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Mon coeur a mal de toi, mon corps se désespère
Et tu voudrais demain, lové dans dautres bras
Croquer à tous les fruits de quelque maraîchère
Qui remplira damour ta bouche et son cabas.
Je ne suis quun fruit sec, un mendiant délétère
Une moisson perdue par un trop long frimas
Mais si mon corps hiberne et garde son mystère
Mon coeur inquiet frémit comme aux premiers ébats.
Je nai pas dautre vie que de taimer encore
Tu nes pas mon ami, tu nes plus mon amant
Laissons venir avril et le printemps éclore
Nous mènerons très haut nos destins transhumants
Et nous mordrons ensemble aux baies rondes et mures
Qui grandissent lété à labri des
ramures.
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