*
C’est comme se mordre la joue en mangeant, non ?
C’était une après-midi. Un samedi après-midi. Dans une petite maison avec jardinet. Il y avait un homme. Il y avait une femme. Et ça commence de cette façon :
« Si on faisait l’amour, chérie ?
- J’ai mes ragnagnas.
- Tu sais, tu perds beaucoup de ta classe en disant ragnagnas.
- Peut-être. Mais j’ai mes ragnagnas. »
Et il la regarda.
Elle était assise sur le canapé. Les jambes repliées sous elle, elle lisait Gala. Sur la couverture, c’était un de ces foutus tours de passe-passe qui promettaient de vous faire maigrir en respirant. Il s’approcha, s’assit à côté d’elle et commença à la peloter.
Il aimait bien la peloter quand elle lisait ce torchon. Il avait l’impression de la sauver. Il la toucha doucement, tout en rondeur et en souplesse. Et plus il la touchait plus elle oubliait Gala pour dégager son buste et pour l’offrir. Il sentit qu’elle s’abandonnait :
« Alors ? On fait l’amour ?
- Ôôôô… Je ne sais pas…
- Mais si. Tu sais. »
Il lui arracha le magazine des mains, le lança contre le mur. Il lui saisit les jambes, les déplia et il la fit glisser le long du dossier. Elle ne rechigna pas. Ses yeux étaient même devenus deux coquillages qui s’ouvraient et s’ouvraient et s’ouvraient. Il lui ôta son pantalon d’un geste sûr, le lança sur le magazine. Il s’attaqua à la culotte. Elle demanda :
« Tu sais ce que tu fais ? »
Et il répondit comme ça : il fit glisser la culotte, la retira, la lança avec le reste. Il y avait devant lui des cuisses blanches comme de la chair de poisson avec des zébrures de sang par-ci par-là. Et une cordelette qui pendait d’entre les lèvres. Les poils avaient un air malade, gras et comme collés par du gel. Il regarda, tendit la main vers la cordelette, commença à la tirer et dit :
« Même là, je sais ce que je fais.
- Tu en es certain ? »
Il retira le Tampax qui fit blop (mais il ne le lança pas. Pour une obscure raison il le fit glisser sous le canapé) et il plongea, bouche la première, vers les seins. Il les lécha, les mordilla, puis il descendit tendrement vers le nombril (qu’il fouilla de la pointe de la langue). Il entreprit ensuite de se faufiler vers l’aine. Il croqua les premiers poils du pubis, tira dessus avec les dents. Il sentait l’odeur de la sueur et du sang mélangés. Et, alors qu’il continuait sa descente, une main le retint doucement par les cheveux et il entendit :
« L’amour c’est une chose, mais ça, c’en est une autre.
- Bof. Je me suis déjà mordu la joue en mangeant. »
Et elle éclata de rire. Et c’était un rire doux et vrai comme peu de personnes savent en lâcher. Elle avait des spasmes de rire et le rire qui bondissait de sa bouche naviguait dans toute la pièce. Il faisait briller la table, redressait les tableaux sur son passage. Le rire nettoyait la moquette, classait les disques, enlevait la tache du tapis et défroissait les rideaux. Le rire dépoussiérait les étagères, faisait les carreaux et nourrissait le chat. Le rire avait mis en marche la chaîne hi-fi et c’était du bon vieux Queens Of The Stone Age de derrière les fagots qui commençait à pleuvoir partout. Et elle ne pouvait plus s’arrêter de rire et il commença, lui aussi, à sentir ce rire lui chatouiller les aisselles et il commença, lui aussi, à rire comme il n’avait pas ri depuis belle lurette…
Et voilà : ils sont tous les deux plus ou moins tombés du canapé en riant et ils rient depuis cinq bonnes minutes. Il ne l’avait pas léchée. Ils n’avaient pas fait l’amour. Ils s’étaient simplement retrouvés l’un en compagnie de l’autre. C’était tout. Mais c’était déjà beaucoup. Elle s’était glissée dans ses bras comme une petite souris et il l’avait serrée avec toute la tendresse dont il était capable et ils étaient restés là, dans les bras l’un de l’autre, en ne pensant plus à rien.
