair dans l'immédiat quel montant serait dévolu à l’aide d’urgence, ont précisé les responsables onusiens. «  La bonne nouvelle, c’est que nous avons de très bonnes promesses (de dons), mais la mauvaise nouvelle pour nous c’est que trop peu d’argent est dédié à l’appel (d’aide d’urgence) de l’ONU » a déclaré Jan Egeland, coordinateur en chef des affaires humanitaires à l’ONU, à l’issue de la Conférence des donateurs.

Face l’insuffisance des dons au Pakistan, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan a lancé un nouvel appel à l’intention des Etats et organismes donateurs. 
 «  Nous nous rencontrons aujourd’hui pour empêcher une seconde onde de choc de morts et de plus grandes souffrances » a-t-il déclaré après avoir respecté une minute de silence en hommage aux victimes du tremblement de terre. « Chaque dollar, euro ou yen promis aujourd’hui sauvera des vies. » Si les organismes et Etats donateurs ont répondu à hauteur de 580 millions de dollars, il reste à déterminer quelle somme pourra être dédiée à l’aide onusienne d’urgence pour les rescapés du séisme.
Après avoir remercié les donateurs, Jan Egeland a précisé que « de nombreuses promesses (de dons) ne constituaient pas encore des engagements concrets spécifiques pour des organisations humanitaires. » Pour l’heure, 111 millions de dollars (92 millions d’euros) ont été spécifiquement dédiés à l’appel d'urgence onusien, a précisé M. Egeland.

Pour le reste, selon Toby Lanzer, un adjoint d’Egeland, il est pour l'heure difficile de déterminer quels fonds promis répondent à l’appel à l’aide d’urgence de 550 millions de dollars (457 millions d'euros) lancé mercredi par l’ONU et quels fonds seront dédiés à d'autres efforts d’assistance, voire à la reconstruction.
Ainsi près de la moitié des sommes annoncées mercredi, soit 250 millions de dollars (208 millions d’euros), a été promise par la Banque islamique du développement, bras financier de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI). Or selon Toby Lanzer, cet argent semble être destiné à la reconstruction, une question qui n'est pas d'actualité aujourd’hui. 

De son côté, Jan Egeland a critiqué les donateurs qui donnent de l’argent destiné à la reconstruction sur le long terme car de nombreux survivants du séisme risquent de ne pas survivre suffisamment longtemps pour profiter de cet argent, à moins de recevoir très rapidement de l’aide d’urgence, à savoir de la nourriture et des abris. Mardi 25 octobre, la Banque Mondiale a pour sa part accordé une aide de 470 millions de dollars (391 millions d’euros), destinée également à financer la reconstruction du Cachemire pakistanais. La France a annoncé le déblocage de cinq millions d’euros supplémentaires pour venir en aide au Pakistan, la Belgique d’un million et la Suisse de vingt millions de francs (dix cette année, dix autres l’an prochain), soit au total 13 millions d'euros.

Le président pakistanais, Pervez Musharraf, a déclaré mercredi que le coût du séisme s’élèverait à plus de cinq milliards de dollars. En proie à des critiques sur la lenteur de la réaction des autorités, Musharraf a déclaré que son gouvernement « avait fait du bon, si ce n’est du très bon travail. » Le président a toutefois reconnu que des organisations islamistes radicales avaient rempli le vide laissé par les autorités les premiers jours en aidant la population locale, ce qui, selon des analystes, pourrait renforcer leur légitimité.

Des négociations avec l’Inde sur la question de l’ouverture de la ligne de démarcation au Cachemire, pour faciliter les efforts des secours, doivent commencer samedi à Islamabad. Sur le terrain, les survivants font face à des conditions climatiques de plus en plus difficiles, avec de la pluie, de la grêle, des vents violents, de la neige en altitude et des températures négatives la nuit. Les hélicoptères sont restés cloués au sol mercredi matin 26 octobre en raison du mauvais temps.

Vingt-deux personnes sont mortes du tétanos dans les zones sinistrées par le séisme au Pakistan, a annoncé jeudi une porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il y a eu en tout 111 cas de tétanos depuis le tremblement de terre du 8 octobre, ce qui est normal pour une catastrophe de cette ampleur, a déclaré Sacha Bootsma, porte-parole de l’OMS, ajoutant que la situation était sous contrôle. D’autres responsables de l’aide humanitaire ont mis en garde contre une énorme augmentation des cas de pneumonie, bronchite et autres maladies liées au froid. Les conditions météorologiques doivent s'aggraver dans les prochaines semaines, risquant d’isoler quelque 800.000 personnes totalement sans protection dans des vallées isolées.

