| Oh! Je voudrais pleurer! Pleurer sous la feuillée
Loin des rires humains, loin du chant des oiseaux!
Pleurer ... C'est moi qui suis le mort, mon ange,
Je ne saurai jamais m'éveiller à ta vie
C'est moi dont le coeur froid se revêt d'un linceul!
Moi ... qui rêve d'azur, les deux pieds dans la fange.
J'ai tout perdu, car je n'ai rien gagné ... Oh! Je voudrais pleurer!
Pleurer sur l'impossible dont la vie nous ligote
Qui nous force à marcher le coeur trop entravé
D'une douceur toujours, cet amour, qui se forge
De ton amour jamais, s'il me fallait nommer
Ce qui prend à ma gorge
Et ne pouvoir parler
En sachant qu'une erreur
Viendrait à me détruire
Et craindre de trébucher
Sous le poids d'une cuirasse
Que je ne peux ôter ... Oh! Je voudrais pleurer!
Pleurer toujours, encore, sur la tiédeur stérile,
Pleurer, toujours pleurer sur la tiédeur glacée
Qui ne cesse de couler dans mes veines à te voir
Sans pouvoir te parler
Quand tu entends ma voix.
Pleurer sur les années, l'abîme,
Qui séparent nos deux mondes
Qui viennent se rencontrer en poignées de secondes
De ne pouvoir te dire mes lèvres, enfin, se figent
Sous le gel bienséant que le silence exige
Mais je ne peux me taire
Ni même t'envisager
Sans un comme les autres
Sans simplement t'aimer ... - Comme je voudrais pleurer!
Si seulement tu demandes qui tu lis, qui te dit
Sous le couvert des mots qu'à son coeur aguerri
L'espoir même se refuse
Ne cherche pas à savoir qui chaque lettre grime
Car je trébucherais sur cet amour infirme
Que ma conscience confuse
Dénie. Sache simplement que t'aime
Une âme sans paroles, sans même
Le droit de t'espérer ... - Je voudrais tant pleurer! |