Puis il avait fini par revenir à la vie et par ouvrir la bouche pour dire :
« Tu sais, ragnagnas, c’est vraiment très moche.
- Il y a pire.
- Comme ?
- Comme “ doches ”.
- Celui-là aussi est laid.
- Attends. »
Elle se releva, marcha jusqu’à leur bibliothèque d’où elle sortit un dictionnaire des synonymes. Elle chercha puis lut :
« Anglais.
- Anglais ?
- Oui. Anglais.
- Bonté divine…
- Et il y a aussi : courrier de Rome.
- C’est un Atlas ?
- Et… Ours.
- Des ours ? Tu as tes ours ?
- Hin hin…
- Faut appeler le dompteur ! »
Il se redressa et cria :
« AUX OURS !!! AUX OURS !!! »
Elle ferma le dictionnaire et se jeta sur lui alors qu’il criait toujours :
« AUX OURS !!! AUX OURS !!!
- Chut ! Voyons, on va t’entendre !
- Mais il le faut ! Mon dieu, c’est dangereux, ça ! AUX OURS !!! AUX OURS !!! »
Elle se pendit à son cou et essaya de le faire taire en collant sa bouche à la sienne. Ils se battirent quelques instants, puis elle réussit à le bâillonner avec ses lèvres. Pour couronner le tout elle noua sa langue autour de la sienne. Il la portait à bras le corps. Elle l’avait enlacé avec ses jambes et, maintenant, ils virevoltaient dans le salon.
Ils tournoyaient en s’embrassant. Ils voltigeaient comme deux papillons un jour d’été juste après la pluie.
C’est à cet instant qu’elle lui dit :
« Il va falloir que j’aille dans la salle de bain, mon amour… »
Mais il continua à tourner et tourner et tourner ; il ne l’avait même pas entendue, tant il était heureux…
C’était une après-midi. Un samedi après-midi. Dans une petite maison avec jardinet. Dans une maison dans laquelle l’amour n’était jamais trop lourd à assumer. Une maison dans laquelle l’amour prenait parfois l’apparence d’une pince à cils ou d’un tas de miettes de pain. Parfois même l’apparence d’un tampon usagé sous un canapé.
Bref, c’était une maison dans laquelle l’amour donnait envie d’aimer.
**
Besoin de mots
Damien et Anna discutent. Il lui répète sans cesse :
« Mais dis-moi que tu m’aimes ! Dis-moi que tu m’aimes ! Pourquoi ne me dis-tu jamais que tu m’aimes ?
- Je te le dis souvent…
- Tu rigoles ?
- Non… Je ne te le dis pas avec des mots, mais je te le dis à ma façon…
- Mais je n’entends rien… J’ai besoin de mots, moi… Je suis comme ça : j’ai besoin de mots… Alors dis-le moi… Rien qu’une fois…
- Je te le dis souvent… Je n’arrête pas de te le dire…
- Oh !… Anna… S’il te plaît… Pourquoi ne me dis-tu jamais vraiment que tu m’aimes ? »
L’espace d’un instant elle se demande s’il l’écoute quand elle parle ; elle se demande s’il est attentif à ce qu’elle dit ; s’il entend autre chose que ce qu’il attend d’entendre… Elle se demande même s’il la regarde vivre, de temps en temps… S’il la regardait vivre avec des yeux vivants, il ne lui casserait pas les pieds avec ses “ est-ce que tu m’aimes ? Est-ce que tu m’aimes ? Est-ce que tu m’aimes ? ” à répétition…
Elle répond :
« Je ne le prononce pas, parce que je ne peux pas…
- Mais pourquoi ? POURQUOI ? Moi, je te dis tout le temps que je t’aime. Encore maintenant, écoute : je t’aime ! C’est facile, voilà : je t’aime ! Fais comme moi, dis : je t’aime. Je t’aime. Je t’aime.
- Mais je ne peux pas…
- J’ai besoin de le savoir…
- Savoir quoi ?
