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Voici que déjà l'aubépine abandonne ses fleurs
Bientôt les guêpes activeront la plaie
D'une image le cœur s'effraie
L'aube a sur son corps un voile léger
À chaque être un espoir est secret
Comme à la terre l'été
L'un nous a quittés
Orné d'une fleur de sang
Pourtant ce n'est jamais le temps
Et portant les fruits sans fin
De la nuit sans cesse répétée
La lumière émerveillée
*
Elle est venue
Elle est venue
Poussant la jalousie
Elle est venue par la fenêtre fermée
La vitre blanche ne l'a pas arrêtée
Ô son souffle sur ton front
Sur tes paupières peuplées de couleurs
Sur tes doigts
Tes doigts sans cesse
Comme s'épanchent les oeillets
Elle est venue
De ses cheveux flottants mêler
À son ombre ton nom
Et puis
Et puis elle a pris
comme une mère fait d'un enfant
S'épandre les habits
Le plus secret de toi
Rossignol rouge
Sur le fil de la vie
*
Elle était
Prés de moi
Tout son sang
À côté d'elle
Son sang sans cesse
Dans mes rêves
Emmurait
Mes lèvres
C'était un temps de lune
Noire
Aussi un temps de fraises
Un temps à croire
Et puis des chaises déchirées
Eparpillées criaient
Des portes pendues
Ballaient
*
Des jardins
Comme une Espagne
Rêvée d'oranges
Et c'est ma mère
Où je respire
*
Paroles de patience
J'écris sur le silence
Un merle dans mes yeux
Et puis le feu
De mon ventre la souffrance
À tous les vents jetés
Je me pends aux reflets
À l'eau qui danse
Bouts de laine éparpillés
Mon enfance à grappiller
Tableau imaginaire
Image et puis l'air
Où toujours je crois renaître
Passant aux fenêtres
Mon temps
Guettant le vent
Tissant d'haleine des mots
Aux vitres et même
Si jamais d'amour j'aime
De sang ou peu s'en faut
Qu'à tant songer la mort
Je ne perde la lumière
Mon corps
Comme en poussière
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