Nous
avons tous peur pour Ingrid Betancourt et avec Renaud, nous
chantons « Dans la Jungle » pour qu’elle
revienne :
Trois
années dans la jungle
Ligotée, bâillonnée
Entourée de ces dingues
Ces doux illuminés
Qui
t’ont fait prisonnière
Otage précisément
De leur triste guerre
Perdue depuis longtemps
Eux
qui voulaient jadis
La liberté, le droit
Crachent sur la justice
En s’en prenant à toi
Ils
méprisent la vie
Et la femme que tu es
Au bout de leurs fusils
La victoire est fanée
Nous
t’attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras
Trois
années dans la jungle
Ligotée, bâillonnée
Avec ces porte-flingues
Devenus tes geôliers
Qui
te citent Staline
Ou te lisent Mao
A toi qui, j’imagine
Préfèrerait Rimbaud
Peut-être,
comme moi
Les croyais-tu, naguère
Fils de Che Guevara
Et porteurs de lumière
Mais
leur lutte finale
Leur matin du grand soir
C’est la haine et le mal
Et surtout les Dollars
Nous
t’attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras
Je
n’connais pas le nom
De tous ceux, comme toi
Qui croupissent en prison
Otages ici ou là
Anonymes,
oubliés
D’Irak, de Colombie
Victimes sacrifiées
Pour de sombres conflits
Où
narcotrafiquants
Et minables malfrats
S’érigent en combattants
D’obscures guérillas
‘lors
en chantant pour toi
Ingrid, c’est aussi
Pour eux que je me bats
Et pour eux que je crie
Nous
t’attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras
Trois
années dans la jungle
Ligotée, bâillonnée
Avec le vent qui cingle
Dans tes cheveux défaits
Tu
restes, malgré tout
Sereine et élégante
Ta revanche sur ces fous
Est de rester vivante
Pour
tous ceux que tu aimes
Et qui ne t’oublient pas
Qui veulent briser ces chaînes
Qui ne te briseront pas
Ton
nom est synonyme
Ingrid Betancourt
Contre l’armée du crime
De courage et d’amour
Nous
t’attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras
Comme
je ne suis pas partie en vacances, j’ai été beaucoup plus
tributaire de la radio qu’habituellement. C’est ainsi que
tous les après-midi, j’ai écouté les nombreux
participants des « Rencontres de Pétrarque » qui ont
lieu chaque année au mois de juillet au cloître des
Ursulines de Montpellier. Durant deux jours, les rencontres
ont porté sur la peur
qui est un sujet trop actuel pour la plupart d’entre nous,
je le crains : Qu’est-ce
que la peur ? Comment l’appréhender, comment la penser ?
Durant le premier jour de conversation, on a tenté de définir
et circonscrire le thème, de recenser ce que certains grands
penseurs en on dit. Et cela nous a emmené, de ci de là, des
peurs collectives, aux peurs plus profondes, en soi...
Les
invités étaient Sylviane
Agacinski ,
philosophe, professeur à l’EHESS, Philippe Borgeaud,
historien, professeur d’histoire des religions à
l’Université de Genève, Bernard Salignon, professeur de
philosophie esthétique et éthique, il dirige le département
de psychanalyse à l’Université de Montpellier 3, Jean-Luc
Plouvier qui, à la tête de l'ensemble Ictus, s’est
produit le 19 juillet pour un programme Waits / Weil, dans le
cadre du Festival de Marseille.
Mais
il y eut bien sûr un grand nombre d’intervenants : Une
romancière israélienne en particulier, Orly Castel-Bloom, a
évoqué la peur qu’on pouvait ressentir à la table d’un
café de Jérusalem ou de toute autre ville de l’Etat hébreu
en sirotant un simple jus de fruit. Apparemment, la possibilité
d’un attentat ne semble jamais la quitter. Elle a même
ajouté - je ne suis pas d’accord avec elle dans ce cas -
que la peur qu’on ressent pour soi-même rend égoïste car
on ne peut plus s’intéresser aux malheurs des autres. Je
vais mal en ce moment, j’ai à la fois des problèmes
physiques et une dépression très forte et pourtant chaque
jour je me penche sur tout ce que mes
contemporains subissent de contraintes et de larmes, que ce
soit dans les attentats, les terribles feux qui ont éclaté
en France, au Portugal et en Espagne, les pertes de pompiers,
les maisons brûlées, les milliers d’hectares de forêts
saccagés, les accidents d’avion qui paraissaient très
nombreux et meurtriers en ce mois d’août et dont l’un a
touché plus de 160 personnes de la communauté française de
Martinique, ceux de la route, les problèmes rencontrés par
la navette spatiale Discovery pour rentrer sur terre, la
reprise des recherches nucléaires en Iran et bien sûr les
ouragans de Louisiane, le séisme du Pakistan. Je trouve au
contraire de cette intervenante que les grands soucis des
hommes font apparaître les nôtres comme des succédanés,
nous « boostent » en quelque sorte comme pour nous
dire : « Allons un peu de courage, pense aux petits
enfants qui n’ont pas de lait ou de pain, qui n’ont plus
de maison, plus de parents : ils attendent de toi que tu
fasses abstraction de ton petit mal-être pour leur porter
secours. Je ne dis pas que l’on ne doit plus avoir peur pour
soi mais que cette peur doit être comparée à celle des
autres afin d’être minimisée, remise à sa juste place.
