| La mort bientôt un baiser sur la joue
un oiseau se pose sur la fenêtre dans le bruit de la rue
quand s'annonce le jour
Les fragrances que le vent nous livre en
couronnes molles sont là au détour d'un matin que nul n'a pu voir moi seul je l'ai vu nu
comme un automne en friche dans la vaste clairière d'une raison en fuite comme une barque
sur l'eau sincère et plate d'un lac
L'enfance n'est pas un rêve qui navigue
au-delà d'une apparence souvent elle laisse tomber une rame d'un geste malhabile et le
bateau dérive
la marche au travers des roseaux est parfois sans mystères
l'eau succède à l'eau
La franchise des mots la rigueur d'un
amour au matin de douces souvenances
se peut-t-il qu'une brise qui vient d'ouest nous dise ce que nous ne savons pas
Le saurons-nous demain
D'avance je sais qu'il y va de la
dignité
L'oiseau a-t-il chanté
Les ombres s'allongent bientôt l'oiseau
s'envole la fenêtre est esseulée ferme-la il commence à faire frais je sens le froid
qui monte
Couvre-toi bien
La mort dans le corps sourit
paravent pour le regard des autres
Tiens petit reprends la rame regarde la
montagne l'eau est de plomb j'ai vu ce plomb dans la brume d'un soir qui se noie
Au-delà de l'écluse l'eau jaillit mais
la vague meurt à peine née hautaine cavalière et
l'algèbre des mots ressemble à une femme en pleurs qu'on corroie
Tiens petit reprends la rame il est dans
les marais une douce lumière
Dans la chambre une lumière aveugle une femme qui pleure une femme qui croit
et dit non
Qui sait la dignité parfum de longue
haleine sur le parterre des jours linge humide à des lèvres qui ont soif
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