Comme
je ne veux pas marcher une fois de plus sur les plates-bandes de
Catherine qui va, sans doute, écrire sa chronique sur Farenheit
11/9,
je me suis rendue à ma librairie habituelle, « Village
Voice », pour acheter Dude, Where’s my country, le
dernier livre de Michael Moore où il exploite des thèmes qu’on
retrouvera sans doute dans son film. Même si ce livre n’a pas
eu le même succès que Stupid White Men qui l’a précédé
et qui a tiré à plus de quatre millions d’exemplaires, je le
lirai sans doute avec plaisir et le raconterai
comme de coutume à chaud, au fur et à mesure de ma
lecture. Je traduirai les passages intéressants au mieux de mes
possibilités, mes lecteurs potentiels sachant que je ne me suis
jamais habituée à recourir à des traductions quand je pouvais
aller directement à l’original.
Je
devine que, la première partie du livre lui étant presque tout
entière consacrée, la famille bin Laden et ses liens privilégiés
avec les Bush père et fils reste au travers de la gorge de l’auteur-cinéaste
telle une mauvaise arête qu’il n’arrive pas à extirper. Il
veut tellement associer ses lecteurs à son angoisse qu’il cite
ses sources en bas de page afin que personne (il le suppose en
tout cas) ne puisse le soupçonner d’inventions ou de contre vérités.
Ayant mentionné dès la première page l’attentat contre les
tours du World Trade Center, noté le manque de réaction immédiate
du Président des Etats-Unis qui faisait la lecture dans une
classe de Floride, effondré comme tous les autres Américains par
cette nouvelle impensable, la présence de terroristes dans des
avions qui avaient survolé New York sans la moindre interférence
de quiconque, persuadé comme la majorité d’entre eux qu’Osama
était le responsable, il ne réagit véritablement qu’un soir
de Novembre 2001 quand, lisant à moitié endormi
le magazine The New Yorker, il tomba sur l’article
d’une journaliste d’investigation, Jane Mayer, qui écrivait :
Environ
deux douzaines de membres de la famille bin Laden, la plupart étant
ici pour faire leurs études dans des collèges et des écoles
privées, se trouvaient aux
Etats-Unis au moment des attaques. Ils ont été immédiatement prévenus
et regroupés par des officiels de l’Ambassade d’Arabie
Saoudite qui craignaient qu’ils ne fussent victimes de représailles
américaines. Avec l’accord du FBI, selon un officiel saoudien,
les bin Laden ont pris un jet privé de Los Angeles à Orlando
puis à Washington et enfin à Boston. Dès que des vols
transatlantiques furent autorisés, le jet s’envola pour
l’Europe. Les officiels américains n’ont pas eu besoin de
beaucoup de persuasion de la part de l’ambassadeur saoudien à
Washington, le Prince Bandar bin Sultan, pour admettre que la
famille bin Laden ne constituait pas un ensemble de témoins
privilégiés.
C’est
alors que Michael Moore se saisit du New York Times du 30
septembre dans lequel il avait omis un article de la une écrit
par Patrick E. Tyler et qui commençait par ces mots : Dans
les premiers jours après l’attaque de New York et Washington,
l’Arabie Saoudite a supervisé l’évacuation urgente des
Etats-Unis de 24 membres de la grande famille de Osama bin Laden. Dès
le lendemain matin, Michael Moore décida d’étudier au plus
vite les raisons de cette attitude permissive de la part des
Etats-Unis vis-à-vis des bin laden et surtout de rechercher si et
depuis combien de temps des liens existaient entre la famille Bush
et la plus riche famille saoudienne.
Après
ces précisions nécessaires à la bonne compréhension du livre,
je reviens à cette première partie qui est en fait une série de
questions que pose l’écrivain au président des Etats-Unis. Je
crois que je vais les poser ici, en essayant de donner des réponses
assez succinctes :
-
Question N°1 : Est-il vrai que les bin ladens ont eu des
relation avec vous et votre famille depuis 25 ans ?
Apparemment,
c’est en 1977 que, sur les conseils de son père, Bush Junior a
monté la firme Arbusto financée en partie par un certain
James A. Bath qui était chargé par Salem bin laden, le frère
d’Osama, de placer des fonds appartenant à cette famille,
l’une des plus riches d’Arabie saoudite, dans des entreprises
texanes. Salem bin Laden avait lancé ses affaires au Texas en
1973 en créant Bin Laden Aviation sur l’aéroport de San
Antonio. Les bin Laden avaient également investi dans
d’immenses entreprises, telles que Citigroup, General
Electric, Merrill Lynch, Goldman Sachs, the Fremont group,
Microsoft, Boeing…Ils
oavaient fait un don de 2 millions de dollars à l’Université
d’Harvard, de 300.000 dollars aux Universités Tufts et autant
au Conseil de la Police du Middle East, un groupe dirigé par un
ancien ambassadeur en Arabie Saoudite, Charles Freeman.
