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Alors que lherbe et
les feuilles se font donner leur sursis de vert, à genoux tout au bout
des travaux daoût à essayer de faire oublier un été strié de
rayons pas toujours dorés, le comité de poésie dÉcrits
Vains ? se remet lui une bonne grande chemise, vide un espresso
italien et sort cartes et compas du tiroir de sous la table détude,
intacte. Le vent sest levé un peu tôt, arrivé presque au tournant
de la rentrée, et la rade a été bonne. Cest lheure qui revient,
quil se dit, réveillant radio et instruments de bord.
Heureux de vous
retrouver tous, chers lecteurs,
au sortir de cette longue vacance.
J'étais vers
l'archipel d'îles aléatoires
Que la mer ciselait de nacre au yatagan de ses lames. Les fous juchés aux promontoires me mataient godiller, Mener ma périssoire sur le bleu de cobalt plein de soleils mouvants.
Pas un hasard, donc, que
nous viennent spontanément des accents de départ en mer
Le comité
cette semaine a eu un coup de cur pour ce très beau texte de Jean
Barbé : promenade légèrement élégante, à la Saint-John
Perse, mais plus naturel, sans grossir les mots (Aaron de Najran)
où une rythmique latente forge des courants internes puissants qui
lient chaque ligne dune manière très subtile, à laquelle Barbé
nous habitue depuis quelques textes maintenant.
Et de la mer, on passe à lamer (et admirez le glissement quand même, hein ), autre coup de cur du comité, avec « Amemoire » dIsabelle Godard. Ici, une forme tout autre de rythmique se présente, monologique viscérale, accrochée à la voix dans une justesse poignante :
pourquoi
ne suis-je pas de toi
puisqu'il faut bien être de quelque part je tricote des moufles pour l'été il est gourd ce besoin de serrer à en mordre d'agripper à en frémir jusqu'à la dernière main ne pas te perdre des doigts
Également, cette
semaine, dans cette fournée brève, on retrouvera lécriture
sensuelle organique de Florence Noël dans « Lettre à
ta peau », un de ces textes rares qui donnent un
sentiment duniversalité, alors que tant dautres veulent le faire
sans y parvenir (Nath), et enfin une petite prose de Jean-Rémy
Fleuret, porte dentrée de son recueil Paroles immobiles,
et à qui nous souhaitons la bienvenue chez Écrits
Vains ?
Bonne
lecture.
Mathieu
Boily.
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