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(c) Catherine Merdy

Tes yeux et tes mains en poitrine palpitante

par Marie Mélisou

Sélection de la semaine

 

Dieu est mort sans douceur
durant le seul instant où je regardais ailleurs
depuis tu me traces

tu me traces sur un château de cartes
érigé en Espagne sur la lune ou en soleil bleu
en ruisseau lorsqu'à l'oreille du plancher
merveilleux cris disparus
je gémis de moignons

en savoir-vivre tu me traces en gravité en escalier

tu me traces chaque matin et encore tous les soirs
d'impassibles sourires en contraires de barricades
en poussière de cour en miette c éleste
et mes chemins s'étoilent

Dieu est mort en douceur
là où tu l'as posé d'un regard aiguisé
tu m'entourais et partais sans ciller

sans ciller tu me traçais et je te regardais
tes yeux tes mains en poitrine palpitante
à éblouir les uns à lever les brouillards des autres
à offrir du miracle en si grande quantité que
lorsque l'on me dit
tes yeux et tes mains en poitrine palpitante
jamais ne reviendront
moi
jamais jamais je n'y croirai

Marie Mélisou