Dude, Where’s my country ? 

par Michael Moore

par Lise Willar

Littérature étrangère


Comme je ne veux pas marcher une fois de plus sur les plates-bandes de Catherine qui va, sans doute, écrire sa chronique sur Farenheit 11/9[1], je me suis rendue à ma librairie habituelle, « Village Voice », pour acheter Dude, Where’s my country, le dernier livre de Michael Moore où il exploite des thèmes qu’on retrouvera sans doute dans son film. Même si ce livre n’a pas eu le même succès que Stupid White Men qui l’a précédé et qui a tiré à plus de quatre millions d’exemplaires, je le lirai sans doute avec plaisir et le raconterai  comme de coutume à chaud, au fur et à mesure de ma lecture. Je traduirai les passages intéressants au mieux de mes possibilités, mes lecteurs potentiels sachant que je ne me suis jamais habituée à recourir à des traductions quand je pouvais aller directement à l’original.

Je devine que, la première partie du livre lui étant presque tout entière consacrée, la famille bin Laden et ses liens privilégiés avec les Bush père et fils reste au travers de la gorge de l’auteur-cinéaste telle une mauvaise arête qu’il n’arrive pas à extirper. Il veut tellement associer ses lecteurs à son angoisse qu’il cite ses sources en bas de page afin que personne (il le suppose en tout cas) ne puisse le soupçonner d’inventions ou de contre vérités. Ayant mentionné dès la première page l’attentat contre les tours du World Trade Center, noté le manque de réaction immédiate du Président des Etats-Unis qui faisait la lecture dans une classe de Floride, effondré comme tous les autres Américains par cette nouvelle impensable, la présence de terroristes dans des avions qui avaient survolé New York sans la moindre interférence de quiconque, persuadé comme la majorité d’entre eux qu’Osama était le responsable, il ne réagit véritablement qu’un soir de Novembre 2001 quand, lisant à moitié endormi  le magazine The New Yorker, il tomba sur l’article d’une journaliste d’investigation, Jane Mayer, qui écrivait : Environ deux douzaines de membres de la famille bin Laden, la plupart étant ici pour faire leurs études dans des collèges et des écoles privées, se trouvaient  aux Etats-Unis au moment des attaques. Ils ont été immédiatement prévenus et regroupés par des officiels de l’Ambassade d’Arabie Saoudite qui craignaient qu’ils ne fussent victimes de représailles américaines. Avec l’accord du FBI, selon un officiel saoudien, les bin Laden ont pris un jet privé de Los Angeles à Orlando puis à Washington et enfin à Boston. Dès que des vols transatlantiques furent autorisés, le jet s’envola pour l’Europe. Les officiels américains n’ont pas eu besoin de beaucoup de persuasion de la part de l’ambassadeur saoudien à Washington, le Prince Bandar bin Sultan, pour admettre que la famille bin Laden ne constituait pas un ensemble de témoins privilégiés.

C’est alors que Michael Moore se saisit du New York Times du 30 septembre dans lequel il avait omis un article de la une écrit par Patrick E. Tyler et qui commençait par ces mots : Dans les premiers jours après l’attaque de New York et Washington, l’Arabie Saoudite a supervisé l’évacuation urgente des Etats-Unis de 24 membres de la grande famille de Osama bin Laden.  Dès le lendemain matin, Michael Moore décida d’étudier au plus vite les raisons de cette attitude permissive de la part des Etats-Unis vis-à-vis des bin laden et surtout de rechercher si et depuis combien de temps des liens existaient entre la famille Bush et la plus riche famille saoudienne.

Après ces précisions nécessaires à la bonne compréhension du livre, je reviens à cette première partie qui est en fait une série de questions que pose l’écrivain au président des Etats-Unis. Je crois que je vais les poser ici, en essayant de donner des réponses assez succinctes :

- Question N°1 : Est-il vrai que les bin ladens ont eu des relation avec vous et votre famille depuis 25 ans ? 

Apparemment, c’est en 1977 que, sur les conseils de son père, Bush Junior a monté la firme Arbusto financée en partie par un certain James A. Bath qui était chargé par Salem bin laden, le frère d’Osama, de placer des fonds appartenant à cette famille, l’une des plus riches d’Arabie saoudite, dans des entreprises texanes. Salem bin Laden avait lancé ses affaires au Texas en 1973 en créant Bin Laden Aviation sur l’aéroport de San Antonio. Les bin Laden avaient également investi dans d’immenses entreprises, telles que Citigroup, General Electric, Merrill Lynch, Goldman Sachs, the Fremont group, Microsoft, Boeing[2]Ils oavaient fait un don de 2 millions de dollars à l’Université d’Harvard, de 300.000 dollars aux Universités Tufts et autant au Conseil de la Police du Middle East, un groupe dirigé par un ancien ambassadeur en Arabie Saoudite, Charles Freeman.

