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| Chers lecteurs, les mots démontent la mémoire, comme le dit si bien le Jabès de Les mots tracent, et j'ai bien envie de lancer les quatre textes qui font la sélection de cette semaine sous ce signe. Quatre, rien que quatre. Mais des biens, et dont on a parlé. J'aime ce texte en plusieurs mouvements. Il a de la densité, de la force, du rythme. Il a une voix qui n'est pas sucrée, comme un baiser qui mord un peu. Les assonances ne sont pas assomances, mais au contraire assone-sens. C'est sans une once de graisse. On sent un parcours. Le texte en suggère d'autres en poupée russe, une partie immergée y respire. J'y trouve une densité. (Stéphane Méliade)C'est de Train de vie, dont il s'agit, ici. Un texte puissant, une écriture en bloc très compacte, celle de Florence Noël, dont le nom depuis un bon bout n'est plus à faire : Crissement exténué tiré alourdi Et on reprend son souffle. Mémoire d'une modification, si j'ose dire. Le comité cette semaine a retenu également Les neilikkas de Aaron de Narjan, où on aura retrouvé avec plaisir une ironie qui ne phagocite pas le texte, une maîtrise de la forme et du vocabulaire, un rythme unique, presque du Prévert (Anita Beldiman-Moore), épices propres à cette voix. ...Ah puis tant pis, je sais bien que vous voulez tout le texte, que vous allez tout le lire plus tard, quand je me la serai enfin fermée, mais eh, impossible de m'empêcher d'en mettre déjà ici, pour aguicher... et quitte à vendre un peu la mèche, tenez: Mais enfin qui sont les
neilikkas ? Vous imaginez mon embarras Mémoire d'un indicible-clé. Pour Wagon d'Étienne Pinat, troisième texte ayant reçu la bénédiction comitéenne cette semaine, je laisserai parler Joë Ferami: Wagon ou la surprise de se retrouver seul en un lieu Mémoire de la présence. Pellicule en négatif. Enfin avant de me taire, je vous signale que le comité a retenu un deuxième texte de Jean Roussie, Éperon nord, que je placerai tout au terme de la mémoire d'un sillonnage. Bonne lecture. Mathieu Boily |
Une toile de F. Vignale |