J’ai
préféré la seconde série d’entretiens sur la peur car
non seulement on y a lu un très beau texte de Wole Soyinka,
prix Nobel de littérature en 1986,
qui évoque trois sortes de peur : celle qu’ont
ressentie les hommes durant la Seconde Guerre mondiale
où les civils ont été atteints en proportion égale
ou supérieure même à celle des militaires et qui est la
marque du vingtième siècle au même niveau que la peur de la
bombe atomique dont on parle beaucoup en ce moment suite à la
commémoration du soixantième anniversaire de la destruction
d’Hiroshima et de Nagasaki. Cette guerre faisait toutefois
partie d’un affrontement général voulu par des Etats
souverains. La dernière décennie du vingtième siècle mais
surtout cette première décennie du vingt et unième sont
confrontées à une autre forme de peur, celle du terrorisme
qui s’exerce surtout contre les civils, femmes, hommes,
enfants compris, et qu’on ne peut pas définir de la même
façon que les guerres d’autrefois ou de naguère. C’est
la raison pour la quelle on ne parle même plus
d’organisation mais de nébuleuse quand on se réfère à Al
Qaïda par exemple.
Et
pourtant je me demande, en définitive, si toutes les peurs
que nous avons évoquées jusqu’ici ne vont pas être balayées
en quelque sorte par la peur des pandémies nouvelles, de
cette fameuse grippe aviaire qui, en atteignant la Turquie et
plus près de nous la Roumanie, frappe à notre porte.
La grippe aviaire est une infection due à un virus de
la famille des Orthomyxoviridae qui comprend plusieurs genres
(ou types) dont Influenzavirus A. Celui-ci est divisé en sous
types parmi lesquels les sous-types H5 et H7. Cette infection
peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages
ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse surtout
chez les poulets et les dindes, et être susceptible d’entraîner
une mortalité extrêmement élevée dans ces espèces. Le
virus Influenza aviaire peut éventuellement infecter
d’autres espèces animales comme le porc et/ou d’autres
mammifères.
Le
virus de la grippe aviaire, lorsque la souche est hautement
pathogène, peut se transmettre exceptionnellement à
l’homme, comme cela a été observé pour le virus influenza
A/H5N1 à Hong Kong en 1997 et en février 2003 ou, plus récemment,
au Vietnam où des foyers de virus aviaire ont été observés
fin 2003. Des cas de transmission à l’homme du virus
influenza A/H7N7 ont été également été observés aux
Pays-Bas au printemps 2003. La transmission s’effectue lors
de contacts fréquents et intensifs avec des sécrétions
respiratoires ou des déjections d’animaux infectés. Une
transmission du virus aviaire à l’homme risque de favoriser
des échanges de matériel génétique entre les deux virus
chez une personne déjà contaminée par le virus de la grippe
humaine. Un tel réassortiment génétique entre ces deux
virus pourrait engendrer l’apparition d’un nouveau type de
virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme.
Ce mécanisme faciliterait ainsi la transmission inter humaine
de ce nouveau type de virus qui pourrait diffuser sur un mode
épidémique voire pandémique, comme cela s’est vu dans le
passé. Chaque foyer de grippe aviaire animale nouvellement
identifié nécessite que soient mises en œuvre par les
autorités sanitaires des pays affectés des mesures ayant
pour objectifs d’éviter toute exposition au virus et d’éradiquer
la maladie. Les stratégies de lutte contre l’influenza
aviaire reposent essentiellement sur le diagnostic, l’hygiène,
l’éducation, la quarantaine et la réduction de la taille
des élevages (politique d’abattage massif.
La
peur dans ce cas précis est mondiale : Le ministre
palestinien de la Santé publique Zohdi el-Wiheidi a
indiqué samedi 14 octobre qu’aucun cas de la grippe
aviaire n'a été détecté dans les territoires palestiniens
et toutes les mesures préventives ont été prises afin d’enrayer
cette maladie. Le ministre a cependant noté que les
territoires palestiniens étaient un arrêt possible des
oiseaux migrateurs, qui pourraient transporter cette
maladie.
La
grippe aviaire a provoqué d’importantes pertes de volailles
dans le sud-est de l’Asie depuis 2003 et a tué plus
de 60 personnes. Les autorités thaïlandaises
enquêtent sur la possibilité que la souche du virus qui
touche aujourd’hui une dizaine de pays d’Asie, appelée
H5N1, ait été apportée par des oiseaux migrateurs. Les
canards sauvages sont en effet connus pour être les hôtes
naturels du virus et sont, ironie du sort, les plus résistants
à la maladie. Un contact entre les oiseaux domestiques et
sauvages pourrait être à l’origine de l'épidémie. Dans
le passé, les marchés d’oiseaux vivants ont joué un rôle
important dans la propagation.
La
capacité de réagir de la région de Québec à une éventuelle
pandémie de grippe aviaire a été testée en fin de semaine.
Les autorités régionales de la santé ont tenu un exercice
de vaccination massive dans le cadre de la campagne annuelle
de vaccination contre l’influenza.
« Nous
sommes vraiment contents du résultat » a lancé
Raymonde Pépin, responsable de la vaccination au CSSS de la
Vieille-Capitale. « Malgré le fait qu’il y a eu des
files d'attente et que les bénévoles et employés n’ont
souvent pas eu le temps de prendre leur pause, tout s’est déroulé
dans l’ordre. » Le nombre exact de personnes vaccinées
dans les trois centres prévus à cet effet n’est pas encore
connu, mais on estime qu’il approche l’objectif de départ
de 3000. Toutefois, l’objectif de 160 personnes à l’heure
n’a pas tout à fait été atteint. Le centre le plus
achalandé, à Sainte-Foy, a réussi à donner 150 vaccins à
l’heure.
Le récent
passage à l’humain de la grippe du poulet présente un
danger redoutable : en l’absence de vaccin et de
traitement, les morts pourraient, selon l’Organisation
mondiale de la santé, se compter en millions. En Thaïlande,
la poussée de grippe aviaire du début de l’année 2004 a
aussi secoué les perspectives des agro-industriels, précipitant
une crise dont les premiers à faire les frais sont d’ores
et déjà les petits fermiers.