Le général Pervez Musharraf a approuvé un plan de 2 milliards de roupies (33,3 millions de dollars) pour la reconstruction des maisons détruites, a annoncé vendredi 28 octobre son porte-parole. Jeudi 27, le dirigeant pakistanais avait ordonné aux responsables d’exploiter toutes les ressources disponibles pour fournir vivres et abris aux victimes du séisme, demandant à ce que des tentes parviennent à tous les sans-abri d’ici deux semaines. (Comment tous ces pauvres gens peuvent-ils attendre encore deux semaines avant d’être secourus ?)

Aux dernières nouvelles, dix-sept mille enfants ont péri ensevelis sous les décombres de leurs écoles qui se sont écroulées lors du tremblement de terre dans le nord du Pakistan estime l’Unicef. Pour la directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour l’enfance, Ann Veneman, les enfants qui ont échappé à la catastrophe sont en première ligne compte tenu de l’insuffisance de l’aide internationale reçue jusqu’ici. « Les enfants étaient en cours (un samedi matin) au moment où tant de bâtiments scolaires se sont effondrés » a-t-elle dit lors d’une conférence de presse à Islamabad. « Parmi ceux qui ont survécu, beaucoup ont été blessés et ont perdu de nombreux amis et des professeurs, beaucoup d’êtres qui leur étaient chers. Nous savons que la moitié de la population des régions touchées a moins de 18 ans. D’où notre extrapolation selon laquelle la moitié des victimes - blessés ou morts - était des enfants. » La directrice de l’Unicef a souligné que les appels aux financements d’urgence lancés par l’Onu pour les rescapés du séisme n’avaient pas reçu jusqu’ici de réponse satisfaisante. A la date de dimanche, les bailleurs de fonds ont fourni 120 millions de dollars pour les secours d’urgence, très loin de 550 millions demandés par les Nations unies.

Puisque, selon ce qu’on nous avait laissé entendre, il y a eu trop d’argent pour venir au secours des victimes du tsunami, ne peut-on le transférer aux pauvres enfants du Cachemire ? Cela semblerait une meilleure solution que de les voir souffrir de froid et de faim au début de la saison froide. Je crois que l’Inde et le Pakistan doivent au plus vite mettre fin à leurs différends politiques (se soucient-ils d’ailleurs à l’heure actuelle de faire main basse sur un territoire qui vient d’être aussi lourdement accablé par les caprices de la nature ?)  pour se pencher sur le seul problème d’importance qui se présente aujourd’hui : sauver les enfants du Cachemire !

Les hommes n’auront jamais fini de m’étonner dans le sens le plus terrifiant du terme. Ils recommencent leurs ignobles petites guerres en dépit de toute la souffrance qui les entourent : Plusieurs personnes ont en effet été blessées mercredi dans l’explosion d’une voiture piégée dans la banlieue de Srinagar, la principale ville du Cachemire indien, a annoncé la police. L’organisation Jaish-e-Mohammad qui se bat pour l’indépendance du Cachemire, a revendiqué la responsabilité de cet attentat dans un appel à une agence locale, expliquant que l’explosion était un attentat-suicide. Cet attentat survient le jour-même où le nouveau Premier ministre de cet Etat de la fédération indienne doit prêter serment. Selon la police, la voiture qui se trouvait sur la route quand elle a explosé pourrait avoir explosé accidentellement dans la mesure elle ne se trouvait à côté d’aucune cible potentielle.

De toutes façons, il y a au Pakistan un véritable imbroglio entre le terrorisme et le séisme. La preuve en est dans l’information suivante qui est en elle même une preuve que l’on peut continuer à tuer sans se préoccuper un instant de ce qui se passe au Cachemire : Les agences de sécurité pakistanaises ont arrêté deux membres présumés d’Al-Qaïda dont un pourrait être un Syrien pivot de l’organisation terroriste en Europe, ont annoncé jeudi deux responsables des services de renseignement et un responsable gouvernemental. Les deux suspects ont été arrêtés cette semaine lors d’un raid dans une maison de Quetta, capitale de la province du Balouchistan, dans le sud-ouest du pays, a expliqué un des responsables des renseignements sous couvert d'anonymat.