Après
avoir exercé son mandat présidentiel, Bush Senior est devenu
consultant du Carlyle Group, un des plus gros fournisseur
de l’armée, dans lequel les bin laden ont investi 2 millions de
dollars. En 1994, Bush Junior a pris la tête de Cater Air, une
filiale du Carlyle group. Malgré les évènements du 11
septembre, Bush Senior et ses acolytes sont restés dans le groupe
sous le prétexte que les bin laden avaient renié Osama. Et
pourtant la mère de celui-ci, sa sœur et deux frères ont assisté
avec Osama au mariage de son fils six mois et demi après le 11
septembre a révélé The New Yorker, une preuve que les
liens n’étaient pas rompu avec le dirigeant d’Al Qaeda qui a
toujours eu accès, selon la CIA, à la fortune familiale, sa part
étant estimée à 30 millions de dollars.
-
Question N°2 : Quelles « relations spéciales »
existent entre les Bush et la famille royale saoudienne ?
Tout
le monde sait que les réserves de pétrole d’Arabie Saoudite
sont les plus importantes du monde. Selon Michael Moore, le Président
Bush Senior est venu à la rescousse du Koweit en 1990 après son
invasion par l’Iraq pour faire plaisir à ses amis, membres de
la famille royale saoudienne. Toujours selon The New Yorker,
Haifa, la femme du Prince Bandar, ambassadeur d’Arabie Saoudite
aux Etats-Unis, a dit que les Bush étaient comme son père et sa
mère. Le Prince Bandar a fait don d’1 million de dollars à la
Bibliothèque Présidentielle George Bush au Texas et la même
somme au programme d’aide à l’alphabétisation de sa femme
Barbara. Les Bush ont séjourné à plusieurs reprises en
Arabie Saoudite, dans le palais royal même et le Prince Bandar a
assisté à la célébration de l’anniversaire des cinquante
sept ans de Madame Bush à Kennebunkport. Dans l’affaire de
Floride et le décompte erroné des votes, le Prince Bandar a
offert son aide. Il a emmené Bush Senior à une chasse au faisan
en Angleterre pour le distraire. L’avocat de Bush Junior, James
Baker, s’est rendu personnellement en Floride pour diriger la
« bataille des urnes ». C’est lui qui a ultérieurement
représenté la famille royale saoudienne dans les procès intentés
contre Osama bin Laden par les familles des victimes du 11
septembre.
Michael
Moore fait remarquer au passage que donner son amitié à un pays
où en 2000, 125 personnes ont eu la tête tranchée publiquement
sur une place populairement appelée « la Place Chop-Chop » (!)
n’est pas un témoignage en faveur des « démocrates
occidentaux » qui font abstraction de telles méthodes.
-
Question N°3 : Qui a attaqué les Etats-Unis le 11 septembre
- un type soumis à une dialyse dans une cave d’Afghanistan –
ou vos amis d’Arabie Saoudite ?
En
2000 l’Associated press a précisé dans une dépêche
qu’Osama bin laden souffrait d’une déficience du foie et des
reins. Après le 11 septembre un expert Taliban proche de bin
Laden a dit « Il ne peut vraiment pas faire de longs
voyages. » Michael Moore se demande alors comment un homme
soumis à une dialyse peut avoir dirigé une opération d’une
telle envergure, nécessitant le recours à des pilotes chevronnés
ayant suivi un entraînement intensif car on ne précipite pas un
appareil à plus de 500 miles à l’heure contre les Tours ou le
Pentagone en ayant appris à piloter un jumbo jet. Il suggère que
la destruction n’a peut-être pas été une manœuvre terroriste
mais une attaque militaire perpétrée par l’Arabie Saoudite
elle-même et il se demande pourquoi
Bush protège cet Etat plutôt que les Américains.
-
Question N°4 : Pour quelles raisons avez-vous permis à un
jet saoudien privé de voler au-dessus des Etats-Unis et de
rassembler les membres de la famille bin Laden, les autorisant à
quitter le pays sans une investigation adéquate du FBI ?
Michael
Moore et les Américains attendent encore une explication
plausible qui n’a pas été fournie par le Chef de l’Etat.
-
Question N°5 : Pour quelles raisons accordez-vous la
protection des « droits du Second Amendement »
à des terroristes potentiels ?
Il
semble que dans les quelques jours qui suivirent le 11 septembre,
le FBI avait réuni 186 suspects, deux d’entre eux s’étant avérés
comme acheteurs d’armes. John Ashcroft, Procureur Général,
interdit alors au FBI de poursuivre ses investigations. Michael
More demande alors pour quelles raisons l’administration américaine
qui n’a pas protégé une seconde les droits des Américains
d’origine arabe arrêtés, détenus, harassés sans vergogne a
soudain exhibé la National Rifle Association (attaquée
par l’auteur dans Bowling for Columbine) et protégé le
droit de détention d’armes des suspects. Cette histoire n’a
été révélée qu’en juillet 2002 : John Ashcroft s’est
contredit alors en affirmant : There’s
nothing wrong with looking to see if a suspected terrorist bought
a gun (Il
n’y a rien de répréhensible dans le fait de voir si
quelqu’un suspecté de terrorisme a acheté une arme.) Pourquoi ?
-
Question N° 6 : Saviez-vous que, alors que vous en étiez le
gouverneur, les Taliban ont voyagé au Texas pour rencontrer vos
amis pétroliers ?
