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Présentation Par Lluís Meseguer [1] |
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Antoni
Albalat (Castelló de la Plana, 1961), en plus de poète, est l’auteur d’innombrables
articles de presse, de littérature enfantine (comme Quines bèsties,
1998, qui a reçu un prix), de critiques d’art… C’est également un excellent
dessinateur et un fin connaisseur de la technologie digitale appliquée
a la création typographique des textes. Son premier ouvrage est constitué
de proses poétiques naturalistes, Aviram espars (1989), avec un
verbe qui annonce une authentique qualité. Après Desdesig (1993),
Cinerari de tardor (1993), il publie L’herència dels hidroavions
(1995), où il se livre à la destruction de la rhétorique en utilisant
de brèves proses épigrammatiques et sensibles au réalisme magique, et
le sexe prenant résidence dans la pensée ; ainsi dans “Bioenginyeria”:
“Beu apassionadament aquest glop de genètica. Corrues de renocs remunten
el corrent deliqüescent de la teua gorja. Quan s’aconseguesca el mapa
del genoma humà trobaràs més plaer a fer una altra fellatio.” (« Bois
avec passion cette gorgée de génétique. Des files de têtards remontent
le courant évanescent de ta gorge. Quand la carte du génome humain sera
réalisée tu trouveras davantage de plaisir à faire une nouvelle fellation. »). Petit
à petit, la forme brève et le jeu intertextuel deviennent prédominant.
Comme dans le Llibre dels grills (1998), volume de fragments parsemés
ça et là de jeux typographiques proches du visuel et de quelques beaux
haïkus – “Heus ací el grill: / com és de lluent / el bes dels Immortals”
(« Voici le grillon: / de quelle manière brille / le baiser des Immortels »)–.
Et, après, La ploma de vidre (1998), Tardor a Llareggub
(1999, avec Lluís Messeguer), Llibre de voliaines també dit versos
de la pedra seca (1999), Mar jaspi (2000) et Els peus de
la boira (2001). Dans Mar jaspi, derrière l’épigraphe idéologique
de la mer, se manifestent de façon syncrétique tous les chemins qui mènent
à la poésie dans laquelle navigue Albalat : références textuelles
et visuelles à la fois internationales et populaires. De
plus, Antoni Albalat a collaboré avec d’autres artistes, c’est le cas
pour le livre Tords (2003), travail avec Salvador Mallén Civit
où il recrée librement le poème “Thirteen Ways of Looking at a Blackbird”
de Wallace Stevens; ou Ritmos (2002), livre ludico-scientifique
où il collabore avec trois mathématiciens. Son prochain ouvrage Tractat
del caos, sera publié par les éditions 3i4 de Valence au prochain
trimestre 2004. Précisons
finalement que Antoni Albalat est inclus dans la majorité des anthologies
de poésie visuelle publiées ces dernières années au Pays Valencien, et
qu’il a réalisé des expositions de poésie visuelle et des performances
poétiques dans différentes villes de la géographie catalane et ibérique.
Certains de ses poèmes visuels peuvent être consultés aux adresses suivantes : http://www.mallorcaweb.net/edataviques/baleigs.html
http://www.meltemi.info/epimone
http://www.revista.agulha.nom.br/ag29albalat.htm http://www.santcugatportal.org/daltabaix
Ses
livres sont présents à The Sackner Archive of Concrete and Visual Poetry,
de Miami (http://www.rediscov.com/sackner.htm), une des collections les
plus importantes de poésie visuelle. Tout
ce travail est inspiré par des discours idéologiques de base, fondés sur
une sorte de vécu implacable de la galaxie Gutenberg, partagé avec des
références locales plus ou moins iconoclastes (comme le peintre Ripollés) :
la pulsion individuelle et la soif lectrice, l’ironie comme instrument
de connaissance et la métaphorisation naturelle de la psychologie personnelle.
La recherche du don de brièveté (haïku, tanka, poème visuel, aphorisme
métrique) no s’oppose pas à une certaine imagination ou narrativité de
l’expérience (confession, description naturaliste, facétie, conte magique,
satire). Un monde d’insectes, de magie, de défense du jeu comme expression
de la nouveauté chaque fois plus difficile ou du refus de l’angoisse et
de la douleur, d’adoption de la sexualité comme un référent, du moindre
détail, et de la rapide rupture des conventions.
[1] Professeur de Littérature à l’Université Jaume I de Castelló. Article publié à: Catello literari, Publicacions de la Universitat Jaume I-Diputació de Castelló, 2003. |