Après avoir exercé son mandat présidentiel, Bush Senior est devenu consultant du Carlyle Group, un des plus gros fournisseur de l’armée, dans lequel les bin laden ont investi 2 millions de dollars. En 1994, Bush Junior a pris la tête de Cater Air, une filiale du Carlyle group. Malgré les évènements du 11 septembre, Bush Senior et ses acolytes sont restés dans le groupe sous le prétexte que les bin laden avaient renié Osama. Et pourtant la mère de celui-ci, sa sœur et deux frères ont assisté avec Osama au mariage de son fils six mois et demi après le 11 septembre a révélé The New Yorker, une preuve que les liens n’étaient pas rompu avec le dirigeant d’Al Qaeda qui a toujours eu accès, selon la CIA, à la fortune familiale, sa part étant estimée à 30 millions de dollars.

- Question N°2 : Quelles « relations spéciales » existent entre les Bush et la famille royale saoudienne ?

Tout le monde sait que les réserves de pétrole d’Arabie Saoudite sont les plus importantes du monde. Selon Michael Moore, le Président Bush Senior est venu à la rescousse du Koweit en 1990 après son invasion par l’Iraq pour faire plaisir à ses amis, membres de la famille royale saoudienne. Toujours selon The New Yorker, Haifa, la femme du Prince Bandar, ambassadeur d’Arabie Saoudite aux Etats-Unis, a dit que les Bush étaient comme son père et sa mère. Le Prince Bandar a fait don d’1 million de dollars à la Bibliothèque Présidentielle George Bush au Texas et la même somme au programme d’aide à l’alphabétisation de sa femme Barbara. Les Bush ont séjourné à plusieurs reprises en Arabie Saoudite, dans le palais royal même et le Prince Bandar a assisté à la célébration de l’anniversaire des cinquante sept ans de Madame Bush à Kennebunkport. Dans l’affaire de Floride et le décompte erroné des votes, le Prince Bandar a offert son aide. Il a emmené Bush Senior à une chasse au faisan en Angleterre pour le distraire. L’avocat de Bush Junior, James Baker, s’est rendu personnellement en Floride pour diriger la « bataille des urnes ». C’est lui qui a ultérieurement représenté la famille royale saoudienne dans les procès intentés contre Osama bin Laden par les familles des victimes du 11 septembre.

Michael Moore fait remarquer au passage que donner son amitié à un pays où en 2000, 125 personnes ont eu la tête tranchée publiquement sur une place populairement appelée « la Place Chop-Chop » (!) n’est pas un témoignage en faveur des « démocrates occidentaux » qui font abstraction de telles méthodes.

- Question N°3 : Qui a attaqué les Etats-Unis le 11 septembre - un type soumis à une dialyse dans une cave d’Afghanistan – ou vos amis d’Arabie Saoudite ?

En 2000 l’Associated press a précisé dans une dépêche qu’Osama bin laden souffrait d’une déficience du foie et des reins. Après le 11 septembre un expert Taliban proche de bin Laden a dit « Il ne peut vraiment pas faire de longs voyages. » Michael Moore se demande alors comment un homme soumis à une dialyse peut avoir dirigé une opération d’une telle envergure, nécessitant le recours à des pilotes chevronnés ayant suivi un entraînement intensif car on ne précipite pas un appareil à plus de 500 miles à l’heure contre les Tours ou le Pentagone en ayant appris à piloter un jumbo jet. Il suggère que la destruction n’a peut-être pas été une manœuvre terroriste mais une attaque militaire perpétrée par l’Arabie Saoudite elle-même et il se demande pourquoi  Bush protège cet Etat plutôt que les Américains.

- Question N°4 : Pour quelles raisons avez-vous permis à un jet saoudien privé de voler au-dessus des Etats-Unis et de rassembler les membres de la famille bin Laden, les autorisant à quitter le pays sans une investigation adéquate du FBI ?

Michael Moore et les Américains attendent encore une explication plausible qui n’a pas été fournie par le Chef de l’Etat.

- Question N°5 : Pour quelles raisons accordez-vous la protection des « droits du Second Amendement »  à des terroristes potentiels ?

Il semble que dans les quelques jours qui suivirent le 11 septembre, le FBI avait réuni 186 suspects, deux d’entre eux s’étant avérés comme acheteurs d’armes. John Ashcroft, Procureur Général, interdit alors au FBI de poursuivre ses investigations. Michael More demande alors pour quelles raisons l’administration américaine qui n’a pas protégé une seconde les droits des Américains d’origine arabe arrêtés, détenus, harassés sans vergogne a soudain exhibé la National Rifle Association (attaquée par l’auteur dans Bowling for Columbine) et protégé le droit de détention d’armes des suspects. Cette histoire n’a été révélée qu’en juillet 2002 : John Ashcroft s’est contredit alors en affirmant : There’s nothing wrong with looking to see if a suspected terrorist bought a gun (Il n’y a rien de répréhensible dans le fait de voir si quelqu’un suspecté de terrorisme a acheté une arme.) Pourquoi ?

- Question N° 6 : Saviez-vous que, alors que vous en étiez le gouverneur, les Taliban ont voyagé au Texas pour rencontrer vos amis pétroliers ?