Un haut responsable du gouvernement qui a également requis l'anonymat a confirmé ces arrestations. Il a précisé que les autorités tentaient de déterminer si l’un des deux suspects est bien Mustafa Setmarian Nasar, accusé d’avoir joué un rôle clé dans les attentats du 11 mars 2004 à Madrid qui avaient fait 191 morts et plus de 1.500 blessés. Aucune de ces sources n’avait d’information sur l’identité du second suspect.

En 2004, le gouvernement américain avait offert une récompense de cinq millions de dollars pour toute information pouvant conduire à l’arrestation de Nasar, également connu sous le nom d’Abou Moussab al-Souri. Le site Récompenses pour la justice du ministère américain de la Justice décrit Nasar comme un membre d’Al-Qaïda et un ancien responsable des entraînements dans des camps en Afghanistan qui a formé des extrémistes à l’utilisation de poison et de produits chimiques. Ce site ajoutait que Nasar serait probablement en Afghanistan ou au Pakistan. Nasar, 47 ans, est né en Syrie mais possède également la nationalité espagnole. Son nom est aussi lié aux attentats du 7 juillet à Londres qui avaient fait 52 morts.

En raison des informations quotidiennes qui affluent dans nos médias sur les évènements qui « incendient » nos banlieues depuis plus d’une semaine, les informations sur le séisme du Cachemire se font de plus en plus rare. Voici ce que j’ai pu « glaner » aujourd’hui comme information qui montre d’ailleurs que les problèmes entre l’Inde et le Pakistan sont loin d’être résolus :

Les espoirs d’accélération de l’aide aux sinistrés du séisme du 8 octobre ont été mis à mal ce week-end après la décision de l’Inde de revoir à la baisse le nombre de postes-frontières qu’elle entend ouvrir sur la Ligne de Contrôle avec le Pakistan rival. Seul le poste-frontière de Chakan da Bagh (Poonch côté pakistanais) sera ouvert lundi. Un camp y sera mis à la disposition des sans-abri pakistanais en provenance de l’autre côté de la frontière qui pourront y transiter s’ils bénéficient d’un permis de passage.

Cette ouverture sera suivie mercredi par celle du poste de Kaman puis jeudi par celui de Tithwal a précisé samedi le ministère indien des Affaires étrangères. Les deux autres postes-frontières qui faisaient initialement partie du programme d’ouverture resteront fermés sauf en cas de demande expresse des deux côtés de la frontière, selon un porte-parole de l’armée indienne, Vijay Batra.

Le Pakistan et l’Inde avaient annoncé la semaine dernière s’être mis d’accord pour ouvrir la frontière en cinq points afin de faciliter l’acheminement de l’aide aux plus de trois millions de sans-abri du violent tremblement de terre du 8 octobre qui a fait plus de 73.000 morts au Pakistan et plus de 1.300 en Inde. Dans une guerre des mots typiques des deux puissances nucléaires rivales qui se sont fait la guerre à trois reprises dont deux au sujet du Cachemire, le Pakistan s’est quant à lui déclaré tout à fait prêt dimanche à ouvrir l’ensemble des postes prévus. « En ce qui concerne le Pakistan, nous sommes prêts à ouvrir les postes-frontières lundi » a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Tasnim Aslam. « L'Inde nous a informés qu’ils seraient capables de n’ouvrir que le poste de Poonch-Rawlakot lundi car des travaux restaient à être effectués de leur côté » a-t-elle précisé. Le Pakistan a quant à lui achevé les travaux nécessaires a ajouté le porte-parole de l’armée, le général Shaukat Sultan, précisant que des camps de secours avaient été installés « dans l'ensemble des cinq postes » avec des abris, des équipes médicales et des denrées de première nécessité.