En
France, Christian Rondeau, président de l’Ordre national
des vétérinaires réuni de vendredi à dimanche en congrès
à Limoges, considère que l’épidémiosurveillance demeure
efficace dans le cadre du risque redouté en France d'une épizootie
de grippe aviaire. Les vétérinaires français se montrent
d’ailleurs très critiques sur le caractère alarmant donné
à la menace de grippe aviaire dans le pays. Ils mettent en
garde contre l’amalgame entre la peste aviaire et une pandémie
grippale qui, selon les spécialistes, n'est pas à craindre
dans les conditions annoncées en France.
« Nous
sommes en présence d’un problème typique de santé
animale, celui de la peste aviaire » a déclaré Jeanne
Brugère-Picoux, professeur à l'école vétérinaire de
Maisons-Alfort et membre des académies vétérinaire et médicale,
vendredi, à Limoges. Elle a appelé les médecins à ne pas
se saisir d’un « problème animal » refusant
tout risque de « psychose de santé humaine sur un problème
typique de santé animale. »
De son côté, Christian Rondeau explique que « si
seuls 70 vétérinaires sur les 14.000 de France sont spécialisés
dans la filière volaille et en font une mono-activité,
notamment en Bretagne
et dans l’Ain, on peut compter sur environ 4.000 praticiens
ruraux pour intervenir dans l’épidémiosurveillance. »
Il précise qu’ « il en va ainsi pour toutes les
filières. » Leur efficacité se mesure à « la
rapidité à établir un diagnostic, sur examen direct ou
complémentaire, pour permettre la mise en place urgente des
mesures de police sanitaire appropriées, souvent l'euthanasie
des sujets contaminés et la surveillance du reste du cheptel »
estime M. Rondeau. « Quand une maladie dangereuse pour la santé de l’homme menace,
le vétérinaire participe au dispositif général de riposte
sanitaire en alertant les services vétérinaires départementaux,
qui transmettent aux administrations. »
Ce rôle d’acteur de santé public trouve
aujourd’hui son illustration dans la participation de
l’Ordre des vétérinaires à la rédaction d’un décret
en préparation, piloté par le ministère de la Santé et
cosigné par celui de l’Agriculture et de la Pêche.
« Il soumettra tous les élevages avicoles du pays à
une surveillance systématique, à raison d’une visite
annuelle obligatoire » précise M. Rondeau. « Après
avoir réagi fort et avec efficacité contre l’ESB (encéphalite
spongiforme bovine, maladie de la « vache folle »)
et contre la fièvre aphteuse, contrairement à ce qui s’est
passé en Grande-Bretagne, la France a prouvé la qualité
de sa couverture vétérinaire » se réjouit-il.
Il n’en reste pas moins que la couverture vétérinaire
du pays souffre d'un manque flagrant d'harmonie. Les jeunes
diplômés s'orientent de préférence vers la pratique de
ville, secteur pourtant saturé où leurs revenus tendent à
la baisse. Ils sont aujourd'hui environ 7.000 sur près de
14.000 praticiens, auxquels il faut ajouter environ 5.000
praticiens mixtes, dans les agglomérations cernées par des
zones d'élevage. Par contre, la campagne recherche des vétérinaires
ruraux, désespérément. Il ne manque pourtant pas de
passionnés à la recherche d’émules, tels Richard Corde,
président de l’Association vétérinaire équine française
(AVEF), qui compte environ 400 membres. L’équitation se développe,
qu’il s'agisse de courses, de concours, de randonnée,
toutes disciplines qui font appel au vétérinaire équin.
Le
coordonnateur du programme de l’OMS de lutte contre la
grippe aviaire, le docteur Klaus Stoehr, a affirmé en
novembre 2004 que la grippe aviaire pourrait provoquer une
pandémie touchant tous les pays de la planète et faire des
millions de morts. C'est que jusqu’à maintenant, les
humains contaminés l’ont été par des oiseaux malades et
le virus n’avait pas subi de réaménagement génétique.
Mais voilà, ce que l’OMS craignait est en train de se
produire. Une étude, publiée dans le New England Journal of
Medicine confirme les premiers cas documentés de transmission
du virus de cette grippe de personne à personne. Nous faisons
donc face à un virus foudroyant en mutation constante, et
transmissible entre humains.
Cette
réalité inquiète au plus haut point les autorités
sanitaires internationales. Identifié pour la première fois
il y a une centaine d’années en Italie, le virus de la
grippe aviaire, appelé également grippe du poulet ou
influenza aviaire, est une infection virale contagieuse qui
touche les oiseaux de toutes plumes. Certaines espèces, comme
les poulets, dindons ou pintades, sont toutefois plus
susceptibles de l’attraper. Se manifestant par une perte
d’appétit, des plumes ébouriffées, des fièvres, des
diarrhées, des gonflements ou encore une soif excessive, la
maladie peut, dans le cas de souches particulièrement
virulentes, présenter un taux de mortalité proche de 100 %.
Les
pays occidentaux ne sont pas à l’abri d’une
contamination. Ainsi, durant les années 1983 et 1984, les États-Unis
ont été confrontés à une souche dont le taux de mortalité
avoisinait 90 %. Pour enrayer la maladie, les autorités
sanitaires ont dû procéder à l’abattage de quelque 17
millions de volatiles. Au Canada, des virus de grippe aviaire
faiblement pathogène ont été identifiés à trois reprises
depuis 1975. La dernière éclosion a été rapportée en
Ontario, en 2000.
La stratégie
mondiale de lutte contre la grippe aviaire chez les animaux
reste largement sous-financée malgré les contributions
importantes de quelques bailleurs de fonds, met en garde la
FAO (Food Agricultural Organization.) « Il semble raisonnable
de constituer des stocks de vaccins antiviraux pour protéger
les gens contre une pandémie potentielle de grippe aviaire
mais, dans le même temps, la lutte contre le virus à sa
source - chez les animaux - ne doit pas être sous-estimée »
a déclaré M. Joseph Domenech, vétérinaire en chef à la
FAO. « Des services vétérinaires nationaux efficaces
sont essentiels pour améliorer la détection précoce de la
grippe aviaire. L’échange rapide et l'analyse des échantillons
de virus exigent des ressources supplémentaires afin de
pouvoir répondre immédiatement lors de l’apparition de la
maladie » a souligné l'expert de la FAO.
