| Ce roman somme est fascinant parce qu'à suivre la vie d'Alfred et d'Enid Lambert et de leurs toirs grands enfants on se retrouve dans une volte face permanente.
Gary qui semble avoir si bien réussi jusque dans la caricature de la réussite : boulot, maison, épouse et enfants (des fils comme il se doit) mais se trouve l'otage d'un échec intérieur inexprimable.
Chip qui s'épuise dans les corrections d'une oeuvre qui ne verra pas le jour et qui poursuit (ou fuit) l'ombre de son existance jusque dans un Vilnius en pleine implosion.
Denise, la fille, qui doit tout prouver parce qu'on ne lui demande rien mais qui à force de bâtir sa vie ne construit que de l'espace vide autour d'elle.
Et leurs parents enfin dont le couple ne semble être qu'un cruel malentendu. Une torture consentie mais pleine de ressentiment qui ne s'achèvera que par la mort d'Alfred diminué par une démence sénile extrême ("La seule chose qu'il n'oublia jamais était comment refuser.") et, à soixante-quinze ans, la renaissance d'Enid, enfin seule dans sa propre vie.
Anita Beldiman-Moore
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