Le fait est révélé dans une information de la BBC datant de décembre 1997 : Les Taliban au Texas pour des pourparlers sur le pipeline. Les pétroliers ont déroulé pour eux le tapis rouge. Les Taliban se sont ensuite rendus à Washington (Clinton était alors président des Etats-Unis). Au temps de l’Union Soviétique, les républiques à l’est de la Mer Caspienne étaient « bourrées » de gaz naturel non exploité. Le projet, approuvé par Clinton lui-même, était de construire avec les Taliban - afin de battre les Soviétiques dans la course au pétrole - un pipeline (avec l’aide de Unocal, un des géants de l’industrie pétrolière américaine[3]) à travers l’Afghanistan qui éviterait la traversée de l’Iran. A son arrivée au pouvoir, Bush reprit l’idée, soutenu par Dick Cheney qui était alors à la tête de la compagnie pétrolière géante, Halliburton.

Lorsque, après le départ des Soviétiques, la guerre civile éclata en Afghanistan et que les Taliban prirent la tête du pays, les pourparlers au sujet du pipeline se poursuivirent jusqu’à ce qu’Osama bin Laden fasse exploser deux ambassades américaines en Afrique. Clinton décida aussitôt que Unocal, Enron et Halliburton (les trois compagnies pétrolières intéressées) se retiraient du projet de pipeline. Quelques jours après l’investiture de Bush, les Taliban se montrèrent désireux de reprendre le projet. Dans leur désir de conciliation ils avaient même adhérer à la lutte américaine contre les drogues[4] bien qu’ils aient continué à vendre les stocks d’héroïne entassés dans leurs entrepôts. C’est alors qu’intervinrent les évènements du 11 septembre. Bush décida de protéger les Américains en se retournant contre les Taliban et leurs potes d’Al Qaeda, autorisa son ambassadeur à Kaboul, Zalmay Khalilzad, un des dirigeants d’Unocal, et au nouveau leader américain du pays, ancien dirigeant d’Unlocal, de reprendre le projet du pipeline. Le 27 décembre 2001, le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan signèrent un protocole d’accord évalué à 5 milliards de dollars. Le pétrole coulera sans doute depuis la mer Caspienne et tout le monde y trouvera son compte !

- Question N°7 : Comment avez-vous réagi dans une classe de Floride quand vous avez appris le 11 septembre que l’Amérique était attaquée ?

Bush était dans une classe élémentaire de Sarasota (Floride) entrain de faire la lecture aux élèves quand le secrétaire général de la Maison Blanche vint lui annoncer l’attaque contre les Tours. Le Président resta quelques instants silencieux, le regard perdu dans l’espace, puis il quitta la classe non pour se rendre à Washington afin de montrer qu’il était bien le leader de la nation mais en Louisiane puis au Nebraska pour se cacher car il avait peur d’être la cible d’Al Qaeda. Il comprit en fin d’après-midi qu’il devait retourner à Washington et invita de suite son ami le plus proche à venir le rejoindre. C’est ainsi que sur un balcon tranquille de la maison Blanche il fuma un cigare en compagnie de « Bandar Bush », le prince d’Arabie Saoudite !

Ce premier chapitre dont j’ai voulu donner les grandes lignes est sans doute le plus important du livre car il montre ou plutôt confirme les liens qui ont toujours existé entre les Bush et la famille Bin Laden[5], entre les Bush, présidents milliardaires de compagnies pétrolières et les producteurs de pétrole les plus riches et les plus puissants du monde, les Princes d’Arabie Saoudite dont ils n’ont jamais dénoncé les manquements aux droits de l’homme et de la femme.

Le deuxième chapitre s’intitule Home of the Whopper. Avant tout, j’aimerais donner les deux sens du mot whopper : Il se traduit à la fois par « monstre » et « hamburger géant », le sens qu’il a dans ces pages, et nous verrons que cet hamburger s’accroît de toutes sortes d’ingrédients au fil des pages. Tous les Français, quelque soit leur appartenance sociale ou politique, peuvent savourer la question primordiale :

Quel est le pire mensonge susceptible d’être prononcé par un président ? :

- « Je n’ai pas eu de relation sexuelle avec cette femme, Miss Lewinsky »

  ou

- « Il a des armes de destruction massive – les armes les plus meurtrières du monde – qui sont une menace directe pour les Etats-Unis, nos concitoyens, nos amis et  alliés. »

Le premier de ces mensonges a enclenché le processus de l’ « impeachment » à l’égard de Clinton (qui a choisi de ne pas démissionner comme l’avait fait Nixon, processus qui n’a pas abouti d’ailleurs puisque le nombre de voix requises n’a pas été réuni par le Congrès), le second a permis au second d’entreprendre la guerre qu’il souhaitait faire à l’Iraq, d’entrevoir un énorme « business » dans un pays ou les gisements de gaz naturel étaient loin d’être complètement exploités et surtout l’assurance de sa réélection.

