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| Inédit (2) par Jean-François Roger |
Soir au Septentrion. Palimpseste d'oiseaux étamés sur la plaine. Dans l'eau mesurée des
verrières glissent les préraphaélites silhouettes des heures révolues.
Le soleil hivernal décline. Une Atlantide de rêves s'embrume en un autre silence, au
delà des genévriers. Derrière la mer, un astre immobile s'oblitère aux sources du ciel
et du sable. L'énigme d'un visage s'incube de pierres cueillies, d'herbes sauvages et de
soufre.
Cette terre est un chant, brûlant d'images, à contre-feu des douleurs, dans la
célébration furtive des origines.
L'horizon recule.
Les yeux d'argile s'ouvrent. Ici ou là naissent es fontaines incertaines, dans l'absence
et le murmure, parmi les roseraies et les vergers d'étoiles où le vide répond au recel
de l'ombre. Seule la fine mémoire de l'air garde encore souvenir du roulement lointain de
la mer. Grince alors le chant des années égarées au fond des temps. Archipel de la
souvenance parlant langage de sable...
Loin du mutisme de la pierre, souvenirs et regrets se consument, boucanés d'exil et de
remords, épelant l'alphabet des arbres et des saisons d'aiguail et d'ajoncs.
L'ombre demeure entière dans la distance étoilée du regard. Vient la nuit, à couteau
tiré, en la grande nudité du sang.
Le désir, unique, nous habille, nous habite. Seuls, nous allons sous la lune de sel, à
l'heure où finit le jour, comme une phrase inachevée.
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Jean-François Roger |
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