- Savoir que tu m’aimes… »
Elle se prend la tête entre les mains. Elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas pourquoi c’est si important pour lui qu’elle le dise. Non, elle a beau chercher : elle ne comprend pas… D’ailleurs, elle a l’impression de lui donner suffisamment de preuves d’amour. Toute sa vie n’est faite que de preuves d’amour – mais il ne les remarque jamais… Tiens, le matin, quand elle le prend cinq minutes dans ses bras avant de se lever : en voilà une preuve d’amour. Chaque matin elle fait ça. Chaque matin ! Parce qu’elle ne pourrait pas passer une bonne journée sans l’avoir pris cinq minutes dans ses bras. Et que c’est sa façon à elle de lui dire je t’aime. Ça représente beaucoup. Elle imagine que, quand elle le serre dans ses bras, lui, il entend je t’aime… Mais apparemment pas… Ou quand elle lui met du dentifrice sur sa brosse à dents : encore une autre preuve d’amour… Encore un je t’aime… Et il y en a plein… Partout…
Alors elle se lâche la tête et demande :
« Dis, tu me regardes, de temps en temps ?
- Si je te regarde ?…
- Oui : est-ce que tu me regardes ?
- Euh… Je crois…
- A quoi je ressemble ?
- A quoi tu ressembles ?
- Oui.
- Ben… Tu es brune… Tu as des fossettes… Tu…
- Non. Je ne te demande pas de me décrire. Je te demande à quoi je ressemble ?
- A une lampe. »
Elle écarquille les yeux :
« A une lampe ?
- Oui. A une lampe.
- Je ressemble à une lampe ?
- Plus que personne d’autre… »
Elle le trouve incroyablement tendre et incroyablement mignon quand il dit ce genre de choses… Damien, c’est même le champion toutes catégories des choses inattendues… Par exemple, pour son anniversaire, il lui a offert un tableau au point de croix. C’était ringard mais d’une douceur phénoménale… Il avait appris le point de croix, en cachette, et avait lui-même dessiné le motif : un homme et une femme qui s’embrassent devant une fontaine. Il avait fait le petit tableau de ses propres mains, en cachette… Et il le lui avait offert… Elle avait fondu… C’était ce genre d’attentions un peu en marge qui lui plaisait. Elle y entendait l’écho de ses propres attentions à elle : des mots d’amour cachés derrière les choses les plus anodines.
« Pourquoi à une lampe ?
- Pourquoi pas à une lampe ?
- Non, réponds : pourquoi à une lampe ? »
Il réfléchit quelques secondes :
« Parce que tu as du culot.
- C’est malin.
- C’est vrai. »
Et il sourit.
La peur de manquer d’amour, chez lui, c’était comme un iceberg, au début, mais ça fondait à la vitesse d’un glaçon. Il suffisait de savoir souffler dessus. Et Anna savait souffler dessus. Elle avait un souffle chaud. Elle avait appris à souffler sur sa peur de ne pas être aimé ; elle avait appris à souffler sur un tas de trucs, mais ce dont elle était la plus fière, c’était d’arriver à lui rendre le sourire quand le tout premier sourire il fallait aller le chercher au milieu de ses tripes. Mais même ça, ça s’apprend.
Alors Damien se laisse emporter par un sourire qui lui fendille le visage, et ses oreilles, même, semblent gagnées par le sourire et son crâne sourit. Et il se met à parler de lampes, il se met à rire et à envoyer du rire à droite et à gauche. Il rit. Il rit. Il lui dit qu’une lampe c’est un soleil et que d’un soleil, on en a tous besoin.
Et Anna rit.
Et Damien lui dit que s’il devait emporter quelque chose sur une île déserte, hé bien, il emporterait d’abord une lampe. Si si si : une lampe.
Et Anna rit.
Et Damien lui dit que quand elle le fait trop marcher, hé bien, il a des ampoules.
Et Anna rit.
Et Damien lui dit, que, même si elle ne le lui dit pas, hé bien, de son amour, il est un peu au courant.
Et Anna rit.