Et voici le « hamburger original » qui porte sur l’existence d’armes nucléaires en Iraq : Il est vrai qu’une telle phrase (celle que j’ai citée plus haut) prononcée par un président des Etats-Unis crédible depuis le 11 septembre était bien faite pour alarmer une population qui n’est pas habituée comme celles de la vieille Europe, de l’Afrique ou de l’Extrême Orient aux invasions et aux destructions massives. La menace d’utilisation par l’Iraq d’une arme nucléaire pouvant être dirigée sur les Etats-Unis (le dernier livre de Dominique Lapierre et Larry Collins, New York brûle-t-il, un thriller de politique-fiction dont les héros s'appellent George Bush, Ariel Sharon, Ousama Bin Laden, Condoleezza Rice, ou Saddam Hussein… tend à prouver que la chose est possible, vu le nombre de containers arrivant par mer dans le port de New York et qu’on ne vérifie pas systématiquement) était donc faite pour obtenir un soutien d’une majorité d’Américains, d’autant plus que George Bush déclara dans la même foulée à soixante millions de téléspectateurs le 28 janvier 2003 : Saddam Hussein s’est procuré une grande quantité d’uranium en Afrique…

Michael Moore évoque alors un « hamburger géant au fromage » sans doute plus goûteux que le premier : Ayant émis l’hypothèse nécessaire de l’arme nucléaire contre l’avis des Nations Unies et après que les troupes de la coalition aient envahi l’Iraq sans trouver le butin, Bush fut aidé inconditionnellement par l’excellent Donald Rumsfeld (Secrétaire d’Etat à la Défense) qui affirma :  Les armes se trouvent autour de Tikrit et Bagdad, au nord, au sud, à l’est, à l’est, quelque part, mais on allait les trouver! En fait, il n’y avait sans doute eu que les armes biologiques et chimiques offertes à Saddam Hussein par les Américains et leurs alliés en 1997 et qui constituaient une bonne affaire pour des entreprises telles que Hewlett-Packard (ordinateurs permettant de travailler sur le problème des scuds), AT&T (aide en 2000 et 2001 au système de défense aérien), Bechtel (de 1998 à 1990 : construction d’un complexe pétrochimique géant), Caterpillars (vente de tracteurs pour un montant de dix millions de dollars)…

De 1985 à 1990, le département Américain du Commerce a approuvé la vente de technologies chimiques et biologiques pour un montant de un milliard et demi de dollars. Je n’irai pas plus loin dans cette énumération car tous ces faits nous sont connus, je me permettrai même de dire archi connus.

Passons au « Hamburger géant au bacon » : L’Iraq a des liens avec Osama bin laden et Al Qaeda !  Comme si posséder des armes nucléaires n’était pas suffisant, cette hypothèse est la favorite de Donald Rumsfeld. George Bush le suit les yeux fermés, faisant jour après jour des déclarations dans ce sens. Et pourtant, selon Moore, la plus grande preuve que Saddam Hussein et Osama bin Laden ne pouvaient pas se sentir est la même pour laquelle les Bush ont arrêté d’aimer Saddam : l’invasion du Koweit.

Le « hamburger géants aux pickles et aux oignons » conteste le fait que Saddam Hussein ait été l’homme le plus méchant du monde. Bien sûr, dit Moore, il était mauvais, il a gazé les Kurdes, les Iraniens, torturé les Chiites, torturé les Sunnites, fait supporter à son peuple les effets du blocus pendant qu’il menait une vie princière. Seulement les Américains, durant des années, se sont souciés comme d’une guigne des souffrances du peuple. Ils se sont d’ailleurs toujours désintéressés de tous les peuples dans les pays dont ils soutenaient les dictateurs, Pol Pot au Cambodge, Mobutu au Zaïre, soutien au putsch brésilien qui a renversé Joao Goulart et fait subir au peuple quinze ans de terreur, de tortures et d’assassinats, soutien en Indonésie à Suharto qui a tué environ cinq cent mille personnes, annexé illégalement Timor Est en exterminant près de deux cent mille hommes, femmes et enfants… Aujourd’hui l’Amérique considère la Chine comme sa dictature favorite, y pratique son grand business et voit avec plaisir fleurir ses merveilleux fast-food.

Le « hamburger aux frites de la liberté et au fromage américain) nous concerne plus particulièrement : Les Français ne sont pas de notre côté et ils sont peut-être nos ennemis. » Il est évident que la France est devenue le bouc émissaire de Bush puisqu’elle a refusé toute entreprise trop hâtive de la guerre, surtout avant que les inspecteurs de l’ONU n’aient terminé leur travail. Moore va un peu loin quand il affirme que la plupart des Américains savent que les Français sont plus sophistiqués, plus éduqués, plus intelligents qu’eux. Je pourrais lui parler des « Franchouillards » de la même façon qu’il évoque les habitants de l’Amérique profonde. « Les Américains » ne constituent pas à mon avis une bonne formule, pas plus en tout cas que « l’Amérique ». Il y a Bush et il y avait une majorité de citoyens (qui s’effrite de plus en plus) pour le soutenir.