Le
fait est révélé dans une information de la BBC datant de décembre
1997 : Les
Taliban au Texas pour des pourparlers sur le pipeline. Les
pétroliers ont déroulé pour eux le tapis rouge.
Les
Taliban se sont ensuite rendus à Washington (Clinton était alors
président des Etats-Unis). Au temps de l’Union Soviétique, les
républiques à l’est de la Mer Caspienne étaient « bourrées »
de gaz naturel non exploité. Le projet, approuvé par Clinton
lui-même, était de construire avec les Taliban - afin de battre
les Soviétiques dans la course au pétrole - un pipeline (avec
l’aide de Unocal, un des géants de l’industrie pétrolière
américaine)
à travers l’Afghanistan qui éviterait la traversée de
l’Iran. A son arrivée au pouvoir, Bush reprit l’idée,
soutenu par Dick Cheney qui était alors à la tête de la
compagnie pétrolière géante, Halliburton.
Lorsque,
après le départ des Soviétiques, la guerre civile éclata en
Afghanistan et que les Taliban prirent la tête du pays, les
pourparlers au sujet du pipeline se poursuivirent jusqu’à ce
qu’Osama bin Laden fasse exploser deux ambassades américaines
en Afrique. Clinton décida aussitôt que Unocal, Enron et
Halliburton (les trois compagnies pétrolières intéressées) se
retiraient du projet de pipeline. Quelques jours après
l’investiture de Bush, les Taliban se montrèrent désireux de
reprendre le projet. Dans leur désir de conciliation ils avaient
même adhérer à la lutte américaine contre les drogues
bien qu’ils aient continué à vendre les stocks d’héroïne
entassés dans leurs entrepôts. C’est alors qu’intervinrent
les évènements du 11 septembre. Bush décida de protéger les Américains
en se retournant contre les Taliban et leurs potes d’Al Qaeda,
autorisa son ambassadeur à Kaboul, Zalmay Khalilzad, un des
dirigeants d’Unocal, et au nouveau leader américain du pays,
ancien dirigeant d’Unlocal, de reprendre le projet du pipeline.
Le 27 décembre 2001, le Turkménistan, l’Afghanistan et le
Pakistan signèrent un protocole d’accord évalué à 5
milliards de dollars. Le pétrole coulera sans doute depuis la mer
Caspienne et tout le monde y trouvera son compte !
-
Question N°7 : Comment avez-vous réagi dans une classe de
Floride quand vous avez appris le 11 septembre que l’Amérique
était attaquée ?
Bush
était dans une classe élémentaire de Sarasota (Floride) entrain
de faire la lecture aux élèves quand le secrétaire général de
la Maison Blanche vint lui annoncer l’attaque contre les Tours.
Le Président resta quelques instants silencieux, le regard perdu
dans l’espace, puis il quitta la classe non pour se rendre à
Washington afin de montrer qu’il était bien le leader de la
nation mais en Louisiane puis au Nebraska pour se cacher car il
avait peur d’être la cible d’Al Qaeda. Il comprit en fin
d’après-midi qu’il devait retourner à Washington et invita
de suite son ami le plus proche à venir le rejoindre. C’est
ainsi que sur un balcon tranquille de la maison Blanche il fuma un
cigare en compagnie de « Bandar Bush », le prince
d’Arabie Saoudite !
Ce
premier chapitre dont j’ai voulu donner les grandes lignes est
sans doute le plus important du livre car il montre ou plutôt
confirme les liens qui ont toujours existé entre les Bush et la
famille Bin Laden,
entre les Bush, présidents milliardaires de compagnies pétrolières
et les producteurs de pétrole les plus riches et les plus
puissants du monde, les Princes d’Arabie Saoudite dont ils
n’ont jamais dénoncé les manquements aux droits de l’homme
et de la femme.
Le
deuxième chapitre s’intitule Home of the Whopper. Avant
tout, j’aimerais donner les deux sens du mot whopper :
Il se traduit à la fois par « monstre » et « hamburger
géant », le sens qu’il a dans ces pages, et nous verrons
que cet hamburger s’accroît de toutes sortes d’ingrédients
au fil des pages. Tous les Français, quelque soit leur
appartenance sociale ou politique, peuvent savourer la question
primordiale :
Quel
est le pire mensonge susceptible d’être prononcé par un président ? :
-
« Je n’ai pas eu de relation sexuelle avec cette femme,
Miss Lewinsky »
ou
-
« Il a des armes de destruction massive – les armes les
plus meurtrières du monde – qui sont une menace directe pour
les Etats-Unis, nos concitoyens, nos amis et
alliés. »
Le
premier de ces mensonges a enclenché le processus de l’ « impeachment »
à l’égard de Clinton (qui a choisi de ne pas démissionner
comme l’avait fait Nixon, processus qui n’a pas abouti
d’ailleurs puisque le nombre de voix requises n’a pas été réuni
par le Congrès), le second a permis au second d’entreprendre la
guerre qu’il souhaitait faire à l’Iraq, d’entrevoir un énorme
« business » dans un pays ou les gisements de gaz
naturel étaient loin d’être complètement exploités et
surtout l’assurance de sa réélection.
