Une photographie de Stéphane Popu

Poèmes

de Jean-Michel Mayot

Séance de rattrapage de juin 2006

Voici que déjà l'aubépine abandonne ses fleurs

Bientôt les guêpes activeront la plaie

D'une image le cœur s'effraie

 

 

L'aube a sur son corps un voile léger

À chaque être un espoir est secret

Comme à la terre l'été

 

L'un nous a quittés

Orné d'une fleur de sang

Pourtant ce n'est jamais le temps

 

 

Et portant les fruits sans fin

De la nuit sans cesse répétée

La lumière émerveillée

 

*

 

Elle est venue

Elle est venue

Poussant la jalousie

Elle est venue par la fenêtre fermée

La vitre blanche ne l'a pas arrêtée

Ô son souffle sur ton front

Sur tes paupières peuplées de couleurs

Sur tes doigts

Tes doigts sans cesse

Comme s'épanchent les oeillets

Elle est venue

De ses cheveux flottants mêler

À son ombre ton nom

Et puis

Et puis elle a pris

comme une mère fait d'un enfant

S'épandre les habits

Le plus secret de toi

Rossignol rouge

Sur le fil de la vie

 

 

Elle était

Prés de moi

Tout son sang

À côté d'elle

Son sang sans cesse

Dans mes rêves

Emmurait

Mes lèvres

C'était un temps de lune

Noire

Aussi un temps de fraises

Un temps à croire

Et puis des chaises déchirées

Eparpillées criaient

Des portes pendues

Ballaient

 

 

Des jardins

Comme une Espagne

Rêvée d'oranges

Et c'est ma mère

Où je respire

 

 

Paroles de patience

J'écris sur le silence

Un merle dans mes yeux

Et puis le feu

 

De mon ventre la souffrance

À tous les vents jetés

Je me pends aux reflets

À l'eau qui danse

 

Bouts de laine éparpillés

Mon enfance à grappiller

Tableau imaginaire

Image et puis l'air

 

Où toujours je crois renaître

Passant aux fenêtres

Mon temps

Guettant le vent

 

Tissant d'haleine des mots

Aux vitres et même

Si jamais d'amour j'aime

De sang ou peu s'en faut

 

Qu'à tant songer la mort

Je ne perde la lumière

Mon corps

Comme en poussière