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Je
relance des mots
Je
les renvoie en l'air
Et
ils me retombent au coin de la figure
-
en petits éclats de lettres -
Ils
me reviennent tout mouillées dans mes souliers
Ils
me retournent, hélas
En
petites gouttes
Qui
s'amoncellent, en flaque lette
Là
haut, c'est eux que ça fait rire
Et
quand ça ne les fait pas rire ça les ennuie
Et
quand ça ne les ennuie pas ça leur fait pitié
je
les reçois toutes jusqu'à la dernière goutte
Acides
et mordantes
Tout
ce qu'ils me renvoient
-
le ciel, un miroir sans étoile -
Me
ramène à mes pousses à mes pouces
à
me faire pousser des soupirs long de ma vie
Des
gros, des petits et des fins
Comme
du sel marin
De
tous ces mots bizarres
-
ces étoiles de mer jolies
mais
aux branches idiotes -
Mal
fagotés mal agencés
Surtout
maladroits
De
tous ces mots qui montent là-haut
(Où
il y a plein musique
Parait-il
Dans
les merveilleux nuages
Les
nuages de poètes
Dans
le ciel mon amour
Comme ils disent
Enfin
quelque part où je ne connais pas..).
De
tous ces mots partis comme s'enfuie la fumée
Il
ne me reste presque rien
Qu'un
crachin qui chagrine sans fin
Quand
ils ont fini de pleuvoir
De me pleurer sur la figure
J'attends.
Parfois, je m'impatiente et je gueule !
Je
gueule à nouveau là haut à sa face jaune des
mots des oiseaux des mots d'oiseaux, de poux et de misère...
Et
quand je suis aphone
Quand
j'en ai plus dans le gosier
Ni
la folie ni la force...
Je
récite dans ma tête un bateau qu'est comme ivre
Et
je crépite au son des couleurs
Et
je me fais un trou avec le mégot
Quand
je suis saoul
Un
trou dans le paletot
Pour
laisser passer le vent de là bas
Parce
que les vers je ne les connais pas
Parce
que j'ai une tête pleine d'air
Et
quand je rentre chez moi
J'ai
pas la tête à être là
Alors
je rentre la tête
Et
je me dis que je serai quand même
Dans
le bordel des dieux
Avec
leurs grands mots
Qui
pour moi sont si beaux
Mais
je ne suis nulle part
Nulle
part dans un courant d'air
Seul
avec ma chimère
Au
fond de mon poing
Serré
sur le crayon
Inutile
Puisque
je ne sais pas
Puisque
c'est si haut
Parfois
Mais
tous les jours depuis toujours
J'attends
Et
là où j'attends
C'est
ailleurs.
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