J'habite une maison posée comme un silence
En haut de la colline où nous jouions enfants
Une maison d'écumes et de brouillards qui dansent
En traces majuscules aux bras des cerfs-volants
J'habite une illusion de lointaines musiques
Où parsemer de pluie le rire des oiseaux
Papiers de voix sauvages et poussières de briques
J'habite une oraison de rêves et de mots
Au jardin le lilas côtoie la mauvaise herbe
Et la lavande sait les parfums du plantain
C'est la même rosée sur la fleur et le verbe
Et le même soleil de l'ortie au jasmin
Papillon transhumé d'éternelles rivières
Ou rivière égarée d'un vol de papillons
J'habite une saison de vents toujours contraires
Où chaque éclat du temps me fait une maison
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