Le « hamburger au combo (jazz ou menu composé de deux plats au choix) à la laitue » conteste l’argumentation de Bush selon laquelle les Etats-Unis ne sont pas seuls en Iraq. Ils sont rejoints par la coalition des « Willing » (entendez par là : des nations qui veulent le bien.) C’est apparemment le hamburger favori de Michael Moore, il s’en délecte. Citant les premiers « adhérents », l’Afghanistan et l’Albanie, il fait remarquer que la majorité des citoyens dont le gouvernement décida de rejoindre la coalition était contre et que la majorité des gouvernements l’ont fait parce qu’ils avaient peur de ne plus recevoir l’aide américaine (la Grande-Bretagne exceptée) dont leur pays avait besoin. Il rappelle que 140 pays, la coalition des « unwilling », n’a pas soutenu la décision américaine.

Vient alors le « hamburger géant des gosses » : Nous faisons notre possible pour qu’aucune vie humaine ne soit sacrifiée. C’est à Littleton, Colorado, la ville de l’école Columbine, que Lockheed Martin, le plus gros fabricant d’armes du monde, a fabriqué les satellites qui ont guidé les missiles envoyés au-dessus de Bagdad. Comme ceux que les Américains ont envoyés au-dessus de l’Afghanistan après le 11 septembre, ils ne devaient atteindre que des objectifs militaires.[6] Il est impossible de ne pas confirmer les dires de Michael Moore quand on a la possibilité - comme je l’ai eue moi-même - de regarder avec horreur et compassion les photos d’enfants atteints durant les deux premiers mois de la coalition (j’en reproduis une ci-dessous.) C’est exactement deux mois après l’invasion que des informations officielles sont apparues quant aux armes utilisées par les Américains et les Britanniques. Les militaires américains reconnaissent avoir largué 1.500 bombes à fragmentation. Les Britanniques déclarent avoir lancé 2.000 bombes à fragmentation à partir du sol et 65 autres à partir de chasseurs bombardiers. Ces bombes qui éclataient en de nombreuses petites bombes touchaient indifféremment militaires et civils. Des projectiles qui n’ont pas explosé ont continué à faire des victimes plusieurs mois plus tard, surtout parmi les enfants. Les Américains ont également utilisé de l’uranium appauvri. Des avions A-10 ont tiré au moins 75 tonnes de balles à l’uranium appauvri. Les premiers cas de contamination radioactive de champs de bataille ont été signalés surtout à Bagdad et dans ses environs. Les infrastructures médicales irakiennes figuraient parmi les cibles des pillages tolérés et même stimulés par les troupes américaines. L’administration américaine a systématiquement entravé la reconstruction des hôpitaux et la distribution des médicaments. Deux mois après la fin de la guerre, le système des soins de santé reste très fragile et insuffisant. Le manque de sécurité, de médicaments et d’eau sont les problèmes les    plus récurrents.

                          (Photos : www.iraqpeaceteam.org)

Le « hamburger géant à la mayonnaise » est véridique : Nous sommes ici pour protéger les champs de pétrole iraqiens !

Le « hamburger au fromage avec Coca-Cola » selon lequel les Américains ont dit au monde la vérité au sujet de l’Iraq est absorbé par Michael Moore avec ces mots : Si vous voulez vendre une énorme quantité de hamburgers, vous devez faire une bonne campagne de publicité même quand vous savez pertinemment que le produit n’a aucune des qualités que vous lui attribuez…

Le « gros hamburger géant » est explicite : Nous ne mentons pas et nous n’essayons pas de couvrir les mensonges que nous vous avons dit.

Fin de la vente des hamburgers géants : une fois de plus même si j’abonde - et je suppose que les lecteurs le font avec moi - avec l’auteur, n’était la présentation humoristique de ce deuxième chapitre, il ne nous révèle rien que nous ne savions déjà.

Dans le quatrième chapitre, Michael Moore rêve qu’il a cent ans (autour des années 2050). Son arrière petite-fille Anne vient le voir. Ella a apporté une bougie pour les éclairer. Le dialogue montre que tout a été consommé, le pétrole surtout, dans des guerres comme celles du Koweit et de l’Iraq sans que les Américains aient pensé à des énergies de substitution. Anne a droit a un crayon pour toute son année scolaire et sa génération ne connaît même plus les matières plastiques.  

Puis nous passons aux frayeurs qui ont secoué le peuple américain après le 11 septembre alors que la peur du terrorisme n’avait pas dépassé jusqu’à cette époque le degré zéro. Le FBI a déclaré qu’il fallait se méfier de tout, d’avions bourrés d’explosifs, de gens trop près des voies ferrées qui voulaient faire dérailler les trains, d’Al Qaeda qui pourrait allumer des incendies sauvages dans l’Ouest des Etats-Unis, des terroristes qui portaient les mêmes vêtements que le citoyen ordinaire, des substances poudreuses contenues dans des enveloppes, des bombes qui pouvaient être cachées dans les chaussures… Bush a remis en vigueur le « USA Patriotic Act » qui permet de contrôler, d’espionner les faits et dires de chaque Américain, étranger résidant aux Etats-Unis ou visiteur, d’interdire toute vie privée. Quelques exemples : Un juge de la banlieue new-yorkaise a demandé à Anisser Khoder, une citoyen américaine d’origine libanaise, si elle était une terroriste alors qu’elle était convoquée pour une histoire de contravention dans un parking. En Mai 2002, six journalistes français ont été arrêtés à l’aéroport de Los Angeles, soumis à une fouille au corps et expulsé des Etats-Unis sans pouvoir atteindre leur destination : un exposition de jeux vidéos.

