C'est si peu mon amour cette aube qui s'égare
A plier le sommeil en bateau de papier
Si peu le blanc du mur à hauteur de regard
Si peu le lit de fer une ombre à chaque pied
Sous le drap résigné j'attends le matin clair
Comme on s'éprend du jour J'attends que nous rassemble
Et nous dure ce temps qui veille sous la chair
Qu'à vivre s'en revienne et chante et nous ressemble
Une rive sans âge où transhumer ensemble
Le rêve des amants
C'est si peu mon amour cette heure en escarcelle
Et la houle des mots pour se tenir la main
Si peu la pluie des yeux la joue peau contre sel
Si peu le sang qui hurle à perte de demain
Mais déjà le soleil La brûlure s'efface
Et dans le creux des peurs c'est l'encre de tes cils
Qui d'un même sanglot m'exile et me préface
Et la nuit s'éternise et l'aurore vacille
Et l'habit me surplombe où se découd le fil
Des rires enlacés
Puisqu'aujourd'hui l'azur est à recommencer
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