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Les puits profonds
par Mathieu Boily |
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Cest
lentement que tous les puits profonds vivent leur expérience ;
longtemps leur faut attendre pour savoir ce qui au fond deux est tombé.
Malgré tout ce que Nietzsche aura pu filtrer dambiguïté entre
les dents de son Zarathoustra pour parler à travers lui du poète,
nempêche que jai toujours trouvé cette phrase profondément accordée
à la motion dexistence, si je puis dire, que suppose toute poésie qui
se respecte, cest-à-dire une patiente accueillance soustraite, par
absolue nécessité, à toute forme de convention temporelle.
Évidemment, cest ma petite association à moi et rien ne vous
empêche de my suivre. Bien.
En attendant, donc, soit que la mini équation ci-haut bruisse dans
la profondeur de vos esprits de lecteurs assidus ou alors quune espèce
de « mais il a rien compris à rien, lui » ou autre pensée
deau comparable vous arrive, pourquoi pas, histoire aussi un peu que
vous ne vous y attardiez pas trop, je vous invite de suite à passer plutôt
au menu que le comité poésie vous a réservé pour cette semaine. Tout
dabord, dans les profondeurs de ses filets le comité a découvert un
nouvel auteur, Jean Boisjoli, qui nous présente ici un texte à saveur de
nostalgie et damour réel, damour du réel également, où lécriture
dessine un lyrisme bien pesé, aux images lucides et lentement percutantes : tes
traces essoufflées ici
tout grenouille De
la profondeur quotidienne de la capitale déchue, on passe ensuite aux
altitudes fantastiques dun genre quil nous est rarement donné de goûter,
à Écrits
Vains ? mais aussi pas seulement
à Écrits
Vains ? , avec « Ying-Sha »,
un conte-poème de Claude Gauthier qui, peut-on dire, récidive (on se
souviendra de ses Deux grenouilles).
Admirablement ficelé, quand même, vous avouerez : Elle
ira tout un jour dans sa marche forcée, Et
quoi encore ? Le comité
a trouvé aussi, ou retrouvé serait plus exact, lécriture fine et légère,
mais dans le bon sens, de Yann Venner.
Voici lair par lequel commence à jouer « Pas encore
sec
», avant quun vent plus prompt ne sévisse
(vous faudra
donc aller voir) : Il
fait très beau Une
fois lancé, difficile de freiner. Cette
semaine également, Antoine Loth avec « Laube sous la terre »,
autre redécouverte. Le comité
commence à prendre goût à cette écriture bien scandée, à la voix qui
marche lentement. Enfin,
enfin, autre joie, autre nouvel auteur.
Nous accueillons Alex, dont la candeur réfléchie et un peu humide
de « Tu pleurais sur tes crayons » a charmé le comité. Bonne lecture. |
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