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(c) Catherine Merdy

Uchronie sur l'œeuvre imaginaire en chemin

par Marie Mélisou

Sélection de septembre 2001

" Ce fut l'unique jour d'équité de l'année, en entier déroulé
sur l'aube de chacun."

René Char - Equité et destruction -

quand mon ami fut porté en terre
des oiseaux insouciants chantèrent

sans heures froissées ni pensées brisées
ce matin-là à plusieurs splendeurs
illumina le silence devenu transparent

tous les départs attendaient d'être incisés

l'inspiration restait liée à l'hiver
comme un enfant au bord d'une rivière se tient
vibre hésite redoute
sans arriver à reculer sur la berge
ni à s'élancer dans les eaux

tous surent désormais
comment l'horizon plaide la souffrance
en grognant sur la brume et les fêlures
sur les heures incommodées et les vertiges à être
sur la pluie et le temps qui allaient recueillir
l'iris de son regard son nez en l'air aussi
tous surent qu'une étoile un jour
afficherait ses miettes éparpillées

quand mon ami fut porté en terre
ses pas ne s'éloignèrent pas

l'histoire aurait pu ou dû être
mais sur tout et son contraire
aucune arrivée n'avait plus lieu d'exister

sur des chemins pourtant
toute l'œuvre imaginaire avance

Marie Mélisou