Comment arrêter le terrorisme, si terrorisme il y a ? En arrêtant d’être soi-même un terroriste comme l’Amérique de Bush : elle traque les dictateurs sans se préoccuper des peuples qui vivent sous sa férule, elle fait partie des 20% de la population mondiale riche et consommatrice dont le sort des autres 80% lui importe peu si ce n’est pour lui offrir des salaires de misères en échange d’un travail rigoureux, qui emploie des enfants esclaves, elle appelle « dommage collatéral » le meurtre de civils, elle veut tout le pétrole du monde et, nouvelle formule, ne se contente plus de haïr les gens d’une autre couleur ou qui ne sont pas chrétiens mais s’en prend aux gens de race blanche, les Français et les Allemands par exemple.

Et Dieu, dans tout ceci ? Quand Bush dit I believe God wants me to be President, (Je crois que Dieu veut que je sois Président),  Michael Moore met ces paroles dans la bouche de Dieu : Je suis Dieu le Père et il est le fils de George…Je n’ai jamais dit à Bush d’envahir des nations. Il est toujours interdit de tuer… Je ne veux pas que les gosses prient pour moi dans une salle de classe. Qu’ils le fassent  à l’église ou à l’heure du coucher…Je ne veux pas de plaques ou de monuments religieux dans les endroits publics… Et puis assez de « Dieu bénisse l’Amérique. » A-t-on jamais entendu dire « Dieu bénisse Djibouti » ou «Dieu bénisse le Bostwana » ?    

Nous revenons dans le chapitre suivant aux « grands » de ce monde, les présidents de conseils d’administration, les CEO’s comme on les nomme aux Etats-Unis. Là encore, rien de nouveau : ils gagnent des milliards de dollars, se foutent (sorry !) de leurs ouvriers ou de leur staff mais caressent leurs actionnaires dans le sens du poil, ils parcourent la terre en jet privé pour se saisir des affaires les plus juteuses, ils gagne aux Etats-Unis 411 fois le salaire de leurs employés : Durant les vingt dernières années, des compagnies telles que Disney, Nestlé, Procter&Gamble, Dow Chemical, JP Morgan Chase and Walmart ont pris secrètement des assurances sur la tête de leurs employés et se sont institués leurs bénéficiaires ! En cas de décès donc, c’est la compagnie qui touche et non les héritiers ! George Bush, CEO de l’Amérique, a touché personnellement de Enron, la septième compagnie américaine avant sa faillite, $100,000 à partir de 1993 et $283,000 pour le Comité National Républicain. Dès son élection, Bush a invité le Président d’Enron à rejoindre son administration et au moment de la faillite de 2001, Kenneth lay avait eu le temps de vendre les stocks grâce à des indiscrétions pour lesquelles le pote de Bush n’a pas été un seul instant inquiété.

George Bush aurait bénéficié d’une réduction d’impôts de 350 milliards de dollars qui correspond presque au déficit fédéral de 2003 : 401 milliards de dollars. Son papa avait eu moins de chance puisque la réduction accordée n’avait été que de 290 milliards de dollars ! Dans une lettre au Président, Michael Moore qui admet avoir, lui aussi, obtenu une réduction de ses impôts écrit qu’il utilisera l’argent pour se débarrasser d’un homme qui a déclaré : Nous aidons les familles nombreuses qui vont recevoir une aide immédiate. Par la suite, le projet a exclu 12 millions d’enfants dont les parent gagnaient entre $10,000 et $26,000 par an !

Malgré tout, nombreux sont les gens qui aimeraient vivre dans cet eldorado que sont les Etats-Unis (j’en sais quelque chose puisque mon fils cadet réside à San Francisco depuis plus de vingt ans. Bien qu’ingénieur, analyste-programmeur au centre d’ informatique de la banque d’Amérique, il touche à peu près le même salaire qu’un Français mais travaille parfois plus de douze heures par jour !) Pour Moore, l’eldorado est une utopie. Bien sûr, certains Américains croient encore vivre sur la terre de la Liberté, certains aiment leur leader, certains (de moins en moins) sont pour la poursuite de la guerre, et pourtant la majorité est plus à gauche qu’à droite… 57% des Américains pensent que l’avortement devrait être légalisé dans la plupart des cas…86% des Américains disent qu’ils sont d’accord avec les buts du Mouvement pour les Droits Civiques… 4 Américains sur 5 disent qu’il est important que les étudiants de toutes races étudient à ola Faculté…83% d’Américains disent qu’ils approuvent le Mouvement Ecologique… 94% d’Américains veulent une loi régulant la manufacture d’armes…8 Américains sur 10 pensent que la Sécurité Sociale devrait être accordée d’une manière équitable à tous les citoyens…62% des Américains aimeraient que moins de contestataires non violents soient envoyés en prison… 85% des Américains veulent des chances égales dans le travail pour les gays et les lesbiennes…