La Stratégie
mondiale pour le contrôle progressif de la grippe aviaire
hautement pathogène lancée en mai 2005 par la FAO et
l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) en
collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé
(OMS) prévoit l’exécution de programmes de contrôle dans
les pays du sud-est asiatique nécessitant un financement de
plus de 100 millions de dollars sur les trois prochaines années.
A ce jour, les
bailleurs de fonds, notamment l’Allemagne (6 millions de
dollars), la Suisse (4 millions de dollars), les Etats-Unis (6
millions de dollars) et le Japon (0,5 million de dollars) ont
promis un montant total de quelque 16,5 millions de dollars.
La FAO fournira 2 millions de dollars supplémentaires sur ses
propres ressources. La Banque mondiale et la Commission européenne
prévoient également d'investir largement dans le contrôle
de la grippe aviaire.
Ce soutien est
excellent, mais ce n’est qu'un premier pas et, à moins
qu’il ne se traduise par davantage de financements pour
soutenir les pays affectés, le cycle de l’infection de la
grippe aviaire qui se développera chez les volailles cet
hiver, ne sera pas stoppé, selon la FAO. La circulation d'un
grand nombre de virus de l'influenza parmi les animaux dans
beaucoup de pays et à proximité de l'homme constitue un
facteur de risque majeur qui pourrait provoquer une pandémie.
Il reste une
petite chance pour réduire, avant l’hiver, les niveaux de
l’infection: la vaccination des volailles. Dans des pays
comme le Viet Nam, la vaccination des volailles est le seul
moyen de réduire les niveaux d’infection dans le court laps
de temps qui nous sépare de l'hiver. Cela implique des
campagnes de vaccination massives, particulièrement chez les
petits producteurs qui sont en contact étroit avec leurs
animaux. Les pays d’Asie font de leur mieux pour contrôler
le virus, mais ils ne peuvent pas le faire seuls et on ne doit
pas s’attendre à ce qu’ils le fassent seuls, selon M.
Domenech.
Des succès
ont, toutefois, été enregistrés par la Thaïlande qui a réussi
à contrôler le virus de la grippe aviaire. Aucun nouveaux
cas de contamination humaine n’a été rapporté récemment
dans ce pays. Le Viet Nam a récemment lancé un ambitieux
programme de vaccination de toutes les volailles dans les
provinces à risque. Ce pays aura besoin de 10 millions de
dollars supplémentaires pour mettre en œuvre son programme
de vaccination, améliorer les équipements de laboratoire et
mener à bien les programmes de surveillance post-vaccination.
L’Indonésie aussi a besoin d’un important soutien
financier pour améliorer l’efficacité des campagnes de
vaccination en cours.
Une fois de
plus, la FAO recommande aux pays situés sur le trajet des
oiseaux migrateurs de mettre en place des programmes de
surveillance. L’Inde et le Bangladesh, l’Europe centrale,
le Moyen-Orient et certaines régions d’Afrique devraient améliorer
la prévention nationale, les systèmes de détection précoce
et les plans de réponse rapide. « Les activité
nationales nécessiteront un soutien supplémentaire de la
part des bailleurs de fonds, estimé à quelque 50 millions de
dollars pour les trois prochaines années » a indiqué
M. Domenech. La majeure partie de ces fonds devrait être
utilisée pour la prise de conscience, la formation, les équipements
de protection, les laboratoires et la surveillance aussi bien
des animaux sauvages que des volailles. Les ressources
nationales des pays à risque ne seront pas suffisantes pour
financer leurs stratégies de contrôle, a souligné M.
Domenech. Au niveau mondial, il convient de financer aussi la
surveillance, la coordination et le travail de référence des
laboratoires. Investir aujourd’hui dans le contrôle de la
grippe aviaire chez les animaux est peu coûteux comparé aux
coûts d’une pandémie mondiale qui pourrait se produire
demain.
Tous ces détails
techniques permettront-ils d’éloigner le danger si les
chercheurs ne trouvent pas le vaccin qui permettrait de
simplifier les choses ? Il se trouve qu’à mon humble
niveau, j’ai « peur » d’avoir fait quelque
chose de mal. Dans mon nouvel appartement, j’ai une belle
terrasse où de nombreux moineaux viennent me tenir compagnie.
Ce matin, j’ai partagé avec eux ma demi-baguette. Quel
festin pour eux et quel plaisir pour moi de les voir se régaler !
Oui mais… A midi, je déjeune au restaurant de ma nouvelle résidence.
Ma voisine a parlé de fleurs, d’arbres et puis elle a dit
à une amie qu’il ne fallait surtout pas nourrir les
moineaux parce que cela risquait de faire revenir les pigeons.
De là aux risques d’une contamination par la voie de ces
volatiles, il n’y avait qu’un pas et je me suis promis de
ne plus contrevenir aux règles.
J’ai, en
terminant ces mots…dits, une impression étrange, celle que
la nature n’est pas tendre envers nous et qu’elle semble
vouloir punir les hommes de tous les crimes et de tous les péchés
qu’ils ont commis. Sacrée grippe aviaire : Serait-elle
l’initiatrice d’une nouvelle arche de Noé qui permettrait
de sauver deux spécimens de tout ce qui vit sur notre
planète?
Mais j’y pense… Et si l’un des spécimens était atteint
sans qu’on ait pu le détecter ? Alors, je crois que
nous serions bien proches du jugement dernier. Alea jacta est !
Mes Plaisirs de l’Eté
La peur n’a pas suffi - heureusement - à remplir
mon été. Dans ma quête des bons programmes,
j’ai découvert des hommes dont j’ai la modestie de
dire que, pour certains, je les découvrais. Tel fut le cas
pour Serge de Beaurecueil. J’ai en effet appris à la fois
qui était ce dominicain épris de l’Afghanistan et son
attraction pour un soufi qui, lui aussi, m’était inconnu :
Ansârî. J’étais d’autant plus intriguée que tout le
monde sait que je me suis intéressée au soufisme voici bien
des années.
