Une photographie de Fabéris

Terrestre

de Jacques Kindo

Sélection de juillet 2004

 Je rêve de journées claires comme la joie,

Les constellations éparpillées dans le fleuve nocturne,

L'eau déposant les paroles sur les rives
Aux visages jonchés de couleurs vivantes,

Le vent apportant le sommeil aux chairs voûtées,
Pendant que la fatigue s'effeuille comme une branche sans éclat.

Les cheveux envolés sont un silence.
Il se pose sur une ruine d'ombres calmes,
Ce lieu à la poussière blême,
Qui regarde avec une envie jaunâtre
L'homme et ses espoirs froissés
Dont les cris font chanter les clochers,
Reculer les marins aux astres amoureux
Et les feuilles à la haine éphémère.

Les murmures de l'homme donnent un agréable frisson
Aux aubes capables d'abandons,
Où les corps étouffent leurs odeurs,
Pendant que la mémoire s'embourbe dans les paysages anxieux
D'une vie moribonde comme cette neige de mars,
Douteuse dans sa gloire démunie.