Il est normal qu’après la destruction des tours et la mort de plus de trois mille personnes, les Américains se soient groupés autour leur leader, quel qu’il fût. Avant la Guerre d’Iraq une majorité d’Américains pensaient qu’elle ne pouvait se faire sans la participation de tous les alliés et le soutien des Nations Unies. Après le début de la guerre - comme après le 11 septembre - ils ont cru bon de suivre leur leader et les troupes dans lesquelles leurs propres enfants combattaient. Ils sont maintenant une majorité à se rendre compte que la guerre est mauvaise, que leur leader est mauvais. Michael Moore va même jusqu’à dire : Regardez autour de vous. Vous vivez dans un pays de gens sympathiques dont la pensée est progressiste et libérale ( !)

Là, je crois que Michael Moore fait ce que les enfants appellent de la lèche car si j’ai de nombreux amis américains progressiste, libéraux, humanistes, si j’admire un grand nombre de professeurs, d’écrivains et de journalistes dont on dirait en France qu’ils sont des intellectuels de gauche, je ne pense pas que l’Amérique profonde soit progressiste et libérale. La preuve en est que le beau-frère de Moore récite comme une litanie les slogans républicains même au cours des dîners de Thanksgiving (Jour d’Action de Grâces). Le problème est qu’il faudrait pouvoir voyager dans l’esprit des conservateurs, leur faire admettre qu’on n’en veut pas à leur argent, qu’on les respecte mais qu’on attend d’eux la réciproque, avouer que la gauche a fait des erreurs (je suis toujours étonnée que Moore emploie le mot « gauche » plutôt que « Démocrate »), dire que payer décemment les ouvriers est un moyen de gagner plus d’argent, que la création de crèches d’entreprises évitant le recours à des baby sitters est un moyen de gagner plus d’argent, que le besoin d’air et d’eau non pollués, la guerre aux drogues économise l’argent, que donner beaucoup d’argent aux écoles publiques est un moyen de gagner de l’argent et que ne plus jamais voter pour un républicain est une façon de faire des tonnes d’argent !

Le problème ultime est de savoir comment se débarrasser de Bush ! Il est vrai que Nader (l’ancien patron de Moore qui s’est en définitive passé de ses services) n’a pas aidé les démocrates en créant le parti des Verts et qu’il compte se représenter aux prochaines élections (nous en connaissons nous-même un bout sur la dispersion des votes…)  Michael Moore lui-même s’est demandé pour quelle raison ne pouvait s’élaborer une fusion Verts-Démocrates pour les élections (nous nous sommes posés la même question…) Selon lui, on doit trouver un « Bushwhacker » (un tombeur de Bush ) et il lance le nom de Oprah Winfrey : Elle est tout à la fois Bruce Springsteen, Mère Thérésa et Princess Di !.

Si Oprah Winfrey[7] refuse, pourquoi pas Tom Hanks ou Paul Newman ou Caroline Kennedy… ? Mais ils préfèrent sans doute leur propre vie à celle qu’ils mèneraient à la Maison Blanche ! Alors, il reste Wesley Clark, ancien Commandant en chef des forces alliées auprès des Nations Unies. Michael Moore l’a entendu sur CNN au moment où Bush décidait de partir en guerre contre l’Iraq contre l’avis d’hommes tels que Wesley Clark. Inutile d’aller plus loin : il est vrai que lors des primaires on a pensé que le Général Clark serait le candidat démocrate face à George W. Bush le 2 novembre. Il talonnait l’ex-gouverneur du Vermont, Howard Dean, dans la course à l’investiture démocrate. Il avait le soutien de Bill-Hillary Clinton et de Madonna. Nous savons depuis que le candidat démocrate sera John Kerry.

