Montesquieu et la Loi

 par Catherine Raucy

Mots...dits

 

Montesquieu écrit dans De l’esprit des lois (1748) :

« … « Ce qui perdit les dynasties de Tsin et de Souï, dit un auteur chinois, c’est qu’au lieu de se borner, comme les anciens, à une inspection générale, seule digne du souverain, les princes voulurent gouverner tout immédiatement par eux-mêmes. » L’auteur chinois nous donne ici la cause de la corruption de presque toutes les monarchies.

La monarchie se perd, lorsqu’un prince croit qu’il montre plus sa puissance en changeant l’ordre des choses qu’en le suivant ; lorsqu’il ôte les fonctions naturelles des uns pour les donner arbitrairement à d’autres, et lorsqu’il est plus amoureux de ses fantaisies que de ses volontés.

La monarchie se perd, lorsque le prince, rapportant tout uniquement à lui, appelle l’Etat à sa capitale, la capitale à sa cour, et la cour à sa seule personne. »

(…)

Sans doute ces lignes portent-elles sur « la corruption du principe de la monarchie » ; sans doute pourrait-on accuser Montesquieu de prôner le conservatisme plus que le réformisme ; il n’empêche que, à 250 ans de distance, ces remarques s’appliquent à la politique actuelle de façon assez troublante…