Il fait un jour de sable et d’argile. Il fait un vent tempête dans mes yeux écarquillés. J’ai dix ans.
Dans mon lit, les yeux grands ouverts ,j’écris l’histoire d’une tribu d’où viennent des paroles . C’est ma tribu. Je parle leur langue et c’est pour cela que la dame qui veut que je le l’appelle maman, ne comprend pas les mots que je dis. La dame dit que je baragouine, mais moi je parle avec François mon cœur et Marie l’exquise. Je viens de leur ventre et nous parlons le langue du ventre. Je sais moi que c’est l’autre faim, celle du désir et du sexe qui m’a tissé un soir de noces à la mer.
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La dame qui veut que je l’appelle maman n’a jamais eu de ventre. Elle ne parle pas ventre. Alors je b-a-r-a-g-o-u-i-n-e. Mais François mon cœur et Marie l’exquise savent que je parle la langue de leur tribu. Ils m’habitent je les habite nous-sommes-gigognes- nous sommes-fusion.
Quand je serai grand, à la dame qui veut que je l’appelle maman, je ne dirai que les mots nécessaires : j’ai faim, j’ai froid, je veux, je te hais. Je ne dirai pas maman. Elle n’est pas un ventre, elle ne parle pas ma langue.
Il fera toujours dans mes yeux, un jour de sable et d’argile avec lequel je bâtirai ma maison qui me protégera du vent tempête. Je découperai un carré de ciel à mon toit pour entendre la langue de ma tribu, la langue du ventre.
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