Que faut-il faire donc ? Marteler dans les oreilles de son voisin que Bush a été et sera pernicieux pour le pays s’il est réélu, rejoindre la campagne de celui qui veut battre Bush, faire lire aux républicains les meilleurs livres écrits par des Démocrates ( ?!) et surtout « voter. » Chacun sait que le taux d’abstention aux Etats-Unis est un des plus élevés du monde. Le livre de Michel Moore et son film auront-ils le pouvoir de changer les choses, les habitudes, les esprits et les cœurs ? Je suis perplexe parce que le livre ne m’a jamais produit la même sensation que « Bowling for Columbine. » Je n’ai pas découvert de faits véritablement inédits et puis, je trouve que l’auteur se fait parfois des illusions quant à la volonté de changement des Américains. Il faut dire qu’il l’a écrit avant les tristes évènements de Nadjaf et de Falloudjah où les victimes se sont comptées par centaines. Il est vrai que plus en plus de familles américaines ont été choquées par les images de tortures dans la plus sinistre prison d’Iraq, que ces mêmes familles voudraient que leurs fils reviennent du cauchemar qu’est devenu cette guerre entreprise par Bush contre l’avis de la majorité des pays de la planète. Mais, tout ceci, je le sais par les informations, par les documentaires. J’admire toujours Michael Moore pour le désamour qu’il ressent à l’égard de Bush, pour la lutte incessante qu’il mène contre le conservatisme dans ses films comme dans ses livres mais, je le répète, son livre ne m’a pas donné une seule fois les mêmes émotions que « Bowling for Columbine » quand je l’ai découvert pour la première fois.

 


[1] Comme je vais parler beaucoup de Bush, je voudrais simplement citer ici une information qui frise le rocambolesque : Je n’irai pas jusqu’à dire que ce fut l’événement majeur du week-end mais tout de même : samedi, quelques heures avant le sacre de Michael Moore à Cannes, George W. Bush a tenté une ultime pirouette pour décrocher le grand prix d’interprétation, catégorie comique : une malencontreuse chute de vélo tout terrain a entraîné des blessures bénignes à son visage, sa  main droite et ses genoux. Il était accompagné par son médecin - comme s’il avait prévu la suite - d’un collaborateur militaire et d’un agent secret. Le médecin a sorti une fiole de whisky pour le réconforter. Décidément, le président des Etats-Unis n’a pas de chance quand il veut se relaxer, que ce soit devant la télévision où il s’étrangle avec un bretzel ou en faisant un peu de sport. Le vélo semble plus périlleux pour lui que le golf (sans pour autant faire un amalgame avec « le golfe » qui, lui, n’est pas sans risque !)

 

[2] Il est avéré que si l’Arabie Saoudite décidait d’un jour à l’autre de retirer tous ses avoirs des compagnies et des banques américaines, nous assisterions à un krash tel que celui de 1929 apparaîtrait comme une plaisanterie !  

[3] Michael Moore n’invente rien. J’ai moi-même retrouvé les informations suivantes datant de 1997 : Taliban in Washington to seek recognition. Taliban meet with Unocal. Taliban travel to Argentina as guests of Bridas. Upon return, Taliban meet with Saudi Intelligence chief, Prince Turki al-Faysal, in Jeddah (Les Taliban à Washington pour une reconnaissance officielle. Les taliban rencontre Unocal. Les Taliban se rendent en Argentine comme invité de Bridas (une compagnie pétrolière intéressée par le projet de pipeline à travers l’Afghanistan). A leur retour, les Taliban rencontre à Jeddah le Chef des Services Secrets  saoudien, le Prince Turki al-Faysal.)

 

[4] Il est bien connu que la culture du pavot, une des principales ressources des agriculteurs afghans fut interdite sous les Taliban et a repris de plus belle depuis leur départ.

[5] C’est à se demander parfois si la décision de choisir Saddam Hussein comme emblème du terrorisme international, détenteur d’armes de destruction massive, et d’entreprendre la Guerre d’Iraq en laissant de côté le problème d’Osama bin laden et d’Al Qaeda, n’est pas dû au fait qu’on devait épargner en vue de je ne sais quel avenir ou de je ne sais quel compromis l’Arabie Saoudite et la famille bin Laden.

[6] En Afghanistan, 3712 victimes civiles environ furent décomptées. En ce qui concerne l’Iraq j’ai consulté le site « Iraq Body Count » : On compte plus de 11.010 victimes civiles depuis le début des bombardements, la majorité ayant trouvé la mort après la prise de Bagdad. .

[7] Oprah Winfrey anime The Oprah Winfrey Show sur 200 chaînes locales américaines syndiquées et 132 chaînes dans le monde. Il y a quelques années, l’émission comptait jusqu’à 20 millions de téléspectateurs par jour (dont 76% de femmes). Après plusieurs années un peu déclinantes côté audiences, The Oprah Winfrey Show a rebondi cette année, surtout auprès d’un public jeune. Lors du précédent renouvellement de son contrat, Oprah Winfrey, âgée de 49 ans, avait déclaré vouloir quitter son émission après la saison 2005/2006. Cependant, la reine du talk show américain aurait décidé de poursuivre l’aventure plus longtemps. Ainsi, Oprah Winfrey devrait finalement rester jusqu’à la fin de la saison 2007/2008, pour animer son talk-show avec même plus d’émissions que ce qui était prévu. À l’origine, Oprah Winfrey avait pensé réduire le nombre d’émissions de 145 à 100 en 2004 et à 75 en 2005 mais elle fera finalement 130 émissions pour chacune des quatre dernières années. Ayant sa propre société de production et d’édition, la femme d’affaire et animatrice n’est donc pas prête de tirer sa révérence pour le plus grand bonheur de ses fidèles téléspectateurs mais aussi celui des annonceurs