Un des ouvrages de Serge de Beaurecueil « Mes
enfants de Kaboul » raconte l’histoire que j’ai
entendue de ses lèvres mêmes sur France Culture dans une
interview bien sûre rediffusée puis que l’écrivain est décédé
il y a environ deux ans :
Ayant décidé très tôt de devenir dominicain, et
après des études scientifiques très poussées, Serge de
Beaurecueil est envoyé au Caire pour poursuivre ses études -
sa spécialité est alors l’Islam. Dans la capitale égyptienne,
il décide de prendre pour sujet de ses recherches Ansari, un
maître du soufisme qui vécut à Hérat au XIIe siècle et
dont l’œuvre a eu une influence considérable sur la pensée
islamique. Le Caire n'est qu’une étape. Bientôt Serge de
Beaurecueil, pour faciliter son travail, s'installe en
Afghanistan, le pays même d’Ansârî.
Pour gagner sa vie, il devient professeur de Lettres,
d’abord dans l’enseignement supérieur, puis dans le
secondaire, enfin dans le primaire jusqu’au jour où il
n’est plus que simple infirmier du lycée. La vie dure ainsi
à Kaboul de 1961 à 1966 jusqu’à ce jour où Serge de
Beaurecueil recueille chez lui un jeune garçon afghan d’une
dizaine d’années, paralysé des deux jambes, qui arpentait
péniblement le trottoir,
vivant des aumônes qu'on voulait bien lui donner. Bien vite,
ce premier enfant est rejoint par deux autres, deux frères, démunis
eux aussi. Quelques mois ont à peine passé que la famille
s’augmente d’un petit orphelin - il n’a que cinq ans -
qui arrive du fin fond des montagnes afghanes et que la chance
a conduit par hasard chez le père.
Ainsi, peu à peu, Serge de Beaurecueil abandonne ses
recherches sur Ansârî pour s’occuper des enfants de
Kaboul. Pas n’importe lesquels mais ceux que le hasard de la
maladie - un grand nombre d’entre eux sont handicapés - de
la misère, puis de la guerre, mettra sur son chemin.
L’intellectuel dominicain a abandonné ses travaux pour
devenir le père d’une famille nombreuse qu’il loge,
nourrit, soigne, éduque.
Voilà 1’itinéraire que raconte ce livre, comme
celui des enfants eux-mêmes. Car si les uns viennent de
Kaboul même, la plupart d'entre eux sont originaires de
montagnes et de provinces lointaines. Ils racontent la misère,
la solitude, l’abandon, tout ce qu’il faut trop souvent
vivre dans un pays sous-développé, de culture encore
pastorale et archaïque, où la guerre n’est pas seule
responsable de la difficulté de vivre.
Ayant appris qui était Serge de Beaurecueil j’ai évidemment
voulu en savoir plus sur le poète soufi Ansârî qu’il a
traduit comme l’a fait Eva de Vitray-Meyerovitch pour Rûmî :
L’un des maîtres de la littérature soufie (XIe siècle) en
langue persane, Khwâdja ‘Abdullâh Ansârî (1006-1089) est
né et mort à Hérat (Ouest de l’Afghanistan). Enfant
prodige, puis travailleur acharné, il a consacré sa vie à
l’enseignement et à la polémique contre les « innovateurs »,
théologiens et philosophes ce qui lui valut de connaître
bien des épreuves. Marqué par son milieu familial, puis par
la rencontre de soufis tel que Tâqî Sijistani et surtout
Abu-I-Hasan Kharaqânî, il a été un guide spirituel éclairé.
Son œuvre comporte : Le Chemin de Dieu ou Les
étapes des itinérants vers Dieu.
Ce texte majeur de la littérature soufie (XIe siècle) a été largement diffusé d'un bout à l’autre du monde
musulman, maintes fois commenté et de façons fort différentes,
ce traité à fait florès au cours des âges. Il
est accompagné de deux autres traités, Les Cents Terrains,
qui constitue une première ébauche, et Les Déficiences
des Demeures qui en précise l’enseignement. Ces textes
sont précédés d’une biographie d’Ansârî et d’une présentation
des trois traités par Serge de Beaurecueil.
J’ai également
eu le plaisir d’écouter le West-Eastern Symphony orchestra.
Avant
de parler de l’orchestre, je voudrais dire que je suis
depuis longtemps une inconditionnelle de Barenboïm. A l’époque
heureuse où il dirigeait l’orchestre de Paris Salle Playel
et plus tard Au Palais des Congrès, j’ai toujours été
abonnée à ses concerts. C’est la raison pour laquelle je
voudrais rappeler pour ceux qui le connaissent moins bien ce
qu’a été cette vie dédiée à la musique comme pianiste
et comme chef d’orchestre :
Daniel
Barenboïm est né en 1942 à Buenos Aires
de parents juifs d’origine russe. Sa mère a été son
premier professeur de piano à l’âge de cinq ans, puis son
père est resté son unique professeur. C’est en août 1950,
à peine âgé de 7 ans, qu’il donna son premier récital à
Buenos Aires et c’est en 1952 que la famille Barenboïm
quitta l’Argentine pour Israël. Deux ans plus tard, durant
l’été 1954, les parents amènent leur fils Daniel à
Salzbourg pour fréquenter les master-classes de direction
d’orchestre d’Igor Markevitch. C’est au cours de ce même
été qu’il rencontra
Wilhelm Furtwängler et eut l’honneur de jouer devant
lui. Furtwängler écrivit alors ces mots : « A onze ans,
Barenboïm est déjà un phénomène ». A Paris en 1955,
Daniel Barenboïm étudie avec Nadia Boulanger l’harmonie et
la composition. 1952 marque ses débuts de pianiste à Vienne
et à Rome et 1955 à Paris, suivis par ceux de Londres (1956)
et New York en 1957 avec Léopold Stokowski. A partir de ce
moment, il joue régulièrement en Europe, aux États-Unis, en
Amérique du Sud, en Australie et en Extrême Orient.
