I
Eparpillés comme les gestes lents des chevaux
Sur des toiles où sont peintes d'étranges batailles
Le port de tête oblique des vieilles personnes de cette rue où tu souris
En balance du vent
Ta tête sur l’oreiller du temps,
Tu ne parles...
Des étoiles de bière percent des manteaux.
La femme cheval écarte les bras.
La femme faon écarte ses ailes.
Un peu de ces gestes sont pour moi.
Oh ! roi triste, immobile, des moulins de fer,
Il veut te sentir contre soi.
Parce qu’il n’a plus d’espérance
Vide un peu son sac et s’arrête
Goûtant chaque minute d’attente sans importance.
Au bout de la route, c’est l’éternité, le sommeil, la vérité.
Tout luit sur ton ventre plat
Tous les mondes possibles
L’Ile ou Elle du soleil, l’amour...
Arbitrairement je t’aime
Parce que tu es belle
II
Des chansons exemplaires, acrobates de fumée
Renvoient le sens de tous les mots
Comme de beaux objets à la syntaxe floue et féminine essentiellement.
Ventre aux structures infinies,
Somme-moi de te renvoyer l’Arbre avec sa trappe
Sur l’infini !
Trajectoires.
Têtes de femmes sur des corps d’hommes
Têtes d’hommes sur des corps de femmes
Soudés à leurs masques, ils se côtoient, s’adressent, parlementent
- du bleu ciel, de l’azur.
Sans limites, absurdes, sans retours en arrière.
Blanche nuit épaulée. Les sourires ont grandi puis disparus.
La solitude est comme une traîne
Sur le ventre plat des oiseaux
Qui traînent
Rue de Londres, du Pasteur,
Ailleurs les voyants se planquent
Oh ! Monstres des airs profonds, sans rire, sans jamais rire,
De sublimes idiots se morfondent contre le sexe de la route
Putains noires au cœur de soie
Le temps m’empaille de vent et de fumée
Ris-tu des soleils démembrés ?
Enterrant tes mots comme un chien
Goûteras-tu plus tard au festin de cette écriture ? Ou jamais ?
III
Il pleut des verrous sur le corps des enfants.
Ceux que l'on voulait reposant en des nids douillets
Au creux d’amour et de raison
Où goûter la plénitude de son amour maternel.
Qui recompose le puzzle du petit garçon ?
Contre le mord aux dents des géants.
Ces géants multipliés
Ce ne sont jamais leurs larmes qui coulent en dedans.
Au dehors et au-dedans c’est pareil au moment où le miroir de l’eau se rompt.
IV
Délice de l’échappée, contre ton souffle musical.
Veux-tu me pardonner l'espace d'un instant ?
septembre 2000
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