Et
voici le « hamburger original » qui porte sur
l’existence d’armes nucléaires en Iraq : Il est vrai
qu’une telle phrase (celle que j’ai citée plus haut) prononcée
par un président des Etats-Unis crédible depuis le 11 septembre
était bien faite pour alarmer une population qui n’est pas
habituée comme celles de la vieille Europe, de l’Afrique ou de
l’Extrême Orient aux invasions et aux destructions massives. La
menace d’utilisation par l’Iraq d’une arme nucléaire
pouvant être dirigée sur les Etats-Unis (le dernier livre de
Dominique Lapierre et Larry Collins, New York brûle-t-il,
un thriller
de politique-fiction dont les héros s'appellent
George Bush, Ariel Sharon, Ousama Bin
Laden, Condoleezza Rice, ou Saddam Hussein…
tend à prouver que la chose est possible, vu le nombre de
containers arrivant par mer dans le port de New York et qu’on ne
vérifie pas systématiquement) était
donc faite pour obtenir un soutien d’une majorité d’Américains,
d’autant plus que George Bush déclara dans la même foulée à
soixante millions de téléspectateurs le 28 janvier 2003 : Saddam
Hussein s’est procuré une grande quantité d’uranium en
Afrique…
Michael
Moore évoque alors un « hamburger géant au fromage »
sans doute plus goûteux que le premier : Ayant émis
l’hypothèse nécessaire de l’arme nucléaire contre l’avis
des Nations Unies et après que les troupes de la coalition aient
envahi l’Iraq sans trouver le butin, Bush fut aidé
inconditionnellement par l’excellent Donald Rumsfeld (Secrétaire
d’Etat à la Défense) qui affirma :
Les
armes se trouvent autour de Tikrit et Bagdad, au nord, au sud, à
l’est, à l’est, quelque part, mais on allait les trouver! En
fait, il n’y avait sans doute eu que les armes biologiques et
chimiques offertes à Saddam Hussein par les Américains et leurs
alliés en 1997 et qui constituaient une bonne affaire pour des
entreprises telles que Hewlett-Packard (ordinateurs permettant de
travailler sur le problème des scuds), AT&T (aide en 2000 et
2001 au système de défense aérien), Bechtel (de 1998 à 1990 :
construction d’un complexe pétrochimique géant), Caterpillars
(vente de tracteurs pour un montant de dix millions de dollars)…
De
1985 à 1990, le département Américain du Commerce a approuvé
la vente de technologies chimiques et biologiques pour un montant
de un milliard et demi de dollars. Je n’irai pas plus loin dans
cette énumération car tous ces faits nous sont connus, je me
permettrai même de dire archi connus.
Passons
au « Hamburger géant au bacon » : L’Iraq
a des liens avec Osama bin laden et Al Qaeda ! Comme
si posséder des armes nucléaires n’était pas suffisant, cette
hypothèse est la favorite de Donald Rumsfeld. George Bush le suit
les yeux fermés, faisant jour après jour des déclarations dans
ce sens. Et pourtant, selon Moore, la plus grande preuve que
Saddam Hussein et Osama bin Laden ne pouvaient pas se sentir est
la même pour laquelle les Bush ont arrêté d’aimer Saddam :
l’invasion du Koweit.
Le
« hamburger géants aux pickles et aux oignons »
conteste le fait que Saddam Hussein ait été l’homme le plus méchant
du monde. Bien sûr, dit Moore, il était mauvais, il a gazé les
Kurdes, les Iraniens, torturé les Chiites, torturé les Sunnites,
fait supporter à son peuple les effets du blocus pendant qu’il
menait une vie princière. Seulement les Américains, durant des
années, se sont souciés comme d’une guigne des souffrances du
peuple. Ils se sont d’ailleurs toujours désintéressés de tous
les peuples dans les pays dont ils soutenaient les dictateurs, Pol
Pot au Cambodge, Mobutu au Zaïre, soutien au putsch brésilien
qui a renversé Joao Goulart et fait subir au peuple quinze ans de
terreur, de tortures et d’assassinats, soutien en Indonésie à
Suharto qui a tué environ cinq cent mille personnes, annexé illégalement
Timor Est en exterminant près de deux cent mille hommes, femmes
et enfants… Aujourd’hui l’Amérique considère la Chine
comme sa dictature favorite, y pratique son grand business et voit
avec plaisir fleurir ses merveilleux fast-food.
Le
« hamburger aux frites de la liberté et au fromage américain)
nous concerne plus particulièrement : Les
Français ne sont pas de notre côté et ils sont peut-être nos
ennemis. » Il
est évident que la France est devenue le bouc émissaire de Bush
puisqu’elle a refusé toute entreprise trop hâtive de la
guerre, surtout avant que les inspecteurs de l’ONU n’aient
terminé leur travail. Moore va un peu loin quand il affirme que
la plupart des Américains savent que les Français sont plus
sophistiqués, plus éduqués, plus intelligents qu’eux. Je
pourrais lui parler des « Franchouillards » de la même
façon qu’il évoque les habitants de l’Amérique profonde.
« Les Américains » ne constituent pas à mon avis une
bonne formule, pas plus en tout cas que « l’Amérique ».
Il y a Bush et il y avait une majorité de citoyens (qui
s’effrite de plus en plus) pour le soutenir.
