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Mon univers est tout petit
Mon quotidien pourtant minuscule
Arrive à peine à sy loger.
Seulement moi je suis grande
Alors je replie mes genoux sur ma poitrine
Et jenfonce ma tête dans mes épaules.
Immobile. Ne pas attirer lattention.
Les mouvements sont suspects ici.
Durement réprimés.
Ainsi rapetissée telle Alice au Pays de lAbsurde
Sans révolte, je laisse le temps me frôler.
Même pas humiliée. Seulement lassée.
Battements de cur. Tort ultime.
Quelquefois, ils mobligent à me déplier,
Pour faire une promenade. Une vraie.
Mais pourquoi ce ciel continuellement plombé ?
Et cet homme bizarrement habillé qui est là
Avec ce drôle de bâton à la main.
Pourtant je ne vois que des corps vêtues de gris
Comme le ciel. Des corps de femmes.
Ce nest pas dangereux une femme captive ,
Cest léger, imprévisible, déroutant,
Mais pas dangereux.
Dérouler mes membres me fait souffrance,
Alors depuis peu, je refuse la sortie.
Je préfère menfoncer dans les abîmes
De ma mémoire
Et retrouver au hasard
.
La splendeur dun coucher de soleil,
Lincendie dun volcan,
Lombre dune femme, peignant,
La nuit venue, des cités englouties,
LAphrodite de Praxitèle
LArlésienne de Van Gogh
Le Prince Igor de Borodine
Pandôra avec tous ses dons et lEspoir au fond .
Les Danaïdes condamnées aux enfers.
Laisser le Feu sacré séteindre lentement,
Etre ma propre Vestale.
Il marrive encore de regarder mon poignet
Etonnée de ne pas y voir la violence bleue
Des signes tatoués. Mais non tout est bien.
Seulement ma peau diaphane,
Et de fines veines qui promènent en liberté
Liberté ?
. Quelquun crie ton nom
Maudits soient les poètes.
Jai peur et je tremble
Mais pourquoi voudrait-elle de moi ?
Je suis fille de rien et femme de personne.
Un homme en blanc va passer comme chaque soir,
Et me demander mon prénom.
Sobrement je réponds toujours ABIHAN
Il sirrite du secret de mon âme. Impuissant.
Alors avec douceur il caresse mes boucles cisaillées.
Sa voix nest plus quun vain murmure.
Qui ta baptisée ainsi ?
Un vieux guerrier samouraï Monsieur
.
Tué de mes mains pour cause de Trop
Trop de quoi ? murmure-t-il encore
.
Je ne sais plus
..Jai oublié
..
Il y a si longtemps
Absence de regard .
Désorienté il sort en silence. Prémonition.
Il reviendra demain
Mais
.
Le Feu sera éteint
ETERNITE DE LA NUIT
..Enfin
Secret gardé
.Ainsi soit-elle
.
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