L’année 1964 marque le début de ses premiers
enregistrements
dans un répertoire réunissant les plus grandes oeuvres pour
piano avec notamment des cycles complets de sonates de
Beethoven et Mozart et des concertos pour piano de Mozart
qu’il interprète tant comme chef que comme soliste, mais
aussi les concertos de Beethoven avec Otto Klemperer ou comme
chef avec Arthur Rubinstein en soliste, ceux de Brahms avec
Sir John Barbirolli et de Bartok avec Pierre Boulez. À partir de 1964, Daniel Barenboïm se consacre davantage à la
direction d’orchestre. Son étroite collaboration avec l’English
Chamber Orchestra commence en 1965 et durera plus de dix ans.
Pendant cette fructueuse période, ils jouent ensemble
d’innombrables concerts en Angleterre, dans toute
l’Europe, aux Etats-Unis, au Japon, en Australie et en
Nouvelle-Zélande. Après ses débuts à Londres en 1967, avec
le Philharmonia Orchestra, les plus grands orchestres européens
et américains sollicitent Daniel Barenboim. Entre 1975 et
1989 il est le directeur Musical de l’Orchestre de Paris, où
sont jouées notamment des commandes et des créations
d’oeuvres contemporaines, avec des exécutions d’oeuvres
de Lutoslawski, Berio, Boulez, Henze, Dutilleux, Takemitsu…
L’année 1973 a marqué ses débuts comme chef à l’opéra
avec une représentation du Don Giovanni de
Mozart au Festival d’Edimbourg. Ses débuts au Festival de
Bayreuth datent de 1981 : il en sera alors le chef invité
pendant 18 ans, donnant des représentations de Tristan
et Isolde,
L’Anneau
du Nibelung,
Parsifal
et Les Maîtres
chanteurs de Nuremberg.
En
1991, il succède à Sir Georg Solti comme Directeur Musical
du Chicago Symphony Orchestra et en 1992 il devient General
Music Director et Directeur Artistique du Deutsche Staatsoper
de Berlin,
qui l’a élu « chef à vie ».
Depuis des années, Daniel Barenboïm oeuvre pour
la réconciliation entre Arabes et Israéliens. Partant du
principe que « La musique est le langage de la paix », il a
créé en 1999 avec l’écrivain Edward Saïd,
le West-Eastern Divan Orchestra, une formation composée de
jeunes musiciens d’Israël et de Palestine, de Syrie, de
Jordanie, du Liban, d’Egypte et d’Espagne.
Les deux premières années,
l’Atelier s’installe à Weimar, puis à Chicago, et,
depuis l’été 2002, à Séville. Cette entreprise hors du
commun est soutenue financièrement par le gouvernement
autonome d’Andalousie et quelques mécènes espagnols privés.
Daniel Barenboïm refuse toutefois toute donation qui pourrait
apporter une connotation politique au projet. L’Atelier et
l’Orchestre qui en est issu, n’ont aucune doctrine
politique autre que celle qui est la base de sa création :
l’idée qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit
israélo-palestinien.
Aujourd’hui, l’orchestre compte
environ 80 musiciens arabes et israéliens, âgés de 13 à 26
ans, et se réunit un mois tous les ans avant de partir en
tournée. En juillet 2005, c’est à Séville que s’est
tenu le septième atelier qui s’est poursuivi par une tournée
européenne et s’est achevée par le concert du 21 août à
Ramallah.
Avant le concert, Daniel Barenboïm a déclaré : «
Notre objectif sera atteint quand l’orchestre pourra jouer
dans tous les pays dont les musiciens sont originaires. Ce
concert à Ramallah est un grand pas dans cette voie. »
Je
me suis bien sûr branchée sur Arte pour écouter le concert
donné hier soir à Ramallah par Daniel Barenboïm et le
West-Eastern Divan Orchestra en faveur de la paix et du
dialogue au Proche-Orient. Quelque 700 personnes avaient
rempli à ras bord la salle de concert de Ramallah, certains
spectateurs restant debout dans les allées et devant les
portes tandis que d’autres ont écouté les oeuvres de
Beethoven et Mozart sur un écran dans une autre salle.
C’est
la première fois que cet orchestre de 100 musiciens qui
compte dans ses rangs non seulement des Israéliens et des
Palestiniens mais des Syriens, Libanais, Egyptiens et
Jordaniens se produit dans les territoires palestiniens. Pour
éviter tout problème, certains musiciens avaient voyagé
vers Ramallah avec un passeport diplomatique fourni par
l’Espagne. Le concert a été dédié à Edward Saïd,
l’intellectuel décédé en 2003, en présence de son épouse
Mariam.
Nadeem
Hassan, musicien de 21 ans et un des dix Syriens de la
formation, a expliqué qu’il avait été impatient de
rencontrer des Israéliens. « Quand j'ai fait leur
connaissance, j’ai découvert qu'ils étaient des gens
normaux. Certains sont créatifs dans leur travail et j'ai
beaucoup appris d'eux » a-t-il estimé.
Tal
Reval Theodorou, musicien israélien de 23 ans, juge qu'il est
« important pour les personnes de la région de se découvrir
réciproquement. Nous comprenons tous que nous avons besoin de
la paix. Nous nous rencontrons ici et nous avons des relations
humaines, pas politiques. »
Lors
d’une conférence de presse, Daniel Barenboim a réaffirmé
son engagement pour la paix. « Il y a deux peuples avec
un attachement profond pour cette partie du monde. Soit nous
nous entretuons tous, soit nous apprenons à vivre avec l’idée
que nous devons partager cette terre dans l'égalité et la
dignité » a lancé le chef d’orchestre. Israélien
qui avait à ses côtés Madame Mariam Saïd, la femme
d’Edward Saïd dont j’ai beaucoup parlé dans mes
Mots…dits, ayant eu un peu de peine à comprendre comment ce
professeur américain épris de musique avait pu à la fois
revenir en Palestine pour être un des ministres de Yasser
Arafat et fonder l’orchestre judéo-arabe avec son ami
Daniel Barenboïm.