Le
« hamburger au combo (jazz ou menu composé de deux plats au
choix) à la laitue » conteste l’argumentation de Bush
selon laquelle les
Etats-Unis ne sont pas seuls en Iraq. Ils sont rejoints par la
coalition des « Willing »
(entendez par là : des nations qui veulent le bien.) C’est
apparemment le hamburger favori de Michael Moore, il s’en délecte.
Citant les premiers « adhérents », l’Afghanistan et
l’Albanie, il fait remarquer que la majorité des citoyens dont
le gouvernement décida de rejoindre la coalition était contre et
que la majorité des gouvernements l’ont fait parce qu’ils
avaient peur de ne plus recevoir l’aide américaine (la
Grande-Bretagne exceptée) dont leur pays avait besoin. Il
rappelle que 140 pays, la coalition des « unwilling »,
n’a pas soutenu la décision américaine.
Vient
alors le « hamburger géant des gosses » : Nous
faisons notre possible pour qu’aucune vie humaine ne soit
sacrifiée. C’est
à Littleton, Colorado, la ville de l’école Columbine, que
Lockheed Martin, le plus gros fabricant d’armes du monde, a
fabriqué les satellites qui ont guidé les missiles envoyés
au-dessus de Bagdad. Comme ceux que les Américains ont envoyés
au-dessus de l’Afghanistan après le 11 septembre, ils ne
devaient atteindre que des objectifs militaires.
Il est impossible de ne pas confirmer les dires de Michael Moore
quand on a la possibilité - comme je l’ai eue moi-même - de
regarder avec horreur et compassion les photos d’enfants
atteints durant les deux premiers mois de la coalition (j’en
reproduis une ci-dessous.) C’est exactement deux mois après
l’invasion que des informations officielles sont apparues quant
aux armes utilisées par les Américains et les Britanniques.
Les
militaires américains reconnaissent avoir largué 1.500 bombes à
fragmentation. Les Britanniques déclarent avoir lancé 2.000
bombes à fragmentation à partir du sol et 65 autres à partir de
chasseurs bombardiers. Ces bombes qui éclataient en de nombreuses
petites bombes touchaient indifféremment militaires et civils.
Des projectiles qui n’ont pas explosé ont continué à faire
des victimes plusieurs mois plus tard, surtout parmi les enfants.
Les Américains ont également utilisé de l’uranium appauvri.
Des avions A-10 ont tiré au moins 75 tonnes de balles à
l’uranium appauvri. Les premiers cas de contamination
radioactive de champs de bataille ont été signalés surtout à
Bagdad et dans ses environs. Les infrastructures médicales
irakiennes figuraient parmi les cibles des pillages tolérés et même
stimulés par les troupes américaines. L’administration américaine
a systématiquement entravé la reconstruction des hôpitaux et la
distribution des médicaments. Deux mois après la fin de la
guerre, le système des soins de santé reste très fragile et
insuffisant. Le manque de sécurité, de médicaments et d’eau
sont les problèmes les
plus
récurrents.
(Photos :
www.iraqpeaceteam.org)
Le « hamburger
géant à la mayonnaise » est véridique : Nous
sommes ici pour protéger les champs de pétrole iraqiens !
Le
« hamburger au fromage avec Coca-Cola » selon lequel les
Américains ont dit au monde la vérité au sujet de l’Iraq
est absorbé par Michael Moore avec ces mots : Si
vous voulez vendre une énorme quantité de hamburgers, vous devez
faire une bonne campagne de publicité même
quand vous savez pertinemment que le produit n’a aucune des
qualités que vous lui attribuez…
Le
« gros hamburger géant » est explicite :
Nous ne mentons pas et nous n’essayons pas de couvrir les
mensonges que nous vous avons dit.
Fin
de la vente des hamburgers géants : une fois de plus même
si j’abonde - et je suppose que les lecteurs le font avec moi -
avec l’auteur, n’était la présentation humoristique de ce
deuxième chapitre, il ne nous révèle rien que nous ne savions déjà.
Dans
le quatrième chapitre, Michael Moore rêve qu’il a cent ans
(autour des années 2050). Son arrière petite-fille Anne vient le
voir. Ella a apporté une bougie pour les éclairer. Le dialogue
montre que tout a été consommé, le pétrole surtout, dans des
guerres comme celles du Koweit et de l’Iraq sans que les Américains
aient pensé à des énergies de substitution. Anne a droit a un
crayon pour toute son année scolaire et sa génération ne connaît
même plus les matières plastiques.
