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(c) Catherine Merdy

 

Harmonie paradisiaque

par Nathalie Roumanès


Le vent grince dans les palmiers sauvages
L'orage avance, un désert, et son souffle amer
Ecorche mon volet comme limaille de fer.

Et dans cette torpeur peaufinée à l'émeri
L'érosion naturelle, banale et quotidienne,
Le jour en sécheresse et le sommeil stérile.

Comme il est difficile d'attendre que rien ne vienne
Le silence boursouflé, engrossé de futile
Où grouillent les passés, morts nés, jamais ensevelis

Car au reflet trompeur de la mémoire fouillée
Rien ne s'oublie jamais mais rien ne peut revivre
L'amour est mort-vivant et hante le survivre.

L'orage qui avance gronde son rire moqueur
Et les palmiers cliquètent comme les jeux de clés
Rouillées de ma prison, mon cœur tétanisé.

Parfois je murmure ton nom et ton visage
Mais j'ai perdu ma place élue dans les nuages ;
Dieu a le pied au cul habile et efficace.

Je ne sais quel autre Robinson je remplace
Et où sont tous les autres, dans ce triste archipel

Mais c'est à coup de pelles et de missels,
Que mes palmiers sauvages seront décapités :
Pour l'heure, ils jouent, ad libitum, leur mélodie d'acier.

Nathalie Roumanès


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