Et Damien lui dit qu’il est amoureux, qu’il a eu un coup de foudre et qu’elle “ l’éclair ” (il lui explique de long en large le jeu de mot).
Et Anna rit.
Et pendant que Damien parle, pendant que Damien la fait rire, elle se dit qu’une fois encore elle a réussi à l’apaiser. Parce qu’elle l’écoute. Parce qu’elle lui souffle directement sur le cœur. Parce qu’elle le regarde, autant qu’elle le peut, vivre avec des yeux vivants. Parce qu’elle l’aime – et qu’il ne peut pas ne pas le savoir ; parce que (mais chut !) parce que, Damien : je t’aime.
***
Im-pa-yable !
Ils sont allongés sur leur lit. Lui, allongé à gauche. Elle, allongée à droite. Il est aux alentours de minuit et, calée sur son oreiller, elle fume une Camel en regardant dans le vide tandis que, lui, calé sur son oreiller, il remplit une grille de mots croisés en parlant – bla-bla-bla. Elle regarde dans le vide depuis un moment et, depuis un moment, lui, il remplit ses grilles de mots croisés en parlant et en parlant et en parlant – bla-bla-bla.
Bla.
Mais elle ne l’écoute pas vraiment : elle pense à demain matin ; elle pense que demain matin il va lui falloir arroser les plantes, nettoyer la cuisine, aller faire vacciner le chat. Racheter du pq et du Destop. Elle y pense, fait tomber une cendre dans le cendrier posé entre eux et, lui, d’un coup, il se met à crier :
« Mais oui !!! OUIIIII !!!! OUIIIII !!! OUIIIII !!! »
Elle sursaute. Sa cigarette lui échappe et roule sur le drap. Elle la rattrape et il continue :
« OUIIIII !!! Et dire que j’allais oublier de t’en parler ! Ah la la…
- Me parler de quoi ? »
Elle tire sur la cigarette.
« Ah la la… J’allais oublier de t’en parler ! Ah la la… Une histoire impayable… Arrivée à un de mes collègues…
- Une histoire… impayable ? »
Alors il plie ses mots croisés et se met sur le flanc. Il se pose sur son coude et il la regarde :
« Oui. Une histoire qui devrait te faire pas mal rire. Ah, ça ! Parce que – tu vas voir – c’est impayable ! »
Elle fait tomber sa cendre dans le cendrier, lui fait signe de se lancer – et, lui, tout sourire, il se lance :
« C’est arrivé à un type avec qui je travaille. Un type plutôt sympa, oui. Plutôt sympa… Et ce type, un soir, il est sortit en boîte. Il a dansé et il a bu et il a rencontré une fille en dansant. Jolie, à ce qu’il m’a dit. Et il a dansé avec elle et il a bu avec elle. Beaucoup bu, à ce qu’il m’a dit. »
Il commence déjà à doucement rire :
« Hi hi hi… Tu vas voir, c’est impayable. Bref, il la ramène chez lui, ils flirtent et – hi hi hi – tu vas voir c’est franchement impayable. Ils flirtent et il ouvre une bouteille de vin et ils boivent. Ils boivent et ils flirtent, ils flirtent et ils boivent. Ils flirtent beaucoup et ils boivent beaucoup. »
Et, pendant qu’il parle, il se met à la chatouiller du bout de l’index. Il lui tapote le ventre du bout de l’index. Il dit « Tu vas rire ! » et à chaque syllabe il lui plante son index dans le ventre : tu (pif !) vas (pif !) rire (pif !) Et il ajoute :
« Je suis même prêt à parier que tu vas t’étouffer de rire ! Hi hi hi… Oh oui : tu vas t’étouffer de rire !… »
Alors elle secoue la tête pour lui dire que oui, que c’est probable qu’elle s’étouffe de rire et, lui, tout sourire, il s’y remet :
« Arrive le moment où ils vont au lit. Ils se déshabillent et commencent les préliminaires, sur le matelas. Elle sent bon. Il aime son odeur. Il aime son odeur et il aime son corps (en disant ça il continue à lui planter son index dans le ventre). Il aime la forme de ses oreilles et la douceur de ses cheveux. Et il a amené sa bouteille de vin dans la chambre ; entre deux câlins : ils boivent. Hi hi hi… Tu vas voir : oh mon dieu, c’est impayable. »
Elle se demande d’où il peut bien le sortir, ce mot : impayable. Ce n’est pas vraiment un mot à lui, ça, impayable. Et elle l’écoute en se demandant d’où il peut bien le sortir, celui-là. Et, lui, tout sourire, il continue :
« La fin des préliminaires arrive et la fille lui dit : “ Tu as des préservatifs ? ” Il la dévisage. Jamais il n’a utilisé de préservatif, à ce qu’il m’a dit. Il lui répond : “ Des préservatifs ? ” “ Oui, des préservatifs. Tu en as ? ” Il se lève, il va fouiller dans l’armoire à pharmacie. Il n’en trouve pas. Et puis, il se souvient que quelqu’un, le jour du Sidaction, lui en a donné un. Il cherche dans ses placards, dans ses tiroirs et il finit par mettre la main sur son unique préservatif… Hi hi hi… Tu vas voir, bon sang ! Ah la la, ce que c’est impayable ! »
Elle écrase sa Camel et s’en allume une nouvelle.