La détente apparente entre les deux soeurs ennemies d’Asie du Sud avait été d’autant mieux accueillie qu’approche à grands pas l’hiver dans le Cachemire himalayen. L’ONU au Pakistan a d’ailleurs appelé samedi à décupler les efforts pour acheminer aux sinistrés des moyens de chauffage. Les observateurs soulignaient ce week-end que le revirement indien augurait mal de la capacité des deux nations à dépasser leur traditionnelle animosité. « C’est un échec » lâche Noor Ahmed Baba, politologue à l’Université du Cachemire, à Srinagar, capitale d’été du Cachemire indien. L’expert souligne que l’annonce de l’ouverture des postes-frontières faite en fanfare par Delhi et Islamabad a en fait « été prise sous la pression des puissants de la planète. » Le politologue Tahir Mohiudin estime lui aussi qu’il s’agit d’une « mise en scène pour le monde. » L’accord « manque de contenu et il intervient de toute façon trop tard. En plus, il faudra des mois à la police et aux services de renseignements pour délivrer les autorisations de passage » souligne-t-il. L’Inde accuse les séparatistes qui luttent depuis 1989 contre le pouvoir indien au Cachemire d’avoir installé leurs bases au Pakistan rival et de s’infiltrer en Inde en franchissant illégalement la Ligne de Contrôle.

Le Pakistan et l’Inde ont ouvert lundi 7 novembre un premier point de passage sur la Ligne de Contrôle qui divise la région himalayenne du Cachemire pour faciliter les secours aux rescapés du tremblement de terre du 8 octobre. « La frontière est ouverte pour le matériel de secours » a annoncé le général pakistanais Tahir Naqvi, alors que des responsables militaires et politiques des deux pays se serraient la main avant de poser pour les photographes. Vingt-cinq camions remplis d’aide humanitaire en provenance d’Inde ont commencé à être déchargés sur la Ligne de Contrôle (LoC), sans la franchir ont indiqué des responsables.

Ouverte dans un premier temps au passage des biens, la Ligne de Contrôle devrait l’être dans quelques jours également au passage des personnes, ont indiqué des responsables pakistanais et indiens. « C’est un moment absolument historique » a affirmé aux journalistes B.R. Sharma, responsable administratif de la province indienne de Jammu : « c'est la première expression de solidarité, la manière de montrer que tout doit être fait pour venir au secours des gens de l’autre côté de la LoC » a-t-il ajouté. « Nous espérons que le passage des personnes pourra s’effectuer d’ici le 14 novembre » a-t-il dit. Au total, cinq points de passage devraient être ouverts sur la LoC dont deux dans la semaine du 7 au 14 novembre. Des listes de personnes désirant franchir la frontière doivent être établies par les autorités des deux pays puis échangées et approuvées avant le passage effectif des personnes ont indiqué les responsables des deux pays.

Militaires pakistanais et indiens ont mis en place des installations de campagne sur ce point de passage, à Titrinote côté pakistanais et Chakan da Bagh côté indien, à seulement 60 km - mais cinq heures de route - à l’est d'Islamabad. Rubans blancs et tapis rouge. Serrements de main entre militaires et journalistes des deux bords. Côté indien, une banderole affirme : « nous n’avons pas ouvert la LoC, nous avons ouvert nos cœurs. » « La cérémonie a pour but de remettre 25 camions d’aide au côté pakistanais, des tentes, des vivres, des médicaments » a expliqué Shantanu Ghosh, l’officier commandant du district indien de Poonch. « Il n’y aura pas de passage de personnes. Nous avons demandé les noms des gens qui veulent aller voir leur famille du côté indien et les Pakistanais ont demandé la même liste aux Indiens.  Cela va prendre du temps. Cela prendra au moins dix jours pour que les listes soient prêtes, mais nous n’avons fixé aucune date » a précisé l’officier.

J’ai donné ici toutes les informations que j’ai pu recueillir. Il est évident que tant de choses se passent en France à l’heure actuelle pour lesquelles les princes qui nous gouvernent si mal n’arrivent pas à trouver de solution (Monsieur Sarkozy, Ministre de l’Intérieur le tout premier) ne sachant pas s’ils ont à faire à des terroristes, à des bandes entraînées ou à des « voyous » bien décidés à poursuivre leur œuvre de destruction afin de pouvoir s’en vanter par la suite… que le Cachemire est oublié par les médias qui semblent ne s’intéresser qu’à l’information et aux images immédiates. Il n’en demeure pas moins qu’à des milliers de kilomètres de nous, des enfants et des adultes souffrent et que nous nous en préoccupons bien peu !