Alors
que son dernier roman, Shalimar le clown,
paraît en France en octobre, l’écrivain Salman Rushdie a
évoqué avec Laure Adler le 26 août 2005 sur Arte les
histoires qui tissent la trame de son œuvre, de la déclaration
d’indépendance de l’Inde aux « temps très sombres »
du présent.
Laure
Adler s'est rendue à Londres pour un entretien exceptionnel
avec l’écrivain. Pour « Permis de penser », il
évoqua les histoires qui tissent la trame de son œuvre, de
la naissance de l’Inde aux « temps très sombres »
du présent. Salman
Rushdie inclut intimement la grande Histoire dans les milliers
d’histoires encloses dans ses romans foisonnants. Son deuxième
roman, LES ENFANTS DE MINUIT (Stock, 1983), qui lui valut la célébrité
grâce au couronnement du Booker Prize, racontait la sanglante
partition de l’Inde, avec l’accession du pays à l’indépendance,
en 1947 – l’année même de sa naissance, à Bombay, au
sein d'une famille d'intellectuels originaire kashmiris.
SHALIMAR LE CLOWN, qui paraît en octobre chez Plon, relate la
disparition de l’ « espace enchanté » que
fut le Cachemire, sous les coups de l’armée indienne et du
terrorisme pakistanais, avec un détour par la Californie
d’aujourd'hui et la France sous occupation nazie. Car les
histoires du monde, dit l’écrivain indo-britannique,
autrefois séparées, se fondent aujourd'hui en une histoire
unique, dont sa tâche est d’explorer les frontières éclatées.
Il revient avec Laure Adler sur LES VERSETS SATANIQUES
(Bourgois, 1989), dont la fatwa de l’ayatollah Khomeiny,
tout en le condamnant à une longue clandestinité révolue
depuis peu, a éclipsé le sens - il s’agit d’abord d’un
roman sur l'Angleterre de Margaret Thatcher. Il parle de New
York où il s'est installé depuis quelques années, théâtre
de son récit prémonitoire, FURIE (Plon), paru aux Etats-Unis
le 11 septembre 2001 pour relater la chute d'un moderne Âge
d’or. Le monde, à ses yeux, est aujourd'hui entré dans les
« temps les plus sombres » qu'il ait connu depuis
la Seconde Guerre mondiale. Mais ils sont aussi, sourit-il,
"très favorables à la littérature".
Salman
Rushdie est l'auteur de recueils d'essais comme FRANCHISSEZ LA
LIGNE (1992-2002), de nouvelles (Est-Ouest) et de huit romans,
parmi lesquels LA HONTE (1983, prix du Meilleur Livre étranger),
LE SOURIRE DU JAGUAR (1987), LE DERNIER SOUPIR DU MAURE
(1995), LA TERRE SOUS SES PIEDS (1999), tous édités ou réédités
chez Plon. Son dernier roman, SHALIMAR LE CLOWN, est paru en France le 6
octobre 2005 chez Plon.
Lundi 18 juillet : Genèse et représentation
de la peur.
Quand la peur surgit-elle ? Quels en sont les éléments déclencheurs
et quelles formes prend-elle? Effroi ou lent cheminement
de l'inquiétude, ce sentiment s'exprime de multiples façons.
Au regard de l'histoire, la peur est liée à des représentations
individuelles, collectives, qui la modèlent et en déterminent
la nature.
Mardi 19
juillet :
Géopolitique
de la peur. Les représentations de la peur sont intrinsèquement
liées, modelées, façonnées à une identité, parfois
à une appartenance communautaire, régionale, nationale.
Comment dessiner une carte de la peur ? Elle n'est pas
l'apanage des régimes politiques dictatoriaux qui se
nourrissent de la terreur populaire : la peur sévit également
dans les démocraties. La peur n'a pas de patrie.
Mercredi 20 juillet :
Peur et corps social. Le corps social vit en partie au rythme
de ses peurs. Ses frémissements interrogent la nature et
la validité des liens qui permettent à l'édifice social
de tenir. La peur permet-elle d'actualiser, de valider, de
renégocier les liens qui tissent une société ?
Jeudi 21 juillet : Risques
et prévention. Comment appréhende-t-on la peur ? Quels
indices permettent de prévoir son surgissement ? Quels
sont et quels ont été les moyens d'évaluation et de prévention
de la peur ?
Vendredi 22 juillet : Sortir de la peur. Les Etats, les
communautés, l'humain, inventent des remèdes à leur
peur. Diversion ou véritables réponses aux inquiétudes,
quelles sont ces parades, ces solutions, comment
exorcise-t-on la peur ? Quelles réponses proposent le
spirituel, l'art, le politique, le social pour sortir de
la peur ?
Sylviane Agacinski : Métaphysique
des sexes. Masculin / Féminin aux sources du
christianisme
Seuil (25 janvier 2005).
