| Dans les angles moussus
de parterres immoraux
des proteïnes glabres
garrottent les cerveaux
de chérubins velus
tout habillés de platre
- Monsieur, monsieur mais cela n'a pas de
sens. Comment osez-vous ?
- Ah ! Oui je sais, pardonnez-moi
monsieur mais ce n'est pas ma faute,
c'est mon foutu sac à mots, vous pouvez pas savoir, dedans ça crie ça chante ça
s'impatiente.
Alors de temps en temps j'en sors quelques uns histoire de leur faire prendre l'air
Tenez, voyez ceux-là, ils sont plus raisonnables, n'est-ce pas ?
Sur les toits des maisons
d'où pendent des gamelles
c'est la rond' des chatons
dans la rue de Grenelle
- Monsieur mais enfin, que viennent faire
ces gamelles ?
- Mais il faut bien que les chats mangent
quand même !
Non, non, ne partez pas monsieur, écoutez :
Le bruit courrut un soir
Au matin la rumeur s'emplifia
Et c'est de source sùre dit-on qu'on apprit
Qu'une harboulette grise
Du zoo s'était enfuie
Alors la peur s'empara de la ville
On fit sonner les cloches
On ferma les écoles
Consigna les conscrits
De délire en délire
On dépendit les guêtres
On briqua les fusils
Et pendant que les femmes
Priaient dans les églises
Les hommes réunis
Partirent en colonnes
En chantant
Larira que la guerre est jolie
- Que me chantez-vous là monsieur.
Jamais nul ne partit en guerre contre l'harboulette grise.
- Ah ça, monsieur !
Ah ! que les nuits sont belles
Quand la guerre est finie
Dans la rue de Grenelle
On voit passer des belles
Aux bras de leurs amis
Sur le toit d'une maison
une harboulette grise
couve son oeuf
que les chats
guettent.
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