« Donc, mon collègue, il retourne dans la chambre : “ J’en ai un ! J’en ai un ! ” Il boit un verre. Il est saoul. Il s’allonge contre la fille et il commence à suivre le mode d’emploi… Il déchire l’emballage mais… Hi hi hi… »
Elle tire sur sa Camel.
« …Mais il a tellement bu, tu vois, qu’il n’arrive à rien ! A rien ! Au bout d’un moment il parvient à sortir le préservatif de l’emballage. Il essaie de l’enfiler, mais, même un geste aussi idiot, il n’y arrive pas. La fille le regarde : “ Je t’aide ? ” “ Non ! ” Il s’acharne et il finit par arriver à le dérouler… Et à l’enfiler… Il embrasse la fille. Elle écarte les jambes et ils s’y mettent… Tu vas voir : c’est impayable ! »
Elle souffle la fumée en se disant qu’elle commence à en avoir assez de cet impayable à tout bout de champ. Et, lui, tout sourire, il continue :
« Seulement après quelques allées venues, ils se rendent compte que le préservatif n’est plus là où il devrait être ; c’est à dire autour de son sexe à lui ! Non : le préservatif pendouille mollement hors du vagin de la fille ! “ Bah ? Comment ça se fait ? ” Il remet le préservatif, recommence à lui faire l’amour et il se passe la même chose : le préservatif s’en va, il glisse. Alors la fille jette un coup d’œil au problème et elle se rend compte de ça – tu vas voir c’est impayable – : elle se rend compte… qu’il… qu’il… qu’il a mis le préservatif à l’envers ! A l’envers, tellement il a bu et tellement il s’en fout de cette fille ! Hi Hi Hi !!! A l’envers ! La partie lubrifiée contre sa… queue ! Forcément : ça glissait !!! »
Il se gondole comme un vieux morceau de tôle : HI HI HI !!! :
« Alors ils n’ont pas fait l’amour ! Ils-n’ont-même-pas-vraiment-fait-l’amour ! HI HI HI !!! Elle lui a dit : “ Ecoute, je crois que je vais m’en aller, ce sera mieux. Pour nous deux. ” Et, lui, tellement saoul, qu’il n’a pas pu répondre ! Il s’est juste levé en trombes pour aller vomir ! HI HI HI !!! IM-PA-YABLE ! Hein ?
- …
- Hein ?
- …
- Hein ?… »
Mais elle ne répond pas.
Elle s’attendait à rire, ou – au moins – à être elle aussi tout sourire… Mais non… Ce qui monte en elle, là, ce n’est pas le rire. Ce n’est pas le rire. Mais quelque chose d’infiniment plus tragique. Quelque chose qui sent l’amour sacrifié et le plastique mou. Qui sent comme le vaccin du chat ou comme l’arrosage des plantes. Quelque chose d’infiniment plus commun.
L’angoisse.