Puis
nous passons aux frayeurs qui ont secoué le peuple américain après
le 11 septembre alors que la peur du terrorisme n’avait pas dépassé
jusqu’à cette époque le degré zéro. Le FBI a déclaré
qu’il fallait se méfier de tout, d’avions bourrés
d’explosifs, de gens trop près des voies ferrées qui voulaient
faire dérailler les trains, d’Al Qaeda qui pourrait allumer des
incendies sauvages dans l’Ouest des Etats-Unis, des terroristes
qui portaient les mêmes vêtements que le citoyen ordinaire, des
substances poudreuses contenues dans des enveloppes, des bombes
qui pouvaient être cachées dans les chaussures… Bush a remis
en vigueur le « USA Patriotic Act » qui permet de
contrôler, d’espionner les faits et dires de chaque Américain,
étranger résidant aux Etats-Unis ou visiteur, d’interdire
toute vie privée. Quelques exemples : Un juge de la banlieue
new-yorkaise a demandé à Anisser Khoder, une citoyen américaine
d’origine libanaise, si elle était une terroriste alors
qu’elle était convoquée pour une histoire de contravention
dans un parking. En Mai 2002, six journalistes français ont été
arrêtés à l’aéroport de Los Angeles, soumis à une fouille
au corps et expulsé des Etats-Unis sans pouvoir atteindre leur
destination : un exposition de jeux vidéos.
Comment
arrêter le terrorisme, si terrorisme il y a ? En arrêtant
d’être soi-même un terroriste comme l’Amérique de Bush :
elle traque les dictateurs sans se préoccuper des peuples qui
vivent sous sa férule, elle fait partie des 20% de la population
mondiale riche et consommatrice dont le sort des autres 80% lui
importe peu si ce n’est pour lui offrir des salaires de misères
en échange d’un travail rigoureux, qui emploie des enfants
esclaves, elle appelle « dommage collatéral » le
meurtre de civils, elle veut tout le pétrole du monde et,
nouvelle formule, ne se contente plus de haïr les gens d’une
autre couleur ou qui ne sont pas chrétiens mais s’en prend aux
gens de race blanche, les Français et les Allemands par exemple.
Et
Dieu, dans tout ceci ? Quand Bush dit I
believe God wants me to be President,
(Je crois que Dieu veut que je sois Président), Michael
Moore met ces paroles dans la bouche de Dieu : Je
suis Dieu le Père et il est le fils de George…Je n’ai jamais
dit à Bush d’envahir des nations. Il est toujours interdit de
tuer… Je ne veux pas que les gosses prient pour moi dans une
salle de classe. Qu’ils le fassent
à l’église ou à l’heure du coucher…Je ne veux pas
de plaques ou de monuments religieux dans les endroits publics…
Et puis assez de « Dieu bénisse l’Amérique. »
A-t-on jamais entendu dire « Dieu bénisse Djibouti »
ou «Dieu bénisse le Bostwana » ?
Nous
revenons dans le chapitre suivant aux « grands » de ce
monde, les présidents de conseils d’administration, les CEO’s
comme on les nomme aux Etats-Unis. Là encore, rien de nouveau :
ils gagnent des milliards de dollars, se foutent (sorry !) de
leurs ouvriers ou de leur staff mais caressent leurs actionnaires
dans le sens du poil, ils parcourent la terre en jet privé pour
se saisir des affaires les plus juteuses, ils gagne aux Etats-Unis
411 fois le salaire de leurs employés : Durant
les vingt dernières années, des compagnies telles que Disney,
Nestlé, Procter&Gamble, Dow Chemical, JP Morgan Chase and
Walmart ont pris secrètement des assurances sur la tête de leurs
employés et se sont institués leurs bénéficiaires !
En cas de décès
donc, c’est la compagnie qui touche et non les héritiers !
George Bush, CEO de l’Amérique, a touché personnellement de
Enron, la septième compagnie américaine avant sa faillite,
$100,000 à partir de 1993 et $283,000 pour le Comité National Républicain.
Dès son élection, Bush a invité le Président d’Enron à
rejoindre son administration et au moment de la faillite de 2001,
Kenneth lay avait eu le temps de vendre les stocks grâce à des
indiscrétions pour lesquelles le pote de Bush n’a pas été un
seul instant inquiété.
George
Bush aurait bénéficié d’une réduction d’impôts de 350
milliards de dollars qui correspond presque au déficit fédéral
de 2003 : 401 milliards de dollars. Son papa avait eu moins
de chance puisque la réduction accordée n’avait été que de
290 milliards de dollars ! Dans une lettre au Président,
Michael Moore qui admet avoir, lui aussi, obtenu une réduction de
ses impôts écrit qu’il utilisera l’argent pour se débarrasser
d’un homme qui a déclaré : Nous
aidons les familles nombreuses qui vont recevoir une aide immédiate.
Par la suite, le projet a exclu 12 millions d’enfants dont les
parent gagnaient entre $10,000 et $26,000 par an !
