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Une photographie de Stéphane Popu

A travers l'heure

par Ludovic Kaspar

Sélection de mai 2002


Solitude solaire et souveraine.
Silence, un monticule songe.
Là, entre terre et mer, ma mémoire s'échange contre un air à peine
Accepter de mener le défi jusqu'à l'attente
Laisser la source des résines en pleurs
Comment sortir la crainte de ces mines lasses ?

Ici les pierres bouffent le soleil, et l'homme chipe aux éboulis des réponse à sa soif.

Arpenteur, j'avance vers mon ombre creuse. Unique chemin de loi.
La main qui nous retient est toujours derrière nous.
A venir.

Le silence même est habitable.

Là, dans les limites avides du temps, où l'écorce se combine une étrange apparence, prisonnier de noirceurs, je cherche les instances de parme où je pourrai témoigner de la beauté d'une figue mûre fendue avec les doigts fous du désir.

Insaisissable, insaisi, le silence palpite près du belvédère.
Rien n'est issu encore comme le vent cherche des ailes à son souffle.

Que sait-on des rivières rouges souterraines ?

Que sait-on de ce qu'on porte ?

S'il y a une chance pour le silence, c'est dans le fatras de l'heure.
Mais faudra-t-il s'agenouiller devant l'aride et, les yeux intimement fermés sur la nuit, prier ?

La chaleur dévore mon corps.
Le sel épaissit mon sang.
Avec persévérance.
Le soleil consume cette chair désormais sans révolte.
Tous mes vœux sont pour la cendre.

Ludovic Kaspar