Les grands mythes chrétiens dessinent une histoire
des sexes. Un drame dans lequel la femme sépare le
premier homme de Dieu : la création d'Adam tourne à la
catastrophe par la faute d'Eve. Mais si Eve éloigne
l'homme de Dieu, Marie rapproche Dieu de l'homme. C'est
d'elle que naît le nouvel Adam : Jésus. En philosophie,
en théologie, les grands textes fondateurs font le récit
d'une vision masculine de l'histoire : la femme diffère
de l'homme, jamais l'inverse. Comme si le point de vue
viril était l'unique et l'universel - tandis que la femme
demeure toujours l'autre, le genre différent. " Il
n'y a ni mâle ni femelle ", écrit pourtant saint
Paul. Le christianisme aurait-il l'ambition de renverser
la " fatalité " de la condition sexuée ? Paul
poserait-il ici les fondements d'un universalisme chrétien
en annonçant l'égalité des sexes ? Sylviane Agacinski
montre au contraire que, comme dans la philosophie
grecque, la pensée chrétienne des premiers siècles
identifie l'esprit et l'intellect à l'homme, la chair et
le péché à la femme. Avec cette Métaphysique des
sexes, Sylviane Agacinski décrit un régime de pensée
masculin qui survit encore dans l'imaginaire contemporain.
Philippe Borgeaud : Aux origines de l'histoire des religions, Seuil (2 janvier 2004)
La question de l'identité religieuse dans son rapport à la laïcité est plus actuelle que jamais. Ainsi, que signifient ce désir d'introduire le mot «religion» dans le préambule de la future Constitution européenne ou, au contraire, cette réticence à y faire une quelconque allusion ? La multiplication des sectes, la forte politisation actuelle des religions, le «retour» du religieux, proclamé dans le monde des organisations internationales et des seigneurs de la guerre, invitent à repenser certains concepts. D'où l'importance de saisir l'origine de notre notion de «religion», ce qu'elle recouvre. A l'heure où l'on veut promouvoir l'histoire des religions dans l'enseignement, Philippe Borgeaud propose un livre fondamental. Entre Athènes, Rome et Jérusalem, rien ne vaut un détour par les territoires lointains, mais fondateurs, où apparaissent les premières formulations de nos évidences. Ce qui s'impose alors - doit-on s'en étonner ? , c'est le caractère pluriel et polémique du mot «religion», un objet qui n'existe pas de toute éternité, que l'on ne cesse de construire et de reconstruire. La véritable matière de l'histoire des religions, celle qu'il est devenu de plus en plus urgent d'étudier, ce n'est pas la série des grandes ou petites «religions du monde», mais bien les mécanismes, souvent archaïques, et résistants, qui fondent les croyances actuelles. En prendre conscience tout en s'interrogeant sur les exigences de l'histoire des religions, une discipline non confessionnelle, de type historique, anthropologique et comparatiste, n'est pas aujourd'hui un luxe.
Philippe Borgeaud : Exercices de mythologie : Labor et Fides (18 novembre 2004)
Le mythe n'est pas une croyance. Il relève d'une pratique du bonheur. Dégagé des contraintes du réel, faisant intervenir merveilleux et métamorphoses, il permet d'explorer les limites de l'imaginaire psychologique et social. Et sa fonction identitaire ne l'empêche pas de se transformer continuellement. Telle est l'appréhension de l'univers mythique que défend avec maestria Philippe Borgeaud.
Amoureux de cette créativité incessante qu'offre le mythe, à l'affût de trames communes entre les récits, l'auteur propose dans ce livre une belle analyse de l'histoire du labyrinthe, de l'enfant au miel, du cousin d'Orphée... Chaque fois, il s'agit d'étudier les réceptions diverses, selon le contexte, de ces récits. Le lecteur sort convaincu que le mythe n'est finalement rien de moins que la réponse multiple, jamais définitive, aux questions que l'on se pose traditionnellement sur le monde et sur soi-même.
Wolé Soyinka
(alias Akiwande Oluwole Soyinka) est né à Abeokuta au
Nigeria le 13 juillet 1934. Soyinka grandit dans les
environs de la mission anglicane d’Aké. Ses parents
(son père est responsable d’une école primaire et sa mère
commercante) « chrétiens et occidentalisés »
tiennent cependant à équilibrer l’environnement
anglophone colonial dans lequel il évolue par de fréquentes
visites dans le village natal de son père, à Isara en
pays Yoruba. Dans la bibliothèque familiale, Soyinka découvre
la littérature et les écrivains anglais. Son oeuvre sera
plus tard doublement influenceée, par la litterature
européenne et par la culture Yoruba.
A 12 ans, Soyinka quitte Aké pour Ibadan et à l’âge de 18 ans entre
dans la nouvelle université d’Ibadan. Il y étudie de
1952 à 1954. En 1954, attiré par le théâtre, il va
achever sa formation à Leeds en Angleterre où il obtient
un « BA »
(l’équivalent d’une maîtrise) en anglais. De
1957 à 1959, il continue son apprentissage européen en
étant notamment « script-reader », acteur et
metteur en scène au Royal Court Theater de Londres. A la
même période, il compose deux de ses premières pièces,
« The Swamp Dwellers » et « The lion and
the jewel. » Les deux pièces seront jouées à
Londres et Ibadan. En 1960, il reçoit une bourse du
centre de recherche Rockefeller et retourne au Nigeria. Il
crée sa propre troupe de théâtre appelée « the
Mask » et produit une nouvelle pièce, « A
Dancing in the forest » à l’occasion des cérémonies
d’indépendance du NIgeria.Il a réuni ses mémoires
d’enfance sous le titre d’ « AKE. »
Un tel enfant, je le raconte dans mes voyages,
nous a suivis toute une journée à Bénarès et j’ai su
par notre accompagnateur qu’il faisait partie d’une
caste de mendiants, sa colonne vertébrale ayant sans
doute été tronquée dès sa naissance afin qu’il ne
puisse jamais se tenir debout..
Langue
d'origine : arabe et persan. Traduit par Serge de
Beaurecueil en 1999, 287 p.
Première édition : 1985 - Collection : La Bibliothèque
de l’islam - ISBN : 2742712313
J’ai eu l’occasion dans d’autres
mots…dits d’évoquer la collaboration entre Edward Saïd
et daniel Barenboïm
Mon fils arrive de San Fracisco le 3O octobre.
Je lui ai demandé de m’apporter Shalimar le Clown »
que je voudrais inclure dans mes prochains livres…dits.