Malgré
tout, nombreux sont les gens qui aimeraient vivre dans cet
eldorado que sont les Etats-Unis (j’en sais quelque chose
puisque mon fils cadet réside à San Francisco depuis plus de
vingt ans. Bien qu’ingénieur, analyste-programmeur au centre
d’ informatique de la banque d’Amérique, il touche à
peu près le même salaire qu’un Français mais travaille
parfois plus de douze heures par jour !) Pour Moore,
l’eldorado est une utopie. Bien sûr, certains Américains
croient encore vivre sur la terre de la Liberté, certains aiment
leur leader, certains (de moins en moins) sont pour la poursuite
de la guerre, et pourtant la
majorité est plus à gauche qu’à droite… 57% des Américains
pensent que l’avortement devrait être légalisé dans la
plupart des cas…86% des Américains disent qu’ils sont
d’accord avec les buts du Mouvement pour les Droits Civiques…
4 Américains sur 5 disent qu’il est important que les étudiants
de toutes races étudient à ola Faculté…83% d’Américains
disent qu’ils approuvent le Mouvement Ecologique… 94% d’Américains
veulent une loi régulant la manufacture d’armes…8 Américains
sur 10 pensent que la Sécurité Sociale devrait être accordée
d’une manière équitable à tous les citoyens…62% des Américains
aimeraient que moins de contestataires non violents soient envoyés
en prison… 85% des Américains veulent des chances égales dans
le travail pour les gays et les lesbiennes…
Il
est normal qu’après la destruction des tours et la mort de plus
de trois mille personnes, les Américains se soient groupés
autour leur leader, quel qu’il fût. Avant la Guerre d’Iraq
une majorité d’Américains pensaient qu’elle ne pouvait se
faire sans la participation de tous les alliés et le soutien des
Nations Unies. Après le début de la guerre - comme après le 11
septembre - ils ont cru bon de suivre leur leader et les troupes
dans
lesquelles leurs propres enfants combattaient. Ils sont maintenant
une majorité à se rendre compte que la guerre est mauvaise, que
leur leader est mauvais. Michael Moore va même jusqu’à dire :
Regardez
autour de vous. Vous vivez dans un pays de gens sympathiques dont
la pensée est progressiste et libérale ( !)
Là,
je crois que Michael Moore fait ce que les enfants appellent de la
lèche car si j’ai de nombreux amis américains progressiste,
libéraux, humanistes, si j’admire un grand nombre de
professeurs, d’écrivains et de journalistes dont on dirait en
France qu’ils sont des intellectuels de gauche, je ne pense pas
que l’Amérique profonde soit progressiste et libérale. La
preuve en est que le beau-frère de Moore récite comme une
litanie les slogans républicains même au cours des dîners de
Thanksgiving (Jour d’Action de Grâces). Le problème est
qu’il faudrait pouvoir voyager dans l’esprit des
conservateurs, leur faire admettre qu’on n’en veut pas à leur
argent, qu’on les respecte mais qu’on attend d’eux la réciproque,
avouer que la gauche a fait des erreurs (je suis toujours étonnée
que Moore emploie le mot « gauche » plutôt que
« Démocrate »), dire que payer décemment les
ouvriers est un moyen de gagner plus d’argent, que la création
de crèches d’entreprises évitant le recours à des baby
sitters est un moyen de gagner plus d’argent, que le besoin
d’air et d’eau non pollués, la guerre aux drogues économise
l’argent, que donner beaucoup d’argent aux écoles publiques
est un moyen de gagner de l’argent et que ne
plus jamais voter pour un républicain est une façon de faire des
tonnes d’argent !
Le
problème ultime est de savoir comment se débarrasser de Bush !
Il est vrai que Nader (l’ancien patron de Moore qui s’est en définitive
passé de ses services) n’a pas aidé les démocrates en créant
le parti des Verts et qu’il compte se représenter aux
prochaines élections (nous en connaissons nous-même un bout sur
la dispersion des votes…) Michael
Moore lui-même s’est demandé pour quelle raison ne pouvait
s’élaborer une fusion Verts-Démocrates pour les élections
(nous nous sommes posés la même question…) Selon lui, on doit
trouver un « Bushwhacker » (un tombeur de Bush )
et il lance le nom de Oprah Winfrey : Elle
est tout à la fois Bruce Springsteen, Mère Thérésa et Princess
Di !.
Si
Oprah Winfrey
refuse, pourquoi pas Tom Hanks ou Paul Newman ou Caroline
Kennedy… ? Mais ils préfèrent sans doute leur propre vie
à celle qu’ils mèneraient à la Maison Blanche ! Alors,
il reste Wesley Clark, ancien Commandant en chef des forces alliées
auprès des Nations Unies. Michael Moore l’a entendu sur CNN au
moment où Bush décidait de partir en guerre contre l’Iraq
contre l’avis d’hommes tels que Wesley Clark. Inutile
d’aller plus loin : il est vrai que lors des primaires on a
pensé que le Général Clark serait le candidat démocrate face
à George W. Bush le 2 novembre. Il talonnait l’ex-gouverneur du
Vermont, Howard Dean, dans la course à l’investiture démocrate.
Il avait le soutien de Bill-Hillary Clinton et de Madonna.
Nous savons depuis que le candidat démocrate sera John Kerry.
Que
faut-il faire donc ? Marteler dans les oreilles de son voisin
que Bush a été et sera pernicieux pour le pays s’il est réélu,
rejoindre la campagne de celui qui veut battre Bush, faire lire
aux républicains les meilleurs livres écrits par des Démocrates
( ?!) et surtout « voter. » Chacun sait que le
taux d’abstention aux Etats-Unis est un des plus élevés du
monde. Le livre de Michel Moore et son film auront-ils le pouvoir
de changer les choses, les habitudes, les esprits et les cœurs ?
Je suis perplexe parce que le livre ne m’a jamais produit la même
sensation que « Bowling for Columbine. » Je n’ai pas
découvert de faits véritablement inédits et puis, je trouve que
l’auteur se fait parfois des illusions quant à la volonté de
changement des Américains. Il faut dire qu’il l’a écrit
avant les tristes évènements de Nadjaf et de Falloudjah où les
victimes se sont comptées par centaines. Il est vrai que plus en
plus de familles américaines ont été choquées par les images
de tortures dans la plus sinistre prison d’Iraq, que ces mêmes
familles voudraient que leurs fils reviennent du cauchemar
qu’est devenu cette guerre entreprise par Bush contre l’avis
de la majorité des pays de la planète. Mais, tout ceci, je le
sais par les informations, par les documentaires. J’admire
toujours Michael Moore pour le désamour qu’il ressent à l’égard
de Bush, pour la lutte incessante qu’il mène contre le
conservatisme dans ses films comme dans ses livres mais, je le répète,
son livre ne m’a pas donné une seule fois les mêmes émotions
que « Bowling for Columbine » quand je l’ai découvert
pour la première fois.
Comme je vais parler beaucoup de Bush, je voudrais
simplement citer ici une information qui frise le rocambolesque :
Je n’irai pas jusqu’à dire que ce fut l’événement
majeur du week-end mais tout de même : samedi, quelques
heures avant le sacre de Michael Moore à Cannes, George W. Bush
a tenté une ultime pirouette pour décrocher le grand prix
d’interprétation, catégorie comique : une
malencontreuse chute de vélo tout terrain a entraîné des
blessures bénignes à son visage, sa
main droite et ses genoux. Il était accompagné par son
médecin - comme s’il avait prévu la suite - d’un
collaborateur militaire et d’un agent secret. Le médecin a
sorti une fiole de whisky pour le réconforter. Décidément, le
président des Etats-Unis n’a pas de chance quand il veut se
relaxer, que ce soit devant la télévision où il s’étrangle
avec un bretzel ou en faisant un peu de sport. Le vélo semble
plus périlleux pour lui que le golf (sans pour autant faire un
amalgame avec « le golfe » qui, lui, n’est pas
sans risque !)
Il est avéré que si l’Arabie Saoudite décidait d’un jour
à l’autre de retirer tous ses avoirs des compagnies et des
banques américaines, nous assisterions à un krash tel que
celui de 1929 apparaîtrait comme une plaisanterie !
Michael Moore n’invente rien. J’ai moi-même
retrouvé les informations suivantes datant de 1997 :
Taliban in Washington to seek recognition. Taliban
meet with Unocal. Taliban travel to Argentina as guests of
Bridas. Upon return, Taliban meet with Saudi Intelligence chief,
Prince Turki al-Faysal, in Jeddah
(Les
Taliban à Washington pour une reconnaissance officielle. Les
taliban rencontre Unocal. Les Taliban se rendent en Argentine
comme invité de Bridas (une compagnie pétrolière intéressée
par le projet de pipeline à travers l’Afghanistan). A leur
retour, les Taliban rencontre à Jeddah le Chef des Services
Secrets saoudien,
le Prince Turki al-Faysal.)
Il est bien connu que la culture du pavot, une des
principales ressources des agriculteurs afghans fut interdite
sous les Taliban et a repris de plus belle depuis leur départ.
C’est à se demander parfois si la décision de
choisir Saddam Hussein comme emblème du terrorisme
international, détenteur d’armes de destruction massive, et
d’entreprendre la Guerre d’Iraq en laissant de côté le
problème d’Osama bin laden et d’Al Qaeda, n’est pas dû
au fait qu’on devait épargner en vue de je ne sais quel
avenir ou de je ne sais quel compromis l’Arabie Saoudite et la
famille bin Laden.
[
En Afghanistan, 3712 victimes civiles environ furent décomptées. En ce qui concerne l’Iraq j’ai consulté le site « Iraq Body Count » : On compte plus de 11.010 victimes civiles depuis le début des bombardements, la majorité ayant trouvé la mort après la prise de Bagdad. .
Oprah Winfrey anime The Oprah Winfrey Show sur 200 chaînes
locales américaines syndiquées et 132 chaînes dans le monde.
Il y a quelques années, l’émission comptait jusqu’à 20
millions de téléspectateurs par jour (dont 76% de femmes). Après
plusieurs années un peu déclinantes côté audiences, The
Oprah Winfrey Show a rebondi cette année, surtout auprès
d’un public jeune. Lors du précédent renouvellement de son
contrat, Oprah Winfrey, âgée de 49 ans, avait déclaré
vouloir quitter son émission après la saison 2005/2006.
Cependant, la reine du talk show américain aurait décidé de
poursuivre l’aventure plus longtemps. Ainsi, Oprah Winfrey
devrait finalement rester jusqu’à la fin de la saison
2007/2008, pour animer son talk-show avec même plus d’émissions
que ce qui était prévu. À l’origine, Oprah Winfrey avait
pensé réduire le nombre d’émissions de 145 à 100 en 2004
et à 75 en 2005 mais elle fera finalement 130 émissions pour
chacune des quatre dernières années. Ayant sa propre société
de production et d’édition, la femme d’affaire et
animatrice n’est donc pas prête de tirer sa révérence pour
le plus grand bonheur de ses fidèles téléspectateurs mais
aussi celui des annonceurs